Le Royaume de Jakar

Assassin, Ombre, Artisan, Sage...Qui choisirez-vous pour mener à bien votre mission ? Sauvez le Royaume ou mettez le à feu et à sang !
 
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 Nouveaux problèmes, nouvelle mission [Melley]

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Saïlen
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MessageSujet: Nouveaux problèmes, nouvelle mission [Melley]   Mar 26 Fév - 15:55



Je suis sur le dos de Braise aux portes de Fungaï. Et il faut l'admettre, je m'ennuie un peu. Occuper à faire et défaire un nœud avec les rênes du filet. Passionnant … J'ai la charge d'une nouvelle mission, la routine quoi … Sauf que contrairement aux autres fois, cette mission je ne vais pas l'effectuer seul, mais avec un assassin. Cette idée ne m'emballe vraiment à vrai dire. J'ai tendance à beaucoup observer les gens avec qui je travaille ou que je rencontre, détailler leurs visages et leurs apparences donne énormément d'information sur leurs pensées ou leurs intentions. Et les Assassins ont cette stupide capuche blanche qui recouvre le haut de leurs visages, donc les yeux. Je n'accorde pas ma confiance facilement quand je rencontre des gens, alors sans voir leurs visages … Ce n'était pas gagné. Mais il allait falloir que je m'y habitue puisque nous allions devoir travailler ensemble. Et puis, il ne faut jamais prévoir, tout le monde n'est pas dangereux après tout. Mais par ces temps-ci, il est difficile d'y croire. Les rebelles et les Ombres. Cause de la situation du Royaume. Cause de tous les problèmes. Sauf cette fois-ci. Ma mission consistait à aller régler un « problème de brigands » dans un village à proximité de la ville. Tout était liés, les Ombres s'emparent du Royaume, donc les Rebelles pillent pour survivre et donc les habitants meurent à la chaîne. Pas très joyeux tous ça …

Comme pour confirmer mes pensées, un groupe de trois hommes surgit devant moi et le plus grand se planta devant Braise. Toujours le même scénario, vous êtes tranquillement en train d'attendre ou de voyager, un groupe surgit devant vous, leurs chef s'avance et vous demande vos biens en vous menaçant. Lamentable … Le seul point positif dans cette histoire, c'était que ses voleurs allaient m'offrir un peu de distraction en attendant l'arrivée de mon collègue. L'homme prit la parole pour me demander de lui donner mon cheval. Mais bien sur ! En plus d'être des hors la loi, ils étaient bête. Quand on prend le temps de réfléchir, on ne s'attaque pas à un homme à cheval qui possède une épée dont la valeur doit être de trois fois la votre. Certes, ça n'indique rien, mais de mon point de vue, ils avaient l'air vraiment minables. Je le regardais en haussant un sourcil et il me renvoya un sourire narquois dévoilant des dents … horribles au passage. Ses deux compères s'avancèrent alors et tandis que l'un se plaçait à sa gauche, le deuxième s'approcha de moi sur la droite. Je défis tranquillement le nœud que je venais de faire pour la dixième fois et sortis mon pied gauche de son étrier discrètement. J'ordonnais à Braise de ne pas bouger et passer ma jambe par dessus le cou de ma monture. Ma jambe fouetta l'air et finit son parcours dans la mâchoire de mon adversaire dans un bruit … Écœurant. Le malheureux devait avoir aux moins trois dents en moins à présent. Durant mon attaque, j'en avais profitais pour descendre de cheval et me plantais devant l'homme qui était à terre. Je lui tendis une main pour le relever et alors qu'il était à peine debout, mon poing droit frappa sa tempe. J'inclinais la tête sur le côté et secouais son corps avec mon pied. Il avait l'air d'être assommé pour un bout de temps. Je me retournais et je ne pus empêcher un sourire moqueur de se dessiner sur mes lèvres. Les deux autres en avait profité pour s'approcher de Braise et pendant que le leader tirait sur les rênes, son acolytes mettait tout son poids sur la croupe de mon cheval. Ils avaient l'air de tirer fort, mais ma monture, en destrier bien dressé, ne bougeait pas d'un poil. Je lui avais ordonné de ne pas le faire, elle le faisait. Je m'adressais à celui qui tenait les rênes.

Si j'étais toi, ce qui n'est pas le cas heureusement, je lâcherais ces rênes. Ils me servent à faire passer le temps et je risque de ne pas être très content si tu les arraches.

Mon attention repassa ensuite à l'autre homme.

Et toi, tu devrais te reculer si tu tiens à …

Avant que j'ai pu finir ma phrase, Braise envoya son sabot arrière dans la partie la plus fragile de l'anatomie d'un homme. Un cri de douleur s'échappa de ses lèvres et il se plia en deux en tombant sur le sol. Je soupirais, ce n'était pas comme ci je ne l'avais pas prévenu. Bon à moitié certes, mais déjà, si il n'était pas venu me déranger, rien ne ce serait passé. Je m'approchais du dernier voleur et poser une main sur son épaule pendant que l'autre enlevais les rênes des siennes. J’exerçais une légère pression sur son épaule et il se ratatina sur lui même. Du haut de mes un mètre quatre vingt quinze, je faisais bien une tête et demi de plus que lui. Il se redressa d'un coup et m’asséna un coup de poing dans le ventre. Je ne portais pas une armure complète, mais la cotte de maille qui se trouvait sous ma tunique grise encaissa le coup. Ses os craquèrent et il grimaça. Avant qu'il ai pu faire quoi que ce soit d'autre, je le saisis par le col de sa chemise et le soulevais par le col pour le portais au niveau de mon visage.

Si tu veux prendre le risque de te briser un ou deux doigts en plus, je t'en pris, mais je ne te le conseille pas.

Je le lâchais et mon poing parti s'écraser contre son nez avec un bruit d'os cassées. Il porta ses mains à son visage et s'enfuit vers la ville. Je haussais les épaules et tirais les deux corps inertes des brigands dans un bosquet. Quand il se réveilleront, je serais déjà loin. Enfin … si l'Assassin se décidais à venir un jour. Je retournais au près de Braise et remontais sur son dos en le caressant rapidement. Je remarquais alors une silhouette blanche à quelques mètres. Blanc était la couleur de sa tenue. Assassin. Un capuchon recouvrait son visage comme tous les membres de la guilde. Je ne l'avais pas remarquais avant et je n'avais aucune idée de quand il était arrivé. Peut-être avait il assisté à l'incident. Alors que je m'approchais de lui, je remarquais quelque chose d'important tout de même. Pas il, elle. Les formes de son corps et sa petite taille le prouver. J'arrivais à ses côtés et me présentais.

Je suis Saïlen. Tu dois être l'Assassin avec qui je dois travailler. On y va ?

Ce ne servait à rien d'attendre plus longtemps. Si elle souhaitait parler, nous pourrions le faire en route.



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Melley
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MessageSujet: Re: Nouveaux problèmes, nouvelle mission [Melley]   Mar 26 Fév - 18:49


Pour une fois, la route était paisible. Il n'y avait qu'elle, son cheval, et la nature. Pas de voleur, de pilleurs, de brigands. Juste la longue route qui serpentait le long de la Rivière qui était d'ailleurs d'un niveau bien bas. Elle qui l'avait toujours connue fougueuse et vive, la Rivière Nassaï n'était plus que l'ombre d'elle-même. Tout comme le Royaume. La sécheresse empirait, les vivres diminuaient, les problèmes augmentaient. Les Ombres pullulaient et il y avait trop peu d'Assassins pour en venir à bout. Les Guerriers étaient plus occupés à maintenir un semblant d'ordre au sein des villes et villages pour être muté à la chasse aux Ombres.

Kem n'arrivait plus réellement à tout gérer, et le Maître Suprême lui-même se sentait dépassé par les événements. Chaque Sage lui disait autre chose, chaque Prêtre en rajoutait avec les Dieux et leur colère. Tous les Sages sauf un. Le Gouverneur Maedren s'était de suite mis dans le camp "Rebelle" et avait organisé la survie de Zakar. Melley l'avouait, elle lui tirait son chapeau. Parce que maintenant, Zakar était la seule ville à fournir de la fraîcheur, de la nourriture et de l'eau en plus d'une certaine sécurité. Tout le monde avait crié au fou en entendant qu'il enterrait la ville, mais au final, n'était-ce pas la meilleure chose à faire ? Melley l'ignorait, tout comme elle ignorait énormément de choses.

Elle luttait pour maintenir l'ordre, effectuait toutes les missions que son père lui confiait. En somme elle était plus souvent dehors que dans le Camp. Encore plus qu'avant. Et puis là…elle était séparée de Lewis aussi. On l'avait envoyé sur une autre mission. Son père lui avait bien expliqué qu'il ne pouvait pas les laisser tous les deux ensemble à chaque fois. Il fallait se disperser et assurer les compétences de deux ou trois Assassins à la fois sur un même lieu pour pallier les manques. Les manques dus aux désertions aussi. Certains Assassins n'avaient pas hésités à tourner la veste et rejoindre les Ombres qui eux ne semblaient pas être touchés par la chaleur ou le manque de nourriture. C'était un phénomène inexpliqué, mais les plus désespérés ralliaient leurs rangs pour en profiter.

Melley soupira. Plus elle y pensait, et plus elle craignait pour l'avenir. Surtout que c'était en partie sa faute si tout ça arrivait. Parce que les Ombres avaient échoués à la tuer… C'étaient des souvenirs douloureux qu'elle rejetait loin dans sa mémoire. Il fallait avancer, lutter et y croire.

Soudain, Espoir, son cheval qui portait bien son nom, se cambra. Melley, surprise, eut juste le temps de se cramponner aux rênes pour ne pas tomber. Elle se tendit aussitôt, sur ses gardes, méfiante. Son cheval ne se cambrait pas pour rien. Elle sourit. Ce n'était qu'un lièvre maigrichon qui lui était passé sous les sabots et qui maintenant sautillait pour rejoindre la Rivière pour boire. Flattant l'encolure de son cheval, elle regarda ou elle était.

Fungaï était devant elle, mais elle ne se rendait pas à la ville même. Elle avait rendez-vous avec quelqu'un pour sa mission "problèmes de brigands" dans un village isolé, proche des Montagnes Divines. Un Guerrier selon les dires de son père. Cela ne la gênait pas de travailler avec un Guerrier. Cela lui faisait toujours plaisir de rencontrer de nouvelles personnes qui se battaient pour la paix du Royaume. Mais pourquoi un Assassin pour de simples brigands ? Deux ou trois Guerriers auraient alors suffis…mais là encore cela ne la gênait pas. Elle avait juste peur qu'il y ait de nouveau plus que de simples brigands au bout du chemin…

Elle bifurqua, s'éloignant du chemin tracé par le temps. Tout était désert. Loin à l'horizon se dressait la masse sombre et haute des Montagnes Divines, dont le sommet était à peine visible. Point grossissant légèrement à sa droite, Fungaï, la ville de l'alcool phare du Royaume, le Lyr. Même si c'était devenu un luxe de pouvoir s'en procurer…et encore plus près d'elle…

Son allié. En mauvaise posture. Elle plissa les yeux sous sa capuche-oui elle avait l'armure au grand complet et crevait de chaud- et vit qu'en réalité, c'était plutôt les brigands qui avaient des soucis. Elle arrêta Espoir et décida d'observer. Observer les techniques de combat pouvait vous en apprendre beaucoup sur la personne. Et là, elle constata que le Guerrier savait analyser, réfléchir et agir selon la situation. Il ne dégaina aucune lame, même si son épée pendait contre son flanc. Il aurait pu les tuer et donc éradiquer le danger pour tout le monde, mais il ne le fît pas. Au moins il ne tuait pas à tout va. Un bon point. Oui, malgré les ennuis du Royaume, les Assassins s'efforçaient de ne pas devenir aussi bestiaux que certains Rebelles ou Ombres, et ne tuaient que lorsque c'était nécessaire.

Lorsque le dernier brigand fût à terre, elle le vit venir à elle. Elle attendit donc, et remarqua qu'il avait vu qu'elle était une femme. Ca aussi, cela surprenait. Elle avait déjà eu des remarques d'hommes avec qui elle avait travaillé, Archer, Chasseur ou Guerrier, qui la croyaient incapable de se battre même si elle était Assassin. Tous étaient devenus muets dès le premier affrontement.
Elle-même regarda l'homme. Il n'avait pas toute l'armure de revêtu, mais elle imaginait très bien qu'il ait gardé au moins la côte de maille pour parer les coups les plus simples et amortir au cas où. Il était grand. Très grand, à ce qu'elle pouvait en juger en le voyant ainsi assis sur la selle. Il était blond, couleur que sa peau hâlée mettait en valeur. Ses yeux étaient noirs, réellement noir contrairement à elle qui les avaient noisettes mais que tout le monde pensaient noirs. En somme, il avait une aura étrange autour de lui. Une aura calme mais tendue. Il était constamment sur ses gardes, malgré son apparence détendue. Comme tout bon Guerrier. Elle-même était ainsi. Arrivé à sa hauteur, il entama la conversation :

-Je suis Saïlen. Tu dois être l'Assassin avec qui je dois travailler. On y va ?

Tout de suite après, il se mit en route. Elle se lança à sa suite, mettant Espoir à côté de son cheval, le laissant faire connaissance.

-Enchantée. Je me nomme Melley. Et, effectivement, nous allons travailler ensemble.

Elle se tut un instant, observant discrètement les alentours. Tout était calme. Alors elle reprit, d'un ton plus bas puisque le moindre bruit pouvait résonner au loin :

-Je t'ai vu avant avec les brigands. Tu les as maîtrisé en moins de temps qu'il ne faut pour le dire…et…tu m'excuseras de garder ma capuche…je l'enlèverais, plus tard, entre nous.

Cela ne voulait pas dire qu'elle allait tout de suite lui faire confiance et se dévoiler. Mais si elle conservait sa capuche, comment pourrait-il savoir à quoi elle ressemblait ? Il fallait tout prévoir et elle attirait souvent les ennuis sur elle. Il fallait qu'il la reconnaisse dans le pire de tous les cas. Et en enlevant la capuche, elle lui montrait aussi qu'elle était de son côté et qu'elle ne le trahirait pas. Elle n'avait jamais trahit ses alliés, Assassins ou non, ce n'était guère maintenant que tout flanchait qu'elle allait commencer.

Ils continuèrent donc à marcher, cherchant pour l'heure un endroit ou camper. Elle avait dans ses fontes quelques provisions et des gourdes d'eau pleines. Une fois installés, ils pourraient discuter de la mission et de comment ils agiraient. Ils pourraient faire connaissance aussi, sans pour autant trop se dévoiler…


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MessageSujet: Re: Nouveaux problèmes, nouvelle mission [Melley]   Mer 27 Fév - 21:20



Enchantée. Je me nomme Melley. Et, effectivement, nous allons travailler ensemble.

Je jugeais la dernière phrase quelque peu inutile, si elle m'avait suivie, c'est que logiquement c'était le cas. J'aurais vraiment eu l'air idiot si ce n'avait pas été le cas.

Je t'ai vu avant avec les brigands. Tu les as maîtrisé en moins de temps qu'il ne faut pour le dire…et…tu m'excuseras de garder ma capuche…je l'enlèverais, plus tard, entre nous.

Elle avait baissé la voie, en effet le bruits des sabots des chevaux résonnaient légèrement sur le sol et il valait mieux se montrait discret. Elle avait donc assisté à la scène avec les brigands. Je n'avais tué personne, me contentant de les mettre hors d'état de nuire. Aucune idée de ce qu'elle pouvait en penser. Elle pouvait être surprise que je ne sorte pas mon arme car cela les aurait empêcher de continuer à exercer des vols, comme elle pouvait se dire que j'étais plutôt raisonnable … Et concernant la capuche, elle n'avait pas à s'excuser. Je connaissais les coutumes des Assassins et je savais que ce capuchon, et bien il l'aimait bien.

Ne t'excuse pas pour ça, je connais certaines choses sur la guilde des Assassins et je comprend tout à fait.

Bien que ce soit légèrement diffèrent, c'est un peu comme ci on me demander d'enlever mon armure. Je pouvais m'en passer, mais sans je me sentirais … Différent. Mes pensées retournèrent sur Melley. J'essayais de me la représenter mentalement. Blonde, brune, rousse ? Cheveux courts, longs ? Yeux bleus, noirs, verts ? C'était frustrant de ne pas la voir ! Je ne pouvais même pas me faire une idée sur son âge. Peut-être était elle jeune, ou alors avait elle dépassée la soixantaine ? Mouais … Il ne vaudrait mieux pas, quand même. Pas que j'avais quelque chose contre les personnes âgées, moi aussi je vais vieillir, mais me retrouvais avec l'une d'entre elle pour une mission, ce n'était pas super. Et puis de toute façon, cela me surprendrait si on avait envoyé une vieille femme pour une mission comme celle ci. Car même si on m'avait informé que c'était des brigands, je n'étais pas idiot. Les assassins et les guerriers ne travaillait pas souvent ensemble et pour que l'on envoie un membre de chaque guilde, il devait y avoir autre chose. Je décidais d'en parler à Melley, peut être lui avait on donné d'autres informations.

J'ai reçu comme instruction de me rendre dans un village embêter par des brigands, mais je pense qu'il y a plus que ça. Est-ce que l'on t'as donné des renseignements moins … vagues ?

Autant s'informer au maximum. J'entendis soudain des bruits de sabots et des cliquetis de métal qui venaient dans notre direction. Je me tournais vers Melley qui semblait l'avoir entendu aussi.

On ne connaît ni leurs identités ni leurs nombres. Je te propose de nous éloigner du chemin et d'aviser quand ils passeront devant nous.

Des arbres et des bosquets bordaient le chemin ou nous progressions et je dirigeais Braise derrière les branches feuillus de façon à voir sans être vu. Melley me suivi et nous attendîmes donc la venue des étrangers. Braise ne broncha pas et je fus heureux de constater que la monture de Melley faisait de même. Les bruits se rapprochaient de plus en plus et je constatais qu'ils n'étaient pas vraiment discrets. Cinq silhouettes apparurent alors. Parmi eux, quatre hommes sur des petits chevaux à l'apparence assez repoussantes avec des armes qui n'avaient pas l'air d'être de très bonnes qualités. Et légèrement devant eux, un homme à en juger par sa carrure, perché sur un grand cheval à la robe sombre et vêtu de la même tenue que Melley, mais en noire. Pas de doute possible, une Ombre.

Je me tournais vers Melley qui les détaillaient de son côté. C'était l'occasion de voir de quoi elle était capable.

Quatre brigands, une Ombre. Je pense que l'on peut s'occuper d'eux sans problèmes. Je te laisse l'Ombre et quelques brigands si tu en à fini avec lui avant que je me sois débarrasser d'eux.

Si j'avais été avec un guerrier, je lui aurais proposer une stratégie, mais je voulais voir de quoi était capable cette assassin.


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MessageSujet: Re: Nouveaux problèmes, nouvelle mission [Melley]   Mer 27 Fév - 22:57


- Ne t'excuse pas pour ça, je connais certaines choses sur la guilde des Assassins et je comprend tout à fait.

