Le Royaume de Jakar

Assassin, Ombre, Artisan, Sage...Qui choisirez-vous pour mener à bien votre mission ? Sauvez le Royaume ou mettez le à feu et à sang !
 
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 Une rencontre...néfaste ? [rp Soaric : Maedren puis Lola]

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Lola
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MessageSujet: Re: Une rencontre...néfaste ? [rp Soaric : Maedren puis Lola]   Dim 15 Avr - 21:55

Soaric, dès que Logan se mit à hurler, attira vivement leur couverture sur eux, sous le rire éclatant de Lola.
Le petit arriva en trombe dans la chambre, habillé et lavé, et se jeta sur le lit entre ses deux parents. Il leur demanda, tout excité :

-Vous êtes prêts ??? Viteee !!!!


La jeune femme tourna alors les yeux vers son chéri, ne comprenant rien. Prêts à quoi ? Apparemment, c’était quelque-chose qu’il attendait depuis longtemps, vu dans l’état ou il était ! Elle lui caressa les cheveux, ne répondant rien puisque Soaric le faisait pour elle-de toutes manières elle n’aurait rien su répondre- :

-Pas encore. Mais bientôt. Va jouer dehors. Nous arrivons.


-Vitee !!! J'attends pas longtemps !


Et il descendit du lit, sortant aussi vite qu’il était arrivé. Il était à présent dans la cuisine car la future mère l’entendit dresser la table en chantonnant.
Elle se tourna alors vers son chéri et pencha la tête, ne comprenant pas. Il comprit aussitôt la question qui lui pendait sur les lèvres et y répondit :

-Je lui ais dit que nous irions lui fabriquer un arc aujourd'hui, et que nous pourrions même pique-niquer en forêt. Mais tu étais tellement épuisée hier que je n'ai pas pu te le dire.


Elle hocha la tête, et se rapprocha à nouveau de lui, l’embrassant et le caressant. Elle savait qu’elle devrait attendre le soir pour qu’ils en profitent vraiment, mais elle lui donnait un petit aperçut, mordillant son oreille. Soaric soupira de plaisir puis se décida à sortir de lui et à enfin s’habiller, laissant le temps à Lola de se laver et de se changer.
Lola prit tout son temps pour choisir ses vêtements, tandis que son chéri avait rejoint Logan dans la cuisine. Elle se décida enfin à prendre une petite robe légère dans les tons roses, et tint ses cheveux en une longue tresse, parsemée d’un ruban de la même couleur que sa tenue.
Puis elle se dirigea vers la cuisine, avala quelque-chose et sortit, accueillie par Logan qui l’attendait, ses petites mains sur les hanches. Dès qu’il la vit, son sourire s’éclaira et il se mit à courir devant, les amoureux sur ses talons.
Ils arrivèrent à une magnifique clairière vers midi, et Lola s’assit, exténuée. Elle ferma les yeux, écoutant distraitement les paroles échangées de son homme et de leur fils, profitant de la brise légère qui s’élevait.

Et soudain, le bébé s’agita dans son ventre. Lola grimaça, détestant les fois où il donnait des petits coups (oh, c’était mignon mais qu’est-ce que c’était douloureux !) et devint livide lorsqu’il décida de se retourner [hs : j’avais fait ça quand j’étais dans le ventre de ma mère ! Paraît que ça fait su-per mal…]
Elle se tint le ventre, se demandant ce qu’il se passait là-dedans, et entendit Soaric accourir vers lui, Logan s’asseyant près d’elle, inquiet. Il glissa ses petits doigts entre les siens, et elle leva un visage en sueur vers son chéri qui demandait :

-Que se passe-t-il ?


La douleur s’estompa peu à peu, et elle respira enfin librement. La jeune femme sourit à son futur mari pour le rassurer et expliqua :

-C’est le bébé qui fait des siennes, rien de bien grave. Continuez donc à jouer !


Logan ne se le fit pas dire deux fois et se releva, entraînant Soaric à sa suite, qui regardait toujours sa dulcinée, anxieux. Mais lorsqu’elle lui tira la langue, il comprit que tout allait pour le mieux…

La journée passa donc étrangement vite et le soir déclina rapidement. En fait, en réalité, ils furent tous surpris par la noirceur de la nuit, et aucun n’avait pensé à amener avec eux de quoi faire une torche. Le feu était éteint, impossible à rallumer.
Lola frissonna, car la nuit s’avéra être fraîche, et se rapprocha comme le faisait Logan de Soaric. Tous deux glissèrent leur main dans la sienne, et elle lui chuchota :

-J’espère que tu connais la route parce-que…


Un hurlement se fit retentir, et Logan pleura, effrayé. Mais Lola le rassura du mieux qu’elle le put, et ils commencèrent à marcher, s’enfonçant en réalité de plus en plus dans la forêt…
Au bout d’un moment, ils durent s’arrêter, se forçant à reconnaître l’inévitable.
Ils étaient perdus.


[J'avais pas mieux en boîte XD]
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MessageSujet: Re: Une rencontre...néfaste ? [rp Soaric : Maedren puis Lola]   Lun 16 Avr - 14:51

Lola sourit et répondit :

-C’est le bébé qui fait des siennes, rien de bien grave. Continuez donc à jouer !

Logan sourit en entendant ses paroles qui se voulaient rassurantes et se releva, prenant au passage la main de son père pour l’emmener à nouveau. Celui-ci suivit le mouvement, sans cesser de regarder Lola, inquiet. Pour toute réponse, il eut un tirage de langue qui le fît légèrement sourire.

Il aida durant toute l’après-midi son fils, cela sonnait bizarre à ses oreilles, à construire son arc, a plier le bois, le rendre lisse et puissant, à tendre la corde et à l’entraîner pour ses premiers tirs.

Soaric pensait toujours à Lola et espérait qu’elle ne souffre pas. Malheureusement, ils oublièrent vite l’heure et la forêt fût d’un coup sombre et ténébreuse. Le feu était éteint, personne n’ayant pensé à le rallumer, et Soaric n’avait pas songé à emmener de quoi faire une torche. Logan s’approcha de lui, tout comme Lola, qui frissonnait. Ils lui prirent tous deux la main et Lola lui chuchota :


-J’espère que tu connais la route parce-que…

Il acquiesça, mais était inquiet. Il se retrouvait comme à l’époque, seul dans une forêt qu’il ne connaissait pas, sans rien pour vivre. Seule différence, elle était éclairée par les flammes de sa maison en feu. Et il était seul. A présent il avait trois personnes à protéger, Lola, Logan et le bébé.

Ils marchèrent donc, pour éviter de prendre froid mais aussi pour sortir. Ce que Soaric ignorait c’est que, à cause de son anxiété, il s’était dès le départ trompé, allant à l’opposé de la maison. Un hurlement se fît entendre, et Logan pleura, terrifié. Soaric entendit Lola le rassurer, à ses côtés. Il ne disait rien, et écoutait la nature. Il trouverait peut-être quelque chose. La nuit était profonde et ils ne voyaient pas grand-chose. Alors Soaric leur imposa une halte. Il lâcha leurs mains et dit :


-Je vais essayer de nous faire une torche. Tu risques de tomber, Lola. Et je ne le pardonnerai pas.

Si lui ou Logan tombaient, c’était moins grave. Mais Lola…enceinte de cinq mois, elle ne pouvait pas. Il suffisait d’une racine…
Il se pencha et tâta le sol, à la recherche de son bonheur. Qu’il trouva quelques minutes plus tard. Deux pierres aux bords fins et tranchants. Il les plaça comme Lyme le lui avait enseigné et les toqua l’une sur l’autre. Des étincelles surgirent, mais n’allumèrent pas le bout de bois qu’il avait placé à l’aveuglette dessous. Il retenta cette technique trois fois avant qu’une étincelle prenne feu. Il prit le bâton, allumé et éclairant la scène. Heureusement que Lyme lui avait appris comment faire en partant de rien. D’un coup, Lola et Logan sourirent, déjà plus rassurés. Ils continuèrent donc, Soaric examinant les empreintes, voyant d’où ils étaient venus. Il valait mieux faire marche arrière.
Soudain, il entendit un bruit. Et ce n’était pas un bruit d’animal. Il stoppa net et intima aux autres le silence. Depuis que son œil ne voyait plus correctement, son ouïe, déjà fine au départ, avait pris le relais et était devenue encore plus fine. C’était un bruit de voix, et de métal.
A l’opposé d’eux surgit une lumière, plus aveuglante que la leur, aussi les hommes ne les virent pas immédiatement et Soaric les reconnut.
Ils étaient vêtus de peaux de bêtes pour se fondre dans le décor, avaient tous des couteaux, épées, sabre et même hache en main. Un sur deux avait en plus une torche pour éclairer. Et, attachés à des poutres que les derniers transportaient sur les épaules, il y avait des animaux morts attachés. Des animaux comme des renards, des sangliers, chevreuils…tous réputés pour leur chaire et leur peau.
Le premier avait les pièges en main. Des braconniers. De la pire espèce. Et ils n’avaient fait que proliférer depuis que les Gouverneurs avaient imposé une loi sur la chasse. Seuls les Chasseurs avaient le droit, ainsi que les Archers, car cela rentrait dans leurs fonctions. Les autres devaient acheter leur nourriture, comme tout le monde. Or, les braconniers chassaient illégalement et revendaient peaux et viandes à un prix imbattable.

Et apparemment, ceux-ci étaient organisés et habitués. Et ils n’hésiteraient pas à tuer trois personnes pour éviter d’être dénoncés, même s’il y avait un enfant et une femme enceinte. Ils étaient donc en tout…une dizaine. Peut-être plus. Soaric ne savait pas quoi faire. S’il éteignait la torche, il n’était pas sûr de la rallumer et ils perdraient toutes leurs chances de sortir de la forêt cette nuit. Mais s’ils se faisaient avoir, ils risquaient de mourir dans une souffrance inimaginable. Il indiqua à Lola et au petit de s’agenouiller. Rester discret, c’est tout ce qu’il fallait faire. Se baissant lui-même, cachant comme il pouvait la torche sans enflammer la forêt, il les observa. Ils passèrent, et Soaric poussa même un soupir de soulagement en les voyant s’éloigner.
Il attendit un peu et se redressa en disant :


-C’est bon, venez.

Sa petite famille se redressa, Logan aidant sa mère, lorsqu’une voix surgit de derrière :

-Vous le pensez vraiment ??

Soaric se retourna. Les braconniers avaient fait marche arrière. Ils leur avaient tendus un piège, leur faisant croire qu’ils ne les avaient pas vus. Et maintenant, ils étaient tous là, au grand complet. Soaric les compta mentalement : cinq…huit…douze…quinze ! Ils étaient quinze !
Tous ricanèrent.
Et Soaric ne savait pas quoi faire pour qu’ils s’en sortent…
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MessageSujet: Re: Une rencontre...néfaste ? [rp Soaric : Maedren puis Lola]   Lun 16 Avr - 21:34

-Je vais essayer de nous faire une torche. Tu risques de tomber, Lola. Et je ne le pardonnerai pas.


Soaric venait de lâcher les mains de Logan et Lola, qui le regardèrent, paniqués. Ils avaient beaucoup moins peur, lorsqu’il était là, tout près d’eux et qu’ils étaient en contact avec sa peau. Maintenant qu’il les avait lâchés, ils se sentaient à nouveau misérables…
Mais le petit inspira un grand coup et semblait près à protéger sa maman. La mère en question, justement, frissonnait.
Elle avait un affreux pressentiment. Mais elle se tut, observant son chéri tenter de faire un feu ou ne serait-ce que des étincelles.
Et tandis qu’elle commençait à perdre espoir, le bâton que Soaric avait empoigné s’enflamma, éclairant les alentours.
La jeune femme tourna autour d’elle-même pour vérifier qu’il n’y avait pas de présence animales ou d’autres plus louches dans le coin. Mais elle fut soulagée de n’apercevoir rien d’autres que son futur mari et son ‘chaton’.
Ils continuèrent leur chemin, reprenant les mains respectives du jeune homme, beaucoup plus rassurés.
Mais au bout d’un moment…Soaric s’arrêta. Il sembla écouter quelque-chose, méfiant, et regarda soudain dans une direction fixement. Au bout de quelques instants, Lola allait lui demander pourquoi ils ne bougeaient plus alors qu’ils avaient encore du chemin à faire mais…Elle vit.
Les braconniers. Ils arboraient tous un air cruels, prêts à tuer impassible de magnifiques animaux…Ou pire.
Une bonne dizaine, leurs quelques ‘trésors’ déjà accrochés à un bâton, noyés sous le sang, ils avaient la tête de ses hommes dont tuer ne leur faisait pas peur ou même…Leur faisait plaisir. L’archer leur fit signe de s’abaisser, ce que Lola fit difficilement avec l’aide de Logan. Ils retinrent tous les trois leurs souffles lorsqu’ils passèrent et attendirent encore quelques instants avant de se lever, sous l’ordre su papounet.
Ils en étaient presque à s’apaiser, convaincus qu’ils ne reviendraient plus mais le sort en avait décidé autrement.
Comme si l’ennui de la veille ne suffisait pas, il fallut qu’il s’en rajoute un aujourd’hui…

-Vous le pensez vraiment ??


Lola les compta mentalement, se disant intérieurement que, effectivement, ça aurait été beaucoup trop facile de s’en sortir si facilement.
Ils étaient quinze, à peu près. Quinze bonhommes terrifiants, l’air satanique. Ce fut la jeune femme qui parla en première, bien que Soaric eu l’air de vouloir l’en dissuader.

-Oui, on le pense. Vous allez nous laisser tranquille, passer votre chemin et nos vies respectives s’écouleront merveilleusement bien.


Tous ricanèrent et se fut celui qui était le plus en avant-le chef, sans doute- et bizarrement le plus petit, qui déclara :

-Ce serait trop simple ! Non. Apparemment, cet homme est archer. Ca nous intéresse pas mal…Mes hommes sont fatigués et les archers sont l’un des meilleurs chasseurs de bêtes du monde, non ?


-Et ? Ne pensez pas que nous vous suivrons aussi facilement…


-Oh, mais je me doute bien…


Il claqua des doigts et en moins de temps qu’il faut pour le dire, Lola et Logan se retrouvèrent dans les bras d’un homme, les tenant fermement pour leur éviter de partir.
Opposer toutes résistances serait revenu à du suicide, et tous les trois le savaient.
Le chef se tourna alors vers Soaric et lui demanda, jubile :

-Alors…Je vais te faire un marché. Tu viens avec nous et, en échange, ta femme et ton fils seront saufs.


Il passa la main sur la cuisse de Lola, l’air malsain, dans l’unique but de le toucher au vif….Il reprit, plus rayonnant que jamais :

-Qu’en penses-tu… ?

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MessageSujet: Re: Une rencontre...néfaste ? [rp Soaric : Maedren puis Lola]   Lun 16 Avr - 22:01

Lola répondit la première, malgré les signes de dissuasion de Soaric :

-Oui, on le pense. Vous allez nous laisser tranquille, passer votre chemin et nos vies respectives s’écouleront merveilleusement bien.

C'aurait-été trop simple. Ils étaient des braconniers.
Leur chef s'avança, un petit homme à moitié chauve. Ils ricanèrent et il dit :


-Ce serait trop simple ! Non. Apparemment, cet homme est archer. Ca nous intéresse pas mal…Mes hommes sont fatigués et les archers sont l’un des meilleurs chasseurs de bêtes du monde, non ?

Soaric fronça les sourcils. Que voulaient-ils ? Pourquoi être Archer les intéressait tant ? Lola leur dit qu'ils ne suivraient pas si facilement, ce qui n'effraya pas l'homme. Ils étaient habitués à négocier, à faire chanter, à faire souffrir gratuitement. Il claqua des doigts et sans que Soaric puisse réagir, Lola et Logan furent attrapés par les bras fermement, pour éviter qu'ils ne s'échappent.

Le cœur de l'Archer fît un bond pas croyable dans sa poitrine au moment ou le chef déclara en le regardant :

-Alors…Je vais te faire un marché. Tu viens avec nous et, en échange, ta femme et ton fils seront saufs.

Et, d'un air malsain, il caressa la cuisse de Lola. Soaric sentit la colère l'envahir.

-Qu’en penses-tu… ?

Soaric ne détachait pas son regard de Lola. Il réfléchissait. Regardant à nouveau les braconniers qui savouraient et ne se privaient pas de regarder l'Artisane, sans se préoccuper de Logan qui pleurait, terrifié.

-Que comptez-vous faire ?

L'homme parut surpris et rit avant de répondre.

-Je vais te réexpliquer. On t'emmène, pour une durée indéterminée et en échange nous relâchons ta femme et ton fils. Nous ne sommes pas totalement sans cœur non plus…

-Vous les relâchez ?

-Deux de mes hommes les emmèneront chez eux et les surveilleront à distance bien évidemment. Il ne faudrait pas qu'elle ait la stupide idée de nous dénoncer…elle risquerait de perdre son mari et son enfant d'un coup…voir même ses deux enfants…

Il avait rajouté la dernière menace en voyant le ventre de Lola. Soaric baissa la tête et réfléchit. C'était "honnête". Et il serait rassuré de savoir Lola et Logan chez eux, même s'ils étaient surveillés.

-Je vous suis. Relâchez-les. Tout de suite.

Le chef rit une fois de plus et claqua des doigts. Les hommes lâchèrent les captifs pendant que deux autres s'avançaient.
Ils firent signe à l'Artisane de les suivre et elle s'en alla, main dans la main avec Logan qui pleurait en silence. Soaric serrait les dents et sentait son cœur se pincer de plus belle. Il préférait sa plutôt que de les voir mourir de froid ou de faim en forêt.


-Bien. Ne t'en fais pas va. Mes hommes resteront à une distance respectable de ta demeure.

-S'ils osent ne serait-ce la toucher… Commença Soaric.

Le chef l'agrippa si vite qu'il ne put réagir. Heurtant le tronc d'un arbre, il eut le souffle coupé.

-Tu feras quoi hein ? Tu es sous mes ordres maintenant ! Et si tu n'obéis pas, crois-moi, je te mettrais au pas ! Maintenant tu te la boucles et tu suis. Je n'accepterais pas les traînards !

Il s'éloigna. Soaric inspira un grand coup, serrant le manche de sa dague. Il était seul face a treize hommes. Inutiles de tenter quoique ce soit…
Il marcha donc à leur suite, docilement. S'ils pensaient qu'il deviendrait leur esclave…

Ils arrivèrent quelques minutes plus tard, devant une énorme grotte bien dissimulée sous la pierre et les arbres, arrangée par leurs soins. Pas étonnant que personne ne les trouve…


Ils s'arrêtèrent devant. Le chef fît poser les bêtes à l'écart, fît allumer un feu devant et dans la grotte puis fît rentrer tous les autres. Puis il se tourna vers Soaric.

-Toi, tu as une belle arme. Tu la prends et tu dépèce les animaux. Et attention ! Je veux une peau parfaite ! Et ne t'avise pas de t'enfuir…

Il entra lui aussi. Mais Soaric n'avait pas envie. Pour le moment. Il s'assit près du feu, réfléchissant. Ils venaient à peine de surmonter un obstacle que celui-ci arrivait…Quand pourraient-ils être heureux ? Il espérait que Lola ne s'inquiète pas trop. Il survivrait.

Il rêvassait lorsqu'un braconnier sortit. Sans doute pour vérifier l'avancée du travail. Lorsqu'il vit que l'Archer ne faisait rien, il lui donna un énorme coup dans le dos avec le plat de sa lame. Un coup qui résonna horriblement fort aux oreilles de l'Archer, et qui fît mal.
Soaric se redressa et regarda le braconnier avec une lueur de défi. L'autre montra juste les animaux et le tranchant de sa lame. Puis il disparut.



Alors Soaric se résigna et sortit sa dague, s'approchant des pauvres bêtes, les dépeçant lentement et délicatement. Il en aurait pour des heures.
Et les jours à venir n'allaient sans doute pas être mieux…
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MessageSujet: Re: Une rencontre...néfaste ? [rp Soaric : Maedren puis Lola]   Mer 18 Avr - 21:37

-Que comptez-vous faire ?


L’homme parut surpris, comme si la question était d’une bêtise absolue. Il s’était expliqué, après tout ! Et, selon lui, tout était au plus clair…Qui avait-il donc qui le chiffonnait ?
Il rit soudainement, comprenant. Il avait omis de préciser ce qu’il ferait exactement de la fille et de son fils…Ah, les hommes amoureux ! Il n’avait d’yeux que pour leur cher et tendre, et ne pensait plus à leur propre vie…Consternant !
Il répondit donc avec un sourire carnassier :

-Je vais te réexpliquer. On t'emmène, pour une durée indéterminée et en échange nous relâchons ta femme et ton fils. Nous ne sommes pas totalement sans cœur non plus…

Soaric leva légèrement la tête. Il fronça les sourcils, et releva une remarque dans la phrase du braconnier :

-Vous les relâchez ?


-Deux de mes hommes les emmèneront chez eux et les surveilleront à distance bien évidemment. Il ne faudrait pas qu'elle ait la stupide idée de nous dénoncer…elle risquerait de perdre son mari et son enfant d'un coup…voir même ses deux enfants…


L’homme montra du menton le ventre deux de Lola, qui se crispa. S’il osait toucher à Logan ou encore décidait que la vie de son second enfant s’achèverait sans avoir commencer, il le regretterait. Amèrement.
Et même si elle mourrait, elle ferait en sorte qu’il s’en veuille…Son fantôme lui ferait connaître les pires supplices qu’il pouvait y avoir sur terre. Serrant les dents, suppliant du regard son chéri pour qu’il ne fasse pas une bêtise…

-Je vous suis. Relâchez-les. Tout de suite.


Au moins, la nouvelle de la veille ne l’avait pas fait perdre son bon-sens…Mais…Elle ne pourrait pas survivre un jour de plus sans lui !
Les hommes qui les maintenaient les libérèrent, et d’autres arrivèrent, leur faisant signe de les suivre. Lola voulut se retourner vers Soaric pour l’embrasser, lui donner courage et surtout…Parce-qu’elle en avait une terrible envie. Elle avait même fait un peu en sa direction, cherchant son regard…Mais un des hommes l’attrapa et la poussa violemment devant lui.
La jeune femme attrapa la main de Logan, complètement paniqué, et ils commencèrent à marcher dans la nuit fraîche.
Ces braconniers étaient fidèles à leur rumeur. Ils étaient de vrais chiens, peut-être rempli de muscles mais sans cœur.
Elle était fatiguée de sa journée, et puis, avec un petit être grandissant dans le ventre ce n’était pas toujours des plus faciles alors…Elle aurait vraiment voulu s’arrêter plusieurs fois mais les hommes refusèrent. Elle avait beau tordre son visage par la douleur pour leur faire comprendre qu’elle n’en pouvait vraiment plus, ils ne faisaient que la pousser d’avantages en gloussant comme des dindes. Logan, de son côté, aidait sa mère du mieux qu’il le pouvait.
En étant sage, en ne parlant pas mais surtout en gardant sa petite main dans la sienne, lui donnant de la force. Il la soutenait lorsqu’elle manquait de trébucher par fatigue et lui donnait un bisou lorsqu’il voyait qu’elle allait pleurer tellement elle en avait marre…Bref, le petit garçon le plus formidable de la planète avait eut la prodigieuse idée d’atterrir chez Lola et Soaric !

-Bon, elle est où vot’ maison ?


-Je…elle…Oh. C’est celle-là.


Lola fut vraiment étonnée. Elle pensait que jamais elle n’arriverait jusqu’au bout et qu’elle mourrait de fatigue sur le chemin.
Mais elle était de retour. Saine et sauve. Elle voulut se tourner vers Soaric, pour sauter dans ses bras et l’embrasser, l’entraînant ensuite dans la chambre où ils s’étaient promis d’y faire quelques-trucs le matin même mais…
Le problème était là…Il n’était plus avec elle. Elle ne pouvait pas l’embrasser, le serrer dans ses bras. L’un des braconniers s’en rendit compte et lui susurra, sous le rire de ses compatriotes :

-Si tu veux, tu peux m’embrasser moi ! Aller viens ma jolie !


-Non !


Elle s’enfuit dans sa maison, fermant la porte à triple tour. Logan était à ses cotés, et il faisait lui aussi de son mieux pour garder les yeux ouverts.
La jeune femme s’agenouilla à sa hauteur, lui caressant les cheveux et lui baisant les joues. Elle pleurait…Peut-être parce-qu’elle souhaitait que Soaric s’en sorte aussi bien, ou alors parce-que cette journée éprouvante succédait une autre plus terrible encore…Ou bien, bêtement, c’était les hormones qui lui jouaient un tour.
Quoiqu’il en soit, Logan en vaillant petit bonhomme qu’il était lui essuya les joues et partit s’installer à table. Il la regarda un instant puis cria :

-J’ai faiiiiim !


Lola rit, et s’attaqua à ses fourneaux. Elle n’avait pas spécialement faim, mais il fallait qu’elle mange…Pour le bébé, d’abord.
Elle cuisina donc, surveillant les braconniers à l’extérieur, puis mangea silencieusement, écoutant le monologue de Logan qui ne rendait pas vraiment compte de la situation…
Lorsqu’ils eurent finis, elle partit dans la salle de bain le laver et le coucha dans son lit.
Puis elle se lava à son tour, plus triste que jamais. Elle trouvait la vie tellement injuste ! Elle venait de retrouver Soaric et par un miracle miraculeux il ne lui en voulait plus. Enfin, du moins, en grande partie…
Et sitôt retrouvé, sitôt elle était séparée de lui. Elle se demandait même si ça n’allait pas recommencer comme lors de leurs premiers mois d’amour, à fuir toujours et encore…Mais elle joignit les mains, effectuant une prière à un dieu quelconque pour lui faire revenir rapidement son chéri. Le lit lui semblait tellement vide, sans lui…
Elle était tellement plongée dans ses pensées qu’elle ne remarqua pas les braconniers en train de l’épier à la fenêtre.
En fait, c’est uniquement lorsqu’un d’eux se mit à parler qu’elle se rendit compte de leur présence…

-Vous avez vu les gars ? Visez-moi ces cuisses !


Lola hurla, les faisant sursauter. Ils pensaient peut-être que la vitre était plus étanche que cela ? Elle voulut fermer les rideaux, mais se souvint qu’elle n’en avait pas encore installer. Alors elle se contenta de beugler, en vain :

-Non mais ça va pas vous ?! Sortez un peu !


-On peut pas sortir, on est pas dedans…


-Mais si vous voulez, on peut venir…


-Non mais de quoi je me mêle ?! Partez de ma vue ! Vous devez me surveiller de LOIN !


Elle courut presque jusqu’à sa chambre, s’enfuyant dans ses couvertures. Mais les hommes firent rapidement le tour de la maison et finirent par la retrouver, la regardant bêtement dormir.
Elle jura intérieurement, mais fut bien contente de constater que, aussi bâtis qu’ils étaient, ces braconniers-là n’étaient pas très inoffensifs…

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MessageSujet: Re: Une rencontre...néfaste ? [rp Soaric : Maedren puis Lola]   Jeu 19 Avr - 18:08

Le soleil se levait. Soaric cligna des yeux lorsque l'un de ses rayons attaqua sa vue.
Il se redressa, se massant le bas du dos. Il avait dépecé toute la nuit sans interruption, découpé la viande, nettoyé les peaux, emballé la viande...Bref, il ne sentait plus ses doigts et était épuisé. Nettoyant sa dague, il la rangea et se coucha, soupirant d'aise en fermant les yeux. Il pensait beaucoup à Lola et espérait qu'elle, elle ne s'inquiétait pas trop. Perdu dans ses pensées, il n'entendit pas le braconnier sortir de la grotte et approcher.

En revanche, il sentit le coup de pied qu'il lui donna dans les côtes. Soaric se plia en deux, mais se redressa vite et sans gémir.


-Allez flemmard ! Debout !

Soaric fit face à l'homme. Grand, tout en muscles, il avait une énorme hache attachée dans le dos. Le chef sortit à son tour et ricana.

-Tu prends le tout et tu nous suis.

Soaric obéit docilement. Apparence trompeuse. Il fallait qu'il les tuent un par un. Dès qu'il se retrouverait seul avec l'un d'eux il agirait. Et ainsi de suite. Il prit les peaux, les viandes et fît attention à ne pas tout renverser. C'était lourd ! Et l'Archer avait déjà les muscles en compote. Ils s'éloignèrent de la grotte.

-On va aller vendre notre butin. Enfin, tu vas le faire...

Le chef parlait d'un ton suffisant qui déplaisait à Soaric. Mais il se força à se taire. Pas encore.
A midi, ils s'arrêtèrent pour manger. Les braconniers s'installèrent et laissèrent Soaric faire un feu pour griller la viande. Il était leur esclave et ils en profitaient. Ils mangèrent grassement, donnant les petits restes à Soaric qui bouillait intérieurement et ne mangeait pas exprès. Ils s'allongèrent pour prendre une heure de repos -ils ont trop travaillé...- et l'un d'eux s'éloigna pour les besoins naturels. Vérifiant que les autres dormaient, Soaric le suivit. Au moment ou l'homme remontait la braguette, Soaric lui sauta au cou et, avant qu'il n'ait pu proférer le moindre son, lui trancha la gorge.

Sautant de ses épaules, Soaric se releva et nettoya son arme. Plus que douze. Il revint vers le camp et prit un peu d'eau pour nettoyer ses mains. Et il fallut que le chef se réveille au même instant. Il regarda l'Archer, le sang et compta ses hommes. Il avait un esprit vif malgré les apparences. En comprenant, il étrécit les yeux et claqua des doigts. Automatiquement, tous les autres s'éveillèrent, armes aux poings, prêts.


-Il a tué Devrick. Annonça le chef.

Les autres grognèrent mais ne furent pas plus attristés par la perte de l'un des leurs.
Le chef claqua à nouveau des doigts et un jeune braconnier lui apporta un sac. Il sourit et fouilla dedans. Il en sortit une chaîne, terminée par un collier en métal, hérissé de pics vers l'intérieur.
L'Archer eut peur de comprendre. D'un coup, les braconniers l'agrippèrent et le forcèrent à s'agenouiller. Il se débattit, en vain. Le chef s'approcha, souriant.


-Mes chiens, je les dresse avec ça. Et toi, tu ne vaux pas mieux qu'un chien.

Il lui passa le collier au cou et tira un coup sec sur la laisse pour ajuster la taille. Les pics entrèrent de quelques millimètres dans sa peau. Tirant une nouvelle fois, le chef le releva et le traîna derrière lui après qu'il eut agrippé viandes et peaux. Ils repartirent, Soaric rageant. Attaché ! Attaché comme un chien ! Lola ne devait pas ni le voir ni le savoir. Quelle honte ! Il avait l'impression d'être à nouveau le jeune garçon, enfermé dans le cellier chez ses parents. Oui, mais là-bas, il n'avait pas de collier ou de laisse. Il suivit les hommes, trébuchant de temps à autres. Lorsqu'il tombait de moitié, le chef tirait sur la laisse et riait. Ils sortirent du bois rapidement, contrairement à ce que pensait Soaric.
Ils débouchèrent sur la route qui menait au premier village. Ils continuèrent.


-Je te garderais en laisse. Tiens, prend cette écharpe nous-la lui autour pour que l'on ne voit pas trop le collier.

Il tendit une écharpe au jeune braconnier qui la lui attacha. Soaric ne sentait plus ses bras. La viande et les peaux pesaient…
Ils entrèrent dans le village ou un marché était installé. Le chef désigna un emplacement et Soaric posa le tout. Ou plutôt, lâcha. Il mit de l'ordre dans la marchandise et se releva.


-A toi de jouer. Vends tout ceci le plus cher possible. Les gens préfèrent acheter aux Archers non ?

Soaric le regarda, en colère. Vivement qu'il s'échappe ! Mais il ne pouvait pas ou plus. Avant il aurait pu, mais ils auraient émis un signal et les deux autres auraient tués Lola et Logan. Autant être attaché. Les gens venaient et Soaric vendait, un sourire factice sur les lèvres. L'argent s'entassait, les produits partaient. Et le chef était heureux, au vu de son sourire béat en contemplant l'argent.
Le soleil était encore assez haut dans le ciel lorsque le dernier paquet de viande fût vendu.


-Bien, bien. Tu as mérité une récompense Archer !

Le chef se frottait les mains. Il s'arrêta et caressa la tête de Soaric ! Celui-ci écarquilla les yeux et le regarda. Il voulut lui dire quelque chose, parce que cette fois c'était trop, lorsqu'il reconnut quelqu'un derrière.
Un homme, en habit simple, barbu. Et cet air naïf et innocent sur le visage. Hyndian ! L'ancien bandit ! Soaric le regarda et leurs regards se croisèrent. Il devait sans doute vouloir aller chez eux ! D'un regard, il tenta de lui faire comprendre que non. Ou d'être prudent. Il ne savait pas lui-même ce qu'il faisait. Hyndian fronça les sourcils et s'avança d'un pas dans sa direction. Soaric hocha de la tête a vive allure.


-Qu'est-ce que t'as ? Gronda le chef.

Hyndian tourna le dos juste au moment ou le braconnier se retournait.

-Rien. Répondit Soaric.

-Bon alors inutile de traîner, viens!

Il tira sur la laisse d'un coup sec. Il s'en fichait maintenant qu'on la voie ou non. Tout ce que Soaric espérait, c'est qu'Hyndian ne l'ait pas vu. Il irait le dire à Lola et que dirait-elle ? Que penserait-elle de lui ?
Elle retournerait chez le Gouverneur…
Il secoua la tête en marchant. Non. Lola ne faisait pas cela si vite. Quoique, le premier jour…Il chassa la pensée. Ne pas se faire ronger par la colère ou la rancune. C'était du passé. Rien d'autre.


Ils retournèrent en forêt, à l'abri. Deux braconniers transportaient l'or. Soaric n'était pas contre. Lui, il marchait sans plus.
Ils arrivèrent à la grotte à la nuit tombée. Tout le monde s'installa pour dormir. Le chef avisa un tronc d'arbre assez solide sans pour autant être trop fragile et attacha solidement le bout de la laisse.


-Comme sa, tu pourras monter la garde, hein mon beau !

Soaric se retint de le frapper. Pas encore. Le moment viendrait. Ne pas céder à la colère ou à la rage. Ne pas redevenir comme quelques mois auparavant. Pour Lola.
Au moins, ils s'allumèrent un feu et firent à manger eux-mêmes. Le ventre de l'Archer gargouillait, oui il avait refusé de manger leurs trognons par orgueil, mais il s'en fichait. Il se coucha, cherchant une position confortable qui lui évitait d'être étranglé par ce maudit collier et ferma les yeux.
Il fallait refaire des provisions pour la vente, et il était sûr que le lendemain, il devrait s'y coller. Alors autant prendre des forces. Il pensait à Lola, à Logan, à un moyen de s'en sortir, à Hyndian.

Qu'allait faire l'ancien bandit ? Il espérait rien de trop précipité…
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MessageSujet: Re: Une rencontre...néfaste ? [rp Soaric : Maedren puis Lola]   Jeu 19 Avr - 21:16

Lola se réveilla fort tard, ce matin là. A cause de la fatigue occasionnée par la veille, elle avait dormi longuement et formidablement bien.
Les braconniers ne l’avaient pas ennuyée une seule fois, et à présent ils étaient quelque part dehors peut-être toujours en train de la surveiller…Elle l’ignorait. A vrai dire, elle n’avait envie que d’une seule chose : flâner.
Hé oui ! Notre demoiselle s’était levée avec l’âme d’une flâneuse, traînant des pieds jusqu’à la salle de bain. Le petit Logan, déjà réveillé depuis fort longtemps, avait couru jusqu’à la douche et s’était déshabillé, se lavant avec sa maman. Il leva son regard vers sa mère, semblant détaillé son corps, et finit par demander :

-Pourquoi une fille c’est pas comme un garçon ?


La jeune femme rigola légèrement, lui caressant les cheveux du bout des doigts. Elle réfléchit un moment et lui répondit en passant du savon sur le visage du bonhomme :

-Parce-que la nature l’a décidé…Ce serait pas drôle si y’avait que des filles ou que des garçons, tu ne crois pas ?!


-...Oui...et pourquoi la nature elle a pas fait les filles comme les garçons ?

-On a jamais voulu me le dire !


Elle finit de le laver, et fronça les sourcils lorsqu’elle avisa son petit air bougon. Qu’avait-elle dit pour le fâcher ? Absolument rien ! Elle n’avait qu’essayer de répondre à ses questions tordues en gardant un calme légendaire.
Elle s’abaissa à nouveau à son niveau et ouvrit la bouche pour lui demander pourquoi boudait-il, mais il la devança :

-La nature est méchante alors !


De nouveau, elle éclata de rire en confirmant ses dires. Puis ils sortirent tous les deux, le petit posant toujours pleins de questions.
Lola l’habilla d’une petite salopette, l’admirant un instant et le définissant de ‘à croquer’ puis opta quand à elle pour une simple tunique foncée, lacée sur la poitrine, accompagnée d’un pantalon en lin brun clair.
Elle songeait depuis son réveil à Soaric. Est-ce qu’ils le nourrissaient bien ? Est-ce qu’ils le traitent bien ? Et puis, pendant combien de temps seraient-il séparés ? Si c’était des mois…Les laisseraient-ils se voir ? Elle n’en pouvait déjà plus d’être loin de lui…Désirant tellement le serrer dans ses bras, sentir son odeur.
Ce fut Logan qui la tira de ses pensées, scandant un retentissant :

-J’ai faiiiiiiiiiiiim !


La jeune femme passa derrière lui, caressant son visage gentiment. Puis elle s’activa à ses fourneaux, lui préparant une bonne pile de crêpes. Ses yeux brillèrent lorsqu’il vit son petit-déjeuner, et il se servit au moins cinq fois.
Puis il partit jouer dans sa chambre, laissant Lola seule dans la cuisine. Elle jeta un coup d’œil dehors, pour voir si les braconniers étaient toujours là mais elle ne vit personne. Consternée, elle sortit et regarda aux alentours pour les chercher.

-Aaaah ! Elle est réveillée !


Ils sortirent tous les deux du bois environnant, fonçant sur elle l’air…aguicheur. Elle referma aussitôt la porte, les entendant grogner. S’ils pensaient qu’elle se laisserait faire si facilement !

La journée déclina et Lola fit de son mieux pour s’occuper. Elle ignorait les braconniers lorsqu’elle passait devant une fenêtre et qu’ils l’observaient et passa son temps à ranger la maison et à continuer les travaux qu’ils restaient à faire, peignant par exemple la chambre du future bébé.
Logan était comme à son habitude sage, l’aidant parfois dans quelques tâches ménagèrent. Il ne semblait pas du tout se préoccuper de la présence des braconniers ni même ne semblait les apercevoir…
Ce fut vers la fin d’après-midi qu’un invité surprise arriva…

Lola était dans sa chambre, couchée sur son lit. La journée et ses émotions l’avaient fatiguée, et elle se reposait le regard fixé au plafond lorsqu’elle entendit un tambourinement venant de la porte d’entrée.
Elle ne se leva pas tout de suite, persuadée que c’était les braconniers qui l’ennuyaient. Mais les coups devinrent plus forts, plus rapides, aussi gagna-t-elle l’entrée, collant son oreille contre le bois…
Elle cherchait à entendre la voix de l’invité opportun, blême. Et si c’était quelqu’un d’autre, venu pour l’enlever ? (on ne savait jamais, avec les temps qui couraient…) Et…et si c’était Maedren, venu lui rendre visite…Il était au courant de la disparition de Soaric et en profitait…
Mais elle reconnut tout de suite la voix du type lorsqu’il cria :

-Lola ?! Lola, ouvre !


Hyndian.
Son cher Hyndian. Ancien brigand, il avait décidé de repasser du bon côté en prodiguant du bien autour de lui. Elle avait entendu dire qu’il était devenu un marchand de tissus, réputé pour sa gentillesse.
Lorsqu’ils s’étaient rencontrés, elle avait eu l’impression que c’était un deuxième père pour elle et ainsi avait eu du mal à se séparer de lui. Il est donc inutile de vous décrire la joie qui s’emparait de Lola…
Celle-ci ouvrit précipitamment la porte, sautant dans ses bras. Il sursauta légèrement mais la serra longuement en lui donnant de rapides baisers dans le cou. Puis il se détacha d’elle, admirant son corps et s’arrête à son ventre. Il releva la tête, souriant, et lui fit :

-Un enfant ! Oh ! Comme je suis heureux pour toi et Soaric ! C’est merveilleux !


Une légère ombre voilà le visage de la jeune femme, mais elle reprit rapidement contenance. Il s’engouffra alors rapidement dans la maison et lui demanda :

-Que font ces types, dehors ? Lorsque je suis arrivé, ils se sont précipités sur moi et ont voulu me tuer…Je les ai assommés. Ce sont, qui, ma Lola ?


-Des braconniers. Ils me surveillent….Ils…ils ont Soaric.


Un grand silence prit alors place dans les lieux, troublé par la petite voix de Logan venant du fond de la maison.
De nouveau, Hyndian parut surpris en l’entendant mais ne fit aucun commentaire là-dessus. Il lui confia simplement :

-Je l’ai vu. Il…il avait un collier en pic autour du cou…Et une laisse y était accroché. Il était avec de drôles de types ! Sans doute les autres braconniers, je me trompe ?

Lola ne fit pas attention à la fin de la phrase. A vrai dire, elle avait simplement retenu le passage du collier…
Comment…Comment avaient-ils oser imposer ça à son futur époux ? Quoi donc pouvaient-ils éprouver en humiliant ainsi un homme ?
Elle serra les poings, et répondit entre ses dents :

-Va surveiller Logan. Logan, c’est un enfant de cinq ans que nous avons recueilli. Je m’en vais chercher Soaric, moi, tu vas voir…Où sont-ils ?!


-Non ! Non, Lola ! Tu restes ici !


-Où sont-ils ?


-Tu n’iras pas, crois-moi ! Ils ont l’air bien plus féroce que les deux autres, là-bas !

-Où sont-ils ?


-Je ne te dirais rien !


-OU SONT-ILS ?!


L’artisane venait d’hurler ceci. Le petit garçon arriva soudain en courant, inquiet. Il sembla surpris de la présence d’Hyndian mais se tourna vers sa mère, des points d’interrogation dans les yeux.
Le gros bonhomme barbu soupira longuement et chuchota très bas, à peine audible :

-Vers Asperance.


Elle se précipita à nouveau à l’entrée, empoignant une veste. Avant de sortir, elle se tourna vers les garçons et leur dit, tranchante :

-Logan, tu restes ici avec Hyndian. Tu verras, il est très gentil. Hyndian, surveille-le bien. Il ne devrait pas te poser problème.


Puis elle ouvrit la porte et la referma aussitôt, ne leur laissant aucun choix.

******

Lola eut la chance de trouver des charrettes ou des personnes assez aimables pour la conduire jusqu’au premier village avant Asperance.
Elle le fouilla de fond en comble, interrogea les passants ou des amies mais aucun n’avaient vu Soaric ni une bande de braconniers.
Elle ne se démonta pas, et partit au village suivant. Malheureusement elle n’y eut pas plus de chance et du gagner un troisième village, la nuit commençant à tomber dangereusement.
Elle le fouilla comme les précédents, et faillit baisser les bras lorsque, arrivée à une auberge pour faire une pause, elle vit le chef braconnier descendre les escaliers. Se faisant la plus petite possible, elle le fixa intensément et parvint à comprendre des bribes de sa conversation avec le tavernier :

-Apporter quelque-chose à manger au gars dans le débarras…Il a pas mangé et va finir par s’évanouir.


Puis il repartit, sans même remarquer Lola. Celle-ci profita de cette occasion inespérée et se présenta au tavernier à son tour :

-Je n’ai pu m’empêcher d’entendre votre conversation…Je me ferais un plaisir de porter le repas au pauvre garçon. Il doit sûrement être blessé, enfin, vous connaissez ces gens-là, les braconniers…Et il se trouve que je suis guérisseuse.


Elle se tut, guettant la réaction de l’homme. Il semblait hésitant, pas sûr de pouvoir confier cette mission à une parfaite inconnue.
Et pour se donner plus de chance, elle s’empressa de rajouter :

-Vous n’avez sûrement pas que ça à faire !


La jeune femme désigna du menton une femme seule assise plus loin, qu’il n’arrêtait pas de lorgner. Il rougit, honteux, puis finit par accepter.
Ce fut donc les bras chargés qu’elle monta les escaliers, trouvant assez rapidement la pièce où était enfermé Soaric.
Seul hic : un garde était posté devant l’entrée.
Lola chercha pendant un instant un stratagème, et ne trouva pas mieux que d’abaisser sa tête, cachant son visage avec ses longs cheveux. Elle marcha en direction de l’homme, fort costaud à son goût et lui montra le plat pour qu’il comprenne.

-C’est bon, entre.


Il lui ouvrit la porte et alors qu’il parut la reconnaître, elle la ferma illico derrière lui, à double tour.
La jeune femme releva la tête et avisa rapidement la pièce. ‘Débarras’…Elle portait bien son nom ! Y était entassé toutes sortes de breloques, de draps ou de coussins pour les chambres. Elle trouva Soaric calé dans un coin, terriblement amoché.
Des larmes lui montèrent au visage et elle lâcha son assiette, faisant sursauter le jeune homme.
Il la regarda ainsi un moment, incrédule, puis la reconnut enfin…
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MessageSujet: Re: Une rencontre...néfaste ? [rp Soaric : Maedren puis Lola]   Jeu 19 Avr - 22:24

Le lendemain fut horrible. Soaric se réveilla avec un torticolis pas croyable et un ventre qui hurlait famine. Le soleil n'était même pas encore debout. Il se redressa en position assise, dérouillant son cou. Le collier faisait mal tout de même.
Il n'avait qu'une envie, défaire le nœud de l'arbre et s'en aller. Mais se serait signer l'arrêt de mort de Lola…

Les braconniers sortirent, s'étirèrent et le chef détacha la laisse, tira pour le relever et dit :


-Aujourd'hui, tu chasses.

Soaric ne répondit rien. Il restait enfermé dans sa bulle. Il cherchait toujours un moyen de fuir et n'en trouvait pas qui était sans danger pour sa famille.
Il suivit les braconniers et se mit en chasse du mieux qu'il put avec ce maudit collier. Il tira deux sangliers et un chevreuil alors que le soleil se levait à peine.
Il continua ainsi durant des heures et des heures. Au milieu de la matinée, les braconniers déclarèrent que c'était suffisant et lui ordonnèrent de les dépecer tout de suite. Soaric s'affala au sol, sans se préoccuper outre mesure des pics qui s'enfonçaient dans sa chaire et déclara :


-Pas maintenant. Après. Je suis crevé.

Le chef tira de toute ses forces et Soaric fut entraîner vers l'avant. Puis le chef lui prit les cheveux et redressa sa tête.

-Tu vas nous obéir tout de suite, je ne répèterais pas.

Soaric réussi à dire non de la tête. Ce qui lui valut un coup de pied dans le ventre. Plié en deux, il les regarda, en colère. Il n'était pas leur esclave ! Il en avait marre ! Il se releva d'un coup et, sans qu'ils s'y attendent, cogna l'un d'eux sur le visage, lui cassant sans doute le nez.
Aussitôt, le chef tira sur la laisse et tous les autres se ruèrent sur lui, le frappant ou ils pouvaient. Recroquevillé, Soaric mit ses mains au-dessus de sa tête pour se protéger un peu.


-Stop ! Arrêtez ! Il ne faudrait pas qu'il soit trop amoché non plus.

Le chef tira sur la laisse une fois que tous se furent écartés. Soaric se releva le plus dignement possible. Il bougea les bras, leur montrant qu'il le referait.

-Maintenant, tu dépèces en vitesse. Il faut que nous transportions la viande pour une auberge dans un village avoisinant. Et il paye bien.

Résigné, Soaric se mit à la tâche pendant qu'ils se prélassaient, tout en le surveillant du coin de l'œil. Pauvre animaux…Ils n'avaient rien demandé…
A midi, comme la veille, ils mangèrent comme des ogres, donnant les os avec un peu de viande à Soaric, qui, par obstination, ne mangeait pas. Il ne s'abaisserait pas à cela ! Prostré, assis à l'écart, la laisse attaché à un arbre, il ruminait et réfléchissait, les genoux repliés contre sa poitrine. Exactement comme lorsqu'il était prisonnier dans le noir du cellier…


Il n'arrêtait pas de penser à Lola aussi. Que faisait-elle ? S'inquiétait-elle ? Et les braconniers ?
Il espérait qu'ils ne lui fassent rien. Et Hyndian ? Il l'avait reconnu. Certes il avait changé au cours de ses derniers mois, rien que les cheveux ou la cicatrice, mais même. Était-il allé chez Lola ? Pour dire quoi ?
Il soupira. Tant de questions…

Le chef arriva soudain et détacha la laisse. Soaric se releva, prêt à partir. Il prit les paquets de viande, comme la veille, et suivit le mouvement. Il avait mal d'un côté de la mâchoire. Un coup du matin sans doute. Il s'en fichait un peu, à vrai dire. Et le fait que son ventre continuait à se tordre de douleur à cause de la faim aussi.
Ils marchèrent longtemps, jusqu'à ce qu'ils sortent des bois et continuent sur la route. Ils ne croisèrent personne. Et Soaric en fut content. Il imaginait mal recroiser le Gouverneur dans cet état et cette situation…

Lorsque le village apparut à l'horizon, le soleil avait déjà bien entamé sa longue descente et Soaric ne sentait plus ses jambes. La fatigue, la non-nutrition, tout s'ajoutait et son corps demandait une pause. Une longue pause. Qu'il ne recevrait pas.
L'œil droit de l'Archer recommençait à faire des siennes, floutant la vision, faisant disparaître des objets puis réapparaître…bref, Soaric voulait se coucher et ne plus bouger.
Seule la pensée de Lola le maintenait debout. Comme toujours. Malgré ce qu'elle avait fait. Il l'aimait trop.

Ils entrèrent dans le village, le chef camouflant légèrement la laisse et le collier, mais il y avait peu de monde dans les rues, tous étant rentrés se laver et manger en famille. Le soleil se coucherait dans pas longtemps…
Arrivés dans l'auberge, propre, fraîche et accueillante, le chef parla au tavernier, qui acheta toute la viande à un prix vraiment gros. Déchargé de son fardeau, Soaric se dit que maintenant il avait accompli sa part du contrat.
Mais non.

Le chef l'entraîna à sa suite à l'étage, ouvrit une petite porte et y entra. C'était une sorte de débarras. Tout était entassé pêle-mêle, la poussière s'amoncelait partout et une minuscule fenêtre laissait passer un faible rayon de soleil couchant. Soaric déglutit. Le cellier…il était revenu en arrière…
Avisant un poteau de soutènement, le chef sourit et s'avança. Il attacha solidement la laisse et abandonna Soaric, fermant correctement la porte. Il l'entendit poster un garde et l'entendit s'éloigner dans le couloir. Avec la porte fermée, il faisait pratiquement noir.

Se calant contre le mur, Soaric tenta vainement d'oublier la faim qui le tiraillait. Mais cela devenait difficile…Il se retenait aussi de fermer les yeux. En fait, il était…ailleurs. Il ne se rendait plus compte de ce qui l'entourait. Il ne sut pas combien de temps passa, à rester assis, dans ses pensées, luttant contre l'endormissement qui le guettait.

Il fixait un point en face de lui, et se convainquait que c'était Lola…

Jusqu'à ce qu'un bruit de vaisselle cassé le fasse sursauter. Il redressa la tête et regarda dans la pièce. Quelqu'un était là…quelque chose était étalé au sol…

Mais Soaric s'attarda sur le quelqu'un. Il connaissait cette personne. Son cerveau embrumé se concentrait au maximum. Mais si…ce visage doux, angélique, merveilleux…ce ventre rond qui cachait son fils ou sa fille…
Un nom apparut.


-Lola ! Mais…mais…

Il voulu se redresser. Mais son corps l'en empêcha. Ainsi que la laisse, lui laissant trop peu de mou pour se lever complètement. Se résignant à la position assise, il regarda la porte, de peur que le garde surgisse.
Lola se précipita vers lui, faisant attention aux objets. Elle s'agenouilla devant lui et lui prit le visage entre les mains. Il sourit. Son ventre grogna. Il voulait tant l'em…

Les lèvres de Lola sur les siennes stoppèrent ses pensées. Il mit ses mains autour de sa nuque, savourant, oubliant ou ils étaient. Ses mains faibles et encore à moitié rouges à cause du sang des animaux…
Lorsqu'ils se séparèrent, Lola le regarda, comme si elle l'analysait.
Puis elle se releva et alla vers la porte. Soaric ne comprit pas, jusqu'à ce qu'elle revienne avec un peu de nourriture, pas trop amochée à cause de la chute. Il lui sourit et mangea tout ce qu'il put, avidement. Reprendre des forces. Il fallait s'échapper après.
Elle continuait à le regarder, le fixant. Il était si amoché ? Il ne savait pas. D'un coup, des bruits de pas se firent entendre dans le couloir. Redressant la tête simultanément, le couple comprit qu'ils étaient pris au piège.


-Lola…la laisse…vite…

Elle réagit en sursautant et détacha la laisse. Le collier, plus tard. Des coups se faisaient entendre à la porte. Soaric se releva doucement, regardant la pièce. Il devait y avoir un moyen de s'échapper. La fenêtre était trop petite. Il n'y avait que la porte. Et derrière, douze braconniers bien décidés à les attraper. Ils avaient reconnus Lola. Il ne pouvait pas la faire passer pour quelqu'un d'autre. Les objets. Ils devaient utiliser les objets de la pièce. Son œil lui jouait une nouvelle fois des mauvais tours…

Secouant la tête, il avisa une énorme caisse. Lourde en plus. Il la souleva du mieux qu'il put. Les coups continuaient.


-Lola...quand je te le dis…ouvre la porte et écarte toi !

Elle acquiesça gravement.
Il cala correctement la caisse, prêt à la lancer.


-Maintenant !

Lola actionna la poignée d'un geste vif et ouvrit en grand. Les braconniers furent surpris mais Soaric ne leur laissa pas le temps de réagir, leur lançant la caisse avec toutes les forces qu'il possédait encore. La caisse se fracassa contre eux, les faisant tomber, à moitié assommés.

Lola agrippa la laisse lorsqu'il le lui indiqua et ils enjambèrent les hommes, s'enfuyant dans le couloir. Retourner en forêt, chez eux. Non. Alerter d'abord les gardes.

Ils sortirent de l'auberge et cherchèrent une patrouille. Qu'ils finirent par trouver. Ils expliquèrent rapidement la situation, du moins, Lola le fît. Soaric n'aurait pas pu. Ses jambes tremblaient encore.
Les Gardes réagirent vite et coururent à l'auberge, leur demandant d'attendre. Ce qu'ils firent. Soaric s'appuya contre une maison. Lola lui retira le collier et le jeta, à ce qu'il put voir.

Il toucha son cou doucement. Il sentit les petits trous laissés par les pics. Il se vengerait. Un jour. Les Gardes ressortirent, encadrant les braconniers. Le chef les vit et Soaric comprit à son regard qu'ils se retrouveraient. Et qu'il n'y aurait plus de cadeaux.

Soaric réussit à lui sourire insolemment. Ils se retrouveraient, mais lui les tueraient. Puis un Garde arriva, leur proposant de leur trouver une charrette pour les ramener. Ils acceptèrent avec joie. Marcher de nuit n'aurait pas été amusant et Soaric n'aurait pas eu la force. Tout comme Lola. Dans son état…Elle était folle.

Sur la route, rentrant chez eux, Soaric assis aux côtés de l'Artisane à l'arrière du chariot, il lui dit :


-Merci…Mais…tu aurais pu te faire tuer…par ma faute…

Tendrement, il lui caressa les cheveux. Elle lui sourit.

-Et je devine qu'Hyndian est à la maison.

Il sourit à son tour et l'embrassa. Cette histoire n'était pas encore finie, mais maintenant, il comptait se reposer, avec Lola…
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MessageSujet: Re: Une rencontre...néfaste ? [rp Soaric : Maedren puis Lola]   Ven 20 Avr - 19:52

-Lola ! Mais…mais…


Soaric voulut se relever pour peut-être l’accueillir à bras ouverts mais n’y parvint pas. Il essayait de se redresser misérablement et retombait tout aussi pitoyablement. Lola se sentit affreusement triste pour lui et courut, engloutissant les quelques mètres les séparant.
S’agenouillant devant lui, elle prit son visage entre ses mains et le caressa longuement. Elle fit bien attention à ne pas appuyer là où il était blessé, et retenu tant bien que mal ses larmes. Oh, comme il était miséreux comme ça !
Elle souhaitait tellement que ces braconniers croupissent en prison pour lui avoir fait ainsi du mal ! Et puis, comme un aimant, leur bouche s’attirèrent et fusionnèrent en un baiser passionné.
Il passa ses mains sur sa nuque et les siennes quittèrent son visage, caressant son torse avec envie. Si la situation n’était pas aussi désespérée, elle était capable de s’abandonner avec lui dans cette pièce ridiculement petite. Elle le désirait tellement ! (c’est ça aussi, la grossesse…Les hormones, hein…Huhuhu !)
La jeune femme stoppa ainsi le baiser, ne voulant pas aller trop loin. Des braconniers les attendaient sûrement derrière la porte, et Soaric devait avoir des soins urgents. Mais d’abord, elle avisa son air fatigué et dépité et comprit qu’il était à bout de force.
Elle se leva donc pour aller chercher la nourriture qu’elle lui avait apportée et lui tendit l’assiette. Lola s’assit devant lui, caressant sa cuisse de temps à autre pour l’encourager. Elle espérait tellement qu’il ne souffre pas trop ! Ses blessures avaient l’air tellement douloureuses et certaines plaies étaient vraiment vilaines.
Elle jura intérieurement pour ne pas avoir pensé à prendre ses matériaux de soins avec elle. Elle aurait pu le soigner !