Elle sourit sous la capuche. Au moins il n'était pas comme certaines personnes devenues tellement méfiantes qui exigeaient qu'on retire les capuches. Parce que oui, certains Rebelles n'hésitaient pas à revêtir les armures des Assassins et ce faisaient passer pour les leurs…la méfiance était partout. Elle se découvrirait, mais plus lorsqu'ils seraient tranquilles. Pour l'heure, il devait se contenter de l'imaginer.

Ils avancèrent encore quelques mètres avant qu'il ne reprenne :

-J'ai reçu comme instruction de me rendre dans un village embêter par des brigands, mais je pense qu'il y a plus que ça. Est-ce que l'on t'as donné des renseignements moins … vagues ?

Il n'avait donc pas plus d'informations qu'elle. Justement, Kem ne lui avait pas dit plus que "il y a un village ou les brigands sèment la terreur à délivrer. Va et accomplit ton devoir." Avec ses grands airs de Seigneurs…ça la faisait toujours sourire parce qu'elle savait qu'il détestait jouer le Seigneur mais qu'il y était forcé pour la survie des siens et du Royaume. D'ailleurs, à sa mort ce serait elle qui prendrait le relais. La première femme depuis Eylin la Grande. Si tant est qu'elle soit toujours en vie et que les Assassins soient toujours là, au vu de l'avenir peu brillant que les Ombres dessinaient pour eux. Et puis…elle non plus n'avait pas hâte d'être Seigneur…

Elle allait pour répondre lorsqu'elle fronça soudainement les sourcils. Au loin se faisait entendre des bruits de…métal ? Elle tourna la tête vers Saïlen, qui avait lui aussi entendu. D'ailleurs il prit les décisions :

-On ne connaît ni leurs identités ni leurs nombres. Je te propose de nous éloigner du chemin et d'aviser quand ils passeront devant nous.

Elle haussa un sourcil cette fois mais le suivit néanmoins derrière les bosquets et arbres rabougris qui bordaient la route. Ils seraient quelques peu dissimulés et pourraient observer. Espoir comme le cheval de Saïlen restèrent bien immobile, silencieux. Tous deux avaient été dressés pour ça aussi. Elle se concentra alors sur la route et sur les inconnus.

Ils n'avaient pas l'air d'avoir peur de croiser des brigands ou pire, au vu de leur boucan. Mais…c'était des brigands ! Il y avait quatre hommes montés sur des chevaux maigrichons, il y avait même un âne, équipés de pièces d'armures disparates, d'armes rouillées et peu enviable. En général les brigands étaient discrets…et Melley comprit vite pourquoi ceux-ci semblaient si sûrs d'eux et faisaient ce tintamarre.

Devant eux se trouvait un homme au vu de sa silhouette, juché sur un grand étalon aussi noir que son armure. Ils se mélangeraient presque, si l'homme n'avait pas quelques pièces d'armures visibles. Un Ombre. Que faisait un Ombre avec des brigands ? Voilà, la mission était déjà plus compliquée que prévue. Pas étonnant qu'ils aient mi un Guerrier et un Assassin sur le coup. Ceux-là, hors de question de les laisser vivre. Fallait-il interroger l'Ombre ? Hum, il y avait trop de risques qu'il leur glisse entre les doigts et aille prévenir ses supérieurs ou collègues. Non, valait mieux les tuer, les glisser dans le bosquet, les fouiller pour voir si l'Ombre avait quelque chose d'utile sur lui, et aller dans le village incognito. Comment avec son armure blanche repérable me direz-vous ? Et bien la cape, elle la retournerait et elle serait bleue marine. Ni vu ni connu. Par contre elle serait alors obligée de retirer sa capuche…enfin pour l'heure ce n'était pas ça l'essentiel.

-Quatre brigands, une Ombre. Je pense que l'on peut s'occuper d'eux sans problèmes. Je te laisse l'Ombre et quelques brigands si tu en à fini avec lui avant que je me sois débarrasser d'eux.

"Si tu en as fini avec lui"…la testait-il ? Certes il ne fallait jamais sous-estimer un ennemi. Même un enfant pouvait être dangereux. Alors un Ombre…et elle n'était pas invincible. Au moins elle était sûre que ce n'était pas Elis. Lui était bien tranquillement dans sa Forteresse à veiller sur tous ses pions. Elis était sa plus grosse peur…apprenti Assassin qui avait rallié les Ombres depuis longtemps et qui avait atteint un grade élevé chez eux. Il connaissait tous ses secrets et pouvait les utiliser pour la manipuler. Parce que Lewis les lui avaient fait parvenir…Lewis, la taupe qui n'en était plus une et heureusement. Cet Ombre-ci avait l'air plus grand qu'Elis.

Elle ne fit qu'acquiescer puis talonna son cheval et partit de son côté. Elle allait laisser Saïlen se débrouiller. Ce n'étaient que de simples brigands et vu comme il avait mis les autres hors d'état de nuire, elle n'avait pas peur. Elle se posta devant l'Ombre, immobile. Celui-ci s'arrêta et rétorqua d'une voix grave :

-Une proie…je m'ennuyais en plus…

Melley ne répondit rien. C'était la première chose à faire. Si on parlait, on était déconcentré. Souvent les Ombres parlaient pour déstabiliser leur adversaire et remporter plus rapidement la bataille. Melley trouvait ça lâche d'un certain côté.

Elle descendit lentement de son cheval, lui tapant la croupe pour qu'il s'éloigne. Elle ne voulait pas qu'il se fasse tuer non plus. L'Ombre en fît alors de même et s'avança. Melley ne voyait déjà plus Saïlen et les brigands. Elle était déjà dans son combat alors qu'il n'avait même pas commencé.

-Que viens faire un Assassin ici ? Vous n'avez plus rien d'autre à faire ?

Il cherchait à la déconcentrer. Loupé mon gars. Lentement, Melley dégaina son épée. Son épée à la garde encerclée de lanières de cuir rouge et noires, aux rainures magnifiques, à la lame aussi tranchante qu'au premier jour. Une épée qui l'accompagnait depuis bon nombre d'années à présent et qui ne l'avait jamais trahie.

-Fais gaffe…ça coupe. Ricana l'Ombre.

Mais elle sentit le changement. Il s'était tendu, mis en garde. Imperceptiblement. Un infime souffle dans l'air. Le temps sembla s'arrêter. Jusqu'à ce que le combat débute.

Les deux adversaires se jetèrent l'un sur l'autre, créant un mélange de blanc et de noir. Tout s'enchaîna rapidement. Melley évitait, paraît, se défendait principalement. Il ne lui laissait aucune brèche ou se glisser pour attaquer et prendre le contrôle du combat. C'était lui qui menait la danse et elle n'aimait pas ça.

Elle se baissa pour éviter sa lame, pivota, renvoya son épée droit sur le creux de ses genoux. Il sauta pour l'éviter.

-Vos petits tours sont démodés, Assassin.

Melley ricana. Bien sûr. Ceux qui avaient ralliés les Ombres les auront prévenus et auront montré leurs techniques. Sauf que chaque Assassin avait ses propres coups. Des coups secrets. Melley n'y échappait pas. Kem l'avait été à peaufiner les siens.

Elle sut ce qu'elle allait faire. Finit de plaisanter maintenant. En plus Saïlen avait peut-être besoin d'aide. Elle se jeta dans le combat, dans la danse, mêlant fluidité, agilité et rapidité. Elle prit les rênes, obligea l'Ombre à se défendre, boucha toutes les failles qu'elle pouvait avoir.

Puis, en ayant marre de lui, Melley feinta une attaque sur son flanc gauche, vu qu'elle était gauchère, et de la main droite, elle sortit sa lame secrète et la lui planta dans la poitrine d'un coup sec, percutant armure, peau, muscles, organes. Sans difficulté.

Il hoqueta, lâcha son arme.

-On se reverra en Enfer…

-Rêve toujours.

Il tomba et elle l'accompagna, ressortant ensuite sa lame et la nettoyant pour la glisser dans son étui. Elle garda l'épée. Là, elle vit qu'un brigand se dirigeait droit sur le dos de Saïlen pour le prendre à revers alors qu'il finissait un de ses collègues.

D'un mouvement vif, elle envoya un couteau de lancer, d'une simple torsion du poignet. Le couteau se planta dans la nuque du brigand qui émit un dernier petit cri en s'effondrant, alertant Saïlen qui analysa et comprit bien vite.

S'assurant qu'il n'y avait plus de danger, Melley rengaina son épée et se pencha pour fouiller le corps de l'Ombre. Pour une fois, elle n'avait pas été blessée directement. Un bleu sur le bras à cause d'un de ses coups mais c'était tout.

Elle fouilla les poches, tout. Elle trouva un peu d'argent, une gourde vide, un sac avec du pain qu'elle prit, pour voir s'ils pouvaient le manger, mais rien d'autre. Aucun indice sur sa présence ici et surtout avec une telle compagnie.

-Il n'a rien sur lui qui puisse nous aider. Cette mission s'avère plus difficile que prévue encore. Dit-elle à Saïlen qui s'approchait.

Ensemble, ils tirèrent les cadavres dans les fourrés après avoir pris ce qu'ils pouvaient. Melley n'aimait pas, mais ils étaient forcés. De l'argent, des couteaux, des dagues ou des poignards…c'était utile par les temps qui courraient. Ensuite, ils remontèrent sur leurs chevaux, direction le village. Sauf qu'avec le retard pris avec le combat, peut-être n'y arriveraient-ils pas…alors il leur faudrait camper quelque part, mais où ?

-Alors…qu'as-tu conclut de mon combat, Saïlen ? Tu as sans doute observé mes aptitudes…ce qui est normal et j'avoue avoir fait de même pour toi avec les premiers brigands.

Oui elle comprenait et s'il ne l'avait pas fait, elle se serait posé des questions. Elle le regarda en face, et lui sourit, vu qu'il ne pouvait voir qu'une partie de sa bouche. Elle ne souhaitait pas qu'il le prenne mal…parce qu'elle, tout ce qu'elle voulait, c'était sympathiser et réussir cette mission sans qu'il ne soit blessé ou pire. Elle, elle s'en fichait d'être blessée ou non. Parce que pour elle, les autres comptaient plus que sa propre personne…


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MessageSujet: Re: Nouveaux problèmes, nouvelle mission [Melley]   Jeu 28 Fév - 1:26



Melley acquiesça et parti de son côté à la rencontre de l'Ombre. Je sortis à mon tour de se que l'on pouvait appeler une cachette et quand les brigands se dirigèrent vers Melley et l'Ombre, je me plaçais bien en évidence devant eux, stoppant net leurs courses. Quatre hommes à l'apparence miteuse et aux lames émoussées. Ils étaient fier et confiant uniquement parce qu'il étaient avec un Ombre. Mais maintenant que leur chef était occupé, qu'est qu'ils valaient vraiment ? Je jetais un regard en coin sur Melley. Elle est son adversaire se toisait du haut de leurs chevaux, semblant juger l'autre. L'assassin avait eu l'air confiante en se dirigeant vers lui aussi, je ne m'inquiétais pas. Et puis si les choses venait à vraiment mal tourner, je pourrais toujours l'aider. Je reportais mon attention sur mes adversaires qui semblait ne pas savoir quoi faire. Trois d'entre eux avait une épée à leurs ceintures et le dernier un arc. Il faut que je m'occupe de lui en premier. Ils fixent alors un point dans mon dos. Ils sont vraiment bêtes à ce point ? Ils ont besoin que l'Ombre leur disent d'attaquer pour le faire ?

On est bien moins confiant quand le "chef" n'est pas là pour nous défendre, n'est ce pas ?

Ma remarque sembla les faire réagir et ils sortirent leurs armes. Je descendis du dos de Braise et mon épée sortit de son fourreau dans un chuintement inquiétant. Sans plus attendre, je me dirigeais vers celui qui tenait l'arc qui était déjà tendu, une flèche encochée. Je ne serais pas sur lui avant qu'il relâche la corde. Lorsque son trait parti dans ma direction, je saisis son acolyte qui courait dans ma direction par le col de sa veste et le plaçais devant moi, me servant de son corps comme bouclier. La flèche se planta dans son torse avec un bruit mat et je le laissais négligemment tomber sur le sol. Un. En cinq grandes enjambées, je fus sur l'archer et me baissais juste à temps pour éviter le bois qui filait vers ma temps droite. Emporter par son élan, il se retrouva sur le côté, laissant son flanc à découvert. Mon épée fendit l'air et en un fulgurant aller retour tua l'homme dans une giclée de sang. Deux. Tout en combattant, je gardais un œil sur le combat de Melley. L'Ombre semblait prendre le dessus. Si le combat durait trop longtemps, elle allait fatiguer. Je me ressaisis, l'affrontement n'avait pas commencer depuis trop longtemps et elle pouvait s'en sortir.

Le troisième homme avec lequel j'engageais le fer était plus coriace que les autres. Il maniait son épée assez rapidement et ses coups étaient efficaces, mais il n'était pas un très bon épéiste. Je n'étais pas invincible, mais je pouvais me débarrasser de ça tout en m'amusant un peu et en gardant un œil sur le combat de Melley. Je remarquais d'ailleurs que cette dernière était gauchère. Le poing droit du brigand parti dans la direction de ma mâchoire. Par réflexes, mon avant bras bloqua le coup et j'en profitais pour lui donner deux coups avec le pommeau de mon arme dans les côtes et le repoussais d'un coup de pied. Un bruissement de feuille dans mon dos. Sans prendre la peine de me retournais, mon coude percuta le visage du quatrième homme. Aucun des deux n'était K.O. Trouvant que cela tardait un peu trop, je me dirigeais vers celui que j'avais envoyé quelques mètres plus loin et mon poing parti vers sa gorge. J'avais sous estimé sa rapidité et sa main bloqua la mienne à quelques centimètres de son cou. J'ouvris alors le poing et le bout de mes doigts se plantèrent dans sa gorge. Il eut un violent haut le cœur et ma lame se planta dans son abdomen. Trois. Je perçus un nouveau bruit derrière moi. Ma lame étant dans le corps de l'homme, je la retirais d'un coup sec, ruisselante de sang et m’apprêtais à me retourner quand j'entendis un sifflement dans l'air suivit d'un cri étouffé et d'un bruit de chute. Je me tournais et tomber sur le corps du dernier brigand, un petit couteau planté dans la nuque.Quatre, merci Melley. Je relevais les yeux. Cette dernière avait achevé l'Ombre et rengainais son épée. Je me baissais pour dégager l'arme du cadavre et l'essuyais sur les vêtements de l'homme ainsi que mon épée avant de la ranger dans son fourreau. Je saisis sa cheville et tirais par le bras celui qui m'avait servi de bouclier. Je les déposais près du corps de l'Ombre que Melley avait achever d'un coup dans l'abdomen et sans plus attendre allais chercher les deux autres cadavres que j'amenais sans plus de délicatesse.

Il n'a rien sur lui qui puisse nous aider. Cette mission s'avère plus difficile que prévue encore.

Je fouillais le corps des brigands et le résultat fût le même que pour l'Ombre. Je me redressais et sortis le couteau de Melley de ma ceinture. Je lui tendis, un léger sourire sur les lèvres.

Merci. Beau combat, lui dis-je en désignant le corps de l'Ombre. Je montrais ensuite celui des quatre brigands du menton. A par de l'eau, un peu de nourriture et des armes, ceux là non rien non plus. Ça ne m'étonne pas vraiment … Ce sont des incapables dès que personnes n'est là pour les guider. En revanche ce qui m'étonne c'est que les Ombres s'encombrent de brigands comme eux. Il faudra faire attention.

Nous cachâmes les corps dans les bosquets ou nous nous étions dissimuler et je pris leurs affaires qui pourrait nous être utile. Melley sembla un peu réticente, mais ne fît aucune objection. Je récupérais Braise et l'assassin fît de même avec sa monture. Nous reprîmes donc notre route et Melley prit la parole la première en se tournant dans ma direction.

Alors… qu'as-tu conclut de mon combat, Saïlen ? Tu as sans doute observé mes aptitudes… ce qui est normal et j'avoue avoir fait de même pour toi avec les premiers brigands.

J'aperçus l'ombre d'un sourire sous sa capuche. Elle voulait mon avis ?

Et bien … J'en conclus que tu es une bonne guerrière et j'ai pu constater que tu étais gauchère. Cependant … Tu as un peu tardé avant de prendre le dessus, un combat ne doit jamais durer trop longtemps. Ce n'est pas une critique, juste un conseil. Et j'en déduis aussi que tu réfléchis, puisque tu as remarqué que c'était pour voir de quoi tu étais capable, ce qui est une bonne chose.

Je lui souris et arrêtais d'essayer de distinguer l'expression de son visage. C'était peine perdu. Ce capuchon était diablement efficace. J'ai aussi arrêter de l'imaginer mentalement, beaucoup trop de possible s'offre à moi et à chaque fois que mon regard tombe sur elle, un nouveau visage prend forme dans mon esprit.

Mon attention se reporte sur le chemin et je constate que l'après midi est déjà bien avancé. Nous n'arriverons pas avant la nuit et il vaut mieux trouver un endroit pour dormir. Enfin dormir est un bien grand mot ! Personne ne dors tranquillement à la belle étoile ces temps ci. Nous continuons donc notre route à la recherche d'un abri et ayant l'habitude voyager seul, je ne suis pas très bavard un silence s'installe parfois entre nous, parfois briser par des remarques portant la plupart du temps sur cette mission étrange que l'on nous à confier.

J'examinais les alentours, espérant trouver un endroit pour passer la nuit. Le paysage était devenu le même partout. Rivière et ruisseau desséché, bosquets rabougris, herbe sèche. Et puis la chaleur. Malgré la nuit qui approchait, la température restait étouffante. Je retirais les pièces de mon armure qui couvrait mes épaules et le haut de mon torse, mais conservait celles en cuir noir qui protégeait mes avant bras ainsi que ma cotte de maille sous ma chemise grise. Mon regard tomba alors sur Melley. Elle portait son armure complète, une cape et sa capuche. Elle devait mourir de chaud sous ses épaisseurs !

Tu dois avoir vraiment chaud sous toutes ces épaisseurs.

Si tu veux, je ferme les yeux le temps que tu enlèves cette capuche pour retirer ton armure,
ajoutais-je avec un clin d’œil.

Mes yeux noirs tombèrent alors sur deux immenses rochers qui l'un contre l'autre, formaient un abri qui pourrait ressembler à une grotte si c'était plus grand. Je lui montrais d'un signe de tête.

Ça devrait faire l'affaire. Nous n'arriverons pas au village avant la nuit et il vaut mieux se reposer un peu, on ne sait malheureusement pas ce qui nous attend demain.

Nous nous dirigeons donc vers le lieu que j'ai repéré et commençons à installer un camp sommaire. Un feu ne me semblait pas utile étant donné que nous n'avions rien à faire cuire et ce n'était pas le froid qui posait problème.

Un feu ne me semble pas utile, qu'est ce que tu en penses ? Regardons ce que ces voleurs n'ont pas déjà mangé !

J'ouvris le sac que nous avions récupérés et ne trouvait qu'un gros morceau de pain avec de la viande séchée. Je les montrais à Melley et lui en tendais une part en m'asseyant. Autant partir sur de bonnes bases avec elle. La confiance n'est pas ce que vous accordez le plus en ce moment, mais cette Assassin me semble être une personne à qui on peut l'accorder ...