Puis d’un seul coup, des bruits de pas se firent entendre derrière la porte. Ils aperçurent les ombres des braconniers par l’interstice de lumière filtrée sous l’entrée et Lola déglutit. Ils n’avaient sans doute pas vraiment apprécié la manière dont elle s’était fiché de leur tête. Enfin, il fallait dire qu’ils n’étaient pas très malins, tous autant qu’ils étaient…
Enfin, quoiqu’il en soit, la petite fenêtre du débarras ne les aiderait sûrement pas à se sortir d’ici. La demoiselle se mit à paniquer et regarda Soaric, les yeux suppliant :

-Lola…la laisse…vite…


La jeune femme sursauta. La laisse ! Comment avait-elle pu l’oublier ! Avec les piques qu’elle possédait, il devait avoir mal !
Elle s’en voulut de ne pas y avoir pensé plus tôt mais ne dit rien, s’activant plutôt à détacher et la laisse. Elle n’avait cependant pas le temps de lui retirer le collier car les coups se faisaient de plus en plus pressant dehors…
Soaric quant à lui s’activait. Il regardait partout autour de lui, ses forces revenant à lui et Lola ne put s’empêcher de le penser étrangement beau dans cette position de panique. Elle secoua la tête, priant ses hormones de lui lâcher la grappe et fit semblant de chercher elle aussi dans tout le fatras d’objets alentour, alors qu’elle n’avait aucune idée duquel aurait pu l’aider.
Mais le jeune homme trouva et lui dit, pressant :

-Lola...quand je te le dis…ouvre la porte et écarte toi !


La jeune femme hocha la tête et se dirigea vers la porte, tournant doucement la clé pour ne pas que le bruit interpellent les braconniers, et posa sa main sur la clinche, prête à agir.

-Maintenant !


Aussitôt dit, aussitôt fait. Elle ouvrit en grand la porte, lui laissant un immense espace pour qu’il jète la caisse qu’il avait empoignée. Il le fit donc, en écrasant plusieurs qui gémirent.
Soaric lui demanda de prendre sa laisse et elle s’exécuta, essayant de courir malgré le bébé dans son ventre.
Lorsqu’ils furent dehors, ils cherchèrent une patrouille. Lola était essoufflée et son chéri était dans un bien pire était qu’elle, aussi ce fut elle qui les prévint :

-Dans cette auberge là-bas, il y a…


-Quoi, la d’moiselle ? On a peur…Roooh, vous entendez ça les gars ?


-Non, écoutez-moi !


Ils continuèrent à l’agacer, voulant la faire sortir de ses gonds. Pourquoi tout le monde cherchait-il à l’ennuyer, aujourd’hui ?
Ce fut en serrant les poings qu’elle parvint à recouvrir son calme-me demandez pas comment- et elle hurla lorsqu’elle leur répondit, voulant se faire entendre :

-Ecoutez, merde ! Il y a des braconniers qui avaient pris en otage mon amoureux, là ! Regardez ce qu’ils lui ont fait ! Regardez !


Ils se figèrent, dévisageant Soaric. Celui-ci était beaucoup trop fatigué pour les remarquer. Ils réagirent aussitôt et coururent vers l’auberge, laissant le couple seul.
L’archer s’appuya contre une maison, et la demoiselle entreprit d’enlever son collier. Il porta sa main à son cou, mesurant l’ampleur des blessures, le regard dans le vide. Lorsque Lola s’approcha de lui et lui embrassa les marques laissées sur son cou, il ne réagit même pas. Mais elle ne lui en voulait pas…Il avait subi tellement de choses !
Les gardes revinrent, encadrant les braconniers. Ils les emmenaient sûrement en prison et Lola jubila. Ils n’avaient que ce qu’ils méritaient, ces pauvres fous !
L’un des gardes arriva, leur proposant de chercher une charrette pour les ramener chez eux. Ils acceptèrent, bien contents d’éviter de devoir rentrer à pied en pleine nuit. Enfin, ils auraient pu louer une chambre dans une auberge et ils...

-J’ai trouvé une âme charitable ! Installez-vous à l’arrière du chariot, il va bientôt démarrer.


Sauvée par la voix du garde, Lola n’eut pas le temps de continuer le cours de sa pensée. Elle était un peu honteuse, à ne penser qu’à cela alors que Soaric méritait des soins mais…Elle n’y pouvait pas vraiment quelque-chose. Du moins se persuadait-elle…

Le couple était donc à présent installé dans la charrette, collés l’un à l’autre. Lola avait étendu ses jambes sur celles de son chéri, et elle caressait du pousse sa main, souriant bêtement à ce contact.
Elle pensait à leur futur mariage, lorsque le bébé serait né et qu’elle n’aurait plus ce gros ventre, quand Soaric la tira de ses réflexions :

-Merci…Mais…tu aurais pu te faire tuer…par ma faute…


Il lui caressa les cheveux et elle, pour toutes réponses, lui sourit. Oh, s’il savait comme elle se fichait de mourir ! Tant qu’ils étaient ensemble, cela l’importait peu, à vrai dire. Si elle avait fait ça, c’est qu’elle ne pouvait supporter d’imaginer les horreurs qu’ils lui infligeaient, et qu’elle ne savait que trop bien qu’ils ne seraient pas prêts à lui rendre son chéri…

-Et je devine qu'Hyndian est à la maison.


Lola hocha la tête, et sourit de plus belle lorsqu’il sourit à son tour. Il se pencha vers son visage et l’embrassa, profitant qu’ils étaient enfin unis dans des circonstances plus…calmes.

-Hmm hmm, il est à la maison avec Logan. J’espère qu’ils ne s’inquiètent pas trop et je…


La jeune femme venait de croiser le regard follement amoureux de celui de Soaric. Elle déglutit, presque furieuse qu’il lui tende une perche ainsi…
Oh, s’il savait comme elle bouillonnait intérieurement ! Avec la grossesse, sa libido atteignait parfois le summum et elle devait parfois faire violence pour ne pas se jeter dans les bras de son chéri.
A présent, elle tourna le visage, fuyant ses yeux, et devint toute rouge. Elle lui dit pour ne pas qu’il s’inquiète :

-Je suis fatiguée donc…Bonne nuit.


Elle se roula en boule, lui faisant dos. Le pauvre garçon devait sûrement se demander quoi, mais elle ne lui dirait jamais ce qu’elle avait !

*********
Lorsqu’ils arrivèrent à leur maison, remerciant gracieusement l’homme qui les avait emmenés.
Mais ils découvrirent une maison étrangement…Silencieuse. Les lumières étaient éteintes, mais cela ne voulait rien dire. Logan et Hyndian avaient peut-être été se coucher…
Lola s’avança donc dans le hall, gorge serrée.

-Soaric ? Je vais aller voir dans la chambre d’amis et dans celle de Logan…Va manger quelque-chose dans la cuisine, ce que tu as mangé tout à l’heure ne devait pas être très suffisant.


Elle lui sourit et partit à travers la maison, ne lui donnant pas l’occasion de répliquer. Mais elle ne trouva personne.
Aucunes traces de son fils adoptif ou de son faux-père. Ils avaient disparu.
Paniquée, elle alla jeter un œil dans sa chambre et trouva un mot déposé sur le lit. Elle s’attendait presque à voir l’écriture des braconniers leur disant qu’ils les avaient et exigeaient une rançon, mais elle trouva celle d’Hyndian.
Elle lut à voix haute les mots :

-‘Chère Lola, je me doute que tu vas revenir avec Soaric ici…Logan m’a raconté quelques-unes unes de vos dernières aventures et je pense que vous accepteriez avec plaisir un petit moment rien qu’à deux…Je suis au premier village qui vient avant Asperance. Bises’


Lola sourit, éclatant de rire. Puis elle revint dans la cuisine et expliqua la situation à Soaric. Ensuite, elle mangea un bout avec lui et lui ordonna de venir dans la salle de bain. Ils passèrent ensemble sous la douche, elle levant les yeux au plafond pour ne pas croiser le regard du jeune homme ou même son délicieux torse…
Puis elle avisa ses blessures et les pansa, mettant aussi une crème apaisante. Elle se coucha ensuite dans leur lit, attendant qu’il sorte de la salle de bain.
Elle espérait seulement qu’il ne serait pas trop fatigué…



[L’idée c’est que ben…ils ne s’inquiètent pas. Ils profitent, youplala, ballade en forêt ou je ne sais quoi…Mais en réalité, c’est l’un des braconniers qui restaient pour surveiller qui a capturé le petit et Hyndian, le forçant à écrire ça ^___^ enfin, tu suis ou tu suis pas, comme tu veux !]
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MessageSujet: Re: Une rencontre...néfaste ? [rp Soaric : Maedren puis Lola]   Ven 20 Avr - 21:38

[4 pages Word !!!! un record ! tu me dis si cela ne te plaît pas !]


Lola lui répondit :

-Hmm hmm, il est à la maison avec Logan. J’espère qu’ils ne s’inquiètent pas trop et je…

Elle se coupa net lorsque leurs regards se croisèrent. Soaric ne savait pas ce qu'il exprimait, sauf de l'amour, mais elle rougit, détourna les yeux et répliqua :

-Je suis fatiguée donc…Bonne nuit.

Il ne comprit pas et fronça les sourcils sur son dos alors qu'elle se tournait pour dormir. Il leva ensuite les yeux au ciel…les hormones…

Il se coucha donc, ignorant les endroits qui le faisaient souffrir, fermant les yeux pour enfin se reposer correctement. Il entendait la respiration de Lola, régulière, le bruit des roues cahotant sur la route, le cocher qui fouettait de temps en temps ses bêtes puis il s'endormit.

Le cocher les tira du sommeil et ils descendirent, le remerciant et lui donnant de l'argent. Il fît demi-tour et s'en alla. Soaric fronça les sourcils. Quelque chose clochait. Hyndian aurait du être là, attendant Lola en se faisant un sang d'encre, avec Logan qui jouait. Mais il n'y avait personne. Ils s'avancèrent et Soaric prit la main de Lola, la serrant pour lui donner du courage. Ils entrèrent et elle déclara :


-Soaric ? Je vais aller voir dans la chambre d’amis et dans celle de Logan…Va manger quelque-chose dans la cuisine, ce que tu as mangé tout à l’heure ne devait pas être très suffisant.

Sans qu'il puisse répliquer, elle s'en alla dans la maison. Alors il écouta et se servit une bonne part de légumes et de viande, qu'il dévora presque. Son ventre hurlait de plaisir, maintenant. Il sourit et l'entendit revenir. Il se figea, prêt à entendre une mauvaise nouvelle, mais Lola lui expliqua que le bandit était allé dans un village proche avec Logan, pour les laisser seuls un moment. Ils mangèrent ensemble, tranquillement. La maison était horriblement silencieuse, lorsque l'on avait l'habitude des cris de Logan.

Ensuite, elle l'entraîna dans la salle de bains, et ce fut avec une immense joie qu'il se dévêtit, retirant les vêtements sales qu'il portait depuis trois jours maintenant. Ils douchèrent tous les deux, et Lola regardait en haut ou derrière lui, comme pour éviter de le regarder justement…Soaric ne comprenait pas, mais lorsqu'il la touchait, caressant sa peau douce et parfaite, elle frissonnait et se mordait la lèvre. Ce qui illumina le puzzle et Soaric sourit en comprenant ou en imaginant comprendre ce qu'elle avait. Mais il ne dit rien.

Lorsqu'ils sortirent, ils se séchèrent correctement et Lola s'occupa de ses plaies. Il ne pensait pas en avoir autant. Son torse avait des marques bleuâtres disséminées, et en regardant dans le miroir, le bas de sa mâchoire aussi. Son cou était maintenant propre, et l'on voyait faiblement les trous du collier. Ceux-ci étaient dispersés à intervalles réguliers et Soaric grimaça en les voyants. Vivement qu'ils disparaissent. Ce qu'ils feraient avec le temps. Lola s'était éclipsée et il la vit sur le lit. Il sourit et se dépêcha un peu, enfilant un caleçon simplement. Les nuits étaient fraîches, mais il se doutait que celle-ci ne le serait pas pour eux. Il restait encore quelques heures avant le lever du soleil et, sans Logan pour les interrompre au mauvais moment, il comptait bien en profiter malgré la fatigue qu'il ressentait encore.

Il s'allongea sur le lit à ses côtés et constata qu'elle était nue. Il sourit et laissa ses doigts parcourir son corps, la faisant frissonner de plaisir.
D'un coup, l'image de Maedren faisant le même geste s'imposa dans son esprit. Il retira sa main et secoua la tête, chassant l'image. Puis il sourit à Lola et l'embrassa, ne lui laissant pas le temps de répliquer.

Le caleçon ne servit pas à grand-chose et fût vite jeté dans la pièce. Elle n'était plus que braises ardentes et lui volcan en éruption (pas d'images perverses je vous prie…U_u).

Lorsque Soaric se recoucha, il souriait à s'en décrocher la mâchoire. Il était fatigué, mais était si heureux et avait vécu un moment si intense avec Lola qu'il ne s'en souciait pas. Elle, elle fermait les yeux, et il la laissa sombrer dans le sommeil lentement, alors que le soleil commençait à apparaître. Il lui embrassa le front et ferma lui aussi les yeux.

Pour les rouvrir deux heures après, en sursaut. Il se redressa, retira les draps et la main de Lola toujours sur son torse et se leva. Il s'habilla en quatrième vitesse et mangea un morceau. Il aurait du comprendre plus tôt. Plus vite.

Il prit le mot qu'Hyndian avait écrit à leur intention et l'analysa. Il n'était pas un spécialiste, loin de là, et son œil ne facilitait pas la tâche, mais il réussit à voir que l'écriture était un peu trop tremblante pour être naturelle.
Et il aurait dû comprendre. Les deux braconniers n'étaient plus là ! Ils n'étaient déjà plus là lorsqu'ils étaient arrivés au milieu de la nuit ! Et ils n'avaient pas remarqués, trop fatigués et heureux d'être ensemble. Lola apparut dans l'encadrement de la porte, les yeux encore à moitié fermés de fatigue. Elle l'interrogea du regard et il espéra ne pas être trop inquiet. Il dit :


-Ce n'est pas Hyndian qui a écrit ce mot.

Il soupira et ajouta :

-Enfin, si. Mais pas de son plein gré. Je ne pense pas du moins.

Elle le regarda et s'approcha. Il lui expliqua, l'écriture tremblante. Elle le regarda et il vit la compréhension apparaître. Elle l'agrippait à la chemise, suppliant des explications supplémentaires.

-Les braconniers qui devaient te surveiller ne sont plus là. Ils ont sans doute dû enlever Hyndian et Logan.

Lola se mit à pleurer, et il la serra contre lui, calant sa tête dans son épaule. Lui caressant le dos, il la rassura du mieux qu'il put, lui promettant de les ramener tous les deux sains et saufs. Et intérieurement, il se promit de faire la peau aux ravisseurs. S'écartant de Lola, il prit sa dague et son Arc et dit, d'une voix qu'il rendit déterminée :

-Je vais les chercher. Toi tu restes ici. Tu ne peux pas me suivre. Je sais que tu le veux et je voudrais t'emmener, mais c'est préférable pour toi comme pour le bébé. Je ne veux pas vous perdre.

"Vous". Il avait dit vous. Il rejeta la pensée. Maintenant, Hyndian et Logan.
Elle courut presque vers lui, le regard tout aussi déterminé. Il ferma les yeux, lui prit les mains et dit :


-Non, Lola. Je vais les chercher. Et je reviendrais le plus vite possible. A mon avis, ils ont du les emmener dans leur grotte, tellement bêtes qu'ils sont. J'y vais, je les sauve et je reviens. Si jamais…quelque chose clochait, je tenterais de te faire un signal. Un hurlement de loup. Le seul cri que je sais faire.

Elle semblait lutter contre l'envie de s'énerver de rester en arrière et le bon sens. Mais il le fallait. Il voulait l'emmener, pour mieux la protéger, mais justement, il la protègerait encore mieux si elle restait à la maison au chaud. Mais la laisser seule…dans la maison vide…

Il l'embrassa, essuyant ses larmes et murmura :


-Je reviendrais. Et souviens-toi : le cri du loup. Si tu l'entends, c'est qu'il y a un problème. Dans ce cas, vas à la ville ou village proche et cherche les gardes. Ne fais rien seule.

Il fallait qu'elle comprenne. Il ne s'en alla donc que lorsqu'elle acquiesça lentement, les larmes recommençant à couler. Il venait de la retrouver et partait à nouveau. Mais pour sauver son ami et son fils.
Il sortit alors que le soleil sortait de l'horizon. Il se mit à courir et fût happé par les arbres. Courant toujours, il sautait au-dessus des obstacles, se baissait pour éviter les branches, plongé dans une colère indicible. Pas de la rage, mais presque. Il devait faire attention. Il y avait Logan. Et il ne voulait pas que le petit le voie ainsi.
Il se contrôlait et serrait le manche de son arme à s'en blanchir les phalanges. Il trouva rapidement le repaire. Comme convenu, les braconniers étaient là, avec Hyndian et Logan. Ils étaient tous les deux ligotés à un arbre et les hommes parlaient entre eux, armes aux poings. Soaric les contourna pour écouter légèrement :


-Il faut libérer les autres. Disait le premier.

-Et comment ?

-Il faut les faire chanter. Les nôtres contre les leurs.

-Non. On en tue un et on les fait chanter pour ne pas tuer l'autre.

Soaric sourit d'un cruel sourire et lança un caillou qui toqua contre un arbre. Les braconniers levèrent simultanément la tête et l'un d'eux fît signe à l'autre d'aller voir.
Bien. Comme prévu.

Attirer à l'écart et tuer. Plus rien d'autre ne comptait. La veille, Soaric n'aurait pas été capable de faire ceci mais la nuit passée avec Lola avait été revigorante bien que courte. Le braconnier arriva vers lui et le reconnut. Il voulut hurler mais Soaric s'était jeté sur lui et le poignardait ou il pouvait. Trois coups, et il était mort. L'Archer se redressa et nettoya sa lame. Un en moins. Maintenant le deuxième…


Non. Pas sa. Pas maintenant. De l'autre côté des fourrés surgirent les douze autres braconniers. Que faisaient-ils ici ? Comment s'étaient-ils enfuis ?

Le chef parla en premier.

-Je vais les tuer, tous autant qu'ils sont ! Et dès que je revoie ce type je lui fais la peau ! Mais d'abord je profite de sa femme ! Qui est-ce ?

Il avait posé la question en voyant les prisonniers. Le braconnier restant répondit timidement :

-C'est leur petit. Et le barbu a voulu s'interposer. Elle était partie et nous avons cru bien faire en les kidnappant et…

Le chef leva la main, le faisant taire. Il souriait de ce sourire carnassier…

-C'est très bien. Eux contre l'Archer. La femme devra choisir. Ou alors elle se rend elle-même. Qu'importe. Voir son visage se déformer par l'indécision. Choisir entre son cher et tendre et son fils. Quel cruel dilemme !

Il ria, si fort que les autres suivirent. Personne ne pensa au deuxième braconnier qui gisait aux pieds de l'Archer.

-Comment êtes-vous sortis ? Questionna le premier.

Le chef cessa de rire et reprit :

-Pas assez de preuves. Ils nous ont relâchés. Et ils n'avaient pas assez de place dans leurs cellules.

Soaric retint un grognement et serra sa dague. Comme faire ? Ils étaient toujours treize maintenant avec le premier braconnier. Hyndian gigotait mais ne parvenait pas à défaire les liens. Soaric grimpa dans un arbre, s'installa confortablement et encocha une flèche. Il était Archer, autant s'en servir autrement que pour chasser.
Il visa soigneusement avec l'œil gauche et tira. Le premier braconnier s'effondra, une flèche dans le cœur. Les autres eurent à peine le temps de réagir qu'une deuxième partait, embrochant un autre des leurs. Et ainsi de suite.

Lyme lui avait appris à tirer rapidement. Mais ses flèches n'étaient pas éternelles. Il en tua donc neuf avant de se retrouver à sec. Souplement il redescendit. Les quatre derniers mourraient sur sa lame. Avec le chef.

Ils paniquaient, cherchant l'origine des tirs, lorsqu'il sortit du couvert des arbres. Le chef le vit et grogna :


-TOI ! Tu vas nous le payer !

Ils se mirent aussitôt en position. Avançant, Soaric ne remarqua pas le piège au sol. Il mit le pied dedans et le piège se referma, mordant sa cheville. Il tituba mais réussit à ne pas tomber, malgré le sang qui coulait le long de son pied.

Le chef était goguenard.


-Alors ? Qui sont les plus forts ? Tu es mon chien et je vais te dresser. J'ai eu de la chance de retrouver ton collier. Je savais que tu en aurais encore besoin.

Hyndian et Logan l'avait vu et écarquillaient les yeux. Le petit pleurait en silence. Soaric hurla, un cri de loup parfait, assez fort pour que Lola l'entende et cherche des gardes. Assez fort et assez longtemps, jusqu'à ce que le chef le cogne et qu'il s'écroule, inconscient.
Sa dernière sensation fut celle du métal qui se refermait sur son cou, s'ajoutant à celui de son pied.
Sa dernière pensée s'en alla vers les siens, espérant qu'il ne leur arrive rien…
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Lola
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MessageSujet: Re: Une rencontre...néfaste ? [rp Soaric : Maedren puis Lola]   Sam 21 Avr - 18:49

Soaric la rejoignit enfin. Il se glissa dans le lit, munit d’un simple caleçon et vint se coller contre Lola qui était…totalement nue.
Elle tira la langue au jeune homme, et se mit à sourire lorsqu’il commença ses caresses. Elle avait cru qu’il ne voudrait pas, ce soir. Alors qu’elle, elle le désirait tellement !
La jeune femme ferma les yeux, profitant du simple contact de sa main sur sa peau. Mais il arrêta soudainement, elle rouvrant les yeux, lui le regard tinté d’une colère passagère. Il secoua la tête, pour chasser les pensées qu’il venait d’avoir.
Lola ne se soucia pas de ses réflexions. Elle le vit bien fléchir, mais avant qu’elle ne put lui demander la raison de son arrêt soudain, il s’empara de sa bouche en lui offrant un baiser amoureux.
Et c’est aux anges qu’elle lui répondit, savourant toutes les sensations qui s’offraient à elle. Cette nuit-là fut peut-être la plus intense, la plus florissante et la plus ardente de toute leur vie…

La demoiselle émit un long soupire de pure bonheur. Elle était fatiguée à présent mais ne regrettait rien. Se collant contre Soaric, elle lui donna une dernière étreinte avant de sombrer dans un doux sommeil sans rêves…

Cependant, Lola fut réveillée quelques heures plus tard. Son chéri avait déserté le lit et elle avait été alertée par ce vide soudain.
Elle tourna la tête à droite puis à gauche, cherchant signe de vie mais ne vit absolument rien. Elle tendit alors l’oreille, et entendit un bruit provenant de la cuisine. La jeune femme se leva donc, les yeux à moitié ouverts et s’y dirigea.
Soaric était là, inquiet et agité. Elle l’interrogea du regard, ne comprenant pas d’où lui venait une telle nervosité et il lui indiqua :

-Ce n'est pas Hyndian qui a écrit ce mot.


-Pardon ?


Lola venait de murmurer si bas ce mot qu’elle crut qu’il n’avait rien entendu. Hyndian n’avait pas écrit ce mot ?
Elle connaissait pourtant bien son écriture, lui écrivant peut-être toutes les semaines pour lui raconter diverses nouvelles. Alors ou Soaric était tombé sur la tête, ou il se trompait complètement. Ou les deux…
Ce dernier soupira avant d’ajouter :

-Enfin, si. Mais pas de son plein gré. Je ne pense pas du moins.


Curieuse, la guérisseuse s’approcha de lui, sourcils froncés. Mais que chantait-il là ? Est-ce qu’il avait cauchemardé ? Son mauvais rêve aurait été si réel qu’il aurait confondu le songe de la réalité et se serait inquiété.
Mais il lui tendit le papier et lui montra l’écriture qui semblait tremblotante. La jeune femme se saisit de la feuille, l’analysa pendant un instant et releva rapidement la tête, à son tour inquiète.
Il avait raison. Les lettres tracées montraient bel et bien la peur et l’hésitation. D’habitude, Hyndian écrivait toujours droit et clair, hors ici les caractères étaient penchés et parfois illisibles. Pourquoi ne s’en était-elle pas rendue compte plus tôt ?!
Au lieu de ça, elle avait profité de cette petite nuit qui s’offrait à deux, ne réfléchissant pas plus que cela. Elle se sentait bête et s’en voulait…terriblement.

Lola se saisit alors du bras de son chéri, exigeant du regard de plus amples explications, s’il en avait. Puisqu’il était habillé et venait de manger, il ne faisait pas l’ombre d’un doute qu’il allait partit à leur recherche.
Et, puisqu’il n’avait pas réveillée sa donzelle-enfin, pas directement-, il comptait partir…sans elle.
Et il en était hors de question !

-Les braconniers qui devaient te surveiller ne sont plus là. Ils ont sans doute dû enlever Hyndian et Logan.


La détermination du regard de la jeune femme s’éteignit, laissant place à de lourdes larmes. Elle imaginait les choses horribles qu’ils faisaient à Logan et Hyndian ou qu’ils convoitaient de faire. Elle imagina même à un moment donné qu’ils allaient les tuer par pur plaisir ou agacement.

Si Lola avait pu déchiffré bien avant le message d’aide qui se cachait derrière le mot d’Hyndian, ils seraient sûrement sauvés à l’heure qu’il est. Tout ça était entièrement sa faute ! Comme elle s’en voulait !
Soaric se comporta en véritable gentleman. Il la garda contre elle, caressant son dos et lui murmurant des mots réconfortants, lui jurant qu’elle n’y était pour rien. Elle allait même s’y laisser convaincre lorsqu’il se détacha d’elle, s’emparant de son arc et de sa dague.

-Je vais les chercher. Toi tu restes ici. Tu ne peux pas me suivre. Je sais que tu le veux et je voudrais t'emmener, mais c'est préférable pour toi comme pour le bébé. Je ne veux pas vous perdre.


-Non ! Je viens avec toi !


Lola lui agrippa de nouveau son bras, y mettant toute la force qu’elle le pouvait pour le retenir. Ils ne pouvaient pas à nouveau se séparer ! Pas encore une fois ! Il fallait qu’elle vienne avec lui, absolument !
D’abord parce-qu’elle ne pouvait s’imaginer loin de lui encore une fois, remplie de questions et de remords. Même si elle était enceinte, elle ne serait pas un boulet pour lui !
Et puis…Parce-qu’elle redoutait quelque-chose. Elle pressentait que s’il la laissait derrière lui, quelque-chose allait arriver.
Quelque-chose de grave. Elle n’aurait pas su l’expliquer, mais elle le savait et c’était tout. Elle devait l’accompagner. Définitivement.

-Non, Lola. Je vais les chercher. Et je reviendrais le plus vite possible. A mon avis, ils ont du les emmener dans leur grotte, tellement bêtes qu'ils sont. J'y vais, je les sauve et je reviens. Si jamais…quelque chose clochait, je tenterais de te faire un signal. Un hurlement de loup. Le seul cri que je sais faire.


Les larmes montèrent aux yeux de Lola. Elle n’arrivait pas à parler. En elle, luttait le sentiment d’insécurité si elle restait et celui de la colère. Il l’abandonnait.
Encore.
Mais il sécha ses larmes, l’embrassa tendrement avant de se retourner. Il allait partir et quelque-chose ici allait se passer. Et elle était incapable de le lui dire !

-Je reviendrais. Et souviens-toi : le cri du loup. Si tu l'entends, c'est qu'il y a un problème. Dans ce cas, vas à la ville ou village proche et cherche les gardes. Ne fais rien seule.


Acquiesçant, la gorge décidément nouée, Soaric commença à marcher dans la nuit, s’effaçant lentement dans la forêt.
Et le malaise de la jeune femme grandissait. Elle chercha quelque-chose à faire, s’occupant tant bien que mal pour combler le temps.
Mais elle n’arrivait à rien. Sitôt une vaisselle entamée, elle faisait tomber une assiette, la brisant. Lorsqu’elle se penchait pour la ramasser, elle se coupait gravement, laissant des tâches rouges sur le sol. Se soigner ? Lola tremblait tellement qu’elle n’arrivait pas à voir ce qu’elle faisait. Au fur et à mesure que le temps s’écoulait, le trouble en elle grandissait jusqu’à prendre toute la place dans son esprit. Des nausées lui vinrent, sans qu’elle ne sut expliquer pourquoi.
La jeune femme s’assit sur son lit, le corps nu sous un peignoir, attendant que son mal passe. Un bruit se fit entendre à l’entrée, et plusieurs personnes entrèrent.

Ce n’était pas Soaric. Ni Hyndian ou encore moins Logan. A l’aura qu’ils dégageaient, semblable à celle des braconniers, ce ne pouvait être eux.
Lola sortit de la pointe des pieds de la chambre, cherchant à sortir à la porte arrière de la maison, en silence. Mais si Lola n’était pas Lola, ce ne serait pas Lola (admirez la logique **)…Aussi, son but du ‘sans-bruit’ se transforma en quincophonie, bousculant et brisant un vase à terre.
Les hommes furent tout de suite alertés et vinrent rapidement vers elle, alors qu’elle essayait tant bien que mal de courir.

Une espèce de petite flèche atterrit dans son cou, empoisonnée, et elle sentit ses membres s’engourdirent, ses yeux se fermer.
La dernière chose qu'elle entendit fut un hurlement de loup dans le lointain...

[Hs : Je vais faire ma sadique et arrêter là…Comme ça, même pas toi tu sauras où je suis –3-]
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MessageSujet: Re: Une rencontre...néfaste ? [rp Soaric : Maedren puis Lola]   Sam 21 Avr - 21:10

[6 pages !!!! Attention, un peu de cruauté et beaucoup de gore...je préviens...]


Soaric sortit lentement de sa léthargie. Il ouvrit prudemment les yeux et vit un arbre. Il cligna et ajusta sa vue. Il était allongé à même le sol. Il bougea un peu, pour sentir son corps. Qui répondait. Seule sa cheville lui émettait une onde de douleur. Il mit ses mains à plat et se redressa. Mais quelque chose le maintint le buste levé, tirant sur son cou. Le collier ! Pas encore !

Il bougea comme il put, se mettant en position assise en se contorsionnant et mit ses mains sur la nuque. Le collier était bel et bien là, s'enfonçant à nouveau dans sa peau. La laisse était attachée à l'arbre, avec si peu de mou qu'il n'était pas assis complètement sans que les pointes s'insèrent dans sa gorge.

Il regarda autour de lui. Il faisait encore un peu jour. Hyndian et Logan étaient attachés à l'arbre, comme avant. Logan vit qu'il était éveillé et gigota, attirant l'attention du bandit qui observa l'Archer et fît mine de soupirer de soulagement. Il les interrogea du regard et ils acquiescèrent pour montrer que tout allait "bien".
Ensuite, Soaric regarda la grotte. Les braconniers étaient à l'intérieur, les flammes d'un feu se réverbéraient contre les parois, projetant leurs ombres. Et Soaric vit le jeune braconnier assis à l'entrée, les surveillants.

Lorsqu'il vit que l'Archer était éveillé, il siffla et aussitôt les trois autres sortirent, le chef à leur tête. Il s'approcha de lui, lui caressa la tête et dit :


-On a fait un gros dodo hein ? C'est fini maintenant !

Soaric serra la mâchoire. Se faire ridiculiser, devant son fils et Hyndian…Il détacha la laisse et le força à se mettre debout. Soaric eut du mal à tenir sur sa jambe. Libérée du piège, ils avaient au moins essuyé le sang. Rien d'autre. Même pas un petit bandage. Il s'appuya donc sur l'autre et attendit, le visage neutre. Il entendait Logan pleurer à nouveau et cela lui brisait le cœur. Heureusement que Lola ne voyait pas cela…D'ailleurs, il espérait qu'elle ne se morfonde pas trop, qu'elle ne fasse rien de trop précipité et surtout, qu'il ne lui arrive rien…Il l'avait laissée seule et sans défense. Idiot ! Et c'était que maintenant qu'il y pensait !

-Je cherche un nom, mon beau. Un nom qui montre qui tu es.

-J'ai déjà un prénom. Et il me convient très bien.

Le chef écarquilla les yeux et dit :

-Veux pas le savoir. Je vais t'en trouver un mieux, gentil toutou.

Soaric garda les mains le long de son corps.
Le jeune dit, timidement :


-Et si on l'appelait Athar ?

Soaric le foudroya du regard et il se recroquevilla. Celui-là tentait de se faire une place. Le chef regarda Soaric, puis le jeune et répondit :

-Athar. Sa sonne bien ! Bravo ! Aller ! Serre-moi la main, Athar !

Il lui donnait des ordres maintenant ? Et en plus il devait porter ce nom ? Soaric ne bougea pas et ne dit rien.

-Athar…je ne répèterais pas !

-J'ai déjà un prénom.

Le chef soupira et claqua des doigts. Aussitôt, un des deux braconniers restés à l'écart approcha, gros tas de muscles en puissance, dépassa le chef et l'Archer pour aller libérer Logan. Le tenant aux bras, il le mit face à Soaric. Le petit criait, se débattait, pleurait…

-Athar ? Demanda le chef.

Soaric le regarda et vit son air cruel. S'il ne répondait pas au nouveau nom, ils frapperaient Logan… Et il ne voulait pas. Il ferma les yeux et dit tout bas :

-Oui ?

Le chef sourit et fît un signe à l'autre qui ré-attacha Logan. Celui-ci se blottit comme il put contre Hyndian, malgré les liens.

-Tu as compris, bravo !

Il regarda le ciel et ajouta :

-Il va faire nuit. Un peu tard pour se mettre en route. Mets-toi à genoux Athar !

Difficilement, comme si chaque millimètre lui coûtait, il fléchit les genoux, jusqu'à ce qu'ils atteignent le sol. Il baissa la tête. Que penserait Logan ? Que son père était faible et lâche…Mais il ne voulait pas que les braconniers le frappe, lui. Il préférait recevoir tous les coups possibles et inimaginables. Il devait rendre à Lola un fils en pleine forme, sans marque de coups…Lui, il s'en fichait. Et il était sûr qu'Hyndian pensait la même chose…
Le chef rit et caressa sa tête.


-Tu sais qu'à cause de toi nous avons croupi une nuit entière en prison ? T'es au courant ???

Il disait cela en tirant sèchement sur la laisse, étranglant l'Archer, enfonçant les pics.

-Et je suis ravi que vous ayez vu ce qui vous attendait… Répondit-il insolemment.

Le coup partit très vite. Le chef le gifla, si fort qu'il tomba presque de côté, se rattrapant sur une main. Il se remit en place, d'ailleurs il se remit sur ses jambes et toisa le chef, se forçant à ne pas toucher sa joue.

-Je ne t'ai pas dit de te remettre debout. Il en reste du chemin à faire avant que tu ne sois dressé n'est-ce pas ? Mais je ferais tout ce qu'il faut ! Admire ton fils…parce qu'il ne sera plus aussi beau lorsque j'en aurai fini !

Le même braconnier libéra une nouvelle fois Logan, mais cette fois, Hyndian s'interposa :

-Laissez-le ! Battez-moi à sa place !

Le chef observa le bandit et répliqua :

-Cela n'affecterait pas Athar. Moi je veux le toucher, le briser et le détruire. Il sera mon nouveau chien. Les autres sont morts…prématurément.

Logan pâlit, Hyndian écarquilla les yeux. Soaric se remit sur les genoux et Logan fut rattaché. Combien de temps supporterait-il tout ceci ?

La nuit tomba et les braconniers continuèrent à le "dresser". Il dut faire des choses ridicules, comme faire un salto, le poirier…des choses qui le couvraient de honte, qui faisaient souffrir sa cheville, qui montraient encore plus à Logan qu'il ne valait rien…

Et le collier s'enfonçait, dangereusement, perçant de plus en plus sa gorge. Il ne voulait pas mourir ainsi…Et Lola ? Il pensait tout le temps à elle, priant pour qu'elle ait entendu le cri, qu'elle soit allée chercher du secours…
Finalement, les membres endoloris par les giflent et autres coups qu'il recevait par désobéissance, Soaric resta assis, tête baissée. Au moins, ils n'avaient plus menacés Logan, pour le moment.


-Bien. Nous reprendrons demain. Bonne nuit Athar !

Il attacha la laisse solidement et entra dans la grotte, laissant le jeune à l'entrée. Soaric resta assis et regarda Logan.

-Tu vas bien ? Demanda-t-il.

-Moi oui, mais toi ? Papa, je veux rentrer ! Ou est maman ??

Soaric ferma et rouvrit les yeux.

-Je vais très bien bonhomme, ne t'en fais pas. Je te promets que nous rentrerons très vite. Maman nous attends à la maison.

Il regarda Hyndian et lui transmis son inquiétude. L'obscurité grossit et bientôt, ils entendirent les ronflements des trois braconniers dans la grotte. Le jeune ne devait plus les voir beaucoup non plus…

Il entendit gigoter, puis un murmure s'éleva, si bas qu'il eut du mal à en saisir le sens
:

-J'ai réussi ! Je vais vous délivrer !

Logan. Il avait réussi à se détacher. Il entendit Hyndian dire :

-Non petit. Cours le plus vite possible jusqu'au prochain village et cherche du secours. Retiens la route. Mémorise la et revient avec des gardes ! Vite !

Soaric vit la silhouette de Logan, debout, hésitant. Alors il murmura :

-Vas-y ! Ne t'en fais pas pour nous !

Il entendit alors ses petits pas se diriger vers lui et il sentit l'étreinte du petit autour de son cou. Il lui donna un baiser sur la joue et lui dit :

-Vas-y Logan. Tu peux le faire. Tu sais comment te repérer n'est-ce pas ?

-Oui, papa. Je reviens vite.

Il l'entendit s'éloigner, le cœur serré, mais déjà plus rassuré. Au moins, Logan était presque en sécurité. Et le jeune braconnier n'avait pas bougé, à moins qu'il ait fait exprès de ne rien faire. Soaric souhaita une bonne nuit à Hyndian et se coucha aussi, pensant à Lola, se rongeant les ongles à force de paniquer.
Finalement, il s'endormit, le cœur et l'estomac noués.


******


Il se réveilla, tiré par quelque chose. Il soupira en se souvenant qu'il n'était plus à la maison avec Lola, mais en forêt, attaché, traité en chien. Et c'est justement son "maître" qui le tirait par le bout de la laisse.

-Allez Athar, debout !

Il lui donna un coup de pied et Soaric se leva. Sa jambe le faisait légèrement souffrir mais c'était déjà mieux. Il se tenait plus droit. Il vit Hyndian, debout lui aussi, détaché, mais encadré par les colosses. Le jeune était à côté du chef, un œil au beurre noir. Il avait été frappé. Pourquoi ? Soaric comprit au bout de quelques minutes. Logan ! Il était parti ! Il se retint de sourire. Lola n'était toujours pas venue avec des renforts, mais si elle et Logan en cherchaient, ils auraient plus de chance…Il ne voulait pas imaginer qu'il soit arrivé quelque chose à Lola. Le chef le tira encore un peu, par pur plaisir sans doute et dit, en colère :

-Ton fils s'est échappé ! Ne penses pas que maintenant tu peux faire ce que tu veux avec moi. Je vais te dresser, et aujourd'hui je vais révéler ton côté sombre…

Il laissa sa phrase en suspens. Son côté sombre ? Soaric fronça légèrement les sourcils. Qu'entendait-il par là ? Le chef le fît se mettre face à Hyndian. Ils se regardèrent, inquiets.

-Bien. Ton fils n'étant plus là, c'est lui qui va servir…Athar, je veux que tu l'attaques !

Soaric déglutit et regarda le chef, involontairement. Att…attaquer Hyndian ! Mais non ! Il ne voulait pas !

-Non.

Le chef le frappa dans le dos et reprit :

-Athar, attaques ! Tout de suite ! Pense au plaisir que cela fait, de cogner quelqu'un qui ne se défend pas…Pense au plaisir que cela procure, de sentir des os se briser sous les coups, de sentir l'odeur du sang sous ses mains, de voir la terreur dans le regard de l'autre…

Soaric se sentit pâlir et vit Hyndian écarquiller les yeux. Le chef jouait. Il voulait l'énerver…ou il connaissait le passé de l'Archer et voulait le faire ressurgir. Mais comment l'aurait-il su ? Seule Lola le connaissait actuellement. Et Lyme n'était plus de ce monde… La rage cogna dans son esprit, à l'écoute, voulant se libérer et obéir aux injonctions du braconnier.

-Tu n'as pas envie de voir ce que cela fait Athar ? Mais si…d'abord lui et ensuite je te laisserais d'autres cibles à ta portée.

Soaric tremblait des mains. La rage voulait frapper Hyndian. Lui ne voulait pas. Il ne frapperait pas son ami…

Il sentait le chef s'énerver et tirer de plus en plus sèchement sur la laisse. Alors Hyndian prit la parole, en fixant Soaric :

-Fais-le. Frappe-moi. Ne t'en fais pas.

Soaric serra les poings. Il sentit les larmes venir. Il…il ne voulait pas…non…pas sa…Hyndian l'encourageait du regard, se préparant aux coups et le chef s'impatientait.

-TU VAS LE FRAPPER MAINTENANT !!!! ATHAR !!!!

Il avait tellement hurlé que Soaric sursauta. Tremblant, il s'approcha d'Hyndian, les yeux humides. Il craquait, il n'y arrivait plus, c'était de trop…il voulait souffrir seul et ne pas faire souffrir les autres et surtout pas ses amis…
Le premier coup qu'il donna lui fît autant mal que si c'était lui qui le recevait. Le second fût accompagné par les larmes. Le troisième par les sanglots. Et ainsi de suite.

Il frappait sans regarder, partout. Il essayait d'éviter le visage. Juste le ventre et les jambes. Il pleurait…ridicule…
Le chef le tira, le fît mettre à genoux et dit tout bas :


-C'est ainsi que la soumission débute…par les larmes…

Puis plus haut :

-C'est bien Athar ! Tu as mérité une promenade !

Il le releva et fît signe aux autres de l'accompagner. Soaric regarda Hyndian et vit qu'il ne l'avait pas loupé. Son visage était marqué de bleus en formation et il se tenait le ventre. Il avait même une lèvre en sang. Soaric voulut s'excuser, mais le chef accéléra le pas et s'enfonça dans la forêt. La rage était trop présente, trop près des barrières de son esprit. Les larmes étaient le commencement…la rage serait-elle l'étape suivante ? Et la fin…la mort ?

Lola…il ne cessait de penser à elle, et seulement ceci faisait reculer la rage. Mais elle revenait, écartant Lola, de plus en plus facilement. La prochaine fois que le chef lui ordonnerait de frapper, il redeviendrait comme lorsqu'il avait tué Traban, il en était sûr.

Ils marchèrent longtemps et le soleil atteignait son zénith lorsqu'ils sortirent de la forêt. Le chef s'arrêta net, tous les sens en alerte et observa la route.
Puis Soaric vit ce qu'il regardait. Un chariot, avec une famille. Une famille qui mangeait leur déjeuner, tranquillement, avant de reprendre la route. Une famille. Le père, la mère, leur garçon âgé d'environ dix ans au jugé…

Le chef se tourna vers sa bande et dit, souriant :


-Ta nouvelle cible, Athar. Nous serons la pire bande de braconnier de la région. Nous serons plus craints que les Ombres eux-mêmes ! Et nous serons riches mes amis !

Soaric déglutit. Non. Il ne le ferait pas. La rage s'excitait, frappait, cognait, se ruait contre la barrière pour la faire céder.

-Athar…

La menace fût suspendue. Regardant Hyndian, Soaric vit que le bandit ne savait pas non plus quoi faire. Mais son regard disait de ne pas obéir. Surtout pas. Soaric sentit les larmes revenir. Lola…il avait promis…il tiendrait. Il imposa l'image de celle qu'il aimait, le seul bouclier contre la rage. Mais voilà…la rage avait trouvé de quoi contrer. Elle lui envoya l'image de Maedren, couché sur elle, la caressant, lui donnant des baisers, savourant. Soaric serra les poings et rejeta difficilement le Gouverneur. La rage grogna et repartit à l'assaut, avec le Gouverneur embrassant Lola, et Lola souriant cruellement, comme pour signifier qu'elle ne le voulait plus, qu'il n'était rien comparé à Maedren et qu'il ne serait jamais rien.

En face, la famille se transforma. La mère devint Lola, le père Maedren et le garçon celui qu'elle portait actuellement dans son ventre. Il voulut chasser l'image, se prit la tête entre les mains, força la rage à reculer…


-Athar ! Maintenant ! Ordonna le chef.

Soaric n'en pouvait plus de lutter. Il voulait s'abandonner, se laisser aller…la rage était là, si proche…Et Lola continuait de manger, avec Maedren. Non...ce n'était pas elle…une autre famille…

La rage lui renvoyait l'image avec encore plus de forces. Lorsqu'il sentit le chef lui glisser un couteau dans la main, la barrière lâcha. Elle éclata en mille morceaux, et Soaric fût plus que ravi de pouvoir se venger de Maedren…

Revenant à la raison, il observa le carnage. Il était agenouillé au milieu de la place, les mains en sangs, le couteau à côté. Autour de lui gisaient les trois cadavres, éventrés et défigurés. Comprenant que c'était lui le responsable, se souvenant petit à petit, Soaric hurla. Il avait failli. Il était redevenu comme avant…
Cette fois, Lola ne le lui pardonnerait pas. Elle le quitterait…
La rage lui envoya des images de lui en train de massacrer la famille, sans éprouver le moindre scrupule. Le chef arriva et lui prit la laisse, le caressant gentiment.


-C'est bien Athar !

Puis il l'emmena vers les autres et dit :

-C'est le meilleur chien que nous ayons eu les amis !

Soaric vit une telle terreur dans le regard des braconniers et d'Hyndian qu'il comprit qu'il avait été pire qu'avec Traban. Bien pire.
Ils se remirent en route, ayant dévalisé les corps, emportant la nourriture et l'argent. Les braconniers s'étaient remis du choc et riaient, heureux d'avoir enfin trouvé LE chien idéal. Hyndian, lui, continuait de le fixer. Et Soaric ne voulait pas croiser son regard.

Il fallait qu'il trouve un moyen de le délivrer. Lui resterait un chien…car c'est tout ce qu'il était…un chien qu'il fallait attacher et dresser…
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Lola
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MessageSujet: Re: Une rencontre...néfaste ? [rp Soaric : Maedren puis Lola]   Sam 21 Avr - 23:06

[5 pages aussi! Mais...On devient de plus en plus morbide dis-moi…]

Lola se réveilla bien plus tard. Un mal de crâne horrible lui prenait la tête et lorsqu’elle essaya de se lever, elle retomba aussitôt.
Elle se trouvait dans une énorme chambre, luxueuse et bien aménagée. Elle possédait une grande garde-robe, un lit géant à baldaquin, plusieurs commodes et une énorme fenêtre. Une chambre…de rêve, quoi.
Que faisait-elle ici ? Pourquoi, comment avait-elle atterri dans cette pièce ? Elle eut beau cherché, rien ne lui vint à l’esprit. Le dernier souvenir qui lui revenait était lorsqu’elle était tombée à même le sol, une sorte de flèche l’ayant atteinte dans le cou. Et puis…rien. Absolument rien.
La jeune femme essaya une seconde fois de se lever, mais le plafond tanguait tellement fort qu’elle dut se borner à se rasseoir. Elle chercha un point de repère dans les lieux qui lui indiquerait peut-être où se trouvait-elle mais dut arrêter ses recherches car elles ne lui menaient à rien.
Et puis, un homme venait d’entrer dans la pièce et il pourrait sûrement l’aider. Lola ouvrit donc la bouche et articula difficilement à l’intention de l’inconnu :

-Où suis-je… ? Et qui êtes-vous ? Pourquoi je suis là ?


L’homme, âgé d’une trentaine d’années, vint s’asseoir près du lit et lui sourit. La demoiselle aurait pu répondre à ce sourire mais elle n’y parvint pas. Quelque-chose clochait dedans. Il n’était pas sincère. Il était froid, hautain, misérable. A vous glacer le sang…
Il déposa alors son doigt sur les lèvres de Lola, et murmura :

-Chut, ma belle…Ne pose pas autant de questions.


Il tenta de lui dérober un baiser mais elle le gifla. Pour qui il se prenait, celui-là ? Constatant que sa tête ne tournait plus, elle essaya de se relever mais l’inconnu la plaqua sur le lit, l’air menaçant.

-Je rêve où tu m’as giflé ?!


-T’as eu mal ?


-Evidemment que oui !


Ses yeux lui lançaient des éclairs. Son visage était tout aussi froid que le sourire d’avant, et il semblait prêt à lui admettre une correction. Même si c’était une femme. Même si elle était enceinte.
Mais Lola, autant rebelle qu’elle était, ne pouvait admettre d’être ainsi traitée. Ce fut donc avec un faux-sourire comme le sien qu’elle lui répondit :

-Hé bien alors, non, tu ne rêvais pas.


Le coup partit rapidement. Jamais la jeune femme n’avait été frappée dans sa vie. Maltraitée, oui, mais frappée jamais.
Même pas une seule petite gifle par ses parents. Rien du tout. Aussi regarda-t-elle l’homme, abasourdie et en colère à la fois. Elle avait mal, se tenant la joue où le coup avait été porté, mais n’osait rien répondre.
Oh, il lui avait cloué le bec ce type !
Un autre homme rentra alors, mille fois plus costaud. A l’instar de celui devant elle, qui avait la peau basanée et de longs cheveux noirs, celui-ci était pâle et possédait des cheveux ultras courts roux. L’un était fin et l’autre un tas de muscles sur pattes.
Mais tous les deux étaient terriblement effrayants.

-Hey, n’abîme pas trop la marchandise…


-Elle m’a giflée !

-C’pas une raison. Faut qu’on la ramène bien au chef. Sinon, on sera moins payé.


Lola baissa la tête, soumise. Elle ne pouvait rien faire contre eux deux. Et ses pensées déferlaient beaucoup trop rapidement pour qu’elle puisse faire quelque-chose.
D’abord…Qui était leur chef ? Etait-ce le braconnier ? Maedren ? Ou une toute autre personne, du même genre que Traban ?
Et puis, qui étaient-ils, eux d’eux ? Et pourquoi était-elle traitée de marchandise ? Allait-elle être livrée à quelqu’un, dans un tout autre pays ?

-Mais on pourrait en profiter…C’est pas tous les jours qu’on a une femme comme ça…


-Non, Juanico. Ne la touche pas. Enfin…Pas trop.


Au moins, elle connaissait le prénom du basané. Juanico. Un nom fin, innocent. Qui s’opposait parfaitement à l’allure qu’il avait. Et aux yeux de pervers qu’il lui lançait. L’homme hocha la tête, et se rapprocha d’avantage d’elle, bientôt imitée par le roux. Ils allaient fourrer leurs mains partout, si elle ne faisait rien. Elle devait trouver quelque-chose, et vite !
Lola regarda à nouveau la pièce autour d’elle, tandis qu’ils venaient de poser leurs sales pattes sur elle. Et, désespérée, elle ne trouva rien de mieux que de hurler à pleins poumons.

-AU SECOUR ! AIDEZ-MOI ! A L’AIDE ! AAAAAAAAAAAAAAAH !


-Mais tu vas la fermer oui!


Le second coup partit, sur son nez qui se mit à saigner abondamment. Le roux jeta des regards pressant autour de lui, comme s’il craignait que quelqu’un vienne ou que…

-Tu vas l’abîmer ! Tu vas l’abîmer ! Le maître va nous tuer !


-Ferme-la aussi, John ! Et aide-moi à la bâillonner.


Bingo. Elle connaissait le second prénom. Si elle devait aller plus tard devant la cour pour proférer son enlèvement, elle aurait déjà leurs noms pour les faire rechercher. Ce n’était pas grand-chose mais, avec leur physique, ce ne serait déjà pas mal.
Le dénommé John s’activa donc, la forçant à ouvrir la bouche pour faire passer un morceau de tissu pour bâillon.
Ils essayèrent tant bien que mal de la soigne mais furent ravis de voir que son nez n’était pas cassé. Sinon ils auraient été moins riches et ça n’aurait pas été aussi bien, dirent-ils…
Puis le basané demanda à son ami de sortir faire la garde pour veiller à ce que personne n’ait été alerté par le cri.
Lola et Juanico se retrouvèrent donc seuls, elle tête baissée et lui souriant froidement. Après un long moment de silence, coupé de temps à autre par le gazouillement d’un oiseau, il répondit à toutes les questions qu’elle se posait :

-C’est le chef braconnier qui nous a envoyé te chercher. Tu dois sûrement le connaître, non ? Il m’a dit qu’il allait s’occuper de ton pti amour là, le ridiculiser au possible…Le faire souffrir. Et il avait une merveilleuse idée pour lui faire plus de mal qu’autre chose…


Il s’approcha de son oreille, leur visage se touchant. La jeune femme grimaça de dégoût, essaya de se retirer mais la curiosité la forçait à rester assise à l’écouter.

-…Toi.


Elle écarquilla les yeux, ne comprenant pas. Pensait-il quand l’enlevant il ferait mal à Soaric ? Ridicule.
Il se libérerait et la sauverait à son tour. Et il n’irait en aucun cas sur la case ‘souffrance’.
A moins que…

-Oui, tu sembles avoir compris. Tu vas te faire violer juste devant ton chéri.


Il partit dans un rire tonitruant comme si c’était la chose la plus drôle qu’on ne lui ait jamais dite.
Lola, quant à elle, était paralysée. Elle ne voulait pas. Elle ne voulait pas imposer ses images à Soaric. Déjà qu’il devait en avoir de belles avec Maedren, mais alors la voir ainsi maltraitée, de force !
Elle se promit qu’elle ne se laisserait pas faire. Elle taperait le chef partout où elle le pourrait, le surprenant au dernier moment. Il allait souffrir, regretter d’être entré dans sa vie. Elle se vengerait de lui, en lui prouvant que la violence n’était pas seule maître des souffrances. Il allait le regretter, oh oui…Terriblement…

-A ta place, je ne me réjouirai pas. Maintenant, je te souhaite de faire de beaux rêves…Tu vas dormir jusqu’à ce que le chef revienne…


Et ce fut les yeux remplies d’interrogations qu’elle reçut une deuxième flèche dans le cou, bien plus enfoncée que la fois précédente.
Mais cette fois, ce ne fut pas le sol qu’elle vit en dernier. Ce fut le sourire cruel de Juanico, lui promettant qu’après ça, elle ne dormirait plus jamais tranquille.
Le pire, c’est que cette mauvaise aventure pouvait avoir un grave impact sur le bébé. Grave et irréversible.

*******

-Elle est réveillée !


John venait de hurler. A présent, elle se trouvait dans une autre chambre. Encore plus spacieuse qu’avant, plus propre et qui sentait véritablement bon. Une chaise était installée en face du lit où elle se trouvait, prête à accueillir un spectateur.
Soaric.
Juanico arriva presque en courant, apportant une assiette remplie de victuailles. Mais Lola n’avait pas faim.
La terre recommençait à tanguer dangereusement.

-Mange.


La jeune femme secoua la tête, se rendant soudain compte que le bâillon avait été retiré.
Evidemment.
Elle avait été transférée dans la demeure du braconnier, sûrement à l’écart de tout, et elle pouvait crier autant qu’elle le voulait personne ne viendrait. Elle était prise au piège.
L’homme basané la gifla, décidément adepte de la violence, et beugla :

-Mange j’ai dit !


-C’est bon, ça va. Je vais manger.

-Bien.


Lola dut terminer l’assiette entière. Elle crut qu’elle allait remettre tout ce qu’elle avait avalé mais par un effort miraculeux réussi à éviter cette ‘charmante’ expérience.
Lorsque la terre redevint tout à fait normale, elle demanda :

-Et après ? Après toute cette souffrance, que se passera-t-il ?


Juanico revint vers elle. Il sourit à nouveau cruellement, s’asseyant à côté d’elle. Il tenait quelque-chose dans sa main, mais la jeune femme eut beau plisser les yeux, elle ne parvint pas à identifier quoi.

-Après ? Ton cher petit amoureux va mourir. Le chef va d’abord bien abusé de toi, puis il te tuera et une fois fait, c’est lui qui va mourir. Sois heureuse, il te rejoindra rapidement.


Lola déglutit, détourna le regard. Elle ne voulait pas qu’il remarque la faiblesse de son visage, ni les larmes qui tentaient de se frayer un chemin parmi ses cils. Elle ne devait pas craquer. Non, elle ne lui donnerait pas cette satisfaction.
Et puis, elle était certaine que rien de tout cela allait se passer. Soaric la délivrerait. Ils partiraient à deux, réussiraient à enfermer ces braconniers en prison. Pour de bons. D’ailleurs, comment étaient-ils sortis… ?

-Prends ça.


L’homme lui tendit la chose qu’il tenait en main et elle reconnut aussitôt la plante, pour en avoir vu des centaines de fois (et puis, après tout, étant médecin, elle se devait de connaître ça aussi…).
De la drogue. Ils voulaient la droguer. Lola secoua la tête, refusant obstinément d’avaler la plante qu’il essayait de lui mettre en bouche.

-Non ! Non, arrête ! C’est trop !

-Tu vas prendre ça où je te frappe !

La menace était partie, cinglante. Il avait un visage tellement beau, pourtant. Il était difficile de penser que derrière cette apparence d’ange se cachait un vrai démon.
Mais elle eut tellement peur qu’elle avala la drogue qu’il lui avait donnée. Quelques minutes plus tard, elle se sentait engourdie, mal et terriblement bien à la fois.
Une association d’émotions bien étrange qui lui conférait une incapacité à se défendre. Ils avaient donc ainsi tout prévu. Avec la dose qu’ils lui avaient donnée, elle serait incapable de mettre son plan secret à exécution.