[HRP : Comme d'hab', edition possible Wink]











Dernière édition par Saïlen le Jeu 28 Fév - 22:35, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Nouveaux problèmes, nouvelle mission [Melley]   Jeu 28 Fév - 14:40


-Et bien … J'en conclus que tu es une bonne guerrière et j'ai pu constater que tu étais gauchère. Cependant … Tu as un peu tardé avant de prendre le dessus, un combat ne doit jamais durer trop longtemps. Ce n'est pas une critique, juste un conseil. Et j'en déduis aussi que tu réfléchis, puisque tu as remarqué que c'était pour voir de quoi tu étais capable, ce qui est une bonne chose.

Elle eut droit à un sourire suite à cette tirade. Elle avait haussé les sourcils au milieu, en l'entendant dire qu'elle avait mis trop de temps. En effet…mais parfois elle le faisait exprès, pour jauger l'adversaire, repérer ses coups forts, ses failles, mais avec un Ombre c'était tout de suite plus dangereux et cette fois elle n'avait guère apprécié qu'il mène l'affrontement si longtemps. Saïlen savait donc analyser rapidement un combat et en tirer des conclusions. Bien. Avaient-ils fait exprès de mettre les deux meilleurs éléments des classes respectives pour cette mission ? Était-elle si compliquée, si dangereuse ? Elle réfléchissait, oui encore heureux. Kem lui avait appris tout ça. Il avait fait d'elle une ambidextre aussi, de moitié cependant. Elle se battait de la main gauche avec son épée, mais pouvait se battre avec sa lame secrète de la main droite ou même avec un poignard. Mais c'était plus difficile…

En silence, ils poursuivirent leur route, regardant la nature sèche qui s'offrait à eux. Au moins, les animaux carnivores auraient de quoi manger cette nuit avec les cadavres…
Ils cherchaient tous deux un endroit abrité pour se reposer, parce que dormir complètement était impossible, et de temps en temps ils faisaient des remarques sur la mission. Mais ils avaient aussi l'habitude de voyager en solitaire, aussi les silences étaient plus présents que les temps de paroles. Et…c'était peut-être même mieux. Ainsi, personne ne les entendrait. Ils parleraient une fois le campement installé.

Elle remarqua qu'il retirait les plaques de métal de son torse et ses épaules, et un sourire en coin apparut sur ses lèvres. Il avait raison, elle, elle crevait littéralement de chaud mais n'en montrait rien. Vivement qu'ils soient à l' abri qu'elle puisse enlever la cape et la capuche. Ce serait toujours ça en moins.

-Tu dois avoir vraiment chaud sous toutes ces épaisseurs. Si tu veux, je ferme les yeux le temps que tu enlèves cette capuche pour retirer ton armure

Melley ricana faiblement. Elle n'allait pas se déshabiller non plus il pouvait garder les yeux ouverts ! Et puis, non elle retirerait ça qu'une fois installés, pas en plein milieu du chemin, à la vue de tous. Elle allait lui dire que c'était bon et qu'il verrait bientôt sa tête, lorsqu'il lui montra un endroit de la tête. Deux rochers l'un contre l'autre, contre lesquels ils pourraient se poster pour être à l'abri.

-Ça devrait faire l'affaire. Nous n'arriverons pas au village avant la nuit et il vaut mieux se reposer un peu, on ne sait malheureusement pas ce qui nous attend demain.

Elle hocha de la tête et le suivit jusqu'au lieu dit. Ils mirent pied à terre et les réflexes pris au cours des voyagent prirent le dessus, chacun faisant sa part pour installer un camp sommaire. Les chevaux furent entravés, nourris avec le peu qu'ils avaient de paille, le reste ils devraient le trouver au sol, un peu d'eau puis les deux collègues s'installèrent eux-mêmes, mettant entre eux ce qu'ils avaient chapardés aux brigands plus leurs propres réserves. Aucun feu ne fût allumé, encore heureux, ils seraient repérables à la fumée et il faisait assez chaud.

-Un feu ne me semble pas utile, qu'est ce que tu en penses ? Regardons ce que ces voleurs n'ont pas déjà mangé !

Oui…elle le laissa ouvrir le sac et en sortir un gros bout de pain qu'il brisa en deux, lui tendant sa part. Elle le prit, l'examina quelque peu. Qui sait ou ça avait traîné ? Les brigands n'avaient pas l'air très propres, mais ils avaient du revenir d'un pillage ou autre…
Cependant elle ne le mangea pas de suite. Elle le posa à côté et se releva, dénouant les lacets qui retenaient sa cape autour de ses épaules. La cape fût roulée en boule et posée contre ses fontes, puis elle descendit enfin la capuche pour qu'elle puisse un peu respirer…Elle vit du coin de l'œil Saïlen l'observer, et elle se demanda si elle ressemblait à ce qu'il s'était imaginé.

Elle retira les épaulières, le plastron et les gantelets, se sentant d'un coup légèrement plus libre. Au moins elle n'avait plus autant chaud. Elle se rassit ensuite en face de Saïlen, la capuche dans le dos, ses pièces d'armures à côté. Au cas où il y avait urgence…

Elle mangea donc avec lui, mâchant bien, vu qu'il fallait que ça leur tienne jusqu'au lendemain. Elle repensa à ce qu'il lui avait dit, après le combat :

-Tu es très perspicace, Saïlen. En effet j'ai tardé à reprendre le dessus sur l'Ombre et j'ai horreur de ça. Mais il s'est tout de même fait avoir. Et cela ne nous dit pas ce qu'il faisait avec des brigands comme eux…

Elle soupira, arrachant un bout de pain et tendant par la suite une gourde d'eau à Saïlen.

-Elle doit être chaude maintenant mais bon…je ne voudrais pas que l'on se déshydrate !

Elle réfléchissait tout en parlant et mangeant, se demandant dans quoi ils allaient tomber une fois au village. Et elle était sur ses gardes, écoutant les bruits de la nature. La nuit tombait lentement, l'ombre les entourant rapidement. Il n'y avait pour l'heure que les bruits de leurs montures et les leurs quand ils mangeaient. Rien d'autre. Même pas un petit souffle de vent.

Ils rangèrent les provisions une fois qu'ils eurent finit, et Melley reprit la parole :

-A mon avis, nous avons affaire à bien plus que de simples brigands. Il nous faudra être encore plus prudent que prévu. Mais ça…tu l'auras deviné tout seul, Saïlen.

Elle lui sourit, et maintenant il pouvait en plus voir son visage complet. C'est là qu'elle remarqua qu'il avait l'air plus vieux qu'elle. Elle lui donnait facilement…cinq ans de plus. Elle n'en avait que vingt-six. Mais souvent on la vieillissait. Il était aussi vrai qu'elle ne prenait guère le temps de s'occuper d'elle ou autre chose. Elle n'avait pas le temps. A cause d'elle, le Royaume était dans cette situation, indirectement, et elle devait assurer la sécurité des populations. Elle-même comptait très peu. Saïlen savait-il pour elle et les Ombres ? Savait-il qu'ils la cherchaient ? Qu'ils avaient manqué la tuer et qu'à cause de ça la sécheresse s'était abattue ? Et si oui, que dirait-il ? Que ferait-il ? Bon nombre de ses alliés l'avaient trahis ou avaient tout simplement refusé de faire la mission avec elle ou même avaient fait leurs affaires de leur côté, juste parce que c'était elle. Parfois, c'était pesant, cette rancœur. Elle n'avait pas choisi. Elle n'avait pas voulut de ça. Et pourtant elle devait faire avec et avancer. Espérer et aider les gens comme elle le pouvait.

-Dors, je vais prendre la garde pour cette nuit. Dit-elle simplement au bout de quelques minutes.

Elle le laissa se coucher tranquillement et elle s'adossa au rocher, attentive et en proie à des inquiétudes soudaines. Et si ce n'était qu'une mise en scène pour attirer Saïlen ou elle-même ? Et s'ils avaient droit à un comité d'accueil en arrivant ? Elle ne voulait pas que Saïlen soit blessé ou pire, tué. Elle ferait tout pour prendre à sa place. En règle générale, c'était elle qui était visée, mais ceux qui l'accompagnaient en souffraient aussi. Et elle ne voulait pas voir des gens qu'elle appréciait souffrir pour elle. Elle n'en valait pas la peine. Saïlen avait peut-être une famille. Une femme, des enfants, qui l'attendaient, quelque part ou ils étaient en sécurité, sinon il ne serait pas partit ainsi. Elle, elle avait Lewis et Kem. C'était tout. Cela leur ferait mal si elle mourrait, mais moins que si c'était Saïlen. Elle refusait que les autres se mettent en danger pour elle, c'était tout.

Peut-être ce faisait-elle des films pour rien. Peut-être que ce n'était réellement de simples brigands et la mission serait vite réglée.

~Dans tes rêves ma vieille~ Se dit-elle.

Elle soupira et leva la tête vers les étoiles, se demandant si Lewis s'en sortait et si son père tenait le coup. La nature était calme, pas même les bruits d'un animal en chasse. Ils restaient près de la rivière le plus souvent…ou dans leur tanière, là ou il y avait un peu de fraîcheur. Oui, Maedren avait eu une idée de fou, mais une idée de génie. La nuit défila ainsi, le manteau étoilé laissant peu à peu la place à l'aube et au jour naissant. Melley se leva, s'étira, et alla boire une gorgée, laissant Saïlen se réveiller lentement.

-Bonjour…bien dormit ?

Il acquiesça et elle remit son armure, finissant par la capuche. Maintenant, il savait à quoi elle ressemblait, elle se découvrirait à nouveau le soir venu, entre eux. Elle ne voulait pas être reconnue dans le village, elle avait tout de même peur des réactions que pouvaient avoir les plus érudits des habitants qui, par miracle, saurait qui elle était…

Ils mangèrent un peu puis remontèrent sur leurs montures, se remettant en route. Logiquement, ils devraient arriver rapidement au village.

-Il faudra aller voir celui qui dirige le village…leur chef…lui pourra nous donner un début d'enquête et ensuite nous pourrons agir de notre côté, ensemble. Nos compétences respectives emboîtées pourront sans doute nous être plus qu'utile…

Elle avait l'impression de dire des choses inutiles au contraire. Saïlen devait le savoir tout ça. Était-elle…nerveuse ? Pourquoi ? Et puis même elle ne montrerait rien. Un calme inébranlable. Elle devait rester maître d'elle-même et de ses émotions si elle voulait réussir à quelque chose…

Elle se tut, le laissant réfléchir et sans doute répondre avant qu'ils n'arrivent. Parce que le village était en vue…


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MessageSujet: Re: Nouveaux problèmes, nouvelle mission [Melley]   Ven 8 Mar - 23:47



Dors, je vais prendre la garde pour cette nuit.

Je levais les yeux vers Melley et lui adressais un sourire reconnaissant. Étant en mission seul, je n'avais pas du dormir plus de quelques heures ces trois derniers jours et le trajet et le combat d'aujourd'hui m'avait fatigué. Melley alla s’installée contre un rocher pour monter la garde. Elle avait retiré son armure et avait abaissé la capuche de sa cape. Je l'avais donc détaillée physiquement et elle avait sûrement du s'en rendre compte. Je m'étais imaginé tellement de visage diffèrent que je ne pouvais pas vraiment dire si je m'attendais à cela ou non, mais je m'attendais à ce qu'elle soit plus jeune. Son visage était marqué, comme ci elle avait traversé de nombreuses péripéties et des petites cicatrices étaient visibles. Mais elle était tout de même plus jeune que moi. Son visage était encadré par de longs cheveux bruns et elle avait des yeux noisettes. Je finis mon morceau de pain en essayant de ne pas penser à l'endroit d’où pourrait provenir cette nourriture et ou il avait traîné avant. Je bus une dernière gorgée d'eau et m’allongeais sur le dos en croisant mes bras derrière ma nuque. Il faisait nuit à présent et mes pensées allèrent vers Melley. Melley … Ce nom me disait quelque chose, j'avais déjà entendu ce nom dans une discussion, mais il m'était impossible de m'en rappeler le sujet. Tant pis, je le découvrirais peut-être plus tard. Mes pensées dérivèrent ensuite vers Nelio. Je ne l'avais pas vu depuis longtemps. Je ne sais pas ou il est, ni même si il est encore en vie. Je ne voulais pas y pensé, Nélio était un de mes rares amis et je lui faisais entièrement confiance. L'imaginé mort était impossible. De nombreux souvenirs défilèrent dans ma tête et la situation du royaume me paru encore plus critique. Mes paupières se firent lourdes et je finis par plonger dans un sommeil réparateur.


Je me réveillais dans un léger sursaut. Le jour commençait à se lever et je me maudit de ne pas m'être réveillé pour remplacer Melley et la laisser dormir un peu. Cette dernière arriva alors et prit la gourde avant de s'adresser à moi.

Bonjour…bien dormit ?

Oui, désolé de ne pas t'avoir remplacer au milieu de la nuit.

Nous mangeâmes rapidement et je rassemblais les affaires pendant que Melley enfilait son armure et sa cape. Elle finit par rabattre la capuche sur son crâne. Maintenant que je savais à quoi elle ressemblait, je pourrais la reconnaître en cas de besoin. Je sellais Braise après l'avoir pansé et remettais les pièces de mon armure en place en terminant par les manchettes de cuir noir. Je bus une dernière gorgée d'eau avant de ranger la gourde dans le sac et nous nous remîmes en route vers notre destination.

Il faudra aller voir celui qui dirige le village…leur chef…lui pourra nous donner un début d'enquête et ensuite nous pourrons agir de notre côté, ensemble. Nos compétences respectives emboîtées pourront sans doute nous être plus qu'utile…

Melley avait raison, il faudrait aller voir le « chef » du village, si chef il y avait évidemment. Nous aurions un premier aperçu de leur organisation. Peut être étaient-ils des rebelles ? Je préférais ne pas y penser, nous verrons une fois sur place.

Oui, je pense que c'est la première chose à faire. Il pourra nous renseigner sur la situation. Ce serait un miracle si ce ne sont que des brigands qui leurs posent des problèmes. Il faudra être prudent, le village est peut être rebelle …

Le soi disant village fut alors en vue et nous prîmes sa direction. Même sans voir son visage, je pouvais sentir Melley légèrement nerveuse. Il y avait de quoi …

Nous arrivâmes devant le village. Il n'était pas très grand et était entouré d'une haute clôture de bois. Un homme armé était posté à l'entrée et ne fis pas un geste quand nous passâmes devant lui. Je m’arrêtais cependant devant lui et lui adressais la parole.

Pourriez vous nous indiquez la direction à prendre pour voir le … Chef ?

Je me maudis de la légère hésitation que j'avais eu en lui parlant, mais je n'avais pas trouvé d'autres termes pour désigner celui qui dirigeais cet endroit. Je remarquais qu'il me détailla et il fronça légèrement les sourcils quand son regard tomba sur Melley. Ce devais être la capuche. Il finit par nous indiquez la direction à prendre et nous nous rendîmes donc à l'endroit indiqué. En passant dans les allées, je pus m'apercevoir que les villageois semblaient survivre avec difficulté, se contentant du minimum. Les maisons étaient peu nombreuses et les rues -si on pouvait les appelées comme-ça- rendues poussiéreuses par la terre que les chevaux et les passants soulevaient du sol dur et sec étaient assez étroites. Nous finîmes par arriver devant une maison légèrement plus grande et moins délabrées que les autres. Deux hommes armés étaient devant la porte et semblé occupé le poste de … garde du corps ? J'attachais Braise dehors et m’avançais vers eux suivi de Melley.

Nous souhaiterions parler à la personne qui dirige ce village.

Un des deux hommes hocha la tête et fit un signe au second qui ouvrit la porte et nous emmena à l’intérieur. Il nous fit entrer dans une pièce dans laquelle se trouvait un bureau et une cheminée. Il se dirigea vers un homme assit dans un fauteuil et lui murmura quelque mots à l'oreille. La situation était assez étrange. Celui qui nous avait guidé ici semblait nerveux et le « chef » fronça les sourcils quand il nous détalla. Peut-être avait il était prévenu de notre arrivée.
Il se leva et prit la parole.

Bienvenue ! Qu'est-ce qu'un assassin et un guerrier viennent faire par ici ?

Je jetais un regard à Melley et finit par lui répondre.

Je pensais que vous auriez été prévenu de notre arrivée.
Nous avons été envoyer ici parce que vous êtes apparemment embêter par des brigands.


Je n'en dis pas plus, préférant voir sa réaction. Un léger tic agita le coin de sa bouche et il reprit la parole.

En effet ! Nous somme effectivement embêter par des voleurs, mais nous ne sommes pas assez puissant pour nous en débarrasser ou même nous en protéger. Nous n'avons aucune idée de l'endroit ou ils se terrent et je ne peux pas vous en dire plus pour le moment, mais je suis content que vous soyez là.

Il devait y avoir une par de mensonge dans ses paroles. Cela me paraissait étrange qu'il n'est pas été mis au courant de notre venue et il n'avait semblait tout à fait sur de lui quand il avait parlé. Et le fait qu'il ne sache rien sur les brigands étaient encore plus bizarre.

Et bien nous allons faire ce qu'il faut pour vous aidez, nous allons vous laissez.

Une fois dehors et après avoir récupérer les chevaux, je me tournais vers Melley.

Cet homme ne nous dit pas tout. Nous allons devoir nous débrouiller …

Comme je l'avais supposé, ce n'était pas juste des brigands. Certes, il ne nous avait rien dit, mais son attitude laissait deviner qu'il y avait autre chose ...


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MessageSujet: Re: Nouveaux problèmes, nouvelle mission [Melley]   Sam 9 Mar - 11:43

- Oui, je pense que c'est la première chose à faire. Il pourra nous renseigner sur la situation. Ce serait un miracle si ce ne sont que des brigands qui leurs posent des problèmes. Il faudra être prudent, le village est peut être rebelle …

Il n'avait pas tort…si le village était rebelle, ils auraient tous deux plus que des ennuis. Avançant lentement, le village grandit à leur vue. Il était ceint d'une sorte de rempart fait de troncs d'arbres taillés et la porte ouverte était gardée par un homme armé d'une pique. Il était vêtu légèrement, ses vêtements rapiécés et sales. L'on voyait qu'ils survivaient à peine…

Ils avancèrent et il ne fît aucun geste pour les stopper, seulement Saïlen s'arrêta de lui-même pour lui demander la direction à suivre pour rencontrer son "chef".
L'homme ne répondit pas tout de suite, les détaillant tous les deux attentivement et fronçant les sourcils en tombant sur elle. Et non, il ne voyait pas son visage…et il ne semblait guère apprécier qu'un Assassin vienne dans son village. Pourquoi ? Cependant il leur donna l'information et ils pénétrèrent ledit village complètement.