Puis, alors que Lola était dans un état second, du monde s’agita dans la pièce. John partit, Juanico s’effaça lui aussi après quelques instants.
Deux autres personnes venaient d’entrer dans la pièce, que la jeune femme reconnues malgré son état.
Hé oui. Soaric et le chef braconnier.
Son chéri était pitoyable. Blessé de partout, en particulier au plus profond de son âme, il s’assit sans se résigner à la chaise et il fut attaché ainsi solidement. Leur regard se croisèrent, celui éteint de Soaric et celui embrumé de Lola et tous les deux étaient perdus. S’en était fini d’eux.
Par contre, le chef lui, jubilait. Il murmura des choses au creux de l’oreille de son chéri, si bas qu’elle ne put absolument rien comprendre. De toutes façons, son esprit était beaucoup trop assombri pour qu’elle ne saisisse quoique se soit.
Puis il se tourna vers elle, souriant aussi froidement que Juanico. Il était heureux. Heureux de pouvoir se venger d’eux. Heureux de pouvoir les voir souffrir.

-A nous deux, ma belle…

Le ‘spectacle’ allait commencé…

[Hs: mais quel spectacle? Celui du chef ou celui d'un Soso enragé...?]

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MessageSujet: Re: Une rencontre...néfaste ? [rp Soaric : Maedren puis Lola]   Dim 22 Avr - 11:09

[j'espère que cela te va !]

Ils continuèrent ainsi à marcher, Soaric gardant la tête baissée. Il sentait le regard d'Hyndian sur son dos, pleins de questions. Mais il ne voulait pas croiser son regard. Il avait tué une famille innocente et…il en avait éprouvé un plaisir morbide et malsain. La rage pulsait toujours en lui et il n'avait plus la force de la rejeter. Il n'avait même plus d'arme pour lutter puisque dès qu'il voyait Lola, la rage envoyait Maedren à côté. Son esprit avait cessé de se battre, il n'était plus qu'un chien, traîné par le chef braconnier.

Les deux plus costauds tenaient Hyndian et le jeune marchait devant. Au moins, Logan n'avait rien vu. Heureusement qu'il avait pu s'échapper. L'après-midi s'écoula, ponctuée de séances de "dressage". Soaric dut montrer ses capacités une nouvelle fois, en attaquant le jeune braconnier. Mais celui-ci s'était défendu à l'ordre de son chef et maintenant, Soaric se retrouvait avec de nouveaux bleus partout et une lèvre en sang. Comme Hyndian. Au moins, ils étaient quittes sur ce point-là.


-Je parie que tu ne sais pas ou un va, hein Athar ? Déclara le chef au bout d'un long moment de silence.

Soaric hocha négativement de la tête.

-Nous allons à une…petite fête.

Il rit, rire froid qui sonna doucereux aux oreilles de Soaric, envahit de rage brûlante. Il fallait qu'il la chasse. Pour libérer Hyndian. Juste pour sa. Après, il se tuerait soigneusement, pour ne plus faire de mal aux autres. Lola…Lola serait mieux sans lui. Elle élèverait l'enfant à la perfection, qu'il soit là ou non. Et elle était assez forte pour surmonter l'épreuve ou le choc. Il ne voulait plus faire souffrir. Il avait trop fait. Logan devrait avoir atteint un village. Et les gens ne pouvaient que l'écouter, il était bien trop craquant pour l'ignorer. Le seul espoir résidait en lui. Pauvre enfant…

Lorsque les rires s'arrêtèrent, le chef reprit :


-Nous allons aussi avoir de la compagnie. Et tu la connais très bien.

Soaric fronça les sourcils et ne put s'empêcher de regarder son "maître".

-Tu as bien compris. Nous retrouvons ta dulcinée.

L'image de Lola, souriante, apparut si forte dans sa tête que la rage recula et permit à Soaric de regarder Hyndian. Le bandit le regardait, inquiet. Inquiet pour quoi ? A cause de lui ou Lola ? Ou des deux ? Il fallait le délivrer.

Il se prit à nouveau la tête dans les mains lorsque la rage revint à l'assaut. C'était…horrible. Maedren remplaça une fois de plus Lola et Soaric sut qu'il n'arriverait plus à redevenir comme avant. Du moins, pas en un clin d'œil. Ils arrivèrent devant une énorme bâtisse. Deux étages, toute en pierre, un toit de tuile, un parterre de fleurs fanées. Une petite fontaine à l'extérieur, éteinte. Un havre de paix…si l'on ignorait que c'était le repaire des braconniers.


-Vois notre maison, Athar ! C'est ici que tu vivras tes derniers instants !

Les derniers…?
Le chef vit son air interrogateur et s'arrêta. Il ordonna aux autres de conduire Hyndian à l'intérieur et de l'attacher. Tirant sur la laisse, le mettant à genoux, il expliqua :


-Oui…tu es peut-être un excellent chien, mais je ne peux pas me permettre de te garder en vie très longtemps. Ta femme nous attends là-dedans tu vois ? Tu vas assister à une festivité que j'attends depuis deux jours. Je vais profiter de ta femme un maximum. Ensuite je la tuerais. Puis, si j'ai envie, je te garde en vie juste pour te voir sombrer dans le désespoir et tuer encore des gens comme tout à l'heure. Tu le fais si bien…Mais au final je te tuerais de toute façon…

Les mots percutèrent Soaric, qui se redressa d'un bond, et enserra la gorge du chef, qui ne s'y attendait pas. Celui-ci réagit vite et fouetta Soaric avec la laisse, de plus en plus fort, tirant en même temps sur le collier pour le faire lâcher.
Ce qui marcha. Les pointes s'enfonçaient trop dangereusement dans sa gorge. Il ne sentait plus son dos à cause des coups. Il sentit les larmes venir, mais il les retint. Les larmes, le commencement de la soumission…
Et s'il était trop soumis pour réagir lorsqu'il verrait ce porc abuser de Lola ? Et s'il laissait faire ? Non…il ne pouvait pas. La rage lui disait que si, qu'il fallait laisser faire pour ensuite pouvoir tuer à satiété.


Il se laissa entraîner à l'intérieur. Tout était spacieux, bien décoré…on n'aurait pas dit une maison de braconniers. Le chef l'emmena directement sur sa droite, dans une énorme pièce. Ailleurs, Soaric vit à peine que c'était une chambre. Il avait vu une chaise, devant un grand lit. Rien de plus. Il ne savait même pas ou était Hyndian. Il vit aussi deux autres hommes, un roux et un autre aux cheveux noirs.

Le chef lui ordonna d'un geste de s'asseoir sur la chaise, ce qu'il fît docilement. Son esprit n'avait plus la force de se battre. La rage prenait peu à peu le contrôle total. Il sentit qu'on attachait solidement la laisse et les mains devant lui. Pour qu'il ne bouge plus. Et le peu de mou que lui laissait la laisse l'empêchait de tourner la tête, à moins qu'il ne veuille se trancher d'un coup sec la gorge. Levant la tête, il croisa soudain le regard de celle qui était dans le lit.
Lola…Il vit qu'elle avait les joues rouges, comme si on l'avait frappée. Il vit aussi à son regard qu'elle n'était pas lucide. Le sien n'exprimait sans doute déjà plus rien, mais il ne voulait pas qu'elle le voie ainsi…
La rage lui transmis un message, disant que, de toute façon, elle mourrait bientôt, qu'il ne fallait pas s'en préoccuper de l'image renvoyée. Soaric secoua la tête. Il devait se battre…la sauver…


Le chef se pencha vers lui et dit, doucement :

-Regarde la bien Athar…c'est la dernière fois. Oui, tu peux pleurer. Tu as le droit. Montre à ta chère et tendre que tu es soumis jusqu'à la moelle !

Soaric retenait les larmes, mais la rage faisait tout pour les sortir. Le combat intérieur était encore plus dur que celui extérieur. Les liens de ses mains avaient été attachés à la va-vite. S'il bougeait correctement, il pourrait les retirer…

Le chef lui tourna le dos et Soaric l'entendit dire
:

-A nous deux, ma belle…

Son cœur accéléra, la rage jubila. Les deux autres braconniers sortirent sur un signe du chef, préférant être seul. Ou était Hyndian ?
Pendant que le chef se couchait sur le lit, Soaric réussit à défaire les liens de ses poignets. Maintenant, la laisse…
Il ne la laisserait pas subir une telle horreur ! Il écartait la rage, mais cela devenait si difficile qu'il perdait de précieuses secondes…

Le chef commença à la toucher, à la déshabiller et Soaric était forcé de regarder. La rage transforma le chef en Maedren. Soaric ferma les yeux. Non. S'il croyait cela, il pouvait faire autant de mal à Lola qu'au chef.

Qui s'était lui aussi déshabillé de moitié. Il prenait son temps, comme pour mieux faire souffrir. D'un coup, il se tourna vers lui et dit, cruellement :


-Regarde, Athar ! Vois ce qu'est un homme !

Et il plaqua sa bouche sur celle de Lola, qui réagit faiblement. Elle voulait se défendre mais ne pouvait pas. L'avaient-ils droguée ? Soaric n'arrivait pas à défaire le nœud de sa laisse tant il tremblait. La rage ne voulait pas le laisser faire. Elle voulait regarder le spectacle, voir Lola mourir, pour mieux le contrôler, lui. Lorsque Soaric vit la main du chef descendre, trop bas, trop profondément, il tira un coup sec, arrachant au passage un bout de sa gorge, qui se mit à saigner. Tant pis. Il souffrait, mais s'en fichait.

Il se leva d'un bond, hurlant. La rage palpitait, s'excitait, lui disait de les tuer tous les deux…non. Juste le chef. Qui s'était tourné d'un bond vers lui. Le regard froid, il dit :


-Athar ! A genoux !

Soaric ignora l'ordre. Il n'était pas son chien ! Il s'approcha du chef, qui commença à paniquer.

-Tu veux que je dise à ta femme ce que tu as fait tout à l'heure ? Athar répond…

Soaric s'arrêta net. Non. Il ne fallait pas que Lola le sache. Il ne fallait pas qu'elle sache qu'il n'avait pas su tenir sa promesse. Le sourire du chef en voyant son hésitation fût accompagné d'un second hurlement. De l'autre côté de la pièce, ils entendirent des bruits de lutte. Hyndian. Ce ne pouvait être que lui. Il avait réussi à se libérer.

-Athar, va frapper ton copain. Tout de suite.

Le chef pensait avoir le contrôle…il avait tort. La rage cognait. Soaric vit sa main jaillir, agripper la chemise du braconnier qu'il n'avait pas ôté. Il vit son bras le rapprocher de lui et il sentit ses jambes s'éloigner du lit, l'éloignant de Lola, qui ne bougeait pas. La rage le contrôlait. Il tremblait tant qu'il eut du mal à conserver sa poigne sur le chef. Qui se débattait. Il cherchait quelque chose…
Soaric le plaqua contre un mur violemment. Enfin, la rage. Soaric ne savait pas d'où il tirait cette force. Son esprit était coupé en deux, il en savait pas ou aller, il ne savait pas comment empêcher la rage de faire ce qu'elle voulait…les larmes jaillirent sans qu'il les stoppe. Le chef sourit et réussit à agripper la laisse qui pendait de côté.


-Tu vas me lâcher, Athar. Tout de suite. Tu es mon chien et les chiens je veux qu'ils m'écoutent !

Soaric ne bougea pas. A côté, les bruits avaient faiblis. Il espérait qu'Hyndian s'en sorte. Il pourrait ainsi emmener Lola. Loin de lui. Loin du carnage. Retrouver Logan et vivre en paix. Sans lui. Il n'était pas fait pour avoir une famille. Il n'était qu'un sauvage qu'il fallait maîtriser. Et seule la mort pourrait le faire.

Le chef tira sur la laisse, et le collier s'enfonça encore plus. Soaric eut du mal à respirer et mit sa main à son cou, lâchant le chef qui s'écrasa au sol. Il saignait beaucoup. Encore un coup sec et il n'aurait plus de gorge. Encore un coup et il se viderait de son sang.

Après. D'abord, sauver Lola. La porte s'ouvrit dans un fracas épouvantable. Une fois la poussière retombée, Soaric distingua la silhouette d'Hyndian dans l'embrasure. Il s'avança. Il était aussi amoché, avec des entailles et des bleus partout, mais semblait tenir le coup encore. Il dit :


-Les autres ne sont plus en état de ce battre.

Puis il vit Lola et se précipita sur elle.

-OOhh ma Lola...ma petite Lola…chut…c'est fini…

Soaric réussit à sourire faiblement. Maintenant, il était sûr que quelqu'un s'occuperait de l'Artisane. Le cœur pincé, la rage heureuse de le voir capituler, il sortit, entraînant le chef derrière lui, qui ne comprenait rien. Tout son plan était à l'eau. Dans la pièce principale, tout n'était que débris. Les vases, les meubles, tout était renversé et cassé. Les corps gisaient, disséminés. Les deux qui se trouvaient avec Lola à leur arrivée avaient déjà les yeux vitreux. Le jeune semblait juste assommé, et les deux colosses qui retenaient Hyndian étaient attachés à une poutre en béton. Il n'y avait plus que le chef. Qui comprenait enfin.

-Lâche-moi Athar ! Tout de suite ! Je n'en ai pas fini avec ta femme !

Soaric le reprit au cou et le mit face à lui. Lola ne le verrait pas. Il pouvait laisser un peu de rage sortir. Elle devenait trop difficile à contenir.

-Elle n'est la femme de personne ! Elle est libre ! Et tu ne la toucheras plus !

Il vit une lueur malsaine s'allumer dans le regard du chef.

-Ainsi tu te retires aussi du cœur de la demoiselle ? Pourquoi donc ? Parce que tu es trop violent ?

-Je préfère ne pas la faire d'avantage souffrir, vermine !

-C'est noble de ta part. Mais que comptes-tu faire dans ce cas, mon beau ? Si tu te tues, tu la feras souffrir.

Soaric serra la mâchoire. Il n'avait pas tort.

-Reste avec moi, Athar. Ensemble nous écumerons la région et deviendrons horribles. Et toute la violence que tu contiens pourra être délivrée.

-NON !

Soaric avait hurlé. Si fort que le chef sursauta. Il entendit des bruits de pas derrière lui. Se retournant, il vit Hyndian qui aidait Lola à marcher. Elle avait l'air un peu plus lucide, mais pas tout à fait. La rage en profita et renvoya les images de Maedren. Soaric se fît violence pour les ignorer.

Il tremblait. Le chef avait toujours sa laisse en main. Il tenta de tirer, puisque lui aussi avait compris qu'il ne suffisait plus que d'un coup pour l'achever, mais Soaric l'en empêcha. D'un coup de poing, il lui fracassa la mâchoire. Comme Traban. Le chef mit ses mains sur sa bouche et cria de douleur. Soaric lui donna d'autres coups, partout. Le nez y passa également. Son visage était, à la fin, méconnaissable. Soaric ne voulait pas le tuer avec un couteau. Il aurait été trop violent. Il se maîtrisait tant bien que mal, avec la rage qui voulait le voir sortir de ses gonds, pour que Lola le quitte. Elle voulait l'avoir pour elle toute seule. Le chef gémissait toujours. Alors, prenant toutes ses forces, Soaric le jeta à travers la pièce. Il se cogna violemment le dos à l'escalier, et ne bougea plus. Assommé ou mort, Soaric ne savait pas et s'en fichait. Il pleurait. Il ne se tourna pas vers Lola. Il ne voulait pas voir son regard dégoûté par ce qu'il avait fait. Il ne voulait pas voir la souffrance qu'il lui avait causée sur son visage. Hyndian était là. Il l'aiderait.

Soaric sortit de la maison et s'installa sur la fontaine. Dans la fontaine, pour être précis. Il se cala contre la pièce principale et ramena ses genoux contre sa poitrine. Il devait rejeter la rage. Il devait à nouveau l'enfermer. Mais il n'y arrivait pas. Il n'y arrivait plus. Elle avait pris trop de place et trop de pouvoir. Il sentait le sang s'écouler de sa gorge, mais s'en fichait. S'il devait mourir, ce serait une bonne action. Délivrer le monde d'un fou à lier. Libérer Lola. La laisser libre de faire ce qu'elle voulait. Sans qu'elle ait peur qu'il devienne violent. Elle avait due être traumatisée par le chef. Il devrait aller la réconforter. La rassurer. Mais il ne s'en sentait pas capable. Il tremblait et voyait la terre tourner autour de lui. Il n'était plus rien.

Sauf un chien. Ou un monstre. Il devait dire à Hyndian de rentrer avec elle. De trouver une charrette pour la ramener. De trouver Logan pour qu'ils soient tous deux réunis. Lui dire de rester et de les protéger. Lui resterait là. Il les protégerait plus en disparaissant de leurs vies.

Il avait mal à la tête. La lutte était dure, et il n'y arrivait plus. Il tentait de reformer les barreaux pour la rage, mais il ne trouvait pas de quoi la faire reculer. L'image de Lola ne servait plus…Il fallait qu'il trouve autre chose. Logan ?
Il s'imagina le petit garçon, souriant. La rage recula, mais très faiblement. Logan n'était pas assez fort dans son esprit. Il soupira et resta là, assis, misérable. Il s'en voulait de se comporter ainsi, en lâche. Il aurait dû aller chez Lola. Il aurait dû. Mais non. Il n'était qu'un lâche…
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MessageSujet: Re: Une rencontre...néfaste ? [rp Soaric : Maedren puis Lola]   Dim 22 Avr - 19:32

Lola sentit la présence du chef tout près d’elle. En fait, il s’était assis sur elle, un air pervers fiché sur le visage.
Mais elle était incapable d’esquisser un quelconque mouvement envers lui, son esprit beaucoup trop embrumé par la drogue. En fait, c’est à peine si elle entendait les paroles échangées autour d’elle.
Par contre, elle sentait très bien. Un peu trop bien, même. L’homme venait de la déshabiller entièrement, la dévorant des yeux en s’attardant longuement sur sa poitrine. Puis il ôta son pantalon, commençant à la toucher.
Ca n’avait rien à voir avec les caresses de Soaric. Son chéri, lui, était doux et amoureux. Le chef quant à lui n’était que violence, perversité et on voyait très clairement qu’il ne cherchait pas de l’amour dans l’acte mais du se…(bref **)
Lola émit une plainte, si basse qu’on eut peine à l’entendre. Lorsque le chef se tourna vers l’archer pour lui dire quelque-chose, elle ne comprit absolument rien. Et je pense que ça valait mieux…
Et puis, d’un coup, il revint à la charge. Il plaqua sa bouche sur celle de Lola, mélangeant sa langue à la sienne, elle toujours incapable de faire le moindre mouvement. Il recommença à la toucher, plus intensément. Le chef parcourut son corps, descendant de plus en plus bas, de plus en plus…Profondément.
La jeune femme tourna le visage de côté, pour s’arracher au baiser interminable. Elle essaya de crier, pour qu’on lui vienne en secours mais ne réussit qu’à émettre un hurlement rauque. Elle se demandait pourquoi Soaric n’agissait pas, pourquoi ne tentait-il pas de la sauver. Et alors qu’elle perdait espoir, une sorte d’hurlement lui parvint, se faufilant entre les méandres de son semi sommeil.
Puis elle le vit devant le chef qui semblait lui donner des ordres. Lola essaya de bouger pour partir de ce sinistre endroit mais ses mouvements étaient mous, sans grande conviction. Elle essaya plusieurs fois, pendant que les deux garçons s’agitaient, mais ses efforts ne menaient strictement à rien.

Alors Lola ferma les yeux, attendant. Elle attendait que la douleur procurée par les mains du chef parte. Elle attendait que la drogue eut dissipée sont effet, dévastateur. Elle attendait que Soaric en finisse avec cet homme puéril…pour de bon.
Elle attendait et eut l’impression que pendant toute sa vie elle ne ferait qu’attendre. Attendre que son chéri revienne d’une quelconque bataille, lui faisant promettre de rester en sécurité à la maison ou encore que le bébé arrive pour qu’elle sache enfin qui était le père. Et ce fut avec tristesse qu’elle se sentait inutile, mise à part.
Elle n’était bonne à rien. N’attirait que des ennuis à son chéri. Il aurait du rester sur sa chaise, ‘admirer’ le spectacle et la voir mourir. Elle ne méritait que ça.

Et alors que la jeune femme pleurait faiblement, son ouïe commença à refaire surface. Elle entendit du mouvement dans la pièce d’à côté et bientôt, en ouvrant les yeux, vit Hyndian débouler dans la chambre en affirmant à Soaric que les autres braconniers étaient hors d’état de nuire.
Puis il remarqua Lola et ses yeux vitreux, et se précipita vers elle.

-OOhh ma Lola...ma petite Lola…chut…c'est fini…


Elle entendit le chef et Soaric sortirent, et elle essaya de se relever, mais retomba aussitôt. Sa langue était pâteuse et lorsqu’elle essaya de parler ce ne fut que des bribes de mots qui purent être saisis dans la mêlée d’autres sons…incompréhensibles.

-Haan…jeuheu…Eau…


Hyndian chercha autour de lui, à la recherche de l’eau. Il remarqua une petite carafe et un verre d’eau et tendit un vers plein à Lola, qui le ‘remercia’ :

-…Rci…


La fraîcheur du liquide dans son gosier lui fit un bien fou. Ses gestes purent enfin être plus précis et elle se saisit de la carafe pour reprendre un peu d’eau.
Mais ce ne fut pas dans le verre qu’elle la renversa, mais sur sa tête pour se rafraîchir les idées. Elle put enfin penser plus clairement.
La jeune femme essaya de se lever mais vacilla. L’ancien brigand la soutint et ils sortirent ensemble dehors, où un carnage les accueillit.

Soaric était en train de frapper violemment l’homme, ne s’arrêtant plus. Ses yeux étaient consumés par la rage et Lola devina fort bien que si une lame lui avait été donné il aurait agit comme chez Traban.
Voir pire.
Puis d’un seul coup, il prit l’encolure de son ennemi et le jeta à travers la pièce. Un craquement horrible d’os parvint aux oreilles de l’artisane, qui ferma les yeux pour empêcher ses larmes de monter.
Puis il sortit de la maison, sans un regard.
La rage l’envahit mais ne fut pas celle de Soaric. Ce fut celle d’une promesse brisée, d’une personne trahie jusqu’au plus profond de son être.
Il lui avait promis de ne plus jamais recommencé. De ne plus lui montrer cette partie de lui, de la chasser à jamais.
Et que venait-il de faire, à l’instant ? Et puis, comme si cela ne suffisait pas, comme si l’horreur qu’elle ressentait au plus profond de son être n’était pas assez, Hyndian ajouta :

-Il a tué une famille tout à l’heure. Une femme, un homme et un enfant. J’ai même cru voir du plaisir dans ses yeux.


-Tais-toi.


Lola aurait du être satisfaite qu’elle eut recouvré la parole, mais ce ne fut pas le cas. La monstruosité à laquelle elle imaginait son chéri, l’homme de sa vie en train d’exercer lui paraissait impossible.
Mais pourtant elle était réelle. Il fallait le reconnaître, il en était capable. A cet instant précis, en tous cas. Rien qu’à observer la cruauté de son visage on devinait tout de suite qu’il aurait pu décimer une civilisation entière, à lui seul. Sans un regret.

-Je dis ça pour te protéger de lui, Lola ! Je ne veux pas que tu…


-TAIS-TOI !


Hyndian se tut, se tassant comme il le pouvait. C’en était presque ridicule, vu la taille de sa personne.
Dès à présent, elle ne retenait plus ses larmes. Elles coulaient à flot tandis qu’elle l’imaginait en train de tuer un enfant. Son enfant.
Si le bébé avait les traits de Maedren, est-ce que cette rage incommensurable l’envahirait à nouveau ? Est-ce qu’il allait le tuer, puis elle ?
Lola émit un cri de rage, puis sortit de la maison. Cette situation lui avait parfaitement rendue sa lucidité, bien qu’elle vacillait encore légèrement.
Elle chercha du regard Soaric, et le vit roulé en boule dans la fontaine. Pour l’instant, elle devait le libérer de cette rage.
Agir une dernière fois pour lui, avant de partir. Elle ne pouvait se permettre d’avoir un mari capable de tuer par rage. Elle ne pouvait tout simplement pas.

La jeune femme s’avança vers Soaric, et demanda durement à Hyndian de rester en arrière. Il s’exécuta mais en position de défense…Prêt à agir, si cela tournait mal.
Lola s’assit sur le bord de la fontaine, et mit doucement sa main sur l’épaule du garçon, ignorant les larmes qui lui coulaient sur les joues. Il eut un mouvement de recul pour se retirer de son étreinte mais elle serra sa main, plus fort.

-C’est fini, maintenant. C’est fini.


Il lui faisait toujours dos, luttant contre la rage. Elle remonta sa main, parcourant son cou pour la dernière fois.
Elle se pencha vers lui et lui offrit un ultime baiser, dans le cou lui aussi. Elle murmura, toujours inclinée :

-Tu vas chasser cette rage en toi, maintenant. Pour toujours. Inspire en imaginant toutes les horribles choses qui font grandir la colère en toi et expire en les chassant, comme un bon coup de pied dans le derrière d’un mécréant.


Elle sourit faiblement, faisant une pause puis reprit, satisfaite de constater qu’il l’écoutait :

-Je veux que tu chasses ces pensées futiles de ta tête et que tu ne penses qu’à des événements heureux de ta vie. Pense à…A notre premier baiser, ou à notre première fois. Pense au mariage, aux fleurs, à l’amour, n’importe quoi…Pense à pleins de choses en même temps mais uniquement joyeuse. Ecoute ma voix et laisse-la te guider vers le bon chemin. Tu t’en es trop égaré, Soaric. Il faut que tu me reviennes.


Il fit un mouvement léger, et elle raffermit son étreinte, pour lui montrer qu’elle était là. Lola désirait vraiment le sortir de là.
C’est ce qu’elle désirait le plus au monde, à l’instant.

-Tout ira bien, Soaric. Tout ira bien. L’enfer est terminé.


Dès qu’il irait mieux, elle passerait quelques jours auprès de lui. Pour qu’il soit entièrement lui-même, à nouveau l’homme qu’elle aimait.
Elle passerait du temps avec lui et Logan, comme une vraie famille. Elle sourirait tout le temps, ne bronchant pas une seule fois.
Puis un matin, alors qu’il ne se douterait de rien, endormi dans leur lit, elle partirait.
Et jamais elle ne reviendrait.

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MessageSujet: Re: Une rencontre...néfaste ? [rp Soaric : Maedren puis Lola]   Dim 22 Avr - 20:59

Soaric, toujours dans la fontaine, sentait toujours la rage pulser en lui, mais il luttait pour l'enlever. La supprimer. Comment Lyme avait-il fait ? Tout son travail réduit à néant. Toute une vie réduite en miette.

Il voulait hurler, lorsqu'une main se posa sur son épaule. Une main douce. Lola. Il voulut se reculer. Mais elle l'étreignit plus fort. Il l'avait trahie. Il n'avait pas respecté sa promesse. Il était misérable. Comme toujours. Elle lui dit, calmement :


-C’est fini, maintenant. C’est fini.

Il lui tournait le dos. La rage voulait qu'il fasse se que le braconnier voulait. Qu'il la tue. Mais lui ne voulait pas. Il l'aimait…il l'aimait du plus profond de son être. Malgré Maedren et malgré les braconniers. Il fallait juste qu'il supprime cette maudite rage. La main se glissa doucement dans son cou, et il sentit un doux baiser suivre le geste. Il frissonna, oubliant un peu la rage et Lola déclara :

-Tu vas chasser cette rage en toi, maintenant. Pour toujours. Inspire en imaginant toutes les horribles choses qui font grandir la colère en toi et expire en les chassant, comme un bon coup de pied dans le derrière d’un mécréant.

Il se rendit compte qu'il l'écoutait. Que, malgré la rage, les paroles avaient touchées son esprit. Il était presque lui. Lola continua :

-Je veux que tu chasses ces pensées futiles de ta tête et que tu ne penses qu’à des événements heureux de ta vie. Pense à…A notre premier baiser, ou à notre première fois. Pense au mariage, aux fleurs, à l’amour, n’importe quoi…Pense à pleins de choses en même temps mais uniquement joyeuse. Ecoute ma voix et laisse-la te guider vers le bon chemin. Tu t’en es trop égaré, Soaric. Il faut que tu me reviennes.

Les images déferlèrent en même temps qu'elle parlait. Leur premier baiser, dans l'auberge, face au Palais de Maedren, elle sur la fenêtre et lui planté devant elle, le cœur battant la chamade…leur Première Fois, encore une auberge, après qu'Hyndian soit parti chez son chef, Traban. Il revit sa demande en mariage, dans la cuisine, devant un sanglier mort, les larmes de joie dans les yeux de Lola, la bague qui allait merveilleusement bien à son doigt, il revit Logan et le bébé qu'elle portait. La rage recula loin dans son esprit. Il se hâta de mettre un semblant de barrière. Une partie au moins. Il l'enferma, prêt à recommencer pour solidifier le tout.

Lola serra plus fort encore, lui montrant qu'elle était là. Oui, mais pour combien de temps. Il voyait dans son regard une souffrance qu'il ne lui avait jamais connue. Une souffrance en voyant ce qu'il était devenu. Une souffrance en imaginant ce qu'il pourrait encore faire. La rage palpitait, mais plus faiblement. Il revit encore une fois toutes les images pour la faire taire. La faire taire un moment, pour qu'il redevienne lucide, qu'il s'explique, qu'il tente de se faire pardonner. Même s'il ne pensait pas y arriver. Le pardon est difficile à donner.

Il avait pardonné à Lola de l'avoir trompé. Parce qu'il l'aimait, parce qu'il ne pouvait pas se passer d'elle. Jamais. Elle était la fleur qui avait attendu de s'ouvrir pendant toutes ses années. Elle était son rayon de soleil, son arc-en-ciel dans les ténèbres, son étoiles qui le guidait.
Mais elle, pourrait-elle pardonner ? Il en doutait. Elle n'avait pas que lui. Si elle le voulait, elle pouvait retourner chez le Gouverneur et aurait une vie de princesse, près d'un homme de pouvoir, riche et influent et surtout, normal. Un homme qui n'était pas consumé par la rage. Peut-être comprenait-elle que, finalement, ce n'était pas une si bonne chose, que de vouloir l'épouser…

Elle reprit la parole :


-Tout ira bien, Soaric. Tout ira bien. L’enfer est terminé.

Terminé ? Il espérait. Mais il avait comme un pressentiment. Comme si les paroles étaient creuses. Comme si elle le préparait à la séparation. Non. C'était son imagination. Elle l'aimait non ? Oui mais après ce qu'il avait fait…il n'était plus aussi sûr.

Il se retrouverait sans doute seul comme il avait toujours prédit. Seul en forêt. Mais après avoir connu les joies de l'amour auprès de Lola, en sera-t-il capable ? Il ne pouvait même pas imaginer qu'elle le quitte. Même si c'était parfaitement compréhensible et bien mieux pour l'enfant.

Il se redressa, souriant légèrement. La rage s'éteignait. Doucement, mais sûrement. Il sortit de la fontaine et l'aida à faire de même. Sa main tremblait. Il vit Hyndian, plus loin, sur la défensive, prêt à le stopper. Bonne initiative.

En silence, ils attelèrent les chevaux de l'écurie, prirent le chariot des braconniers et s'en allèrent. Hyndian conduisait, Lola à ses côtés. Soaric restait derrière.
Il admirait le ciel, chaque nuage représentant Lola. La rage était pratiquement enfermée. Il lui faudrait encore un peu de temps, mais il y arriverait. Pour elle. Même si elle ne voulait plus de lui.

Mettant sa main dans son cou, il sentit les trous du collier. Rappel constant maintenant. Rappel douloureux, mais constant. Il n'avait pas repris sa dague. Son arc si. Parce qu'il ne voulait pas s'en séparer. Mais il se jura de le ranger et de s'en servir uniquement pour la chasse. Rien d'autre.

Ils rentrèrent vite, étonnement.

Le soleil se couchait lorsque le bandit arrêta les chevaux. Soaric descendit souplement mais ne put aider Lola à le faire, Hyndian l'ayant devancé. Soaric ne dit rien. Il parqua les chevaux, leur donnant à manger et à boire, pendant que les deux autres rentraient. Et Soaric fût étonné d'entendre la voix de Logan jaillir.


-Mamannnnnnn !!!!!!! Enfinn !!

Il n'entendit pas la réponse de Lola, mais Logan parlait si fort qu'il l'entendit dire :

-Un gentil couple m'a ramené !!! Ils sont partis il y a une heure, parce qu'ils ne pouvaient pas faire autrement. Sinon ils vous auraient attendus !

Il entendit la porte d'entrée se fermer. Resté seul, Soaric contempla bêtement les chevaux manger, réfléchissant. Lola savait dissimuler ses émotions. Mais la douleur qu'il avait vue dans son regard était telle qu'il n'osait pas rentrer. Il ne savait même pas s'il oserait se coucher dans le même lit qu'elle.
Finalement, il se décida et entra. Ils étaient tous trois installés à table, pour manger. Logan lui sourit, voulut parler, mais Lola lui intima de se taire, il avait la bouche pleine.

Soaric lui sourit et s'installa à son tour. Le silence, d'ordinaire revigorant, était tendu. Soaric se sentait en trop dans cette pièce. Comme un bout de fil qui dépasse et qu'il faut supprimer. Mais il ne voulait pas partir. Il voulait montrer à Lola qu'il supprimait la rage. Pourquoi Lyme n'était-il plus en vie ? Il aurait pu l'aider. Il aurait pu lui dire comment faire. Il aurait pu montrer à Lola qu'il n'était pas si cruel. Et pourtant…

Ils mangèrent en silence et Lola alla laver et coucher Logan, éreinté par sa course dans la nuit. Restés seuls, Hyndian et Soaric se regardèrent en silence. Finalement, le bandit déclara d'un ton rude :


-Je resterais ici quelques jours. Je pense que tu sais pourquoi.

Soaric acquiesça. Oui. Pour protéger Lola. Pour la protéger…de lui.

-Je pensais que votre amour était indestructible. Reprit Hyndian. Après ce que j'ai vu, je n'en suis plus aussi sûr.

Soaric ne dit rien. Il avait raison.

-Ma petite Lola ne mérite pas quelqu'un qui peut se montrer violent comme toi. Je suis désolé.

Puis il se leva et monta lui aussi se coucher dans la chambre d'ami. Soaric l'entendit dire bonne nuit à Lola et Logan, avec un ton normal à nouveau.

Lentement, Soaric débarrassa la table. Il revoyait en boucle chaque baiser qu'il avait donné à Lola. Le premier, à la fenêtre, puis le second, en forêt, dans la grotte, dans l'arbre, dans leur lit, lors de leurs retrouvailles…il y en avait tant et pourtant Soaric se dit que ce n'était pas assez. Il voulait passer sa vie à l'embrasser.
Il revoyait chaque caresse, chaque rire, chaque larme…tout…tout défilait, nouant les liens, fermant les barreaux, enfermant la rage loin dans son esprit.

Cela paraissait simple mais de temps en temps Maedren apparaissait. Alors Soaric le faisait reculer comme il pouvait.

Il se rendit compte qu'il était planté au milieu de la cuisine lorsque Lola apparut sur le seuil, en robe de nuit. Il lui sourit, en réponse à son sourire et la suivit.
Le sourire à qui il manquait la chaleur habituelle…

******

Quelques jours passèrent. Soaric allait mieux, la rage était loin mais il veillait à ce qu'elle ne tente rien d'autre. Ses plaies s'étaient refermées, sauf au cou, évidemment, ou cela mettrait plus de temps. Lola était souriante aussi, ainsi que Logan et Hyndian, même si le regard du bandit sur lui avait changé. Radicalement.

Soaric s'occupait comme il pouvait, coupait du bois, peignait des meubles…Il restait loin de Lola. Sauf pour manger et dormir. Ils n'avaient plus pris de douche ou de bain ensemble. Ils ne s'étaient plus embrassés aussi passionnément qu'auparavant. Soaric sentait que quelque chose s'était brisé. Mais ne trouvait pas quoi. Et ne savait pas comment réparer. Il ne parlait pas, ou très peu, quelques mots. Pourtant il voulait. Il voulait parler à Lola. Lui dire ce qu'il ressentait. Mais il ne trouvait pas les mots qu'il fallait.

Ils arrivaient au soir et Logan comme Hyndian étaient au lit, éreintés par une journée de jeux en plein air.

Soaric était couché dans le lit, les bras derrière la tête, torse nu. Il réfléchissait toujours. Il sentit Lola se glisser à ses côtés. Il ne bougea pas. Elle ne dormait plus collée à lui comme avant. Comme s'il la dégoutait. Ce qu'il pouvait comprendre. Et n'en était pas fier.

Mais il ne s'attendait pas à ce qu'elle l'embrasse et le caresse…Il ne s'attendait pas à ce qu'elle veuille le faire…

Si seulement il avait pu prévoir ce que cela sous-entendait….il aurait fait quelque chose…
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Lola
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MessageSujet: Re: Une rencontre...néfaste ? [rp Soaric : Maedren puis Lola]   Dim 22 Avr - 22:18

Lola garda son sourire pendant cinq jours exactement. Il ne la quittait pas, indestructible même si parfois elle avait du mal de le laisser figé sur ses lèvres en croisant le regard de Soaric. Elle avait envie de pleurer, de crier…
Elle voulait fuir, mais avant ça être sûre que l’homme qu’elle avait chéri plus que tout ait gardé sa rage profondément en lui. Elle se doutait que le quitter le ruinerait-et à elle aussi- mais elle ne pouvait se résoudre à agir autrement. Elle avait trop peur pour le bébé et pour elle, tout simplement.

Son sourire fictif l’accompagna lorsque Soaric reprit conscience, souriant et l’aidant à se relever à sa suite, lorsqu’ils étaient dans la fontaine. Elle ne put cependant pas retenir le tremblement de ses mains qui trahissait sa réelle émotion.
Ils étaient donc rentrés, la jeune femme assise à coté d’Hyndian, n’osant pas se tourner vers son amant. Pendant tout le voyage, fort silencieux, ses lèvres étaient retroussées mine de rien. Elle se souvint cependant s’être demandée combien de temps elle tiendrait comme ça, à faire semblant.
Car au bout d’une heure, elle n’en pouvait déjà plus.

Mais la future mère tint bon et lorsqu’ils furent arrivés, Logan les accueillit. Un vrai sourire se dessina à ce moment, tant elle était soulagée de voir sa présence.
Cependant elle le tint loin de son père autant que possible. Lorsque le petit se faufilait entre ses mains et allait vers son paternel, déposant un baiser dans son cou, elle frissonnait de peur. Oh, son sourire était là, oui. Toujours. Je vous l’ai dit, non ? Pendant cinq jours elle ne cessa pas de son manège. Cinq jours.
Mais elle l’attirait à elle aussitôt qu’il se détachait et sortait avec lui dehors. Lola, bien qu’elle sentait le regard de Soaric dans son dos, ne se retourna pas une seule fois.
La jeune femme avait donc appris que Logan, lorsqu’ils étaient ligotés avec Hyndian et son père, avait réussi à se libérer de son emprise. Il avait été cherché de l’aide et c’est un vieux couple qui l’avait reconduit jusqu’à leur maison, attendant autant qu’ils le purent. Il avait été très fier d’avoir exécuté une mission et de s’être occupé bien sagement jusqu’à leur retour. Lola l’avait félicité et déposa même un baiser sur son front.

En parlant de baiser, l’artisane en donna malgré son dégoût à son ‘chéri’. Mais ils n’avaient aucune saveur. L’amour qu’elle avait l’habitude de glisser dans ses baisers avait totalement disparu et ce n’était plus que des rapides, à la hâte et sans vie-si l’on peut dire cela d’un bisou.
Des câlins furent aussi donnés. Simples, sans aucune réelle envie. Hyndian surveillait constamment Soaric et le regard qu’il lui portait n’était pas des plus amicaux. Lui qui, autrefois, lui avait voué une admiration secrète, il le détestait autant que l’on pouvait détester quelqu’un.
Mais lorsqu’il tournait son visage vers Lola, il faisait mine de rien. Deux menteurs au sein d’une même maison…

La jeune femme dormait dans le même lit que le tueur, aussi étonnant que cela paraissait. Mais elle ne le collait plus comme elle avait tant aimé le faire.
Elle se tenait au bout du lit, le plus loin possible de lui.
Ils parlaient toujours mais la conversation n’était pas aussi passionnante qu’autrefois. De nombreux blancs paraissaient, sans qu’ils soient doux et paisibles comme il n’y avait pas si longtemps.
Au bout du compte, ce fut les cinq jours les plus atroces de leur vie. A tous les deux.

Mais lorsque Lola fut satisfaite de ses maigres fruits, certaines que la rage que Soaric gardait en lui était bien enfuie profondément, elle se décida à partir.
Lentement.
Elle chercha en elle les sentiments qu’elle avait éprouvés pour lui et les fit resurgir en l’espace d’un jour.
Le cinquième jour en fait, le sourire était presque honnête. Les conversations redevenaient normales et on aurait presque cru qu’elle l’avait définitivement pardonné.

-Je ne comprends pas. Comment peux-tu lui pardonner aussi facilement ?


Hyndian lui avait parlé à l’après-midi du cinquième jour. Le jour où tout paraissait parfaitement normal…
Il semblait en colère, dépité et surtout il ne la comprenait pas.

-Je ne lui pardonne pas. Je l’aide, c’est tout. Il a bien droit à une seconde chance pour démarrer dans la vie, tu ne crois pas ?


Une seconde chance…Qui l’excluait dans le lot. Sa seconde chance serait sans Lola. Fini le célèbre couple indestructible qu’ils formaient ! Fini ! Elle pouvait chasser tous ses désirs de mariage au fond de sa mémoire. En espérant l’oublier à jamais.
Mais Hyndian ne comprenait décidément pas. Il le lui dit, la mettant en garde. Il était persuadé qu’elle resterait avec lui toute sa vie.
S’il savait comme il se trompait.

Le soir vint rapidement. Lola était en train de se laver, se parfumant. Elle s’observa un instant dans la glace et lorsqu’elle effaça son sourire se trouva misérable.
Alors elle le retrouva aussitôt, entrant dans la chambre où Soaric était allongé sur leur lit, pensif.
Elle resta un instant ainsi à l’observer, appelant à elle toutes les émotions qu’elle avait éprouvées pour lui, comme elle l’avait si bien fait en ce jour.
La barrière céda et elle le trouva à nouveau irrémédiablement beau. La jeune femme se faufila dans le lit, tout prêt de lui. Elle le caressa, l’embrassa comme jamais elle n’avait fait. Elle lui offrit tout l’amour qu’il souhaitait d’elle, avec une douceur inespérée.
Il était comblé, convaincu que leur malheur prenait fin.
Elle le regarda s’endormir et sombra à son tour dans le sommeil, tout contre lui. Comme avant.

Lola se réveilla en même temps que le soleil. A dire vrai, c’est lui qui lui fit ouvrir les yeux, caressant son visage de ses doux rayons dorés.
Elle était contre Soaric, et il avait posé son bras sur elle comme s’il cherchait à la garder près de lui.
Elle sortit du lit, se lavant vite et préparant un sac en silence. Elle n’y mit que le strict nécessaire, laissant la moitié de sa garde-robe dans l’armoire.
Puis elle passa dans la chambre de Logan et y resta un long moment. Elle avait longtemps hésité à l’emmener avec.
Puis elle s’était dit que l’archer aurait besoin de lui lorsqu’elle s’en irait. Sinon, il n’aurait plus rien dans la vie. Et il risquait de faire une énorme bêtise.

-Au revoir, mon petit Logan. Je t’aime…


Elle s’était penchée pour lui embrasser la joue et le petit avait gémit faiblement dans son sommeil.
L’artisane passa aussi dans la chambre d’Hyndian, glissant un mot sous sa porte. Elle s’y excusait et promettait de passer le voir. Elle lui expliquait de ne pas juger trop vite Soaric et que, au fond, c’était un homme bien.
Un meurtrier, mais un homme bien.

Puis Lola hésita à passer ou non dans leur chambre, pour dire au revoir à Soaric. Une partie d’elle souhaitait lui dire adieu, mais de l’autre…Elle ne voulait plus voir son visage, plus jamais. Elle voulait l’oublier. Car elle aussi avait besoin de se reconstruire. Surtout qu’elle n’était pas certaine que le bébé soit encore en vie.
Et s’il mourrait, ce serait terrible. Vraiment.
La jeune femme se décida finalement à entrer dans sa chambre. Elle marcha d’abord, à pas lent, voyant l’homme complètement endormi.
Elle s’approcha de lui, parcourant ses lèvres de ses doigts et, finalement, lui donna un baiser.
L’artisane avait aussi adresser un mot pour lui, glissé sous son oreiller. Il disait de ne jamais la retrouver, et de ne pas non plus faire une bêtise. Il disait qu’elle l’aimait vraiment mais qu’elle ne pouvait pas vivre avec la certitude qu’un jour il pourrait s’en prendre à Logan ou à leur futur enfant.
Elle se pencha à nouveau vers lui mais, cette fois, ce fut pour lui murmurer :

-Je suis désolée…


Puis elle se releva vivement, quittant la pièce, la maison et son ancienne vie.

Lola commença à marcher, ne retenant pas les pleurs contenus pendant cinq jours. Elle ne savait pas au juste où elle allait.
En fait, en vérité, elle était complètement perdue. Elle savait juste qu’elle allait construire une nouvelle vie et que Soaric n’en ferait pas partie.
Plus jamais.

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MessageSujet: Re: Une rencontre...néfaste ? [rp Soaric : Maedren puis Lola]   Dim 22 Avr - 23:13

[j'espère que cela te va !]

Soaric s'endormit bien vite après le moment de plaisir passé avec Lola. Une partie de lui se disait que c'était bon, qu'ils reprenaient comme avant. L'autre lui disait de rester vigilant…La rage était loin…
Il tenait Lola dans ses bras, s'enivrant de son odeur.

Il sentit le drap bouger et le corps de Lola se détacher du sien. Mais il n'y prit pas garde. Elle pouvait très bien aller aux toilettes…

Il se retourna pour continuer à dormir, se trompant lourdement…

Cette fois, il sentit un baiser se déposer sur ses lèvres. Et quelque chose se glisser sous l'oreiller. Et quelqu'un se pencher vers lui, murmurant un "je suis désolée…".
Rêvait-il ? Ou était-ce réel ?
Il eut rapidement sa réponse lorsqu'il entendit une porte se fermer. Silencieusement, mais il l'entendit quand même. Il se redressa en sursaut.


Lola. Lola était partie. Il ferma les yeux, posant la main sur la place qu'elle occupait. En fait, le coup de l'amour la veille n'était qu'une façade. Un au revoir. Ou plutôt un adieu. Il sentit les larmes arriver rapidement mais les retint. La rage était partie aussi et il en était bien content.
Il se souvint de quelque chose sous l'oreiller et y trouva une feuille. Dessus était inscrit un mot, de l'écriture de Lola, tremblante.

Elle lui disait de ne jamais la chercher, de ne jamais tenter de la retrouver. De ne pas faire de bêtise. Elle expliquait qu'elle l'aimait, mais ne pouvait pas vivre en ayant peur pour Logan, elle ou leur enfant. Que cette seule perspective lui intimait de partir.
Il serra la feuille dans sa main, le cœur se fendant en mille morceaux.
Les sourires des derniers jours masquaient sa souffrance. Masquaient son dégoût pour lui aussi. Il se sentit idiot. Lâche et misérable. Il se demanda si elle avait emmené Logan avec elle. Mais ne prit pas le temps de vérifier. Il ne pouvait pas la laisser s'en aller. Ou irait-elle ? Dans son état ! Et…que ferait-elle?
Il se leva en vitesse, s'habilla le plus rapidement possible, ne se coiffa même pas et sortit d'un pas vif. Tant pis s'il avait ameuté toute la maisonnée.

Il s'arrêta sur le perron. Le soleil commençait à s'élever au-dessus de l'horizon. Il la chercha du regard. Et la vit. Elle n'était déjà plus qu'une pâle silhouette. Soaric se mit à courir. Le plus vite possible. Il fallait qu'il la rattrape. Qu'il tente de lui parler. Si après elle ne le voulait tout de même plus, il la laisserait s'en aller. Avec Logan. Il courut et s'arrêta en arrivant à sa hauteur.

Elle sembla accélérer en voyant que c'était lui. Elle avait peut-être espéré que ce soit Hyndian avec le petit. Soaric déglutit. Ou était passé leur amour ? Lui le sentait, il pulsait dans son cœur réduit en lambeaux. Mais elle ? Elle disait dans le mot l'aimer. Il pouvait comprendre ses motivations, savaient que cela lui faisait mal.
Autant qu'à lui. Il inspira profondément et la suivit. Il la rattrapa rapidement et la dépassa, ce mettant devant elle. Elle voulut l'écarter, le contourner, continuer sa route, les yeux baignés de larmes.

Il n'aimait pas la voir pleurer. Surtout lorsqu'il savait que c'était lui qui la faisait souffrir. Il plongea son regard dans le sien, même si elle l'évitait. Il la prit par les bras, l'empêchant de se dérober.


-Lola…je t'en prie, écoute-moi. Accorde-moi encore quelques instants. Pour tenter de t'expliquer. Si après tu veux tout de même partir…je ne t'en empêcherais pas.

Elle s'immobilisa et il comprit qu'elle l'écoutait, mais qu'il devait se dépêcher. Il prit son courage à deux mains, la lâcha et déclara d'une traite :

-Je sais ce que tu penses de moi Lola. Je sais que je ne suis pas à la hauteur de tes espérances. Je sais que je ne vaux rien. Je sais que je t'ai fait souffrir plus que je ne le voulais. Je sais que je t'ai trahie, même contre ma volonté.

Il inspira un grand coup avant de reprendre.

-Je me souviens de ce que je t'ai dis, chez Traban. J'ai dit exactement : "Je ne pourrais jamais te faire oublier ce que tu as vu ce soir, mais je peux au moins essayer de ne plus jamais te le montrer…". Je m'en souviens comme si c'était hier. Et je…je n'ai pas respecté ma promesse. Je sais que je ne suis pas digne de recevoir ton amour. Mais je t'aime. Je t'aime tant Lola. Tu as apporté tout ce qu'il me manquait. Tu as illuminé ma vie, tu en as fait un arc-en-ciel. Tu es la rose qui ne se fanera jamais à mes yeux. Tu es le soleil qui jamais ne se couchera. Tu es le vent qui apportera toujours le bonheur et le réconfort nécessaires à toutes les situations. Tu es mon oxygène quotidien…

Il commençait à pleurer.

-Tu…tu es tout pour moi aujourd'hui…Je…je ne peux pas vivre sans toi. Je ferais ce que tu voudras. J'obéirais à tous tes désirs. Je te laisserais fixer les règles. Tout. Absolument tout. Tant que tu es à mes côtés…

Il sentit ses jambes trembler. Mais ne le montra pas. Il n'avait pas fini. Il prit lentement la main de Lola dans la sienne. Elle ne la retira pas. Pas tout de suite du moins.

-Je comprends les raisons qui te poussent à agir ainsi. Je…je les comprends. Mais je ne peux me résoudre à te voir partir. Je ne peux me résoudre à me séparer de toi. Sans toi…sans toi…

Il n'arrivait plus à finir. Il sentit Lola retirer sa main de la sienne. Son choix était fait. Apparemment. Alors qu'elle recommençait à marcher, il hurla :

-Je t'aime !!! Jamais je ne t'oublierais ! Je t'aime !!! Me laisse pas…

Sa voix se brisa. Il ne savait pas si elle avait tout entendu, mais la voyait s'éloigner. Il ne savait même pas si ce qu'il avait dit l'avait touchée. Si elle l'avait vu comme le tueur ou comme l'homme qu'elle avait aimé. Si elle avait au moins écouté ou avait fait semblant.

Il priait pour qu'elle se retourne et qu'elle revienne vers lui. Il priait de tout son cœur et de toute son âme. Derrière lui, il entendit des pas. Il se retourna et vit Hyndian.

-Elle a fait le bon choix. N'essaies pas de la retenir. C'est mieux ainsi.

Le bandit n'était plus amical. Du tout. Il le prit par l'épaule et voulut l'entraîner à sa suite. Soaric se dégagea d'une secousse.

-Soaric…elle ne reviendra pas ! Elle veut tourner la page tu comprends ? Elle a enfin réalisé que tu n'es pas digne d'elle ! Elle a vu ta véritable nature !

Les mots cognèrent forts…et résonnèrent longtemps dans l'esprit de Soaric.
Hyndian continuait :


-Logan dors encore. Mais je pense l'emmener d'ici quelques heures. Il lui faut une vraie famille. Je suis désolé de t'abandonner ainsi. Mais je le fais pour le petit.

Puis il repartit vers la maison, regardant de temps en temps en arrière pour s'assurer que Soaric ne courre pas après Lola. Celle-ci n'était déjà plus visible. Resté seul, Soaric regarda le soleil se lever. Son soleil à lui était parti…pour toujours. Il voulait tant qu'elle revienne. Qu'elle fasse demi-tour. Qu'elle se jette dans ses bras. D'un pas lent, il retourna vers la maison. Qu'il brûlerait une fois Hyndian et Logan partis. A quoi cela lui servirait de rester dans une maison qui contenait des souvenirs constants et vifs de Lola ? De leur amour ? De leur bonheur ? Il brûlerait la maison. Et, s'il s'en sentait capable, resterait avec.
Non. Lola lui avait demandé de ne pas faire de bêtise. Il n'allait pas la faire souffrir encore plus…
Il approcha de la maison. Hyndian était dehors, en train d'aiguiser un couteau. Soaric passa à côté de lui sans le voir et entra, se dirigeant tout droit vers la chambre. Il ferma la porte soigneusement et s'assit sur le lit. Vide.
Il lui avait couru après. Il avait dit tout ce qu'il avait sur le cœur. Elle pouvait encore revenir. Elle le pouvait. Il attendrait. Toute la journée. Toute la nuit. Et, si le lendemain il était toujours seul, il s'en irait après avoir brûlé la maison.

Il resta là longtemps, contemplant un point au lointain, anéanti et vide, ne pouvant empêcher le visage de Lola apparaître.

Vaguement, il entendit des bruits de pas, des voix. Qu'il reconnut comme étant celles de Logan et Hyndian. Ils partaient.
Finalement, il entendit la porte se refermer. Il était seul. A jamais. Comme avant. Il était à nouveau à la case départ. Mais il voulait revenir en arrière. Il voulait avoir Lola dans ses bras. Il voulait l'embrasser et lui donner tout ce qu'elle méritait. Il voulait lui donner son amour.

Elle pouvait encore revenir. Elle pouvait. Il ne cessait de prier, toujours assis sur le lit. Elle pouvait encore revenir…
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Lola
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MessageSujet: Re: Une rencontre...néfaste ? [rp Soaric : Maedren puis Lola]   Lun 23 Avr - 21:41

Lola marcha pendant longtemps encore avant d’entendre un pas de course derrière elle. D’abord elle crut que c’était Hyndian ou Logan. Elle souriait à travers ses larmes, prête à faire un énorme câlin.
Puis elle vit que c’était Soaric. Elle avait du le réveiller en partant et il s’était dépêché de la rejoindre. Et cette situation ne lui plaisait pas. Pas du tout.
Alors la jeune femme accéléra le pas, tentant de se dérober à lui. S’il ne comprenait pas qu’il était le dernier homme qu’elle veuille voir sur terre, c’est qu’il était bouché.
Mais il ne se démonta pas et lui empoigna le bras. L’artisane essaya de se libérer de l’emprise mais il la tenait trop fortement…

-Lola…je t'en prie, écoute-moi. Accorde-moi encore quelques instants. Pour tenter de t'expliquer. Si après tu veux tout de même partir…je ne t'en empêcherais pas.


Lola se dit que de toutes façons, elle n’avait plus rien à perdre. Mais…Cela lui coûtait. Car elle savait que ses mots seraient pour la faire revenir, hors elle n’en avait pas envie. Ou plutôt, si, elle en brûlait d’envie mais elle ne pouvait tout simplement pas rester.
Et s’il parlait là tout de suite, elle aurait plus de mal à le quitter. Cependant elle lui laissa cette chance, construisant malgré tout un mur entre ses sentiments et elle-même. Il ne fallait pas que ses mots la touchent. Absolument pas !

-Je sais ce que tu penses de moi Lola. Je sais que je ne suis pas à la hauteur de tes espérances. Je sais que je ne vaux rien. Je sais que je t'ai fait souffrir plus que je ne le voulais. Je sais que je t'ai trahie, même contre ma volonté.


S’il savait, pourquoi l’avait-il fait ? Il aurait du se rendre compte bien avant de ça. Maintenant le mal était fait et il prenait conscience de sa faute. C’était beaucoup trop simple ! Jamais la future maman ne pourrait lui pardonner ça.
Il avait quand-même tuer une famille. Et ce n’était pas rien. Le chef braconnier, à la limite elle pouvait comprendre.
Mais une famille…Non. C’était impossible.

-Je me souviens de ce que je t'ai dis, chez Traban. J'ai dit exactement : "Je ne pourrais jamais te faire oublier ce que tu as vu ce soir, mais je peux au moins essayer de ne plus jamais te le montrer…". Je m'en souviens comme si c'était hier. Et je…je n'ai pas respecté ma promesse. Je sais que je ne suis pas digne de recevoir ton amour. Mais je t'aime. Je t'aime tant Lola. Tu as apporté tout ce qu'il me manquait. Tu as illuminé ma vie, tu en as fait un arc-en-ciel. Tu es la rose qui ne se fanera jamais à mes yeux. Tu es le soleil qui jamais ne se couchera. Tu es le vent qui apportera toujours le bonheur et le réconfort nécessaires à toutes les situations. Tu es mon oxygène quotidien…


Lola se recula de lui. Il fallait qu’elle mette de la distance. Il ne remarqua rien car des larmes commencèrent à poindre dans ses yeux sans qu’il ne cherche à dissimuler.
Oh, comme elle se sentait mal ! La jeune femme avait voulu le prendre dans ses bras, lui murmurer des mots doux au creux de son oreille. Lui dire que tout était fini, qu’elle revenait et oubliait les actes qu’il avait fait.
Mais elle ne pouvait pas bon sang ! Elle n’avait pas le droit de céder aussi facilement ! Il avait tué une femme, un enfant ! L’artisane s’obligea à s’imaginer la scène pour ne pas embrasser Soaric-le voir ainsi penaud lui fendait le cœur.
Elle se força à faire venir l’image de l’archer, un sourire cruel sur les lèvres en train de tuer abominablement l’enfant. Et lorsqu’elle reporta les yeux vers lui, il la dégoûtait à nouveau.