C'était…la désolation. Melley avait déjà traversé des villages qui survivaient à peine, mais là c'était sans doute le pire. Les maisons étaient sales et manquaient de s'effondrer au moindre coup de vent. Les rues n'étaient que de simples chemins secs et sablonneux, les chevaux soulevant la poussière à chaque pas. En passant, Melley vit les gens s'abriter, les regarder avec peur, les mères cachant leurs enfants. Pourquoi ? Ce n'était pas normal. Logiquement, en voyant un Guerrier et un Assassin arriver, ils devraient être heureux, sachant que leurs problèmes allaient prendre fin. Or, là, c'était comme s'ils n'étaient guère les bienvenus. Même les adolescents, habillés de guenilles, les dévisageaient en silence. Et tous avaient une petite arme en main ou accrochée à la ceinture. C'était ça, survivre.

Déglutissant, Melley suivit son collègue et descendit de selle, attachant son cheval convenablement devant une maison quelques peu plus grande et mieux entretenue que toutes les autres. Deux hommes étaient devant la porte, en tant que…garde du corps ? Bizarre…depuis quand un chef de village avait-il besoin de gardes du corps ? Était-il si important ? Ou jouait-il le tyran ? Melley commençait à croire que quelque chose clochait réellement.

- Nous souhaiterions parler à la personne qui dirige ce village.

Il y eut concertation silencieuse puis l'un d'eux se décida à les mener à l'intérieur. Là, il parla à l'homme installé dans le fauteuil près de la cheminée, à l'oreille. Il semblait nerveux et le chef fronça les sourcils. Melley se plaça un peu à l'ombre, laissant après un accord tacite l'honneur à Saïlen de parler et mener la discussion. Elle, elle ferait ce qu'elle aimait le plus faire : observer, analyser, déduire.

-Bienvenue ! Qu'est-ce qu'un assassin et un guerrier viennent faire par ici ?

Bien sûr, il les avait tous deux détaillés de ses petits yeux enfoncés dans ses orbites. Il était à moitié chauve mais avait l'air de bien mieux survivre que toute la population réunie. Et puis…n'était-ce pas lui qui avait appelé de l'aide pour les brigands ? Pourquoi demandait-il ce qu'ils venaient faire là ?

-Je pensais que vous auriez été prévenu de notre arrivée.
Nous avons été envoyer ici parce que vous êtes apparemment embêter par des brigands.


Là, Melley observa attentivement. Un coin de sa bouche se plissa et elle le sentit chercher quelque chose à dire. Il était nerveux malgré ses tentatives pour le camoufler. Mais pourquoi ?

-En effet ! Nous somme effectivement embêter par des voleurs, mais nous ne sommes pas assez puissant pour nous en débarrasser ou même nous en protéger. Nous n'avons aucune idée de l'endroit ou ils se terrent et je ne peux pas vous en dire plus pour le moment, mais je suis content que vous soyez là.

Elle fronça les sourcils. Il avait dit cela comme s'il venait d'apprendre que des brigands attaquaient son village. Comme s'il découvrait enfin quelque chose…tout ceci sonnait faux. Et cela n'augurait rien de bon.

-Et bien nous allons faire ce qu'il faut pour vous aidez, nous allons vous laissez.

Melley suivit son collègue à l'extérieur et ils récupérèrent leurs montures, Saïlen ce tournant vers elle pour lui dire :

- Cet homme ne nous dit pas tout. Nous allons devoir nous débrouiller …

Elle hocha de la tête tout en regardant autour d'elle pour apercevoir une auberge ou autre. En marchant, elle lui répondit sur le même ton bas :

-Il avait surtout l'air d'apprendre qu'il y avait des brigands. Et les villageois ne semblent pas si heureux de nous voir. Je sens que nous ne sommes pas les bienvenus. Nous parlions de prudence, et je crois qu'il nous faudra l'être encore bien plus que d'ordinaire…

Elle bifurqua dans une "rue", suivie du Guerrier. Elle avait repéré la taverne. Ils trouvèrent l'écurie, et y attelèrent les chevaux, les quittant après les avoir pansés et donné un peu à manger et à boire. Ils entrèrent alors dans l'établissement même.

Et aussitôt, toutes les conversations se turent. Tout ne fût plus que silence et un malaise s'installa. Melley n'en prit pas garde, même si elle observa tous les clients de sous sa capuche en avançant vers le comptoir. Des hommes pour la grande majorité. Ils n'avaient pas de travail ? Mais…au fond, camouflé de moitié, il y en avait un autre. Qui les observaient attentivement. Et dès qu'ils eurent le dos tournés, il se leva et sortit par la porte arrière. Pour prévenir les Maîtres.

Le tavernier se méfiait et cela se lisait à son regard. Il avait du avoir du ventre, avant la sécheresse. Mais maintenant, son tablier flottait sur lui. Il avait des cheveux gris, et quelques dents lui manquaient.

-Que puis-je pour vous ? Demanda-t-il.

-Nous souhaiterions des chambres et si possible de quoi nous restaurer et nous abreuver.

Cette fois, elle laissait à Saïlen l'honneur d'observer et analyser.

Le tavernier les regarda, puis posa le verre qu'il essuyait et ouvrit un livre en mauvais état. Il sembla consulter une liste puis répondit, désolé, ou malicieux selon les interprétations :

-Je suis navré mais…il ne me reste qu'une seule chambre de libre. Tenez, voici la clé. Et pour le repas, je vous le monterais.

Melley fronça derechef les sourcils. Une seule chambre ? Il y avait tellement de clients ? Ou voulait-il les gêner ? Monter leur repas ? N'avaient-ils pas le droit de manger dans la salle commune ou étaient-ils considérés comme des pestiférés ? Quoique, au moins ils seraient en privé et pourraient parler un peu plus librement.

Melley acquiesça donc et donna l'argent au tavernier, pour la chambre, le repas et les chevaux à l'écurie. Ensuite, ils montèrent dignement. S'ils pensaient les atteindre avec des manières si puériles, ils se trompaient. Melley avait déjà que trop connu en souffrances pour être touchée par ça.

Elle ouvrit la porte et…évidemment. C'était logique non ? Un lit double. Ils étaient forcés de partager le lit.

-J'ai vraiment l'impression qu'on cherche à nous ridiculiser non ? Dit-elle en refermant la porte la clé.

Elle défît alors sa cape qu'elle posa sur le vieux fauteuil et rabaissa sa capuche avant d'aller fermer le volet sommaire. Il faisait à moitié nuit.

-Ainsi personne ne pourra nous voir. Il nous faut parler et je ne souhaite pas être entendus. Et puis…je pense que cela ne te dérange pas pour le lit ? Au pire je pourrais toujours dormir dans le fauteuil ou même veiller la nuit au cas où. Ces villageois sont perfides, je le sens. Ou apeurés.

Elle avait parlé tout en le laissant visiter l'endroit et ce faire sa propre opinion. Elle s'assit sur le bord du lit, se disant que Lewis serait déjà bien jaloux, avant de reprendre :

-Bien alors…il nous faudrait interroger les villageois. Mais je sens qu'ils ne seront pas très coopératifs. Elle soupira. Cette mission est encore plus difficile que tout ce que j'avais pu imaginer.

En fait, elle craignait surtout une mascarade dans le seul but de l'avoir, elle. Les Ombres, même s'ils tiraient tous les avantages possibles à la situation, n'avaient guère abandonné l'idée de la sacrifier pour de bon. Les marques de leur tentative étaient bien gravées dans sa peau avec les autres. Et si c'était elle qui était visée par tout ça, elle ne voulait pas que Saïlen en pâtisse. Si jamais il le fallait, elle lui dirait de s'en aller. Elle l'enverrait au loin, munit d'une mission factice pour qu'il ne se doute de rien. Les autres souffraient assez à cause d'elle. Alors si elle pouvait éviter la mort d'un homme, elle le ferait.

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MessageSujet: Re: Nouveaux problèmes, nouvelle mission [Melley]   Mer 13 Mar - 19:58



Je suivis Melley à l’intérieur de l'auberge après que nous ayons déposer les chevaux à l'écurie. L'ambiance qui régnait dans l'auberge était la même que dans la rue. Méfiance, peur. Les clients nous détaillèrent attentivement avant de retourner à leurs occupations, mais certain continuer de nous lancer des regards furtifs.

Nous nous avançâmes vers le comptoir et l'aubergiste s'adressa à nous.

Que puis-je pour vous ?

Cette fois-ci, je laissais Melley répondre, restant un peu en retrait et analysant la situation.

Nous souhaiterions des chambres et si possible de quoi nous restaurer et nous abreuver.

Il ouvrit un livre en soulevant de la poussière sur le comptoir et releva la tête après avoir consulté une liste.

Je suis navré mais…il ne me reste qu'une seule chambre de libre. Tenez, voici la clé. Et pour le repas, je vous le monterais.

Navré, vraiment ? Le ton qu'il avait envoyé ne le montrait pas, alors. Il tendit la clé à Melley et je la suivis dans les escaliers. Je n'en pouvais plus ! L'ambiance qui régnait dans ce village commençait à devenir insupportable et l'attitude de ses habitants m’énervait vraiment.

Nous arrivâmes devant la porte sur laquelle était cloué le même numéro que sur la clé et Melley ouvrit la porte. Je détaillais rapidement la pièce. Elle était simple, une petite salle de bain et une chambre avec un unique lit double au centre.

J'ai vraiment l'impression qu'on cherche à nous ridiculiser non ?

Je crois que ce n'est pas juste une impression …


Melley retira sa cape et je fis de même avec mon armure, gardant uniquement ma chemise grise. Elle alla ensuite fermer le volet. De toute façon, il commençait à faire nuit dehors.

Ainsi personne ne pourra nous voir. Il nous faut parler et je ne souhaite pas être entendus. Et puis…je pense que cela ne te dérange pas pour le lit ? Au pire je pourrais toujours dormir dans le fauteuil ou même veiller la nuit au cas où. Ces villageois sont perfides, je le sens. Ou apeurés.

Non, tu devrais dormir, tu ne l'a pas fait la nuit dernière, je m'occuperais de veiller.


Bien alors…il nous faudrait interroger les villageois. Mais je sens qu'ils ne seront pas très coopératifs. Cette mission est encore plus difficile que tout ce que j'avais pu imaginer.

En effet, ils ne seront pas très coopératifs. Leurs attitudes est vraiment étrange. Certains cachent quelque chose.

Je m'asseyais dans le fauteuil et serrais les mâchoires en passant une main dans mes cheveux. Comme l'avait dit Melley, cette mission n'allait pas être facile. Loin de là. Il allait nous falloir interroger les villageois et ceux qui savent peut être des choses refuseraient de parler.

Je repensais à la journée que nous venions de passer. Le « chef » du village avait semblé apprendre que des brigands venait parfois pillé les villageois, ces derniers se méfiés de nous et j'avais remarqué dans le village certains hommes nous observait puis disparaître. Comme pour aller prévenir quelqu'un. Quelqu'un ou un groupe de personnes. C'était un vrai casse tête !

Il allait falloir que nous interrogions une personne. Mais laquelle ? Et il allait falloir le faire discrètement …

Quelqu'un frappa alors à la porte et Melley alla ouvrir après avoir remis rapidement sa capuche. Je me plaçais derrière elle pour voir de qui il s'agissait. C'était un serveur de l'auberge. A la vue du plateau qu'il portait, j'en déduis qu'il avait été charger de nous apporter notre repas.

Melley s'empara du plateau et s’apprêta à refermer la porte, mais je l'en empêcher et sans réfléchir, je saisis le serveur par le col et le fit entrer dans la chambre en refermant la porte à clé. Melley sembla étonner de mon action, mais je m'en fichais. Je comptais bien en apprendre un peu plus et si utiliser la manière forte était le seul moyen de le faire … Je l'utiliserais.

L'homme était assez jeune et il portait des vêtements sales et abîmés. Je saisis un tabouret d'une main et m'assis face à lui sans le quitter des yeux.

Bien. J'aimerais que tu me dises ce qui se passe ici. Je commence à en avoir assez de tourner en rond, je pense que tu peux comprendre ça.

Nous n'étions pas arrivé dans ce village depuis longtemps, mais j'en avais vraiment assez que les villageois nous fasse tourner en bourrique. Si je n'en découvrais pas plus, j'allais vraiment m’énerver … Il avait donc intérêt à parler.

Son regard passa de moi à Melley, en passant par ma main posée sur la poignée de mon épée et il finit par prendre la parole.

Je … Je ne sais pas grand chose. Des choses étranges ce passe ici, ils viennent et ils s'emparent de ce qu'ils veulent sans que nous puissions nous défendre. Et ils surveillent le village pour que personne ne partent.

Je fronçais les sourcils. Pour que personne ne partent ? Il y avait donc quelque chose que le « chef » nous cacher.

Qui ça, « ils » ?

Je ne … Je ne sais pas ! Ils disparaissent quand quelqu'un se rends compte de leurs présence et certain ont le visage caché. Un peu … Un peu comme elle.


Il désigna Melley d'un signe de tête. Je pensais immédiatement à quelque chose, mais j'espérais vraiment qu'il se trompait. Si il s'agissait des Ombres, la mission allait se compliquer. Beaucoup se compliquer.

Je me levais et me tournais vers Melley tout en gardant un œil sur le serveur. Je lui désignais l'homme. Peut-être voudrait-elle lui poser des questions. Il ne faudrait cependant pas trop tarder si on ne voulait pas que l'aubergiste se ramène en se rendant compte de l'absence prolongée de son employé.

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MessageSujet: Re: Nouveaux problèmes, nouvelle mission [Melley]   Mer 13 Mar - 21:29


Saïlen s'assit dans le fauteuil tout en confirmant son impression qu'il se passait quelque chose d'étrange. C'était une sensation vraiment étrange. Une sorte de…compression. Elle se sentait comme dans un bocal. Liée. Et elle n'aimait pas ça. Cela n'augurait en général rien de bon.

Ils restèrent ensuite assez silencieux, réfléchissant. Le chef leur avait délibérément menti. Les habitants semblaient les narguer, des ombres mystérieuses ce retiraient sur leur passage, comme des rats pour aller prévenir quelqu'un.

Au bout de quelques minutes, l'on toqua à la porte. Elle se releva tout en remettant sa capuche et alla ouvrir. Il s'agissait d'un serveur. Chétif, jeune, il lui tendit un plateau recouvert d'un tissu qu'elle prit lentement. Elle allait pour refermer la porte lorsque Saïlen débarqua en trombe, agrippa le garçon par le col de s chemise crasseuse et le fît entrer, refermant la porte à clé derrière eux. Melley était surprise par sa réaction. En fait, elle ne s'y était pas attendue, mais ce n'était pas une mauvaise initiative. Etre seul avec deux combattants aguerris et en colère suffisait à faire parler.

Il s'installa sur un tabouret face au serveur et commença d'une voix autoritaire :

- Bien. J'aimerais que tu me dises ce qui se passe ici. Je commence à en avoir assez de tourner en rond, je pense que tu peux comprendre ça.

Le serveur semblait terrorisé. Ses yeux passaient d'elle à Saïlen, puis sur l'épée à sa ceinture. Saïlen la caressait de la main, comme s'il avait hâte de la dégainer et passer son tranchant sur la gorge du garçon. Mais Melley savait qu'il ne le ferait pas toutefois.

- Je … Je ne sais pas grand chose. Des choses étranges ce passe ici, ils viennent et ils s'emparent de ce qu'ils veulent sans que nous puissions nous défendre. Et ils surveillent le village pour que personne ne partent.

Melley fronça les sourcils. "Ils" ? Que personne ne parte ? Mais c'était quoi ce bordel à la fin !? Saïlen lui demanda plus de détails et la réponse fût :

- Je ne … Je ne sais pas ! Ils disparaissent quand quelqu'un se rends compte de leurs présence et certain ont le visage caché. Un peu … Un peu comme elle.

Elle se tendit alors qu'il la désignait. Comme elle ? Les Ombres…elle ne voyait pas qui cela pourrait être sinon. Encore eux. Toujours eux. Pour elle. Elle en était sûre maintenant. Mais comment éloigner Saïlen avant qu'il ne soit empêtré dans le pétrin ?

Ce dernier la regarda alors du coin de l'œil et lui montra le serveur. Au cas où elle aurait des questions apparemment. Alors elle s'approcha et s'amusa à sortir l'une de ses lames. Pour effrayer et rendre une menace plus plausible, cela fonctionnait toujours. Le serveur était encore plus paniqué qu'en voyant l'épée !

-Retiens ce que je vais te dire mon petit, je ne me répèterais pas. Si tu sais quoique ce soit dans les prochains temps, tu viens nous le dire. Et surtout, tu te tais. Tu ne dis rien de tout ça à personne. Compris ?

L'autre hocha vivement de la tête et elle lui fît signe de filer en vitesse avant que quelqu'un ne se pose des questions. Désactivant le mécanisme, la lame se rangeant contre son poignet, elle soupira.

Il fallait qu'elle éloigne son collègue. Qu'il soit en sécurité. Mais quelle excuse donner ? Ah…idée…Elle redescendit sa capuche alors qu'il inspectait le plateau repas posé qu'elle avait posé sur le lit auparavant.

-Des renforts ne seraient pas du luxe tu ne crois pas ? Tu pourrais aller en chercher…

Elle cachait mal son mensonge. Pour un Assassin, c'était assez déroutant qu'elle ne sache pas bien mentir. Enfin…à ses proies ou ses ennemis ça marchait. Mais son père, Lewis ou les personnes qu'elle aimait là…c'était autre chose.

Ainsi, s'il partait, elle continuerait de son côté et tenterait de s'en charger seule. Elle ne voulait pas qu'il subisse pour elle. Trop de gens mourraient ou souffraient à cause d'elle. C'était suffisant comme fardeau.

Il la regarda sans répondre pour le moment. Elle ne poursuivit pas sur le sujet et mangea avec lui lentement. Les Ombres étaient là mais pourquoi ? Que cherchaient-ils de spécial dans ce village ? Il fallait farfouiller.

Après qu'ils se soient tous deux laver et rafraîchis tant bien que mal, Saïlen insista pour veiller. Alors elle se coucha, et elle n'avouerait jamais que ses yeux réclamaient du sommeil. Elle dormit de moitié, se réveillant par moment en ce demandant ou elle était et pourquoi elle s'autorisait ce repos sans veiller.

Alors, au milieu de la nuit, elle prit le relais de Saïlen, le laissant aussi se reposer. Il fallait qu'ils soient tous deux en forme avec ce qui les attendaient, mais surtout il fallait qu'elle l'éloigne de cet endroit. Qu'il parte avant qu'il ne soit trop tard…

La chaleur environnait la pièce, et Melley attendit que le Guerrier se réveille patiemment. Le serveur était revenu avec un petit-déjeuner et elle n'avait rien dit, lui non plus.

-Bien le bonjour, Saïlen. J'espère que tu as bien dormit. Dit-elle une fois que son collègue l'eut rejointe pour manger.

Ils allèrent se débarbouiller puis sortirent, habillés au grand complet, capuche revêtue pour elle, et fermèrent la porte à clé. Une fois dehors, suivis par les regards scrutateurs des clients toujours assis, Melley soupira de plus belle. C'était…lassant à la longue.

-Saïlen…as-tu réfléchis à ce que j'ai dit hier ? Pour…les renforts ?

Camouflée par sa capuche, il ne verrait rien qui pourrait éveiller ses soupçons. Tout ce qu'elle voulait était le protéger. Même s'il était plus âgé, elle s'en fichait. Éviter des morts inutiles était son but pour l'heure.

Elle attendit donc qu'il réponde tout en marchant et réfléchissant à leur première tâche, ignorant les regards. Le truc c'est que s'il la mettait à la question, elle serait forcée de lui dire la vérité sur ce qu'elle avait fait. Même involontairement, la situation du Royaume était de sa faute…

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MessageSujet: Re: Nouveaux problèmes, nouvelle mission [Melley]   Jeu 14 Mar - 1:13



Retiens ce que je vais te dire mon petit, je ne me répèterais pas. Si tu sais quoique ce soit dans les prochains temps, tu viens nous le dire. Et surtout, tu te tais. Tu ne dis rien de tout ça à personne. Compris ?

Le jeune homme hocha vivement la tête et sortit de la chambre sans demander sob reste dès que Melley eu ranger la lame qu'elle avait sorti et se fut éloigner du fauteuil. Il avait eu l'air vraiment effrayé et cela m'étonnerait si il parlait de ce qu'il lui était arrivé.

Je m'approchais du lit et soulevais le torchon du plateau que le serveuUr avait apporté. Le malheureux n'avait rien demandé, mais je me sentais un peu mieux à present. On avait au moins appris que les Ombres étaient impliqués.

Le repas se résumé a deux bols de soupes fumants et quelques bouts de pains. Je remuais le liquide en faisant attention à l'odeur qu'il dégageait. L'aubergiste pourrait bien être capable de nous empoisonner ...

Des renforts ne seraient pas du luxe tu ne crois pas ? Tu pourrais aller en chercher…

Je fronçais les sourcils en la regardant. Voulait elle que je parte ? Je ne lui répondis pas, me contentant de réflechir pour le moment. Si j'allais chercher du renfort, les Ombres -puisque c'était apparemment d'eux qu'il s'agissait- se rendraient compte de notre présence et nous ne pourrions pas découvrir ce qu'ils mijotent et puis ... Je n'allais pas laisser Melley seule. Pas que je doutais de ses capacités à se défendre, mais il valait mieux être deux. 

Je n'irais nul part.

Je laissais Melley occuper la salle de bain et m'y rendis après qu'elle eu terminer. Je pris une douche rapide et retournais dans la chambre, laissant Melley dormir un peu. Je m'installais dans le fauteuil et reflechis à tous cela.

Des Ombres étaient dans les parages. 
Le chef du village semblait être impliqué dans cette histoire. 
Les villageois ne savent pas quoi faire et certain semblent savoir des choses importantes.

Je soupirais. C'était vraiment compliqué ! Melley se réveilla alors et insista pour que je dorme un peu. Chose que je finis par faire après un moment à chercher le sommeil. 

Quand je me réveillais, le serveur avait amené le petit déjeuner, mais Melley m'informa qu'il n'avait rien dit. Apparemment, l'aubergiste ne souhaitait pas nous voir dans la salle au rez de chaussé ...

J'allais me rafraichir du mieux possible et enfilais les pièces de mon armure avant de descendre avec Melley. Quand nous passames dans la salle où les clients prenaient leurs petite dèjeuners, nous eûmes droit au même regards que la veille et se fût la même chose dans la rue. Je les ignorais, me contentant d'ecaminer les lieux ou nous passions.

Saïlen…as-tu réfléchis à ce que j'ai dit hier ? Pour…les renforts ?

Je me tournais vers elle, m'arretant de marcher. Elle avait remit sa capuche et je ne pouvais pas voir l'expression de son visage.

Oui, j'ai réflechi. Et je pense que si je vais chercher des renforts, nous passerons encore moins inaperçu. Et ... Je ne te laisse pas dans ce village de fous, nous y arriverons mieux à deux.

Je me remis en marche, une question me trottant dans la tête. Je finis par lui poser après quelques minutes.

Melley ? Pourquoi veux-tu que je parte ?

Je n'étais pas idiot. Ce n'était pas juste pour les renforts que Melley m'avait proposé cette option. Elle souhaitait m'éloigner de tout cela. La question était, pourquoi ?

J'attendais une réponse de sa part quand je remarquais une silhouette au coin d'une rue. La personne était vetu de noir et sa tête était caché par une capuche assorti. Je pensais immediatement aux Ombres. Melley semblait l'avoir remarquer aussi et quand l'Ombre s'apercu qu'il avait été remarqué, il disparut de mon champ de vision en se coulant contre un mur et il disparut dans une ruelle sombre. 

Je jetais un rapide coup d'oeil à Melley et me dirigeais à sa suite. C'était l'occasion de voir où il se rendait si nous arrivions à le suivre. Quand j'arrivais au coin où il avait disparu, je me tournais vers Melley.

Si on arrive à le rattraper et à le suivre, on peut voir où il se rend. 
Qu'est ce que tu en penses ?


J'attendis une réponse de sa part. 

L'arrivée de l'individu avait retirer à Melley la tâche de répondre à ma question, mais je comptais lui en reparlais. Je voulais savoir pourquoi elle souhaitait m'èloigner ...

[hrp :Dis moi si tu veux que je change des chose Wink C'est un peu court aussi ...]

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MessageSujet: Re: Nouveaux problèmes, nouvelle mission [Melley]   Jeu 14 Mar - 17:22



Il la regarda avant de répondre :

- Oui, j'ai réflechi. Et je pense que si je vais chercher des renforts, nous passerons encore moins inaperçu. Et ... Je ne te laisse pas dans ce village de fous, nous y arriverons mieux à deux.

Ils se remirent en marche lentement. Les villageois les lorgnaient et c’était horripilant, mais Melley pensait plus à ce qu’il avait dit. Passer inaperçu oui…il n’avait pas tort mais ce n’était qu’une excuse. Elle ne voulait pas qu’il aille en chercher pour en chercher, mais juste pour l’éloigner. Et soudain, la question qu’elle redoutait tomba :

- Melley ? Pourquoi veux-tu que je parte ?

Oh non…elle ne voulait pas lui dire si tôt…Elle allait pour répondre lorsqu’elle capta autre chose. Un homme, camouflé par une capuche, qui les observait au coin d’une rue. Elle fronça les sourcils et n’eut pas besoin d’avertir Saïlen, il l’avait remarqué.

L’homme disparut le long de la ruelle et ils se dirigèrent droit dans cette direction. Était-ce un Ombre ou un espion vêtu de noir simplement ? Un Ombre se serait peut-être jeté sur eux pour les maîtriser…quoique…

- Si on arrive à le rattraper et à le suivre, on peut voir où il se rend.
Qu'est ce que tu en penses ?


-Oui. Je suis d’accord. Je passe par les toits pour le repérer. Les villageois ne lèvent jamais les yeux donc niveau discrétion ça ira.

Pour ne pas perdre plus de temps, elle prit son élan, sauta sur une première caisse et sauta au mur, agrippant le rebord de la fenêtre. A l’aide de ses bras elle se hissa et atterrit rapidement sur le toit. Là, elle s’avança vite et repéra sa cible. Il tentait de s’échapper. D’un signe de main, elle montra la direction à Saïlen et engagea la poursuite par les toits. Les toits, son terrain de jeu. Les cheminées, les espaces entre les maisons, elle sautait et évitait. Elle gardait sa cible bien en vue. Là, elle accéléra, prit son élan et sauta entre deux maisons, battant les bras dans l’air pour garder son élan.

En général, elle ne transpirait pas autant lorsqu’elle courait mais la chaleur aidait beaucoup. D’un coup, l’homme s’arrêta. Elle s’accroupit au bord du toit après avoir fait un signe à Saïlen en contrebas. Elle observa l’homme entrer dans une maison et refermer la porte. Attendant quelques minutes pour être sûre qu’il ne ressortirait plus, elle se releva, se posta au bord et sauta.

Atterrissant souplement, elle respira profondément. La chaleur rendait le tout bien plus difficile.

-Bon…je ne sais pas si c’était un Ombre ou juste un espion, mais cette maison semble être au centre de l’organisation.

Elle regarda de loin la maison. Tout contre la colline, Melley se demandait ce qu’elle cachait. Une entrée dans la pierre ? Cela leur permettrait de sortir par un autre endroit sans être vus…

-Je propose de la surveiller. Il faut trouver un coin d’où l’on peut voir sans être vus.

En plus, elle avait évité de répondre à Saïlen. Peut-être pourrait-elle l’éviter et trouver une autre raison de l’éloigner pour qu’il ne souffre pas. Soupirant, ils repartirent, mémorisant l’endroit. Il fallait aller manger et boire un peu tout de même. Elle invita son collègue à l’auberge et insista pour qu’ils puissent déjeuner à l’extérieur, sur la sorte de terrasse à l’arrière du bâtiment. En attendant leurs commandes, Melley commença :

-Résumons : nous savons que les Ombres sont impliqués, que les villageois ont trop peur pour parler, que l’on n’est pas les bienvenus, que la maison de tout à l’heure doit être une sorte de QG. C’est encore plus organisé que ce que l’on croyait jusque là.

Elle fût coupée par le serveur qui apportait leurs plats. Pourquoi semblait-il essoufflé ? Melley garda le silence et le remercia juste une fois son assiette devant elle. De concert, ils vérifièrent le contenu, des salades et de la viande froide, et commencèrent à manger.

-Son essoufflement est étrange ne trouves-tu pas ? A tous les coups il joue double jeu…

Tout s’amalgamait et c’était de plus en plus compliqué de s’en sortir. Elle attendit l’avis de Saïlen en mangeant lentement, espérant qu’il oublie sa question de tout à l’heure et réfléchissant déjà à la suite des manœuvres…



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MessageSujet: Re: Nouveaux problèmes, nouvelle mission [Melley]   Sam 30 Mar - 19:38



Oui. Je suis d’accord. Je passe par les toits pour le repérer. Les villageois ne lèvent jamais les yeux donc niveau discrétion ça ira.

Aussitôt dit, aussitôt fait, Melley s'élança et se retrouva sur le toit en quelques secondes. Elle repéra l'individu assez rapidement et m'indiqua la direction à suivre avant de s'élancer à sa poursuite. Niveau discrétion, pour elle ça allait mais pour moi … C'était une autre histoire. Les villageois ne devait pas avoir l'habitude de voir un géant en armure courir à toute vitesse dans les ruelles. Malgré l'ombre que procurait les habitations, il faisait vraiment chaud, mais pour Melley ce devait être pire. Je la voyais courir sur les toits, sauter pour atterrir sur une autre maison, éviter les cheminées. Elle ne trébucha ni ne glissa une seule fois. Elle se débrouillait vraiment bien.

Je me plaquais contre le mur quand Melley me fit signe que l'homme s’arrêtait et l'observais ouvrir la porte d'une maison et disparaître. Je remarquais quelques villageois qui arrivaient sûrement pour savoir ce qui se passait. Ils n'étaient que deux et quand je les regardaient en haussant les sourcils, ils firent demi-tour et disparurent au coin d'une rue. Déjà que les regards étaient tournés vers nous en permanence, maintenant les habitants de ce village allaient être encore plus méfiants. Ils devaient sûrement se demander beaucoup de choses. Pourquoi nous étions là ? Que voulions nous ? Qu'est ce que l'on fait ? Je me rendis alors compte que moi même je ne le savais pas vraiment. On m'a envoyé ici pour des brigands, mais les brigands s'étaient révélaient être … plus que des brigands. Pour le moment, tout ce que je veux, c'est trouvé un moyen d'éclaircir tout ça. Et quand à ce que nous faisions … Pour le moment, on venait de poursuivre un homme dans les rues du village. Ce qui nous avançait au moins à apprendre que cette maison devait être un quartier général.

Melley atterrit alors souplement sur le sol et se redressa, légèrement essoufflée. Ce qui était aussi mon cas. La chaleur et mon armure avait rendu cette course poursuite bien plus difficile qu'elle l'aurait été en temps normal. Seulement, ici rien n'était normal.

Bon…je ne sais pas si c’était un Ombre ou juste un espion, mais cette maison semble être au centre de l’organisation.

Je n'en ai pas la moindre idée non plus, mais cela semble être un lieu important, en effet.

Je propose de la surveiller. Il faut trouver un coin d’où l’on peut voir sans être vus.


Je hochais la tête et nous repartîmes vers l'auberge pour manger un peu. Et boire surtout, ce serait idiot de finir déshydrater. Le chemin se fît en silence. L'apparition de l'homme tout à l'heure avait éviter à Melley de répondre à ma question et elle ne semblait pas vouloir en reparler. Elle n'avait pas oublié, j'en étais certain et je comptais bien lui en reparler quand l'occasion se présenterait. Une fois à l'auberge, Melley insista auprès de l'aubergiste pour pouvoir manger à l’extérieur. Pourquoi tenait-il tellement à ce que nous restions à l’intérieur ? Dans ce village, tout le monde semblait être suspect. Je pensais alors au serveur que j'avais interrogé la veille. Il n'avais donné aucune information ce matin, mais rien ne prouver qu'il disait la vérité. Il fallait se méfier de tout le monde.

Nous nous installâmes à une table à l'arrière de l'auberge et après avoir pris commande, Melley prit la parole.

Résumons : nous savons que les Ombres sont impliqués, que les villageois ont trop peur pour parler, que l’on n’est pas les bienvenus, que la maison de tout à l’heure doit être une sorte de QG. C’est encore plus organisé que ce que l’on croyait jusque là.

Le serveur arriva alors, interrompant Melley. Quand il posa une assiette devant moi, je remarquais que sa respiration était bruyante et plus rapide que la normal. Pourquoi aurait-il fait un effort quelconque alors qu'il doit normalement se contenter d'apporter et de prendre les commandes ? Il s’éloigna et nous commencèrent à manger après avoir vérifier le contenu des plats.

C'est très bien organisé, en effet. Et le chef du village semble avoir quelque chose à voir la-dedans. Tout comme ce serveur …

Son essoufflement est étrange ne trouves-tu pas ? A tous les coups il joue double jeu…

Ses paroles confirmèrent mes pensées et je réfléchis avant de répondre. D'accord, il était essoufflé. Maintenant … pourquoi ? Nous tournions un peu en rond depuis notre arrivée et si nous pourrions savoir ne serait-ce que la véritable raison de notre présence ici, je serais satisfait.

Tout et tout le monde est étrange ici et ça ne m'étonnerait pas qu'il joue double jeu. Il est sûrement impliqué dans cette histoire.

Et les Ombres alors ? Qu'est-ce qu'il y a dans cette maison ? Il y avait trop de questions et pas assez de réponses. Ou alors il n'y avait qu'une réponse à tout ça, mais pour la trouver, il fallait chercher.

Je repensais à ma question de tout à l'heure, mais décidais de ne pas en parler maintenant. Je finissais de manger et après avoir bus deux grands verres d'eau fraîche, je pris la parole.

Concernant la maison … Il faudrait découvrir ce qu'il y a et qui à l'intérieur. Et je ne vois qu'un seul moyen de le savoir. Il faut y rentrer.
Cette mission n'est pas aussi banale qu'elle en avait l'air au départ …


Après avoir terminer nos assiettes, nous nous levâmes et nous nous dirigeâmes vers la maison que nous avions découverte tout à l'heure. Sur le chemin, je pensais de nouveau à ma question. Melley voulait que je parte, mais je connaissais déjà la réponse. Elle voulait m'éloigner. Par contre ça, je ne savais pas pourquoi. Et je voulais le découvrir. Ça avait sûrement un rapport avec elle. Qui était-elle vraiment ? J'avais déjà entendu son nom, mais je n'arrivais pas à me souvenir de ou ni pourquoi. Je pensais ensuite aux Ombres et c'est quand nous arrivâmes en vue de la maison, que je me rappelais. La conversation, je l'avais eu avec Hoël et elle avait justement un rapport avec les Ombres et Melley. Les Ombres la cherchait. C'était tout ce dont je réussis à me souvenir. Ils cherchaient Melley.

Une fois arrivés près de ce qui avait l'air d'être une sorte de quartier général, nous trouvâmes un endroit pour observer la maison et trouver un moyen d'y pénétrer. Je regardais Melley et me décidais à parler.

Melley, hier tu m'as proposer d'aller chercher du renfort, mais c'était uniquement pour m'éloigner d'ici. Pourquoi ? Et … J'ai déjà entendu ton nom dans une conversation qui parlait aussi des Ombres. Alors je te le demande, quel est le rapport entre eux et toi et qu'est-ce qu'ils te veulent ?

Le silence retomba et je la laissais répondre. Cette fois-ci, personne ne risquerait d'intervenir et je comptais bien savoir qui était vraiment Melley.

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MessageSujet: Re: Nouveaux problèmes, nouvelle mission [Melley]   Sam 30 Mar - 23:07

-Tout et tout le monde est étrange ici et ça ne m'étonnerait pas qu'il joue double jeu. Il est sûrement impliqué dans cette histoire.

Il n'avait pas tort. Tout le village semblait contre eux, et ils devaient se méfier de tous sans exception. Même des bambins, qui sait ? Jamais Melley n'avait eu autant l'impression d'étouffer, et pas seulement à cause de la chaleur.

Elle commença à manger, buvant l'eau très fraîche qu'ils avaient reçue. Cela ne pouvait que leur faire du bien, surtout que la chaleur allait encore gagner en intensité. Il fallait qu'ils agissent avec finesse, encore plus que d'ordinaire…

-Concernant la maison … Il faudrait découvrir ce qu'il y a et qui à l'intérieur. Et je ne vois qu'un seul moyen de le savoir. Il faut y rentrer. Cette mission n'est pas aussi banale qu'elle en avait l'air au départ …

Elle acquiesça simplement. Il fallait évidemment entrer pour découvrir le pot-aux-roses. Seulement, cela impliquait de courir de gros risques. De prendre le risque que Saïlen ce fasse tuer. A cause d'elle et pour elle.
Et elle ne trouvait aucun moyen de l'éloigner. Il était résolu à rester avec elle. Et, elle aimait sa compagnie, n'avait rien contre lui au contraire, mais voulait juste lui assurer…quelques années de plus à vivre ?

Terminant de manger et de boire, ils se levèrent et s'éloignèrent, direction la maison découverte un peu plus tôt. En marchant, elle sentit le regard des gens sur eux, comme à chaque fois. Elle avait juste envie d'en prendre un au collet et de le forcer à cracher le morceau.

Mais bon, elle ne pouvait guère le faire…revenant devant la maison à flanc de colline, ils trouvèrent un endroit d'où ils pourraient tout voir sans pour autant être vus. A l'ombre, contre la roche, aussi ne rôtiraient-ils pas au bout de dix minutes.

Elle cherchait toujours un moyen de l'éloigner lorsqu'il revint à la charge :

-Melley, hier tu m'as proposer d'aller chercher du renfort, mais c'était uniquement pour m'éloigner d'ici. Pourquoi ? Et … J'ai déjà entendu ton nom dans une conversation qui parlait aussi des Ombres. Alors je te le demande, quel est le rapport entre eux et toi et qu'est-ce qu'ils te veulent ?

Elle déglutit, gardant son regard fixé sur la porte. Bien sûr avec la capuche il ne pouvait guère voir son visage et son expression faciale et c'était tant mieux. Elle était face au mur, obligée de répondre. Obligée de dévoiler à Saïlen qu'elle était la cause de tout ceci. La cause de toutes ses morts innocentes. La cause de tout.