-Tu…tu es tout pour moi aujourd'hui…Je…je ne peux pas vivre sans toi. Je ferais ce que tu voudras. J'obéirais à tous tes désirs. Je te laisserais fixer les règles. Tout. Absolument tout. Tant que tu es à mes côtés…


‘Mais ça ne t’absoudra pas de tes pêchés’. Il glissa sa main dans la sienne et une lueur d’espoir s’alluma lorsqu’il vit qu’elle ne la retira pas.
En réalité elle n’avait pas le courage.
Lola crevait d’amour pour ce type…Elle ne pouvait résister à son visage bronzé, à ses cheveux tenus en queue de cheval…A ce torse et ses bras forts qui lui donnaient l’impression d’être en sécurité.
Elle adorait l’innocence qui se lisait parfois dans ses yeux, la découverte avec lui pas à pas de l’amour et du bonheur. Et puis, elle pouvait enfin être elle. Ne pas devoir agir toujours en adulte. Elle avait le droit de faire ressortir son côté enfantin et il ne lui disait rien. Alors la demoiselle ne pouvait simplement pas résister au contact chaud de sa main dans la sienne, caressant du bout des doigts sa peau.
Elle dut se faire violence pour ne pas prendre plaisir à ce petit moment. Vraiment.

-Je comprends les raisons qui te poussent à agir ainsi. Je…je les comprends. Mais je ne peux me résoudre à te voir partir. Je ne peux me résoudre à me séparer de toi. Sans toi…sans toi…


Son pouls s’accéléra. La jeune femme ne voulait pas qu’il lui demande de rester. Qu’il lui demande clairement, je veux dire.
Car s’il le faisait…Elle sentirait le ‘oui’ pointer au bout de sa langue, savoureux dans sa bouche.
Et Lola ne pouvait se le permettre. Non ! Elle ne pouvait pas ! Elle ferma les yeux, appelant à nouveau les images à elle en y décuplant la violence.
Elle retira aussitôt sa main en proie à une nausée soudaine. Causée par Soaric.
L’artisane recommença à marcher, lui faisant dos. Ses larmes avaient repris et elle ne désirait pas qu’il la voit ainsi.
Elle se mordit la lèvre au sang lorsqu’il hurla :

-Je t'aime !!! Jamais je ne t'oublierais ! Je t'aime !!! Me laisse pas…


Mais la jeune artisane continua sa route. Elle ne se retourna pas une seule fois. Elle était trop occupée à essayer de ne plus aimer cet homme.
Mais c’était un combat tellement difficile qu’elle avait bien envie de se laisser abattre…

****

Pendant toute la journée qui suivit elle s’occupa l’esprit. Ou, du moins, essaya de s’occuper l’esprit.
Lola partit faire le marché, repérer une auberge où elle pourrait passer la nuit. Elle fit en sorte de chercher le mari d’une de ses amies, comme ça elle aurait une réduction sur le prix…Elle passa la journée avec des connaissances ou à faire le tour des villages. Mais chaque seconde qui s’écoulait elle pensait à Soaric.
Elle avait peur qu’il ait fait une bêtise. Et si jamais…Elle ne s’en remettrait pas. Encore plus pas que le meurtrier qu’il était (*se comprend*)
La journée passa donc, derrière un sourire factice comme celui des jours précédents. La jeune femme, en allant se coucher, se demandant même si elle ne passerait pas sa vie à faire semblant.
Mais ses pensées furent interrompues par autre chose.
Le lit. Vide.
Tellement vide sans lui ! Lola avait été éberluée un instant. Comme le lit paraissait immense sans lui.
Oh, elle avait déjà été séparée de Soaric, ce n’était pas ça. Mais la différence était que la place près d’elle serait à jamais vide.
Et cela changeait tout.

*****

Lola ne dormit pas bien cette nuit-là, mais je pense que cela n’étonne personne. Et lorsqu’elle sombra dans le sommeil, elle rêva de Soaric. D’elle et Soaric, plus précisément.
Elle rêvait qu’elle lui pardonnait et qu’ils étaient plus heureux que jamais. Qu’ils étaient plus forts qu’avant et plus amoureux que jamais.
Et lorsqu’elle ouvrit un œil, encore à la lisière où le sommeil et le réveil se rencontrent, elle se dit que tous les rêves avaient été construits dans un unique but.
Pour être réalisés.

-Oh ! Il faut que j’y retourne ! Il le faut !


La jeune femme s’était alors levée en trombe, ravie de n’avoir pas eu le courage de défaire ses affaires la veille.
Elle descendit, payant à la va-vite le propriétaire et marcha le plus vite qu’elle put jusqu’à chez elle.
Lola ne pouvait décidément pas se résoudre à le quitter. Elle l’aimait, vraiment ! Mais s’il voulait qu’elle lui pardonne, il faudrait qu’il soit patient.
La demoiselle pensait lui donner encore une chance. Une ultime. C’était un cadeau précieux qu’il, elle l’espérait, ne jetterait pas dès la première occasion venue.
Cependant….Elle ne pourrait pas lui donner un baiser spontané comme avant. Pas encore, du moins. S’il était assez patient pour cela, alors elle était prête à le suivre partout où il irait.
Mais au fond d’elle perdurait un affreux pressentiment. Du genre de celui qui vous dit que si vous n’arrivez pas à temps, vous allez ratez quelque-chose…d’irréversible.
La jeune femme accéléra encore le pas, le soleil brillant haut dans le ciel. Il devait être midi lorsqu’elle arriva enfin à leur maison.
Mais quelque-chose clochait.
Un calme anormal, toutes les fenêtres fermés et aucun mouvement à l’intérieur. Enfin, si. Soaric était à l’intérieur, allant de long en large des pièces, légèrement penché. Comme si…comme s’il répandait quelque-chose.

-So…Soaric ? Mais qu’est-ce qu’il fait ?


L’artisane essaya d’entrer dans la maison mais constata que la porte était fermée. Elle n’avait pas repris ses clés, malheureusement. Enfin, pour une femme qui avait été déterminée à ne plus revenir, c’était chose tout à fait normale.
Lola toqua, mais son chéri était trop occupé dans sa tâche pour faire attention. Une réelle détermination se lisait dans ses yeux.
Et elle eut peur de comprendre.

-Que…Non…Il ne va pas...?….SOARIC !


La jeune femme frappa de ses poings à la porte, de toutes ses forces. Mais il semblait borné et n’entendait rien.
Et puis, il fixait une petite chose dans sa main, tellement étrangement. En plissant les yeux, elle put enfin deviner quoi.
Une si petite chose…Qui, si Soaric ne la remarquait pas à temps, risquait de changer le cours d’une vie.
Et d’en achever une autre.
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MessageSujet: Re: Une rencontre...néfaste ? [rp Soaric : Maedren puis Lola]   Lun 23 Avr - 22:54

[j'espère qu'il te plaira...j'en ai eu les larmes aux yeux...en même temps avec la musique adéquate..je pleure pour tout...]


La journée s'écoula…lentement. La maison ressemblait à un vaste tunnel. Sombre, froid, dénué de vie. Soaric errait dans les pièces. Effleurait du bout des doigts des objets qu'elle avait touché. Peints. Fabriqués. Aimés. Chaque meuble lui rappelait Lola, son sourire, ses yeux, son amour, ses caresses, son rire…Chaque meuble était une souffrance.
La chambre du petit aussi. Le lit était défait, et la chambre n'était pas rangée. Hyndian s'était donc hâté de l'emmener. Pour l'éloigner le plus vite possible de lui.

Finalement, Soaric s'était rassit sur le lit. Un lit qui lui semblait infini sans la présence de celle qu'il aimait.
Il priait toujours et gardait un espoir. Un espoir qui s'amenuisait au fil des heures qui défilaient inlassablement. Midi arriva et il n'avait toujours pas bougé.
Son cerveau lui dit qu'il faudrait peut-être manger. Mais Soaric ne voulait pas. Il ne voulait pas se laisser dépérir, non. Mais il n'en avait pas la force. Son ventre était comme du béton. L'Archer savait qu'il n'avalerait rien et n'en serait pas capable. Il resta donc assis, priant encore.

Elle pouvait rebrousser chemin. A moins qu'elle ne rencontre le bandit. Si elle le croisait, avec Logan, elle l'oublierait très vite. Ce qu'il pouvait aussi comprendre un peu. Logan était à croquer. Et n'avait tué personne, lui.

L'après-midi passa encore plus lentement que la matinée. Il se leva et alla dans la salle de bains. Il se regarda dans le miroir. Et n'y vit qu'un monstre. Un meurtrier. Un tueur sans scrupules. Un tueur qui ne méritait pas une femme comme Lola.
Hyndian avait raison au final…Il n'était pas digne d'elle. Ne l'avait jamais été. Et ne le serait jamais.

Il passa de l'eau froide sur son visage. Pour qu'il sorte du rêve. Qu'il arrête d'espérer. Elle ne reviendrait plus. Elle allait refaire sa vie sous un autre toit. Allait donner naissance à son enfant et l'élever. Seule. Ou avec Maedren.

Il ne faisait plus partie ni de sa vie ni même de son cœur. Mais celui-ci ne voulait pas perdre espoir…
La nuit arriva. Il se coucha juste pour être couché. Il ne dormit pas. N'y arriva pas. Dès qu'il fermait les yeux, il revoyait des scènes du carnage commis une semaine auparavant. Son carnage. Pourtant, au moment des faits, il ne se souvenait de rien. Il ne s'était pas vu le faire. Ce n'est qu'après que les souvenirs avaient afflués. Il ne comprenait pas. C'était lui et en même temps cela ne l'était pas.

Il ferma les yeux mais ne sombra pas dans le sommeil. La rage était emprisonnée loin dans son cerveau. Mais il avait toujours peur qu'elle revienne un jour. Il haussa les sourcils dans le noir. Si cela devait arriver, il serait seul. Et si la rage pouvait le tuer…alors elle débarrasserait la planète d'un fou.

La maison, calme, était comme un cercueil. Un étau qui se resserrait sur lui au fil des heures. Chaque heure signifiait un clou enfoncé dans le couvercle. Il s'entendait à peine respirer.

Mais il savait quoi faire, le lendemain. Il brûlerait la maison et y resterait. Et il ne trahirait pas Lola. Pourquoi ? Parce que cette dernière souffrance la libèrerait de son emprise. La libèrerait de lui. La rendrait aussi libre qu'avant. Elle réussirait à surmonter cette épreuve, il le savait. Et, lorsqu'elle l'aurait fait, elle pourrait alors bâtir sa nouvelle vie, aux côtés d'Hyndian, de Logan, et de l'enfant qu'elle portait en elle. Et lui ne serait plus qu'un souvenir comme tant d'autres, qui disparaissent au fil du temps…

Parfois, dans ses pensées les plus folles, au milieu de la nuit, il se disait qu'il aurait du garder le collier. S'attacher lui-même. S'étrangler lui-même. Mourir en chien. Mourir en sauvage qu'il était. Les larmes coulaient alors.

Il espérait toujours. Et ne s'endormait pas.

Ce fût la nuit la plus longue de toute sa vie. Lorsque le soleil se leva, le lendemain, il lui parut sombre. Comme si la nuit était toujours là. Les ténèbres l'attendaient. Son soleil était parti…
Il se leva et erra une nouvelle fois, gravant les images dans sa tête, se remémorant des choses qu'il avait vécues avec elle. Le fauteuil lui fît penser à Lola, éreintée, avec Logan lui apportant un plateau pour qu'elle mange avant d'aller au lit.

Le lit lui fît penser à lui en train de le fabriquer, avant qu'ils n'aillent au village…ou il avait failli être pendu. La maison tout entière lui rappelait leurs retrouvailles, si intenses, si amoureuses, avec le plus beau baiser qu'il lui eut jamais donné. La cuisine lui montra des images de Lola, pleurant lorsqu'elle lui avait avoué l'avoir trompé.

Les heures passèrent ainsi sans qu'il s'en aperçoive. Finalement, le soleil était haut dans le ciel lorsqu'il se décida. Elle ne viendrait plus. C'était trop tard. Elle devait déjà être à Asperance, à attendre une charrette pour Zakar. Ou dans un village, avec Hyndian et Logan, en train de manger ensemble. Il ferma hermétiquement toutes les fenêtres. La porte fût close à double tour. Pour qu'il ne tente pas de faire marche arrière.

Une dernière souffrance pour une libération. Il allait mourir comme ses parents. En monstre. Sous l'assaut des flammes. C'est tout ce qu'il méritait encore. L'honneur de brûler vif. Il savait ou il mourrait. Sur le lit, couché. Il prit tout le papier, tissu, bois, qu'il trouva et l'éparpilla dans la maison. Puis il déversa de l'huile partout.

Il était tellement absorbé qu'il n'entendit pas les coups à la porte. De même qu'il n'entendit pas Lola l'appeler la première fois.

Il sortit une allumette de sa boîte. La regarda intensément. La source de la libération de Lola…il la tenait entre le pouce et l'index. Il la gratta et une flamme s'alluma. Le feu…purificateur…

Il allait la lancer lorsque, comme un pressentiment, il tourna la tête. Entendit les coups à la porte. Se décala pour regarder par la fenêtre. Vit une femme cogner contre le bois. La reconnut. Crut rêver. Mais lorsqu'il l'entendit hurler son nom, il sut que c'était la réalité. Son cœur manqua un battement. Et un second. Elle…elle était revenue...oui. Mais peut-être juste pour lui dire quelque chose et repartir encore.

Doucement, comme dans un songe, il s'avança vers la porte. Prit la poignée de sa main libre. L'actionna. L'ouvrit. Lola était devant, essoufflée. Soaric ne bougea pas. Il ne savait pas quoi faire. Son cœur battait très vite. Il cognait contre sa poitrine, comme s'il voulait en sortir et rejoindre Lola. Il lui disait de sauter dans ses bras et de l'embrasser.
Mais sa raison le lui interdisait. Elle était revenue oui. Mais ne lui avait pas forcément pardonné. L'allumette était toujours entre ses doigts. Il pouvait toujours mourir. Il voyait Lola, voyait la chance qui s'offrait à lui. Une chance qu'il ne faudrait pas gâcher. Une dernière chance s'il parvenait à se faire excuser.
Elle tremblait. De tous ses membres. Il aurait voulu la prendre dans ses bras, la réconforter, lui dire que c'était fini, de se calmer, qu'il était là pour elle, toujours, mais s'en empêcha. Il ne savait pas comment elle allait réagir.

Il resta là, bêtement, la contemplant. Le regard de la jeune femme, lui, passait de l'allumette à l'Archer. Comme si elle avait peur qu'il la jette et les entraînent tous deux vers la mort. Ce qu'il ne ferait pas. Jamais il ne la toucherait autrement que par amour. Il ferma et rouvrit les yeux. Elle était toujours là. Il ne rêvait pas. Il s'écarta, pour qu'elle puisse entrer. Si elle ne le faisait pas…alors il fermerait la porte et brûlerait en Enfer.

Mais elle entra et éteignit l'allumette du bout des doigts. Elle était proche de lui. Il sentait son souffle se poser sur sa peau, le faisant frissonner. Il sentait son odeur s'infiltrer en lui. Mais il ne la toucha pas. Il ne voulait pas la brusquer. Il lui avait dit qu'elle fixerait les règles. Et elle le ferait. Si elle voulait l'attacher, le frapper…le dresser à sa manière…elle pouvait. Il se laisserait faire. Il accepterait toutes les contraintes qu'elle voudrait. Il prit une chaise qu'il n'avait pas aspergée et l'invita à s'asseoir. Elle avait sans doute due courir pour arriver à la maison. Et enceinte, ce n'était pas conseillé. Il s'en voudrait encore plus d'avoir causé la mort de son enfant à elle.

Elle était si belle. Il l'aimait tellement. Il se sentait bête, debout au milieu d'une pièce aspergée d'huile, de tissus et de bout de bois prêts à s'enflammer au moindre contact, une allumette éteinte entre les doigts, à contempler Lola.

Mais il ne pouvait pas détacher son regard d'elle. Il se mit lentement à genoux, devant elle. Il serait toujours soumis à ses volontés, ses désirs, ses attentes. Il se ferait pardonner. Par tous les moyens. Il savait que c'était difficile, de pardonner à quelqu'un d'avoir tué une famille sans éprouver de sentiments quelconque. Mais si elle savait a quel point le remord le tenaillait depuis qu'il s'était rendu compte de ce qu'il avait osé faire. Si elle savait à quel point il était dur de revoir le visage de cette famille à chaque fois qu'il clignait des yeux…

Il baissa la tête, regarda les jambes de Lola. Il l'entendait respirer, reprendre son souffle et sans doute se remettre de ses émotions. Elle avait apparemment eu réellement peur qu'il le fasse. Donc…si elle avait eu peur…c'est qu'elle l'aimait encore non ?

Lui il l'aimait. Il le lui avait dit et même hurlé. Il voulait surmonter cette épreuve avec elle, voulait rendre leur amour plus fort que jamais. Mais si jamais…si jamais elle partait tout de même…
Il avait peur qu'elle ne fasse semblant. Qu'elle colle un sourire creux sur ses lèvres, qu'elle lui donne des baisers pour lui en donner, qu'elle lui fasse l'amour juste pour le faire, qu'elle reste avec lui juste pour qu'il ne commette pas l'irréparable. Et il ne voulait pas qu'elle fasse semblant.

Lui il la voulait comme elle était. Naturelle. La Lola qu'il chérissait. La Lola curieuse tout, qui s'extasiait avec lui, qui découvrait les joies d'une vie commune avec lui. La Lola qui marchait avec lui depuis huit longs mois. Il voulait la Lola qu'il avait rencontrée chez le Gouverneur. Il ne voulait pas d'une fausse Lola.

C'est pour cela qu'il priait pour qu'elle arrive à le pardonner. A enlever l'image de tueur qu'il lui avait collée dans l'esprit contre son gré. Il l'aiderait si elle le souhaitait. Il irait retrouver Logan aussi, si elle le voulait. Même s'il était sûr qu'Hyndian le tuerait plutôt que lui confier le petit.

Il leva un peu plus les yeux, les posant sur le visage de l'Artisane. Qui le regardait aussi. Leurs regards se croisèrent. Il y lut de la souffrance, encore, un peu de dégoût. Mais il y vit à nouveau la lumière que lui seul voyait dans son regard. La lumière des étoiles dans la nuit. Le scintillement de l'amour au fond de ses pupilles. Le miroitement de la joie sur ses iris.

D'une voix éraillée, il dit, tremblant :


-Je t'aime…

C'est tout ce qu'il pouvait dire en étant sûr de ne pas lui faire plus de mal encore. Il ne disait pas cela pour la faire fondre et la faire revenir. Il disait cela parce que c'était la vérité. Parce qu'il avait besoin de le lui dire. De le lui hurler. S'il le fallait, il le graverait sur la terre entière pour qu'elle le voie. Son cœur ne battait que pour elle. Ses poumons ne se remplissaient d'air que pour elle. Son cerveau ne fonctionnait que pour elle.

Il stoppa ses pensées. Maintenant, c'était à elle de décider. Elle seule le pouvait et le devait. Il savait qu'elle ferait le bon choix. Même si celui-ci était de repartir…
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MessageSujet: Re: Une rencontre...néfaste ? [rp Soaric : Maedren puis Lola]   Mar 24 Avr - 17:20

Qui aurait cru qu’une si petite chose puisse faire autant de dégât ? Lorsqu’on y pense, s’en est presque ridicule. Si on se place sous un autre angle…
Le cyclone, au final, n’est qu’une bourrasque de vent un peu plus forte que la normale…Le tsunami n’est qu’une vague plus puissante…Alors, quant à penser qu’une simple allumette pouvait détruire toute une maison et une vie avec…
C’était sidérant.
Pendant les quelques secondes où Soaric avait cette fichue brindille allumée dans sa main, Lola tremblait de peur derrière la porte.
Après tout, il ne l’avait ni vue ni entendue. Et maintenant il allait brûler leur maison devant ses yeux. Il allait se brûler, lui, devant elle. Et elle ne pouvait le supporter ! Ses coups contre le pauvre bois redoublèrent, si fort qu’elle se faisait elle-même mal.
Mais après tout elle s’en fichait pas mal. Il fallait qu’il se tourne vers elle, bon sang !

Et enfin, comme en réponse à ses espoirs, le jeune homme se tourna vers elle. Il resta un instant à l’observer, pensif, puis soudain réalisa enfin qu’elle était là. Alors il ouvrit la porte et les amoureux restèrent longuement debout, l’un en face de l’autre. Leur mine était à tous les deux rongée par le désespoir et en même temps illuminée par l’amour qu’ils se portaient mutuellement.
Lola jetait souvent son regard vers l’allumette, comme si elle représentait à l’instant son ennemi numéro un. Après tout, si un seul geste brusque était donné, elle pouvait tomber sur le sol. Et à ce moment, tout brûlerait….Ils auraient l’air fin !
Puis Soaric s’écarta pour la laisser passer, priant intérieurement pour qu’elle rentre. Et elle, avant de le faire, éteignit cette flamme qui semblait tellement…envoûtante.

La jeune femme contemplait sa maison comme si cela avait été la première fois de sa vie. Elle caressait les meubles, léchait du regard les petits détails des pièces comme une peinture à moitié terminée ou une armoire mal rangée.
Elle souriait de moitié, heureuse que tout n’soit pas parti en fumée. Heureuse qu’elle soit venue à lui pour éviter un carnage auquel elle s’en serait voulu toute sa vie…
Son chéri lui présenta une chaise, l’invitant à s’asseoir et elle s’exécuta, éreintée. Elle regarda encore un long moment le moindre détail de la pièce puis reporta à nouveau son attention sur Soaric.
Il n’avait d’yeux que pour elle. Lola en paraissait presque gênée mais n’en démontra rien. Elle était tellement heureuse de le retrouver. Il n’était pas encore pardonné-le serait-il même un jour ?- mais elle l’aimait et cela comptait plus que tout. S’il…S’il acceptait de ne pas devoir la toucher, de ne pas devoir faire l’amour pendant un certain temps…Elle saurait qu’il la méritait.
Et puis, tout d’un coup, l’homme qu’elle aimait se mit à genoux devant elle. Lola avait-elle pensé trop fort ? Il aurait émit son accord, s’agenouillant en signe de soumission ; il ferait tout ce qu’elle souhaitait.
Ou bien…Ou bien il souhaitait lui remettre l’anneau de fiançailles. En effet, en partant la veille, elle avait glissé sa bague dans l’enveloppe qu’elle avait mise sous l’oreiller de Soaric(petit détail que j’avais oublié de mettre ^^’). Son cœur s’accéléra, s’attendant à une seconde demande en mariage.

Mais…Non. Il baissait la tête, misérablement. Donc, le signe de soumission. Lola n’était pas déçue, loin de là, mais elle avait espéré secrètement qu’il referait sa demande. N’oublions pas que notre artisane est une grande rêveuse…
Les secondes s’écoulèrent en silence. Tous deux n’osaient dire mots, peut-être par crainte de briser ce moment intense.
Puis doucement le visage du garçon se leva sur celui de la jeune femme. Leur regard se croisèrent et elle se mordilla la lèvre, prise de court par la souffrance qui se lisait dans le sien. Comme il semblait triste ! Elle se sentait désolée pour lui, voulait le prendre dans ses bras mais sut à l’avance qu’elle n’y arriverait pas.
Enfin, elle ferait semblant. Et c’est la dernière chose qu’elle avait envie, pour l’avoir déjà assez fait ces derniers jours. Et puis, Lola voulait être honnête avec lui à partir de la minute même qui passa.
La bouche de Soaric s’ouvrit et il dit d’une voix grave :

-Je t'aime…


La jeune femme continua de le regarder bêtement. Puis doucement des larmes se créèrent sur le bord de ses yeux et coulèrent le long de ses joues. Bientôt, elle pleurait profondément mais n’osait plus parler.
Lorsqu’elle fut calmée, elle s’excusa :

-Je…Pardon. Mais tu…


Enfin, tenta de s’excuser…Elle renonça alors aux paroles diverses qui ne serviraient toutes façons à rien : elle n’arrivait pas à formuler une phrase complète, même dans sa tête.
Alors elle glissa sa main jusqu’au visage du garçon et caressa maladroitement sa joue, chassant du mieux qu’elle pouvait l’image affreuse qu’elle avait de lui, tuant un enfant.
Lola voulait lui répondre, lui dire qu’elle aussi elle l’aimait plus que tout au monde, mais n’y parvint pas.
A cet instant, en réalité, elle eut l’impression que ces trois mots furent les plus difficiles à prononcer au monde.

La demoiselle se pencha d’avantage vers lui et l’embrassa très doucement, avec amour. Mais ne fit pas durer ce baiser.
C’est tout ce qu’elle pouvait lui donner, pour le moment.

-Il faudrait…Que tu me laisses faire…Je…J’ai du mal à imaginer tes mains sur moi alors…Evite de me toucher, s’il te plait.


Elle n’avait pas de problème lorsque c’est elle qui l’embrassait ou le caressait, comme à cet instant. Ainsi, elle se sentait maître de la situation et n’avait rien à craindre.
Lola se mordit la lèvre, réfléchissant à une manière douce de le dire puis poursuivit :

-Ca veut dire…Pas d’amour au lit…Pas de brusque venue par derrière moi pour enserrer ma taille de tes bras. Pas de baiser dérober avant de quitter une pièce.


Il semblait un peu réticent. Il se demandait peut-être combien de temps cela durerait-il. Elle eut peur qu’il ne renonce et déposa ses mains sur ses épaules, le suppliant du regard.

-Je…J’y arriverai ! J’arriverai à passer le cap mais je t’en supplie, ne me touche pas. Ca risquera peut-être de prendre des mois, mais je sais que j’y arriverai. Et puis, ça ne veut pas dire que je ne t’embrasserai pas, moi.


Elle eut un faible sourire, puis après un moment qui lui sembla durer une éternité murmura :

-Est-ce que tu es d’accord ?


Est-ce qu’il était d’accord de faire autant de sacrifice ? Voudrait-il parcourir ce bout de chemin à ses côtés, n’ayant droit de la toucher que du regard ?
S’il acceptait, c’est qu’il l’aimait vraiment.
Autrement…
En fait, elle ne préférait même pas y penser.
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MessageSujet: Re: Une rencontre...néfaste ? [rp Soaric : Maedren puis Lola]   Mar 24 Avr - 19:09

Soaric vit les larmes perler au coin de ses magnifiques yeux. Il les laissa couler le long de ses joues sans esquisser le moindre geste pour les sécher. Car il savait qu'elle ne voulait pas qu'il la touche. Il le sentait, et préférait ne pas tenter. Il attendit patiemment qu'elle se calme. Qu'elle retrouve son souffle et la force d'ouvrir la bouche.
Quelques minutes s'écoulèrent donc avant qu'elle ne prenne la parole :


-Je…Pardon. Mais tu…

Il ne comprit pas ce qu'elle voulait dire. Elle n'avait pas à s'excuser. Elle n'avait fait que ce qu'il était juste et bon pour l'enfant. S'éloigner de lui. Même si, en ce moment, il ne souhaitait qu'une chose, qu'elle reste.
Doucement, délicatement, elle se pencha et sa main se glissa sur sa joue, la caressant du pouce. Le cœur du jeune homme fît un bond dans sa poitrine. Cette simple caresse était un trésor à ses yeux. Elle ouvrit la bouche, comme pour dire quelque chose, mais n'y arriva pas et la referma.
Alors elle fît quelque chose que Soaric n'imaginait plus qu'elle ferait.

Elle posa ses lèvres sur les siennes, lui donnant un baiser des plus amoureux, même s'il fût court. Et, difficilement, Soaric conserva ses mains sur ses genoux. Il ne voulait pas la brusquer. Pourtant, il avait tant envie de toucher sa nuque, ses cheveux…
Elle se recula à nouveau sur la chaise et murmura, le regardant droit dans les yeux :


-Il faudrait…Que tu me laisses faire…Je…J’ai du mal à imaginer tes mains sur moi alors…Evite de me toucher, s’il te plait.

Il baissa légèrement les yeux mais les releva tout de suite. Il le ferait. Pour elle. Elle fixait les règles. Il obéirait. C'était ainsi. Et ce aussi longtemps qu'elle le jugera nécessaire. Elle se mordilla la lèvre, semblant chercher ses mots.
Il voulut lui dire de tout jeter, de lui déclarer de brut en blanc toutes ses conditions, qu'elle pouvait utiliser les mots qu'elle voulait. Ils ne le feraient pas autant souffrir que lui l'avait fait. Elle continua :


-Ca veut dire…Pas d’amour au lit…Pas de brusque venue par derrière moi pour enserrer ma taille de tes bras. Pas de baiser dérober avant de quitter une pièce.