Elle laissa une bonne minute s'écouler, cherchant ses mots, avant de commencer :

-Je suis…Melley Al'Ran, fille de Kem, Seigneur des Assassins. La fille des deux meilleurs Assassins que le Royaume ait connus depuis Eylin. La fille qui fait l'objet de la Prophétie. Elle inspira, continuant ensuite les Ombres me cherchent pour accomplir cette Prophétie. Parce que grâce à cela ils pourront faire revenir Imorkane et refaire jaillir la terreur sur le Royaume, comme jadis. Et…il y a quelques mois, ils ont réussis à me faire prisonnière avec mon ami. Ils m'ont…ils m'ont conduite sur leur autel et ont commencé à ouvrir ma peau de partout pour que mon sang s'écoule et abreuve les sillons menant droit à leur sorte de dieu.

Elle se stoppa, le laissant digérer, et reprit :

-Mon ami a réussi à nous libérer et à me sortir de là. J'étais affaiblie comme jamais et il s'est occupé de moi, vite rejoint par mon père et d'autres Assassins. Seulement, Imorkane n'a été nourrit que de moitié. Et cela a engendré la sécheresse et tout ce que nous connaissons en ce moment. A cause de moi, la population souffre comme jamais. A cause de moi, des innocents meurent chaque jour par centaine, par milliers. Saïlen…c'est pour ça que je veux t'éloigner. Les Ombres sont derrière tout ça et je ne sais pas si c'était pour m'attirer ou autre. En tout cas, s'ils me reconnaissent, ils seront encore plus violents que d'ordinaire. Et je ne veux pas que tu sois blessé ou tué par ma faute. Je ne veux pas priver le Royaume d'un Guerrier talentueux. Je ne veux pas causer une nouvelle mort…alors que je peux l'en empêcher.

Saïlen répondit après un instant :

- Tu ne peux pas dire que cette sécheresse est la à cause de toi parce que tu as survécu Melley. Tu n'es pas responsable de cette situation ou de ces morts, je dirais plutôt que ce sont les Ombres qui le sont. Les gens à qui tu dis ça doivent partir ou s'éloigner pour ne rien avoir à faire avec les Ombres, mais pour ma part ... Je pense que tu devrais plus t'inquiéter pour toi que pour moi. Je ne vais nul part Melley et s'il devait m'arriver quelque chose, tu ne serais en rien responsable.

S'inquiéter pour elle ? Elle n'avait guère le droit de penser à elle. Ca faisait longtemps qu'elle s'était mise de côté, et les rares fois ou elle s'abandonnait c'était avec Lewis lorsqu'ils passaient un moment intime et qu'il la chouchoutait…à sa façon.

Elle soupira. Elle ne parviendrait pas à le faire changer d'idée. Donc elle devait arrêter de s'obstiner. Seulement…elle tenterait de ce prendre les coups pour lui. Ensuite, ce fût le silence, chacun observant la porte et les alentours. Tout ce qui leur fallait, c'était comprendre leur mode de fonctionnement. Savoir combien d'individus ce trouvaient là-dedans ou y entraient, savoir s'il y avait des tours de gardes ou des guetteurs. Il fallait tout prévoir. C'était une fourmilière, et ils n'étaient pas les bienvenus.

L'après-midi défila ainsi, longue et assez douloureuse à force de rester assis ainsi. Melley bougeait discrètement de temps en temps, faisant travailler ses muscles. S'ils devaient fuir, elle ne devait pas être handicapée par des membres ankylosés. La chaleur suffisait amplement. Ils buvaient par moments, pour ne pas se déshydrater. Ils virent que chaque heure il y avait quelqu'un qui entrait ou qui sortait. Toutes masquées de la tête aux pieds, mais pas forcément Ombres. La nuit tomba lentement.

-Saïlen. On ne peut pas attendre éternellement. Nous avons nos armes, nous sommes équipés et prêts. Il faut s'infiltrer là-dedans d'ici la nuit tombée.

Il ne fît qu'acquiescer. Ensuite, pendant une heure, ils discutèrent à voix basse de la meilleure manière de procéder. Melley tournerait sa cape, ainsi elle prendrait la teinte bleu marine et ne la trahirait pas immédiatement. Saïlen refusa de se déguiser en Ombre, ce qu'elle comprenait. Seulement, son armure allait être repérable. Mais sans elle il ne serait pas aussi efficace. Comme pour Melley, l'armure faisait le Guerrier.

Ils se faufileraient jusqu'à la porte. S'ils avaient bien calculé, ils n'auraient pas à attendre longtemps qu'une personne l'ouvre pour ou entrer ou sortir. Cette personne, ils l'assommeraient, la ligoterait, la bâillonnerait et la mettrait de côté, dans une cavité pour que personne ne la voie. Là, ils entreraient, et…aviseraient. Ils n'avaient pas le choix, n'ayant ni plans, ni indication quelconque.

Melley ôta sa cape, la retourna et la renfila. Maintenant elle se fondait déjà plus dans l'obscurité. En silence, ils s'approchèrent de la porte, et se collèrent contre la roche pour ne pas se faire repérer. Maintenant, espérer que la personne viendrait dans les minutes suivantes. Retenant leur respiration, ils patientèrent.

Le bruit de pas se fît entendre, se rapprochant de leur position. Et ils étaient prêts. Dès que la porte s'entrouvrit, ils passèrent à l'action. Silencieux et précis, Melley retint leur proie pendant que Saïlen l'assommait et la ligotait. Cela fait, l'Assassin porta leur victime dans un coin isolé et revint. La porte était encore ouverte. Et ni une ni deux, ils s'y engouffrèrent, la laissant ce refermer derrière eux.

Ils se retrouvèrent dans une obscurité presque totale. La seule lumière provenait d'un point lointain. Fronçant les sourcils, Melley avança à tâtons. Du bois. Elle marchait sur du bois. Tendant les mains, ses doigts touchèrent également du bois. Donc, ils étaient bien dans une maison. Mais l'humidité les environnait. Cette humidité propre à la roche.

Avançant avec prudence, elle sentit au bout de quelques mètres que le sol changeait. Du bois, ils passaient à une terre plus dure. La pierre. La roche. La maison donnait donc bel et bien dans la colline elle-même. Seulement, elle s'était plutôt imaginée une maison normale avec une porte menant à l'intérieure de la roche et non une demie-maison coupant net d'un pas à l'autre.

La lumière grandissait quelque peu, au bout du chemin. Elle se stoppa, mettant la main en arrière pour stopper aussi Saïlen. Elle se concentra et écouta.

Il y avait…des bruits de travaux…des pas et des voix. Lointaines et si proches en même temps…c'en était presque effrayant. N'ayant guère le choix, ils continuèrent à avancer. Elle avait l'impression d'approcher de la tanière de l'ours…

Cinq minutes plus tard, ils déboulaient sur une sorte de caverne au centre de laquelle était accrochée une lanterne ; la lumière vue d'en haut. Et….partout ou ils regardaient, des entrées. Par où aller ? Et s'ils devaient sortir, comment sauraient-ils quelle bouche était la bonne issue et non un guet-apens ? Elle regarda Saïlen, le voyant tout analyser.

Elle voulut chuchoter, ouvrit la bouche, mais autre chose l'en empêcha.

Du monde. De partout des bruits de pas se rapprochaient ainsi que les voix. Ils devaient fuir, là ou il n'y avait personne. Et vite. Mais à chaque fois qu'ils s'approchaient d'une bouche, des voix s'y élevaient. Jusqu'à la dernière, à côté de celle qui menait à la porte. N'hésitant plus, elle s'y engouffra, entraînant son collègue avec elle. Courant avec le maximum de silence possible, ils s'enfoncèrent dans le conduit au moment ou les Ombres et les espions se réunissaient.

Maintenant, restait plus qu'à espérer que ce ne soit pas un cul-de-sac ou qu'il ne les mène pas à un rassemblement d'ennemis. Ils n'étaient que deux tout de même et malgré leurs compétences, ils ne tiendraient pas face à une armada d'Ombres qui supportaient la chaleur. Leur seul avantage était l'humidité qui leur évitait justement de trop souffrir de cette même chaleur…

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MessageSujet: Re: Nouveaux problèmes, nouvelle mission [Melley]   Sam 4 Mai - 0:58



Je suis…Melley Al'Ran, fille de Kem, Seigneur des Assassins. La fille des deux meilleurs Assassins que le Royaume ait connus depuis Eylin. La fille qui fait l'objet de la Prophétie. Les Ombres me cherchent pour accomplir cette Prophétie. Parce que grâce à cela ils pourront faire revenir Imorkane et refaire jaillir la terreur sur le Royaume, comme jadis. Et…il y a quelques mois, ils ont réussis à me faire prisonnière avec mon ami. Ils m'ont…ils m'ont conduite sur leur autel et ont commencé à ouvrir ma peau de partout pour que mon sang s'écoule et abreuve les sillons menant droit à leur sorte de dieu.

Son visage était caché par la capuche, ce qui m'empecher de distinguer son expression, mais je devinais que ce ne devais pas être simple de parler de tout cela pour elle. Et si je m'étais un peu attendu à quelque chose de pas commun, je ne m'attendais vraiment pas à ça ! Melley Al'Ran. A present je me souvenais de où je la connaissais. Beaucoup de monde dans le Royaume connaissait cette femme. Elle poursuivit après un moment de silence.

Mon ami a réussi à nous libérer et à me sortir de là. J'étais affaiblie comme jamais et il s'est occupé de moi, vite rejoint par mon père et d'autres Assassins. Seulement, Imorkane n'a été nourrit que de moitié. Et cela a engendré la sécheresse et tout ce que nous connaissons en ce moment. A cause de moi, la population souffre comme jamais. A cause de moi, des innocents meurent chaque jour par centaine, par milliers. Saïlen…c'est pour ça que je veux t'éloigner. Les Ombres sont derrière tout ça et je ne sais pas si c'était pour m'attirer ou autre. En tout cas, s'ils me reconnaissent, ils seront encore plus violents que d'ordinaire. Et je ne veux pas que tu sois blessé ou tué par ma faute. Je ne veux pas priver le Royaume d'un Guerrier talentueux. Je ne veux pas causer une nouvelle mort…alors que je peux l'en empêcher.

Je froncais les sourcils. Elle était en train de dire que la secheresse était là parce qu'elle n'avait pas laissé sa vie aux Ombres ? Certes, mais elle était en vie et elle ne devrait pas se reprocher cela, pas de cette façon. Je pris la parole, choisissant mes mots pour lui faire comprendre que je ne partirais pas, ombres ou pas ombres, dieu étrange ou non.

Tu ne peux pas dire que cette sécheresse est la à cause de toi parce que tu as survécu Melley. Tu n'es pas responsable de cette situation ou de ces morts, je dirais plutôt que ce sont les Ombres qui le sont. Les gens à qui tu dis ça doivent partir ou s'éloigner pour ne rien avoir à faire avec les Ombres, mais pour ma part ... Je pense que tu devrais plus t'inquiéter pour toi que pour moi. Je ne vais nul part Melley et s'il devait m'arriver quelque chose, tu ne serais en rien responsable.

Elle soupira et un silence s'installa. Nous restâmes cachés de façon à voir comment ils étaient organisés.Ils devaient être nombreux la-dedans et si ils nous accueillaient à bras ouvert, je serais vraiment étonné. De toute facon ça n'arrivera pas donc inutile d'y penser. De l'exterieur, la maison paraissait petite. Trop petite pour le nombre de silhouettes encapuchonnées qui sortaient et entraient toutes les heures. La construction devait donc s'enfoncer dans la montagne. S'il y avait bien une chose que je pouvais dire, c'est que je ne m'attendais pas à tout ça en venant ici ... Un problème de brigands. Ceux qui nous avaient envoyer ici, avait-il conscience de ce qui se passer ? Non, sinon ils auraient fait deplacer plus de monde qu'un assassin et un guerrier.

Le temps passa et nous étions toujours assis, à observer les allées et venus des habitants de cette étrange maison. Je regardais Melley du coin de l'oeil. De temps en temps, elle bougeait un peu pour bouger ses muscles, elle buvait quelque gorgées d'eau. Elle ne semblait pas inquiète ou quoi que ce soit, chose étrange aprês ce qu'elle m'avait dit plus tôt dans l'après-midi. Je n'avais rien dit concernant cela, ça ne changeait rien. Qu'elle soit une femme recherchée par les Ombres ou une assassin comme les autres, je ne vois pas pourquoi je partirais. Au début de la mission, je n'étais pas vraiment emballé à l'idée de collaborer avec un assassin, mais il fallait admettre qu'un peu de compagnie ne faisait pas de mal. J'étais habitué à voyager seul la plupart du temps et cela devait se voir, je ne parlais pas beaucoup. Mais sur ce point là, Melley était un peu pareil. 

La chaleur commencait à devenir de plus en plus difficile au fil des heures et malgré le fait que je sois patient, le temps commencait à se faire long. La nuit commenca à tomber et Melley se mit à parler.

Saïlen. On ne peut pas attendre éternellement. Nous avons nos armes, nous sommes équipés et prêts. Il faut s'infiltrer là-dedans d'ici la nuit tombée.

Effectivement, rester ici plus longtemps ne servait à rien à par à admirer les étoiles, ce qui n'était pas notre but. Je hochais la tête et nous discutâmes de la façon dont nous allions entrer dans la maison. Je ne voyais qu'une solution, la porte. Simple, mais risqué. Pour être plus discrets, Melley retourna sa cape qui se retrouva bleu marine, ce qui passerait plus inaperçu que le blanc. Pour ma part, je n'avais pas de cape et rien pour cacher mon armure. J'aurais pu l'enlever, mais si un combat avait lieu, elle me serait tout de même utile. 

Après avoir choisi de quelle manière nous allons procéder et bien ... Il fallait le faire. Pour entrer dans la maison, si tout ce passait comme prévu, ça ne devrait pas être très compliqué, mais une fois à l'interieur, on devrait improviser, ce qui ne me plaisait pas vraiment. Mais n'ayant aucun plan, il n'y avait que cette solution.

Plaqué contre la paroi rocheuse, nous attendîmes que quelqu'un sorte, ce qui arriva quelques minutes après, prouvant que nos calculs étaient exacts. Quand la porte s'ouvrit, Melley immobilisa l'homme et avant qu'il n'ai pu pousser un cri d'alerte, je l'assomais avec le pommeau de mon épée d'un coup sur le crâne. Tout en le ligotant, j'aurais très bien pu prendre ses vêtements pour passer inaperçu, mais rien que l'idée de me retrouver sous se capuchon noir me répugnait. Melley alla cacher son corps et quand elle revint, nous entrâmes dans la maison.

Quand la porte fût fermée, ce fût le noir presque complet. La seule source d'éclairage  se trouvait loin devant nous et ne diffusait pas de lumière jusqu'ici. Je pouvais facilement deviner que nous marchions sur du bois et les murs étaient semblables au sol. C'était donc vraiment une maison. Si quelqu'un se decidait à pénétrer dans la maison, nous serions immediatement repérés et ... Non, je préférais ne pas y penser. Pour le moment, il n'y avait personne. Une chaleur étouffante reignait à l'interieur, mais une odeur d'humidité etait tout de même présente. Nous continûames à avancer en direction du point de lumière en silence et le sol changea. Il ne grinçait plus et était plus dur. De la roche. Comme je m'y étais attendu, il y avait un prolongement dans la colline. 

Nous nous rapprochâmes de la lumière grandissante et Melley tandis la main en arrière. C'était bruyant. Des bruits de chantier, de pas et des voies. Il y avait donc vraiment beaucoup de monde ! Ce qui m'intrigua le plus, ce fût les bruits de travaux. Qu'est-ce qu'ils fabriquaient ? La seule idée qui me vint à l'esprit, ce fût l'eventuelle possibilité qu'il creuse des galeries dans la montagne, mais ce qui m'inquiètait réellement, c'était pourquoi ils faisaient cela.

Une caverne, éclairée par une grande lanterne en son centre. Je ne m'attardais pas sur ça, analysant l'environnement. Des sortes de galeries, un peu partout pour sortir de la caverne. Voilà qui risquait de poser problème. Comment savoir par laquelle nous étions entrés si on devait ressortir en urgence ? Et pour le moment, le plus important où aller ? Le choix fût simple. Nous empruntâmes le seul conduit ou aucune voie ne se faisait entendre. Courant avec le maximum de silence, nous nous enfoncâmes dans les galeries. Ils avaient réellement creusés tout un réseau de souterrains ? 

Une fois loin des bruits et des voies, nous nous remîmes à marcher et je pris la parole à voie basse.

C'est vraiment un lieu étrange. Ils sont nombreux et même s'ils ne sont peut-être pas tous des combattants experimentés, on ne fera pas le poids face à une vingtaine d'hommes, il ne faut pas qu'on reste trop longtemps ici ...

Je m'interrompis alors que nous arrivions dans une salle plus petite que la précédente. Je me plaquais contre le mur de la galerie, restant dans l'obscurité pour ne pas me faire reperer. Melley fît de même et nous ne bougeâmes plus. Je pouvais distinguer trois silhouettes dont une encapuchonnée. Ils ne parlaient pas fort et il m'était impossible de comprendre ce qu'il disait. Je tendis l'oreille et reussit à comprendre quelques mots  alors qu'is s'éloignaient. Je me tournais vers Melley et chuchotais au cas ou d'autres personnes se trouveraient là.

Montagnes divines, bientôt, essayer. C'est tout ce que j'ai compris, ce qui ne vas pas nous être très utile, tu as compris autre chose ?

Nous débouchâmes dans la pièce et je soupirais légèrement. Encore des entrées, trois cette fois. On allait finir par se perdre si ce n'était pas déjà fait. Et de nouveau, le même scenario. Des bruits venant  des trois côtés sauf que cette fois, aucune allée silencieuse. A moins de rester ici et les attendre, armes en mains, je ne vis pas d'autres solutions que de s'engouffrer dans celle qui ma parût la plus calme. Melley à mes côtés, je me remis à marcher. Nous allions les croiser, c'était certain, mais nous avions plus de chance qu'en restant dans la pièce. A ce moment, je regrettais la cape noire que j'aurais pu prendre sur l'homme de tout à l'heure. Melley aurait très bien pu passer inaperçu avec sa cape, mais je n'avais pas besoin de lui poser la question pour savoir qu'elle refuserait que l'on se sépare.

Melley ne dis rien, elle ne voyait apparemment pas d'autres options non plus. Je distinguais alors face à nous des silhouettes. Ils étaient cinq. Alors que nous passions à côtés d'eux, je baissais très légèrement la tête. Aucune silhouette encapuchonnée parmis eux, et aucune ne devait être Ombre vu qu'ils ne semblèrent même pas remarquer mon armure. Du moins pas sur le moment. Car c'était beaucoup trop beau pour qu'ils ne percutent pas, je les entendis se retourner et je serrais les machoires. Ils étaient cinq, nous étions deux. On ne pouvait pas les empecher de crier et l'un deux émit un long sifflement qui résonna. Surement le signal d'alerte. Je m'arretais et ils étaient sur nous au moment où je tirais mon épée. Le combat s'engagea et des bruits se firent entendre, signalant que d'autres allaient arriver bientôt.

C'était la pagaille, des groupes d'Ombres arrivaient peu à peu, si bien qu'ils furent bientôt une vingtaine autour de nous. Inutile de croire en la chance, nous étions deux, ils étaient vingt, nous n'avions aucune chance. Et cette fois, c'était bien des Ombres, pas de stupides brigands qui s'enfuient dès qu'ils sont débordés. Cette fois, c'était des hommes entraînés. J'étais à côté de Melley, repoussant les attaques de mes adversaires qui tentaient des attaques de tous les côtés. Pour l'instant je n'étais pas touché, mais si cela continuait trop longtemps, ça n'allait pas tarder à être le cas. Je parais un coup destiné à mon abdomen et sans attendre une seconde de plus, je tranchais la gorge de l'homme d'un revers. Les attaques continuaient et alors que je bloquais une lame, une autre entama ma peau au niveau de la cuisse, le seul endroit avec mes avant-bras où mon armure ne me protégeait pas. La blessure semblait un peu profonde et je poussais un grognement de douleur. Je reçus plusieurs coups et le combat semblait s'éterniser. La fatigue commençait à se faire sentir et il n'y avait que deux cadavre au sol. Je parais, attaquais, esquivais, mais je n'arrivais pas à les atteindre gravement, réussissant juste à les blesser. Je jetais un coup d’œil à Melley, elle aussi commençait à fatiguer. La pointe de mon épée se planta alors dans l'abdomen d'un Ombre. Je dégageais la lame et remarquais alors qu'un étrange silence régnait dans le petit espace où nous nous trouvions. Les Ombres s'étaient écartés de nous, se contentant de se mettre en garde. C'est alors que je le vis. Un homme de taille moyenne, une capuche sombre remontée sur la crâne. Les autres le regardaient avec respect. Il s'avança et les autres se reculèrent un peu. Il devait être haut placé parmi eux et cela n'annonçait rien de bon pour nous.

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Khalio Saï
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MessageSujet: Re: Nouveaux problèmes, nouvelle mission [Melley]   Lun 27 Mai - 1:03






۩ QUI ES-TU ? ۩




Cela faisait quatre jours que nous avions quitté la Citadelle. Ce que je n’aimais pas faire. Non seulement la vie et mon rang faisaient que je ne faisais confiance à personne, mais je ne faisais surtout pas assez confiance à mes Ombres, qui bien que compétents, ne feraient pas le poids face à une armée organisée de capuches blanches.

Foutus Assassins.

Je repensai à mes motivations. Kil et moi avions des débuts un peu difficiles, du fait de son insoumission et de mon intransigeance. Il m’avait rejoint aux écuries comme convenu, et j’avais personnellement pansé sa blessure qui ne mettrait pas longtemps à cicatriser, puis nous étions partis. On ne parlait presque pas.
Je jetai un coup d’œil à mon « apprenti ». Il chevauchait à mes côtés, le regard dans le vague, comme plongé dans ses réflexions. Quelle idée j’avais eu. Comme si j’avais besoin de ça.

Suite à la dernière tentative de mon prédécesseur pour invoquer Imorkane, la situation avait tourné à notre avantage, et mes chères capuches noires sortaient de l’ombre pour en faire aux Assassins. Je n’allais pas risquer de tout laisser foirer parce que certaines Lames Secrètes tentaient de me mettre des bâtons dans les sabots.

Foutus Assassins.

Melley, m’avait-il dit qu’elle s’appelait. Melley Al’Ran, la fille du seigneur des Assassins en personne. Elle devait être extrêmement douée. Elle avait bien réussi à s’enfuir… Je me fis la promesse que le jour où je mettrais la main sur elle, elle passerait le pire moment de sa vie. Et ce moment ne saurait tarder… La sécheresse jouait en notre faveur. Les brigands s’étaient multipliés, captant l’attention des justiciers de cette terre, nous laissant, nous, dans l’ombre, libres de former un armée. Mes soldats s’entraînaient dur et parvenaient sans mal à enrôler, accroissant inéluctablement notre nombre. J’avais foi en notre conquête. Quand je tiendrai cette Melley, je tiendrai les Assassins. Alors je fermerai le poing et les réduirai en poussière.

Au bout de deux jours, nous rencontrâmes un émissaire Noir [un Noir= Ombre, un Blanc= Assassin] qui me donna des nouvelles des fouilles. Elles avançaient vite et bien. Tant mieux. La création d’un réseau souterrain était une excellente idée pour favoriser nos déplacements à travers toute la contrée. Nous pourrons apparaître et disparaître vite. Au fur et à mesure que nous avancerons, nous pourrons prendre possession des différents villages. Je ne doutais pas qu’en une paire d’années, nous prendrions le contrôle du Royaume. Alors ce serait le mien.

Quand la nuit commença à tomber, j’ordonnai notre arrêt. Nous mangeâmes un lièvre que j’attrapai dans la soirée puis Kil s’endormit. Comme à mon habitude, je ne dormis pas. Avec le temps, dormir était devenu une option. Deux ou trois heures tous les trois jours me suffisaient. Je m’éloignai dans les bois. J’avisai un grand arbre et en attrapai une branche à environ deux mètres du sol. Puis je commençai une série de tractions, tout en réfléchissant. Nous atteindrions le village le lendemain dans l’après-midi. J’allais ensuite me rendre aux fouilles pour juger de leur état d’avancement, puis j’attaquerais sérieusement l’entraînement de Kil. Même si je n’en laissais rien paraître –je ne laissais jamais rien paraître- je fondais beaucoup d’espoirs en lui.

Le lendemain je le réveillai aux aurores et nous reprîmes la route. Ce fut une chevauchée beaucoup, beaucoup trop paisible. Je chevauchai torse nu, la chaleur m’empêchant de porter ma tunique.

Nous parvînmes au village en début d’après-midi du quatrième jour. Nous avions mis moins de temps que ce que je croyais. Je nous fis arrêter juste à l’entrée, expliquant à Kil que je préférais faire mes apparitions de nuit pour qu’on ne voie pas mon visage.

Quand la lune commença à grimper dans le ciel, je sortis ma tunique d’une sacoche accrochée sur la croupe de mon étalon et l’enfilai. J’abaissai mon capuchon sur mon visage, le plongeant dans l’ombre. Je descendis de ma monture et frappai sa croupe pour qu’elle s’en aille. Nous continuerions à pied. D’un regard, je sommai Kil d’en faire autant, et il libéra son cheval à son tour.

Avant de me rendre au chantier, je décidai de rendre une petite visite au chef du village. Quitte à annexer le territoire, autant commencer maintenant. Je le trouvai sans peine. Un attroupement s’était formé dans une taverne au centre d’une place, dans le milieu du bourg. J’y entrai et le silence se fit instantanément. Quelques murmures naquirent avant de s’étouffer lorsqu’ils virent la capuche noire. J’avançai à pas lents vers le comptoir derrière lequel un homme jouait les caméléons qui se baladerait sur un mur blanc. Je m’accoudai nonchalamment au comptoir.

- Bonsoir tavernier, dis-je d’une voix dont le glacial tuait le suave.

- Bonsoir, répondit-il durement d’un air qu’il tentait de maquiller d’une fausse assurance.

Je ne m’y trompai pas.

- J’ai quelques requêtes à vous formuler, dis-je très calmement tout en jouant avec de l’eau qui avait coulé sur le comptoir, traçant des lignes sur le bois. En fait, il y a de fortes chances qu’il s’agisse d’ordres.

Je levai la tête et le bas de mon visage apparût. Un sourire étira mes lèvres minces.

- Fous-lui la paix.

Je me tournai en direction de la voix qui venait de m’invectiver.

Un homme se tenait là. Je le jaugeai d’un coup d’œil. Chauve, un mètre quatre-vingt-trois ou quatre, des muscles noueux, un pantalon sale, de nombreuses traces de brûlures sur les doigts. Forgeron
.
- Plait-il ? Cela me fait plaisir que vous engagiez la conversation, mais force est de constater que vous avez une manière bien impolie de le faire, dis-je placidement.

Je jetai un coup d’œil à mon environnement en enregistrant tous les éléments qui m’entouraient.

- Fous-nous la paix, et dégage, saleté de capuche noire.

- Essaye donc de m’y contraindre.

Il balança son poing en direction de mon visage. Un geste rapide, précis, sans doute préparé depuis plusieurs minutes déjà. Un coup bien placé, immanquable. Ma main jaillit de l’endroit où elle était posée et intercepta le poing massif du forgeron à quelques centimètres de mon visage. Je serrai les doigts en sentis une première phalange céder. L’homme serra la mâchoire tant il forçait. Un second homme se rua alors vers moi. Je relâchai tout simplement la pression que j’exerçais sur le forgeron et il partit de lui-même en avant, emporté par son élan. Agrippant toujours sa main, je lui fis décrire une courbe qui passa derrière la nuque de l’assaillant. J’attrapai la seconde main du forgeron avec mon autre main et les fit rejoindre. Je les plaquai ensuite sur le comptoir et les tint ensembles une fraction de seconde, temps que je mis à dégainer ma dague. Je plantai cette dernière dans les deux mains jointes fermement, clouant l’homme au comptoir. Le second homme, pris en étau entre les bras du premier, ne pouvait pas bouger.

Le forgeron lâcha un hurlement sinistre.

- Silence ! , ordonnai-je en attrapant un verre sur le comptoir, que j’avais repéré un peu plus tôt et en l’enfonçant dans sa bouche.

A défaut de le faire taire, j’avais réussi à remplacer ses cris par de simples gémissements. Moins dérangeant.
- Je crois que nous étions en train de discuter avant que ce sombre idiot nous interrompe. Alors voilà ce que je veux. Dans trois jours, trois Ombres vont débarquer ici, avec pouvoir absolu sur vous, votre village et ses charmants habitants. J’exige des gens de cette bourgade une obéissance sans faille. Qui se rebelle meurt, qui tente de fuir meurt, qui ment ou trahit, meurt. Compris ?

- Je ne vous laisserai pas faire ça ! , protesta l’homme derrière le comptoir, dont le rouge commençait à remplacer le blanc sur son visage.

- Je ne vais pas te laisser le choix.

Je me levais d’un coup et enserrai sa gorge entre mes doigts.

- Trois jours.

- Vous… n’y… arriverez… pas…

- Ah oui, et pourquoi ça ? Je n’ai pas vraiment l’impression d’être en position de faiblesse.

- L’Assassin… et… guerrier…

Je le relâchai.

- Parle ! , ordonnai-je en fronçant les sourcils.

- Je m’en doutais qu’ils vous attireraient…, toussa le tavernier.

- Qui ça « ils » ? Réponds !

- L’Assassin et le Guerrier qui sont arrivés ici il y a environ trois jours, fit une voix dans mon dos.

Un jeune homme se tenait à l’entrée de l’auberge. Il abaissa la capuche qu’il portait sur la tête et m’apparut un jeune homme malingre mal habillé et sale, qui devait sans doute leur apporter leur nourriture aux villageois à en juger par les tâches qui coloraient ses loques.

- Et tu es qui, toi ?

- Un messager, sire.

- Qui sont ces personnes dont tu viens de me parler ?

- Un Assassin et un homme qui l’accompagnait sont arrivés en ville il y a quelques jours. Ils m’ont interrogé sur ce qui se passait ici. Je ne leur ai rien dit, sire…

- Kil, on bouge.

Avant de partir, je me tournai vers mon forgeron cloué.

- Toi aussi tu vas me rendre un service. Si tu tiens à garder tes mains pour caresser ta femme, tu vas me réunir en trois jours toutes les armes de ce village, et les faire fondre, et si tu tiens à garder une femme à caresser, tu vas fabriquer des épées pour les Ombres. Trois jours.

Sur-ce, je quittai l’auberge. Un sifflement me fit me retourner au dernier moment. Un couteau. Ma main jaillit, saisit le manche de la lame en pleine rotation à un cheveu de mon visage, la fit tournoyer dans l’air une fraction de seconde. Je me retournai et sortis. Alors que les portes se refermaient, le tavernier tomba à genoux, la garde d’un couteau dépassant de sa gorge. Son propre couteau. Tavernier mort ou pas, ils avaient trois jours.

---------------

Nous disparûmes avec Kil dans les ruelles noires. Pas de prédateur nocturne à craindre, puisque nous les étions. Je guidai Kil en direction d’une taverne sale et malfamée. J’entrai en me dirigeai directement vers la cave. Dès que nous entrâmes, une odeur de vin envahit mes narines. Je me dirigeai en direction d’un mur qu’une armoire cachait de moitié. Je jetai un coup d’œil afin de m’assurer que nous n’étions pas suivis et je l’ouvris. Il n’y avait qu’une paire de chaussures et une boîte poussiéreuse. J’ouvris cette dernière et récupérai sous des chiffons sale une réplique du symbole des Assassins en noir.

- C’est bien ici.

Kil m’interrogea du regard.
J’enlevai les deux uniques étagères et les dissimulai sous un coffret de vin. Ensuite, muni d’un couteau, j’entrepris d’enlever le fond de l’armoire.
Celui-ci tomba au sol en soulevant de la poussière, révélant un trou dans le mut d’un mètre trente de diamètre environ.
J’aurais pu tout simplement décaler l’armoire, or elle avait été fixée au mur exprès.
Je fis signe à mon apprenti d’entrer, ce qu’il fit après une seconde d’hésitation, et sous la pression de mon regard glacial. J’entrai dans l’armoire et refermai les portes derrière moi, que je verrouillai avec le symbole, puis j’entrai dans le trou. A l’intérieur, c’était beaucoup plus spacieux. Le couloir était assez large pour qu’on puisse marcher les bras écartés et le plafond était à peine plus haut que moi. Nous progressâmes dans l’obscurité la plus totale, nous fiant uniquement à nos sens. Je guidai Kil à travers le dédale de couloirs que je connaissais par cœur pour les avoir parcourus beaucoup de fois. Au bout de quelques minutes, de la lumière apparut au bout du boyau de pierre. Nous marchâmes dans sa direction et débouchâmes dans une grande salle. On aurait cru une fourmilière. Une centaine d’Ombres s’affairaient là, tapant, creusant, extrayant.
Extrayant ? Je plissai les yeux. Il y avait bien sur le côté un chariot improvisé dans lequel de la pierre dorée était entreposée.
Les ouvriers semblèrent soudain remarquer ma présence et ils se courbèrent devant moi. Un homme d’une quarantaine d’années vint me voir.

- Ravi de vous voir parmi nous, Maître.

- Ravi de te voir Hantor, comment avancent les tunnels ?

- Ils avancent vite. Depuis votre dernière visite, nous avons beaucoup progressé. Les tunnels Saffir et Diamen s’avancent respectivement d’un kilomètre et d’un kilomètre cent en direction du Nord et de l’Est.

- Dans combien de temps arriveront-nous sous leur Bois ?

Hantor compris que je parlais des Assassins et il dit avec une grimace de haine.

- D’ici environ six mois, à ce rythme, nous serons sous les pieds de ces fils de chien.

- Alors accélérez. Si quelqu’un défaille, tuez-le et remplacez-le. Vous trouverez la main d’œuvre nécessaire dans le village juste au-dessus de nos têtes. Où en est la Trappe ?

- Son camouflage est terminé, et elle a été élargie. Vingt hommes peuvent entrer côte à côté.

- Elargissez-la encore, dis-je, je veux que trente-cinq hommes puissent passer, minimum.

- A vos ordres, Seigneur.

- Ta fidélité sera récompensée Hantor, je prends soin de mes alliés.

Je lui tapotai l’épaule.

- Qu’est-ce que ceci ?

Je désignai les étranges pierres dorées.

Hantor sourit jusqu’aux oreilles.

- Le Royaume recèle des bijoux insoupçonnés, Seigneur Saï. Vous devriez voir par vous-même.

Il nous guida aux côtés du chariot. Je saluai au passage mes hommes d’un hochement de tête. Hantor prit une pierre dans le chariot et la posa sur le sol. Il se saisit d’une masse proche et éclata la pierre avec. Un liquide doré coula des débris de roche. Je me penchai, intrigué, et trempai le doigt dans l’étrange substance. Je la humai une seconde et la portai à mes lèvres.

- A votre place, j’éviterais, Seigneur Saï.

- Explique-toi ?

- Sranjo a fait ce que vous vous apprêtiez à faire. Il est mort deux jours après et a essayé de tous nous tuer. Si vous faites la même chose que lui, on risque de tous y passer…

Mon ego apprécia le compliment à peine sous-entendu.

- Très bien. Donc cette substance est mortelle ?

- Et hallucinogène, à l’évidence. C’est une question de dosage.

- Voilà qui est intéressant…

Un vacarme soudain me tira de mes réflexions. Un homme déboula dans la grande salle.

- Intrus ! Instrus !!

Hantor se dirigea vers le nouveau venu.

- Que racontes-tu ?

- Des intrus se sont infiltrés dans le réseau.

Hantor et moi échangeâmes un regard.

- Kil, tu viens avec moi, il ne faut pas qu’ils découvrent cette salle. Il ne faut jamais qu’ils ressortent de cet endroit. Hantor, tu restes ici avec les autres. Place quatre gardes à l’entrée de chaque souterrain et veille sur la pierre. Kil, on y va.

Je sortis par l’endroit où l’Ombre avait déboulé en criant. Bientôt, des bruits de combat me parvinrent. Je tournai l’angle d’un couloir et la scène m’apparut. La première chose que je vis fut les corps au sol. Mes hommes. La seconde chose fut cette couleur écœurante : le blanc. Cette capuche. Je m’avançai. Aussitôt, les combats cessèrent et mes hommes se rangèrent sur le côté. Ils m’avaient reconnu, même si ma capuche dissimulait mes traits.
L’Assassin me toisa avec un air hautain et il resserra sa prise autour de son épée. Je considérai quelques secondes l’homme qui l’accompagnait. Un peu plus grand que moi, chevelure blonde, musculature impressionnante. Il me toisait avec la même haine.

- En entrant ici, vous avez fait une grave erreur, dis-je froidement en sortant mon épée accrochée dans mon dos. La dernière, même.

La capuche blanche faillit me surprendre. Elle passa à l’attaque soudainement, passant de l’immobilité totale à une vitesse d’action des plus impressionnantes en un quart de seconde. Sa lame fila droit vers ma gorge. Elle voulait aller au plus vite afin de pouvoir se charger des autres et s’enfuir.

Pas de chance qu’elle soit tombée sur moi. Je me penchai en arrière, laissant l’épée filer un cheveu au-dessus de ma tête. Je me redressai à toute vitesse, comptant surprendre mon agresseur, mais déjà il s’était remis en garde. Il était rapide, très rapide. Je le jaugeai une seconde du regard. La posture, les mouvements, l’équipement, visible, le reste qui apparaissait sous forme de bosses sous les vêtements, puis son aura. Mon adversaire avait tout d’un tueur, à une différence prêt. C’était quelqu’un de bien, donc quelqu’un de faible.