Il fronça légèrement les sourcils. Tant que cela ? Il ne pouvait que la toucher du regard ? Il inspira un grand coup. Il le ferait. Parce qu'elle le voulait. Combien de temps ? Des mois ? Des années ? Son cœur lui susurra de s'en ficher. Que, tant qu'il était avec elle, tout irait mieux. Qu'il arriverait à respecter toutes les conditions imposées.
Elle dut lire dans son regard sa légère réticence et elle posa ses mains sur ses épaules, pour l'aider. Elle ajouta alors :


-Je…J’y arriverai ! J’arriverai à passer le cap mais je t’en supplie, ne me touche pas. Ca risquera peut-être de prendre des mois, mais je sais que j’y arriverai. Et puis, ça ne veut pas dire que je ne t’embrasserai pas, moi.

Elle sourit légèrement. Ce qui motiva d'autant plus le jeune homme. Il aimait la voir sourire. Et il savait que celui-ci, bien que faible, était sincère.

Le silence s'installa. Mais un peu moins lourd que précédemment. Soaric réfléchissait, même si la réponse était tout prête. Elle lui donnait une dernière chance, l'ultime chance de se racheter et de ne plus commettre les monstruosités qu'il avait faites. Une chance en or qu'il ne faudra pas jeter à l'eau.
Finalement, en un dernier murmure, Lola demanda :


-Est-ce que tu es d’accord ?

Il inspira profondément avant de répondre et se félicita de pouvoir garder son regard dans celui de la jeune femme sans ciller.

-Je ferais tout ce que tu veux. Autant de temps qu'il le faudra. Tu as ma parole.

Il vit un second sourire se dessiner sur ses lèvres et sourit à son tour. C'est à ce moment qu'il aurait voulu l'embrasser et la serrer contre lui. Mais il s'en abstint. Elle était le maître du jeu. Lui n'était qu'un pion.
Il se releva doucement, pour ne pas la faire sursauter et chercha quelque chose dans sa poche. Il l'avait trouvée dans l'enveloppe, sous le lit et c'était dit qu'il la poserait entre ses doigts…au moment fatidique. Car ce serait la seule chose que l'on retrouverait alors de lui.
Il la sortit, et la tortilla entre ses mains, la regardant. La bague était merveilleuse et si belle…


Il leva le bras pour la donner à Lola, voulut ajouter quelque chose, mais elle recula et la porte s'ouvrit dans un boucan énorme au même instant. Soaric se retourna, mais trop tard pour éviter la main. Celle-ci se referma sur son cou, là ou les plaies n'étaient pas totalement cicatrisées. La main l'attira en arrière. Elle le lâcha, pour le prendre par le collet et le plaquer contre un mur avec violence.

Il secoua la tête pour chasser les étincelles de sa vision et vit Hyndian devant lui. Le visage déformé par la colère. Au fond de ses yeux brûlait une flamme pure. Il voyait une veine saillir sur sa tempe. Tournant le regard, il vit Logan courir vers Lola qui se relevait de la chaise. Hyndian cria plus qu'il ne parla :

-Que voulais-tu faire ?? HEIN ? Je suis arrivé à temps à ce que je vois ! Vermine…

Soaric ne dit rien et ne fît rien. Il vit pourtant le bras du bandit partir en arrière. Il vit le poing se refermer. Et il sentit le déplacement de l'air lorsqu'il l'abattit sur lui. Le coup atterrit sur sa mâchoire, encore. Soaric ne bougea pas. Ne gémit pas. Ne broncha pas. Il avait promis à Lola. Il ne ferait rien.

Celle-ci cachait les yeux de Logan, pour qu'il ne voie rien. Hyndian se tourna vers elle, et le ton changea du tout au tout.

-Lola…ma petite Lola…Je n'aurais pas du partir…j'aurais du t'accompagner… Il ne t'a rien fait au moins ?

Puis ses yeux englobèrent la pièce, le capharnaüm qui y régnait.
Il se retourna à nouveau vers l'Archer, toujours contre le mur.


-Donc, d'abord tu t'échauffes sur les meubles ! Pour mieux la frapper ? Tu voulais la tuer ?

Soaric se rendit compte qu'il n'avait plus la bague. Elle avait du tomber lorsqu'Hyndian l'avait agrippé par derrière. Il ne dit rien et baissa les yeux. Son cœur battait à nouveau trop vite. Parce qu'il avait peur. Toujours encore peur. Mais pas pour la rage non. Il ne la sentait pas et ne la voyait pas. Elle était enfouie loin dans sa tête…et il comptait bien la laisser là-bas pour le restant de ses jours.
Hyndian ne le lâchait pas et continuait à observer la pièce. Puis il tomba sur l'allumette, éteinte, au sol.


-En plus tu voulais brûler son corps ! Je n'en reviens pas. Tu n'es vraiment qu'un…

Soaric le dégoûtait tellement qu'il n'acheva pas sa phrase et le lâcha. Soaric resta dans son coin, immobile, pendant que le bandit allait vers Lola, tous sourires, pour s'assurer qu'il ne lui ait rien fait. Logan restait dans les jupons de sa mère et n'osait même plus en sortir.

Lola sourit elle aussi, d'un sourire plu franc que pour lui tout à l'heure et ils parlèrent entre eux, mais Soaric ne comprit pas ce qu'ils disaient. Il gardait les yeux et la tête baissés, contemplant le sol. Hyndian allait vouloir rester avec eux, si elle lui disait qu'elle resterait. Ce que Soaric pouvait comprendre. Pour la protéger. D'ailleurs, si elle voulait, elle pouvait dormir avec le bandit…lui irait dans une chambre d'amis. Il ne voulait pas qu'elle soit dégoûtée de dormir à côté de lui. Elle faisait déjà assez d'efforts pour lui pardonner. S'il pouvait l'aider un peu plus que par ses conditions, il le ferait. Il ne la toucherait que du regard. Il se laisserait faire lorsqu'elle voudrait l'embrasser, ne posant ses mains nulle part hormis le long de ses propres jambes. Il ne resterait pas tout le temps à côté d'elle, pour ne pas la gêner ou autre. Il se ferait le plus petit possible. Il ne parlerait pas. Ou que lorsque l'on s'adresserait à lui. Et il nettoierait lui-même la maison. Tout seul. Il épongerait l'huile et remettrait les morceaux de bois et de draps à leur place. Seul. Il ne voulait pas qu'elle l'aide. Pas dans son état et surtout parce que ce n'était pas à elle de le faire.

Il redressa la tête légèrement, pour voir s'ils avaient finis de parler. Hyndian était toujours aux côtés de l'Artisane et le toisait de haut, toujours en colère. Apparemment, il ne comprenait pas les raisons de Lola. Ou il ne comprenait pas pourquoi il ne s'en allait pas, la laissant vivre tranquillement avec Logan.

Mais Soaric ne partirait que si Lola le lui disait. Que si elle disait ne pas réussir, finalement, à surmonter l'épreuve et à pardonner. Alors il s'en irait, la laissant avec Logan. Même si cela lui fendrait le cœur une nouvelle fois. Il avait accepté de lui obéir. Et il le ferait. Coûte que coûte. C'était elle, le maître du jeu. Elle était SON maître. Il oublia le bandit et admira celle pour qui il vivait encore. Le soleil dans son dos la nimbait d'une aura pure et lumineuse. Elle était si belle…Et il l'avait tellement fait souffrir…

Lui-même ne se le pardonnait pas encore. Et il ne se le pardonnerait jamais. Comme une marque au fer rouge, ce serait un rappel. Un rappel d'une limite à ne plus jamais franchir. D'un coup, la vraie marque qu'il portait sur le bras, souvenir de sa pendaison, lui sembla brûlante.

Jamais il ne se le pardonnerait. Jamais. Et cela l'aiderait à avancer. A se relever. Il avait peur de ce qu'Hyndian allait dire…
Il pouvait décider d'emmener Logan et Lola de force. Elle ne résisterait pas. Parce qu'elle ne pourrait pas et qu'elle ne voudra pas être séparée du petit. Il arrêta donc de respirer lorsque Lola ouvrit la bouche…
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MessageSujet: Re: Une rencontre...néfaste ? [rp Soaric : Maedren puis Lola]   Mar 24 Avr - 21:31

-Je ferais tout ce que tu veux. Autant de temps qu'il le faudra. Tu as ma parole.


Lola sourit, heureuse. Pendant un instant elle avait cru qu’il ne voudrait pas se plier à ses exigences. Mais maintenant elle était rassurée.
Elle était tellement comblée ! Elle faillit pleurer à nouveau-ah, les hormones !- mais se retint. Elle se contentait de garder son sourire, illuminée d’un soleil nouveau.
Et puis tout bascula.
Soaric se releva et tendit le bras vers elle. Surprise, elle sursauta et recula vivement, ayant peur de son geste. Et c’est juste à ce moment que Hyndian décida de faire son entrée fracassante…
Il donna un énorme coup à la porte d’entrée, manquant de la faire arracher de ses gonds puis se dirigea rapidement vers l’archer tandis que Logan courait jusque sa mère.
La jeune femme se leva au moment où l’ancien bandit jetait son chéri contre un mur avec force et violence.
Comme elle ne désirait pas que le petit voit tout ça, elle lui mit sa main sur ses yeux, même s’il protestait. Elle regardait toute la scène, incapable d’agir. Il frappait son chéri, mais elle avait peur d’intervenir…Et puis, pour masquer les hurlements d’Hyndian, elle demanda à Logan :

-Alors dis-moi, comment tu es rentré ici ?


La question était bête, puisqu’il était évident qu’il avait accompagné le géant. Mais au plus il parlerait, au moins il entendait la conversation et les coups…

-Ben au départ c’est Hyndian qui a voulu que je parte avec lui mais moi je voulais pas ! En plus j’étais fatigué ! Mais bon après je l’ai suivi et on a dormi dans une super belle auberge ! Mais j’avais oublié mes jouets et je voulais trop les avoir avec moi !


-Aaah…et vous êtes revenus les chercher.


-Oui ! Mais pourquoi Hyndian il est fâché contre papa ?


Lola ne répondit rien. Son faux-père venait de se tourner vers elle, adoucissant sa voix :

-Lola…ma petite Lola…Je n'aurais pas du partir…j'aurais du t'accompagner… Il ne t'a rien fait au moins ?


Elle pouvait parfaitement comprendre pourquoi il agissait comme ça. C’était différent de la vision d’horreur de ce qu’avait fait Soaric. Là il cherchait uniquement à la protéger, croyant qu’il allait la frapper elle et même…la tuer.
Elle ne lui en voulait pas mais essayait d’en placer une pour lui expliquer la situation et éviter qu’il ne frappe à nouveau…
Mais Hyndian en décida autrement en s’exclamant :

-Donc, d'abord tu t'échauffes sur les meubles ! Pour mieux la frapper ? Tu voulais la tuer ?


La jeune femme soupira légèrement. Ils tombaient dans un quiproquo sans fin ! Soaric baissait la tête, évitant le regard de l’ancien bandit. Pourquoi ne lui disait-il pas que ses intentions étaient tout autre ? Ah oui. Evidemment.
Parce-qu’il ne le croirait pas. Et, énervé, le frapperait peut-être à nouveau. Logan commençait à s’agiter sous elle, essayant d’écarter ses doigts pour voir la pièce. Alors Lola enleva ses mains se disant que toutes façons, la bagarre était terminée.
Du moins, elle l’espérait…

-En plus tu voulais brûler son corps ! Je n'en reviens pas. Tu n'es vraiment qu'un…


Il n’acheva pas, dépité. Il se demandait comment autant de monstruosité pouvait être dans un seul corps. Et il en était tellement convaincu que Lola éclata de rire.
Intrigué, il se tourna vers elle tandis que Logan courut dans sa chambre, fatigué de cette conversation d’adulte.
C’est l’artisane qui commença la conversation :

-Ne t’en fais pas, il ne s’est rien passé et ne se passera rien de grave. Tu es juste tombé au mauvais moment.


-Comment ça il ne se passera rien ? Tu comptes rester avec lui ? LUI ?!


-Oui. Si tu as quelque-chose à redire…


-Oui que j’ai quelque-chose à dire !


Il semblait vraiment étonné. En même temps, cela se comprenait. Pour lui, il était toujours cet homme qui avait tué sans un regard de compassion une famille entière.
Pour Lola, je vous l’accorde, encore un peu mais elle était certaine que tout irait bien. Il le lui avait promis. Et elle voulait y croire.

-Tu…Il a tué une femme ! Un enfant !


-Et tu penses bien qu’il s’en veut. Hyndian, il a besoin de moi ! Et je ne peux pas vivre sans lui. Je l’aime et lui aussi et c’est tout. Il n’y a rien à ajouter. Ne t’en fais pas pour moi, d’accord ?


-Tu le pardonnes tellement facilement…Ca m’tue.


-Je ne lui ai pas pardonné.


Puis un long silence s’ensuivit où chacun jeta un regard à l’autre.
Ce fut Lola qui trancha le silence en premier à l’intention du géant mais pour que Soaric l’entende:

-J’ai décidé de rester avec lui. Hyndian, je suis vraiment heureuse de ce que tu as fait pour moi. Mais j’ai envie d’être un moment juste avec Soaric et Logan, pour que notre famille se reconstruise. Tu comprends ?


La jeune femme se tourna vers lui et, hésitant, il hocha la tête. Ne voulant pas s’attarder plus longtemps il embrassa Lola et Logan-il était allé le voir dans sa chambre- puis jeta un regard lourd de reproche à l’archer avant de s’en aller.

Puis la demoiselle se tourna vers Soaric et lui sourit franchement. Elle était heureuse de se retrouver à nouveau avec lui. Vraiment…

*******

-Soaric ? Je peux te parler ?


Lola était dans leur lit, allongée. L’après-midi c’était passée assez rapidement, Soaric voulant absolument tout ranger lui-même.
La jeune femme avait donc passé le temps avec Logan, heureuse de le retrouver. Et puis le soir venant elle s’était lavée tôt et s’était couchée tout aussi tôt.
L’archer était parti se laver lui aussi, un peu plus tard. Et de là où elle lui parlait, elle couchée dans son lit donc, et lui dans la salle de bain, elle pouvait admirer son merveilleux corps pour se faire baver.
Elle ne désirait pas l’acte ce soir. Ni pour longtemps, d’ailleurs. Mais elle aimait bien l’admirer…
Comme il ne disait rien, elle ajouta :

-Déjà, que se soit clair : tu dors avec moi.


Elle lui sourit et tapota le matelas pour qu’il vienne s’asseoir près d’elle. Il s’exécuta et un long silence s’ensuivit, dans lequel elle cherchait ses mots.
Et puis, l’artisane se dit que de toutes manières il n’y avait aucun moyen d’amorcer cela doucement alors elle annonça :

-Je ne sens plus le bébé.


Cela faisait une semaine, effectivement, que Lola ne le sentait plus bouger en elle. D’habitude pourtant, il donnait des petits coups régulier, faisant signe de vie.
Mais depuis la rencontre avec les braconniers…Plus rien. Elle était vraiment inquiète mais le cacha.
Elle se contentait de sourire, bêtement.

-Depuis une semaine. Pas un coup, rien. J’ai tellement peur…


Lola releva la tête, souriante. La seule chose qui trahissait son émotion était la larme qui perlait sur le coin de son œil.
Elle sut que ce serait le moment le plus dur de leur vie. Pas seulement pour le bébé, mais aussi parce-qu’il n’avait pas le droit de la toucher pour la consoler.

[c’est nul **j’avais aucune idée sorry XD]
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MessageSujet: Re: Une rencontre...néfaste ? [rp Soaric : Maedren puis Lola]   Mar 24 Avr - 22:24

[la fin est pas super...désolée...]


-J’ai décidé de rester avec lui. Hyndian, je suis vraiment heureuse de ce que tu as fait pour moi. Mais j’ai envie d’être un moment juste avec Soaric et Logan, pour que notre famille se reconstruise. Tu comprends ?

Hyndian capitula sous le regard déterminé de Lola. Il lui fît une bise sur la joue, monta dire au revoir à Logan qui était allé dans sa chambre et parti, avec dans le regard une promesse de mort si jamais Soaric osait lever la main sur elle.
Une fois la porte fermée, Soaric eut droit à un grand sourire de Lola. Un vrai. Il se sentit sourire à son tour et la lumière emporta un peu plus la noirceur de son âme…

Lola monta chez Logan pour l'aider à faire le lit et surtout pour l'occuper. Resté seul, Soaric entreprit de tout nettoyer. De tout faire briller. De tout ranger.
Il ramassa les meubles, les mit à leur place. Chercha la bague qu'il fourra dans sa poche. Pour le moment venu. Il lava le sol, retirant l'huile. Bien sûr, il faudrait encore quelques lavages pour tout effacer, mais ce n'était déjà pas si mal.

L'après-midi s'écoula ainsi, à ranger et nettoyer, pendant que Lola jouait avec Logan, dehors ou à l'étage, selon les envies du petit…

Ils avaient mangé en silence, tranquillement. Enfin, en silence, avec Logan ce n'était pas dit. Il sentait quelque fois les regards de Lola sur lui et il priait pour qu'elle ne voit plus ou presque plus le tueur.
Elle alla se laver et se coucher, pendant que lui terminait de faire la vaisselle. Et surtout pour lui laisser le temps de terminer. Les douches ensemble étaient bannies également…

Il avait donc attendu qu'elle aille dans la chambre pour entrer à son tour dans la douche. Il laissa l'eau couler longtemps sur son corps, comme toujours.
Il sortait de la douche lorsque la voix de Lola s'éleva de l'autre pièce :


-Soaric ? Je peux te parler ?

Il s'arrêta légèrement dans son geste. Elle voulait lui parler ? De quoi ? N'y arrivait-elle déjà plus ?
Il mit son caleçon et rangea la bague pour qu'elle ne la voie pas. Le moment venu…
Il apparut dans l'encadrement de la porte et la vit, assise sur le lit. Elle le regarda et continua :


-Déjà, que se soit clair : tu dors avec moi.

Pour bien confirmer, elle tapota le matelas et lui fît signe de venir. Il s'exécuta lentement. Pas de gestes brusques. Rien que ce qu'elle a demandé. Il avait compté dormir dans une chambre d'amis, ou au pire sur le divan. Mais puisqu'elle le demandait…

Il avait peur de ce qu'elle avait à lui dire. Elle baissa la tête, cherchant ses mots et finalement déclara d'une traite :


-Je ne sens plus le bébé.

Soaric déglutit et fronça les sourcils. Elle…elle ne sentait plus le bébé ? Était-il … ? Soaric ne voulait pas l'imaginer. Parce que ce serait de sa faute. Parce que cette fois elle repartirait pour de bon et qu'il n'y aurait plus de marche arrière possible.
Et Lola…souriait. Un sourire inquiet, même si elle pensait qu'il ne le voyait pas. A défaut de pouvoir la toucher, il devait se contenter de lire son visage. Et l'on découvrait pas mal de choses en un regard ou un sourire…


-Depuis une semaine. Pas un coup, rien. J’ai tellement peur…

Elle le regarda alors, toujours avec un petit sourire. Mais une larme venait d'apparaître au coin de son œil. Soaric ferma le poing pour ne pas la sécher. Se fît violence pour ne pas la prendre dans ses bras et lui donner de la force pour ne pas perdre espoir. Il n'était peut-être pas mort. Il pouvait seulement être endormi ? Ou dans un état de torpeur à cause des chocs encaissés par Lola ? Parce qu'elle en avait subi trop en trop peu de temps. Elle avait failli se faire violer, il l'avait fait encore plus souffrir, elle avait eu le cœur brisé par sa faute…
Cela se répercutait peut-être sur l'enfant ?


Elle était médecin…et si elle avait peur…Il ne savait pas quoi faire. Il la regardait et tentait de lui montrer avec le regard ce qu'il aurait voulu faire avec ses mains. Poser sa tête contre son épaule…lui murmurer au creux de l'oreille qu'il ne fallait pas s'inquiéter, que c'était sans doute passager, qu'il lui donnerait à nouveau des coups…caresser ses bras, son ventre, ses jambes, pour lui transmettre sa force et son courage…

Cela faisait beaucoup pour un seul regard. Mais il n'avait pas le choix. Il ne pouvait pas la consoler avec les gestes. Pas à moins qu'elle ne le demande. Ce qu'elle ne ferait pas. Par contre, il pouvait parler…

-Ne t'inquiètes pas…il…il est peut-être endormi...ou…dans sa bulle…pour se protéger…tu as subi beaucoup de chocs…et…

Il n'arrivait même plus à parler. A chaque mot qu'il prononçait, il avait l'impression de commettre une bêtise. Il fixa un point lointain, derrière elle et termina :

-Il va te redonner des coups. Il n'est pas mort…je…j'en suis sûr…

Du moins, il le voulait. Il ne voulait pas que le bébé meurt. Mais alors vraiment pas. D'un coup, il revit l'image de l'enfant qu'il avait tué. Et se rendit compte qu'il ressemblait à Logan, en plus âgé. Les mêmes yeux, les cheveux un peu plus clairs…Et cinq ans de plus. Une image qui le chamboula encore plus. A ses côtés, Lola se coucha et éteignit la lumière.

Il se coucha également mais ne ferma pas directement les yeux. L'image était gravée sur sa rétine. Pourquoi est-ce qu'il ne s'était pas vu ? Pourquoi ne voyait-il que des bribes de la scène ? En général, lorsqu'il combattait, il était conscient de ce qu'il faisait…mais là…il ne l'avait pas été. Ce n'était pas lui. C'était un autre lui. Comme un deuxième Soaric dans le premier. Un Soaric bien plus noir…Il ne comprenait pas.

Le souffle de Lola se fît régulier. Elle était dans le monde des rêves. Au moins, elle n'avait plus trop peur de dormir à côté de lui. Elle se tourna dans son sommeil et une main atterrit sur son torse. Il déglutit. Ce n'était pas voulu.
Alors il la prit délicatement, pour ne pas la réveiller, et la remit chez elle, le long de son corps. Sinon, elle croirait que c'était lui…

Puis il ferma les yeux. Il n'avait pas dormi la nuit dernière, et toutes les émotions de la journée l'avaient éreinté. Il s'endormit étonnement vite et se demanda même si ce n'était pas parce que Lola était près de lui.
Et, pour la première fois depuis huit jours, il ne rêva pas du massacre. Mais de Lola. Et de lui.

Il les vit, tous les deux, devant un soleil couchant. Lola était en robe de mariée, avec un enfant dans les bras. Un bel enfant. Lui était vêtu tout aussi richement. Ils étaient heureux. C'était leur mariage. Il vit toute la cérémonie, du Prêtre aux invités et fût surpris d'y voir Maedren et de lui serrer la main en souriant, comme si c'était la première fois qu'ils se voyaient.
Il vit Lola resplendissante et surtout, heureuse. Elle exhalait un bonheur sans faille.


Soaric fût étonné, à son réveil, de sourire. Lola l'avait-il vu ? Il ouvrit les yeux lentement et constata qu'elle dormait toujours. Alors il se leva, se débarbouilla, s'habilla et sortit dans la cuisine en refermant la porte derrière lui. Il se prépara du thé, du pain, des fruits, prépara aussi un bol pour Lola, pour quand elle se réveillerait.
A peine installé, Logan débarqua en trombe dans la cuisine. Il voulut parler mais Soaric lui fît comprendre que sa maman dormait et qu'il fallait être silencieux un maximum. Alors le petit rit doucement et dit après avoir embrassé son paternel :


-Tu as bien dormi ?

Soaric lui sourit et lui servit son thé.

-Oui. Et toi ?

Logan acquiesça vigoureusement et but une longue rasade avant de reprendre.

-Moi j'ai toujours pas compris pourquoi Hyndian voulait que je parte avec lui.

Soaric but lui aussi, plus pour pouvoir réfléchir que par réelle soif.

-Ce…il voulait t'emmener voir un peu la région…

Excuse pathétique…mais qui suffit au petit.
Ils mangèrent en silence, ensemble. Soaric oublia même un peu le malheur qu'il avait connu ses derniers temps…Même lorsque l'image de l'enfant mort revenait, se calquant sur Logan, il l'écartait. C'était fini. Il ne se pardonnerait jamais d'avoir pu faire une chose pareille, mais il voulait oublier. Oublier et ne surtout pas recommencer. Tenir sa promesse.
Il n'avait toujours pas compris son problème de dédoublement…

Il débarrassait la table de Logan, pendant que celui-ci s'habillait, lorsque Lola ouvrit la porte et le regarda encore à moitié endormie.
Il sourit timidement et lui montra la table, pour qu'elle voie qu'il avait préparé, et qu'elle n'avait pas besoin de s'amuser à chercher partout.


Il recula la chaise, pour qu'elle s'assoie, mais rien d'autre. Il aurait tant aimé l'embrasser…
Il termina donc la petite vaisselle pendant qu'elle commençait à manger…
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Lola
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MessageSujet: Re: Une rencontre...néfaste ? [rp Soaric : Maedren puis Lola]   Mer 25 Avr - 14:14

Soaric la regarda longuement. Lola sentait qu’il devait lutter pour ne pas la prendre dans ses bras, mais elle ne pouvait décidément pas se résoudre à ce qu’il la touche. Ils s’observèrent donc en silence, le regard de l’archer lui donnant soudainement une sorte de force indescriptible mais qui la fit se sentir bien…

-Ne t'inquiète pas…il…il est peut-être endormi...ou…dans sa bulle…pour se protéger…tu as subi beaucoup de chocs…et...


La jeune femme hocha vivement la tête, toujours souriante à travers ses larmes. Il avait raison. Son métabolisme était juste touché mais le bébé n’était pas mort. Il ne pouvait pas ! Elle passa sa main sur son ventre, priant intérieurement pour qu’il réagisse à leur discussion. Peut-être qu’en parlant de lui il se manifesterait… ?
Mais rien ne se passa. Ca aurait été trop facile, sinon, n’est-ce pas ?

-Il va te redonner des coups. Il n'est pas mort…je…j'en suis sûr…


Elle acquiesça à nouveau et se coucha, éteignant la lumière. Elle tenta de se rassurer tant bien que mal, la main toujours posée sur son ventre au cas où. Elle le caressa longuement ainsi, soucieuse, puis finit par s’endormir pour une nuit sans rêve…

************

Le lendemain, lorsqu’elle se réveilla, Lola constata qu’elle avait pris presque toute la place sur le lit. Couchée en étoile, elle essaya de s’imaginer Soaric en train d’éviter de la toucher à tout prix alors qu’elle ne faisait que prendre d’avantage de place.
Prise d’un fou-rire, elle se calma avant de rejoindre la cuisine où son chéri l’attendait, lui présentant une des chaises.
Avant de s’asseoir, elle passa devant lui, le frôlant presque. Et, arrivée à sa hauteur, elle s’arrêta et l’observa.
Ses yeux reflétaient tout l’amour qu’il portait pour elle, ne pouvant pas l’exprimer par une autre manière.
La jeune femme sourit en découvrant autant de sentiment dans ses yeux, et lui donna un baiser rapide sur les lèvres, empoignant pour une seconde sa main. Puis elle se détacha de lui et vint enfin s’asseoir, commençant à manger distraitement.

Mais au bout de la troisième bouchée, elle s’arrêta à mis hauteur de sa bouche. Elle regardait en face d’elle, comme pétrifiée et n’osait dire mots.
Elle avait cru…Non. Impossible ! Elle avait pourtant pensé que…

-Soaric ? Il…


Lola tourna sa tête en direction de son chéri et écarquilla les yeux. Elle avait du rêver, ce n’était pas possible autrement !
Il semblait attendre une suite, ne comprenant sans doute rien à ce qu’elle avait soudainement. Mais elle ne voulait pas l’affoler, si ce n’était qu’un songe qui lui avait semblé réel.
Pourtant…

-Ah ! Aïe…Ahah ! J’ai mal !


La jeune femme partit à nouveau dans un fou-rire, se tenant le ventre. Mais des larmes pointèrent sur le bord de ses lèvres, montrant sa réelle émotion…
Soaric devait sûrement la prendre pour une allumée, pour exploser ainsi de rire parce-qu’elle avait mal au ventre mais…Elle s’en fichait !
Le bébé. C’était le bébé qui venait de lui faire mal. Il était vivant et avait donné signe de son existence à l’instant, d’où le bonheur de la demoiselle.
Et soudain, son rire s’éteignit et elle fondit en larmes. Cela faisait huit jours qu’elle s’en faisait ! Huit longues journées où elle n’avait cessé de penser à la mort du bébé, s’imaginant devoir l’enterrer alors qu’il n’était même pas né.
Elle leva la tête vers Soaric et lui dit clairement, pour qu’il comprenne :

-C’est le bébé. Il vient de donner un coup, Soaric. Il est vivant.


Lola se leva vivement de sa chaise et embrassa son chéri plus longuement que la fois précédente.
Mais comme elle sentait ses mains se rapprocher de sa taille, elle s’écarta mine de rien et se rassit.
Elle arriverait à lui pardonner. Mais pas pour le moment….Pour le moment, en fait, elle était heureuse et ne voulait penser à rien d'autre qu'à son bonheur.
Le bébé était vivant, leurs ennemis et leurs craintes n’étaient plus que de mauvais souvenirs. Elle se sentait bien.
Oh oui.
Terriblement bien.

[Finish pour moi =]
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MessageSujet: Re: Une rencontre...néfaste ? [rp Soaric : Maedren puis Lola]   

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