Son épée partit en direction de ma cuisse et vira au dernier moment, pirouette impossible pour filer droit vers mon épaule. Le fer tinta lorsque mon sabre para la lame tout près de mon épaule. L’Assassin reprit ses attaques. Je parvins à les parer, me préparant un peu plus à une botte secrète qu’il finirait bien par me sortir, botte qui ne venait pas. Doucement, je passai de la défensive à l’offensive, accélérant ma vitesse. L’Assassin recula un peu. Je sentis plus que je ne vis le grand blond approcher, mais mes hommes semblèrent soudain sortir de leur torpeur et ils se jetèrent sur lui, Kil compris. Malheureusement, ils troublèrent une fraction de seconde ma concentration, fraction de seconde que l’Assassin mit à profit pour faire voler mon épée, hors de portée.

L’adrénaline envahit soudain mes veines et je sentis toutes mes perceptions s’affiner, et le temps autour de moi ralentir. Je pris une lente inspiration en me plaçant en position de combat, mains ouvertes devant moi. J’inspirai lentement et bloquai ma respiration. Le sang reflua dans mes tempes et comprima mon cerveau. J’étais au summum de la perception. Chaque détail m’apparaissait.

Le Blanc attaqua, son épée fusa. Je tournai sur moi-même, attrapai la lame entre mes deux mains et tournoyai sur moi-même. Son bras se trouvant dans un angle improbable, l’Assassin fut forcé de lâcher son épée qui vola rejoindre la mienne. Cependant, son mouvement ne s’arrêta pas là. Son poing vola droit vers ma poitrine, et au dernier moment, une lame jaillit. Personne n’aurait pu éviter pareille feinte, personne. Mes perceptions accrues me sauvèrent la vie. Je me plaçai de côté et attrapai son poignet en plein élan. D’un pas sur le côté, je me collai contre l’Assassin, mon bras tenant soi poignet le long du sien. D’une simple traction, je le tirai en avant et il se pencha involontairement. Je lançai alors mes jambes par-dessus son dos et roulai tout contre lui. Puisque j’agrippai toujours sa main, la Capuche fut forcée de se retourner d’un coup. Je la tirai vers moi et lui assenai un coup de poing magistral et pleine mâchoire. Je me baissai, tendis la jambe et fouettai l’air. Je frappai le Blanc derrière les genoux et il tomba sur ces-derniers. Je me plaçai dans son dos, mes jambes devant ses bras de telle manière qu’il se retrouvait à genoux, écartelé. Le fil de mon poignard vit embrasser sa jugulaire.

Un coup d’œil m’apprit que le blondinet avait été maîtrisé, même si plusieurs de mes Ombres se tenaient pour certains la mâchoire, pour les autres les côtes.

- Qui es-tu ? , sifflai-je en menaçant de l’égorger. Devant son mutisme, je tirai sa capuche vers le bas.

Une femme !?

Je me dégageai, mais avant qu’elle n’ait le temps de se relever, je lui donnai un violent coup de pied entre les omoplates qui l’envoya sur le sol. Je m’agenouillai près de sa tête et lui saisit les cheveux.

- Qui. Es. Tu ?

Pas de réponse. Je lui frappai la tête sur le sol. Un, deux, trois fois.

- QUI ES TU ? TON NOM !

Son silence me fit entrer dans une colère noire. Je me levai subitement, la laissant la tête dans la poussière. Je me dirigeai à grands pas vers le blond. Sans crier gare, je le frappai trois fois, à la tête, aux côtes et à l’estomac. Il s’écroula à genoux, retenu uniquement par mes guerriers.

- Parle, ou il meurt.

- Vous l’avez trop amochée, sire…, osa un des combattants Noir.

Je marquai une hésitation.

- Tu n’as pas tort, Fox. On les embarque. Peut-être seront-ils plus bavards après une semaine de jeûne.

Je retournai auprès de ma capuche blanche teintée de rouge.

- Désolé, mais je vais devoir éteindre la lumière.

Un grand coup de pommeau sur la tempe l’assomma.

-------------------------

Les Ombres ligotèrent les deux prisonniers et après avoir donné des instructions à Hantor que je nommai chez de chantier, nous nous en allâmes. Nous prîmes des chevaux à l’écurie, pendant par les chevilles à la grande poutre de la grange ceux qui refusaient de coopérer. Le trajet du retour se fit sur le qui-vive. Au matin du troisième jour de chevauchée, nous dûmes couper par la forêt, apprenant d’un voyageur (partiellement torturé) que les Assassins étaient à la recherche de l’un d’entre eux.

Ou l’une. Torse nu, cheveux dans le vent, je jetai un regard neutre à la femme ligotée que l’on avait balancée sur une selle sans autre fioriture. Qu’elle s’estime au moins heureuse qu’on ne l’ait pas traînée derrière les chevaux. Je voulais bien être cruel, sadique et sans cœur, mais j’avais un minimum d’honneur. La femme Assassin se réveillait de temps en temps et agitait vainement ses liens pour tenter de s’échapper. Inutile de dire que c’était tout à fait inutile. Le grand guerrier blond, lui, alternait entre des phases d’inconscience et des marches silencieuses, ligoté par le cou à l’un des chevaux. Au fur que nous approchions de notre destination, je pouvais voir la haine grandir dans ses yeux. Qui sait, peut-être parviendrai-je lorsque ce ne sera plus que de la colère qui coulera dans ses veines, à l’enrôler.

Mon attention se reporta sur la brune lorsqu’elle s’éveilla en gémissant. Qui était-elle ? Pourquoi les Assassins la recherchaient-ils déjà ? Etait-ce quelqu’un d’important ? A en juger par sa technique de combat, je ne doutais pas qu’elle fut l’une des meilleures d’entre eux. J’avais donc en main une carte très importante que je devrai jouer avec beaucoup de soin.

Nous ne nous aperçûmes pas que nous approchions la Citadelle puisqu’il faisait nuit noire.

Je poussai un long sifflement, puis deux autres sifflements plus courts. Une allée de torche s’alluma sur une centaine de mètres, menant droit vers la porte du Royaume du Mal. Je saluai d’un hochement de tête chaque Ombre derrière sa torche. Cinq guerriers gardaient la Grande Porte. Hauts tous de plus de deux mètres, plus d’heures d’entraînement que d’heure de sommeil au compteur de leur vie, ils étaient à eux cinq le Cerbère de mon Enfer. Tant qu’ils seraient là, personne ne pourrait entrer. Je leur montrai discrètement mon avant bras sur lequel était gravé dans la peau un symbole. Un coup d’œil me confirma que mes deux fugitifs étaient inconscients. Je ne tenais pas à ce qu’ils remarquent mon manège. Le symbole était une clef qui ouvrait les portes de tous les QG Noirs possibles. Une pareille information valait de l’or.

Nous entrâmes à l’intérieur de la Tour et Leito vint à ma rencontre.

- Bonsoir Seigneur Saï.

- Bonsoir Leito. J’ai avec moi deux otages que j’ai cueillis sur le chantier près de Fungaï. Jette le blond dans les cachots de l’aile Ouest. Place trois gardes en faction devant sa cellule. Je veux qu’ils soient toujours deux. Effectuez des roulements de huit heures. Je m’occupe de la fille.

- A vos ordres, Seigneur.

Les cachots de l’aile Ouest. Voilà qui devrait éclaircir les idées de notre tas de muscles blond. Pour éviter tout risque de communication, je conduisis la femme dans la prison côté Est. Je la jetai sans ménagement dans une petite cellule d’environ neuf mètres carrés,. Une fine paillasse recouvrait le sol au fond à gauche de la petite pièce, lit de fortune pour prisonniers. Une unique meurtrière s’ouvrai dans le plafond, hors d’accès, offrant à cet espace de ténèbres un rayon de soleil deux heures par jour, positionnement de la tour oblige.

Je pris une chaise dans les environs et m’installai dessus en attendant le réveille de la capuche au bois dormant.
Finalement, la silhouette, état auquel elle était réduite, bougea un peu. J’attendis une minute, le temps de m’assurer qu’elle était éveillée, et je pris la parole.

- Inutile de chercher tes armes, cachées ou non, je t’ai fouillée personnellement et dépouillée de tout ton arsenal. Sacré matériel. Une lame cachée pourrait m’être très utile, merci du cadeau.

Je me levai et pris ma chaise pour aller m’asseoir en face de ma victime.

- Quel est ton nom ? Je ne te pose la question qu’une fois. Si tu mens, triches, te tais, m’injuries, me craches dessus, tente de m’attaquer ou quoi que ce soit d’autre qui passe dans vos têtes de chien d’Assassin, je tue ton ami.

Je la fixai droit dans les yeux, impassible.

- Alors je te le demande : Qui est tu ?



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Melley
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MessageSujet: Re: Nouveaux problèmes, nouvelle mission [Melley]   Lun 27 Mai - 16:06

Ils avançaient, cherchaient un moyen de sortir de ce foutoir. Les bruits de voix et de pas résonnaient partout autour d’eux. Jusqu’à ce que cinq silhouettes apparaissent. Melley déglutit, mais tout comme Saïlen, elle avait comprit qu’ils n’avaient pas le choix. Ils devaient les croiser, et espérer qu’ils ne remarquent rien. Malgré sa cape à moitié retournée, le blanc à moitié camouflé, ils étaient repérables aisément. Ils avaient l’air de deux visiteurs…

Ils les croisèrent donc, Melley tentant d’être le plus naturel possible, mais ça aurait été trop beau non ? L’un des hommes semblait plus intelligent que ses confrères et se retourna, analysa, et avertit les autres. Des cris furent poussés, des sifflements émis. Ils n’avaient plus le choix, ils devaient se battre.
Melley pivota donc et dégaina son épée en même temps que son coéquipier. Les hommes fonçaient sur eux et le combat débuta alors que d’autres bruits se faisaient entendre dans les tunnels.

Melley paraît, attaquait, assommait. Mais des groupes d’Ombres apparurent. Des Ombres entraînés qui ne craignaient pas la chaleur et n’étaient pas épuisés comme eux. Une bonne vingtaine, contre deux. Melley se maudit. Elle le savait qu’elle aurait du éloigner Saïlen ! Maintenant, il risquait encore plus de mourir à cause d’elle ! Mais pour l’heure, le combat. Les Ombres étaient sans pitié, ce qui l’aurait étonnée, et elle mit du temps à en éliminer un seul. Du coin de l’œil, elle suivait les combats de son collègue, qui avait déjà reçu quelques entailles. Il s’épuisait, elle aussi. Elle eut une coupure sur le bras, rien de grave, et l’auteur fût tué rapidement. Son corps tombant sur le sol fût le dernier bruit qu’elle entendit avant de réaliser que le reste n’était que silence. Elle se tourna, vit l’interrogation dans les yeux de Saïlen. Les Ombres s’étaient écartés avec respect, en garde tout de même, laissant passage à un homme. De taille moyenne, un peu plus grand qu’elle, il avait l’arsenal complet d’un Ombre, mais son aura était telle que Melley sut que ce n’était pas n’importe qui. Et que sa cible, c’était elle. Elle le regarda d’un air mauvais, tout comme Saïlen.

-En entrant ici, vous avez fait une grave erreur. La dernière, même.

Il avait dégainé une épée accrochée à son dos tout en parlant. Et Melley avait horreur de ces types qui se targuaient de savoir ce qu’elle avait fait. Son erreur avait été de ne pas éloigner Saïlen. C’était tout. Entrer dans cet endroit était tout à fait ce qu’elle avait voulut faire. Mais trêve de plaisanteries.

Elle attaqua rapidement, voulant en finir au plus vite. Sa lame était pointée droit vers la gorge de l’ennemi qui parvint à éviter en se penchant vers l’arrière. Surprise un quart de seconde, elle était déjà en garde alors qu’il se redressait. Donc, il était un excellent combattant. Comme elle.

A nouveau, elle passa à l’attaque, visant apparemment sa cuisse, déviant à l’ultime seconde vers son épaule. Encore une fois, il para, le cri des lames s’entrechoquant résonnant dans la grotte. Elle recommença, il para une nouvelle fois. Elle ne voulait guère utiliser de bottes maintenant. Seulement il accélérait le rythme, ne se contentait plus que de la défense. Il attaquait et elle dût reculer pour éviter d’être éventrée. Là, elle vit du coin de l’œil l’agitation lorsque Saïlen voulut s’approcher, arrêté par les autres Ombres.

Elle priait pour qu’il ne lui arrive rien de fâcheux, et profita de l’inattention de son adversaire pour le désarmer.

« Ne jamais se détourner du combat. Pas tant que l’autre aura un souffle de vie. » Son père avait de bons conseils…

Cela surpris l’autre, mais ne le déstabilisa pas pour autant. Au contraire, il se remit en position, mains devant lui, se concentrant. Du coin de l’œil, brièvement, elle vit Saïlen se démener contre les assaillants. Elle s’en voulait. Il devait tous les affronter alors qu’elle se choppait un adversaire unique. Unique mais bien plus dangereux que tous les autres réunis.

Elle repassa à l’attaque, vivement, mais de même il agrippa sa lame en pivotant sur lui-même une nouvelle fois. Son bras suivit le mouvement et la douleur irradia, se propageant le long du bras pour se diffuser dans son dos. Tordu, elle n’avait d’autres choix que de lâcher son arme qui rejoignit l’autre un peu plus loin. Mais… maintenant il était temps.

Rapide, son poing fusa vers la poitrine de son adversaire. A quelques centimètres d’elle, elle déclencha le mécanisme et libéra la lame secrète attachée à son bras. Impossible d’éviter. Impossible d’en réchapper. Cette technique avait toujours porté ses fruits.

Il y parvint. Aussi improbable que ça paraissait, il réussit à éviter le coup mortel. Il se mit sur le côté, agrippa son poignet dans le même temps, en plein élan. Melley garda un visage neutre malgré sa stupéfaction devant l’agilité de cet homme.
Suivant le mouvement, il se colla à elle, leurs bras se touchant tout le long, lui tenant toujours son poignet. Elle réfléchissait, cherchait comment se libérer et le tuer, aider Saïlen, s’enfuir… revenir plus tard avec plus d’hommes…

Le cours de ses pensées fût brisé lorsqu’il tira un coup sec, la forçant à se pencher en avant. Elle le sentit rouler sur son dos, technique qu’elle connaissait, son père la lui avait apprise, mais puisqu’elle était toujours bloquée, l’homme tenant ses mains, elle fût entraînée et pivota violemment pour se retourner. Et, coordonné, l’homme tira une nouvelle fois, la ramenant à lui, et son poing vola, percutant sa mâchoire brutalement.

Ses dents claquèrent entre elles et elle sentit le goût métallique du sang envahir sa bouche. Elle était sonnée de moitié, ne sentait plus sa mâchoire là ou il avait cogné et elle n’eut pas le temps de se remettre qu’il fouettait l’air et la frappait derrière les genoux, la faisant tomber en avant. Essoufflée, épuisée en partie à cause de la chaleur, elle était à genoux, à la merci de l’Ombre. Elle ne savait pas ce qu’il advenait de Saïlen. Ne savait pas s’il s’en sortait. Il devait tenter de fuir. La laisser là.

L’homme était dans son dos, et elle sentit le froid d’une lame se poser sur sa gorge.

-Qui es-tu ?

Il appuyait avec sa lame, et elle ne répondit pas. Qu’il la tue… tout serait réglé… même si elle ne souhaitait guère mourir ainsi. Énervé, il agrippa sa capuche et la descendit brusquement. Son silence soudain l’informa qu’il était surpris de voir une femme et non un homme.

Il se dégagea alors, libérant ses bras et ses jambes, mais avant qu’elle ne parvienne à se relever pour en finir, elle reçut un coup de pied entre les omoplates et tomba à plat ventre au sol, étourdie. Elle sentit la présence de l’autre puis une traction sur ses cheveux la força à relever la tête vers lui. Elle ne voyait que le bas de son visage…

- Qui. Es. Tu ?

Elle ne répondit pas. Elle savait qu’ils connaissaient son nom. Qu’ils savaient qu’ils cherchaient Melley Al’Ran. Elle ne devait pas le leur dire. Sinon tout serait perdu. Il était plus qu’énervé et son silence ne l’aida pas. Le sol se rapprocha vivement d’elle et elle mordit la pierre une, deux, trois fois avec violence. Son nez avait craqué et du sang giclait à flot, son arcade sourcilière était touchée, et elle ne sentait plus aucune autre partie. Son front devait être recouvert de plaies et de sang, ses joues aussi. Elle essaya de rouvrir les yeux, l’un d’eux ne répondait qu’à moitié.

- QUI ES TU ? TON NOM !

Elle ne répondit toujours pas, malgré la douleur qui tournait dans sa tête, du sang dans sa bouche et sur elle, de l’étourdissement, de la chaleur… seulement cela le fît atteindre ses limites. Il se releva alors, la laissant en plan, et elle parvint tout juste à relever le visage suffisamment pour le voir approcher de Saïlen, tenu par ses hommes. Non…

Elle grimaça quand il prit lui aussi des coups, à la tête, aux côtes et à l’estomac, tombant à genoux.

- Parle, ou il meurt.

Une autre voix s’éleva, elle ne comprit pas. Elle n’arrivait plus à réfléchir… sa tête était lourde, la douleur obstruait tout. Le seul point qu’elle savait, c’était qu’elle avait échoué à protéger le Guerrier. La dernière chose qu’elle entendit fut :

- Désolé, mais je vais devoir éteindre la lumière.

Il y eut un choc sur le côté de sa tête et elle ferma les yeux, sombrant dans l’inconscience.

Par la suite, ce fût par vague qu’elle suivit le déroulement de la situation. Lorsqu’elle sortait du monde de l’inconscience, elle était ballotée et reconnut très vite les mouvements d’un cheval. Le paysage défilait, mais elle ne pourrait pas le décrire. Son œil avait enflé, et elle ne sentait plus grand chose dans son visage. Elle devait être méconnaissable. Elle tentait de se libérer, tirant sur les liens qui l’entravaient, mais rien à faire. Et, la chaleur aidant, elle se rendormait, se laissant juste conduire par les Ombres.

Une fois seulement elle croisa le regard de son adversaire alors qu’elle rouvrait de moitié les yeux en gémissant. Il était torse nu à ce qu’elle pouvait voir, et avait de longs cheveux. Elle ne discernait guère plus.
Elle s’en voulait. Perdre contre un seul adversaire, tout aussi fort soit-il. Ne pas avoir réussi à protéger Saïlen. Maintenant il était captif lui aussi. Tout ce qu’elle avait voulut éviter. Elle avait perdu la notion du temps, ne savait pas trop ou ils se rendaient, bien qu’elle avait un soupçon sur le sujet.

Elle préférait rester dans l’inconscience et récupérer quelques forces, au cas où. Très loin dans son esprit, elle entendit des sifflements. De vagues lumières se dessinaient sur ses paupières closes, mais elle n’avait pas la force d’ouvrir les yeux.

Ce ne fût que bien plus tard qu’elle sortit pour de bon des songes. Elle avait toujours les mains liées, et l’air était humide. Elle bougea faiblement, se rendant compte qu’elle était à même le sol rugueux, et son visage ce rappela à elle. La douleur était horrible, mais supportable. Elle ouvrit les yeux, dont l’un que de moitié puisqu’il était enflé, et analysa l’environnement. Petite cellule, une sorte de matelas à sa droite, donc à gauche de la cellule, et de faibles rayons nocturnes passant par une petite meurtrière au plafond, largement hors d’atteinte même en sautant ou prenant élan sur un mur.

Par contre elle était seule. Pas de Saïlen. Ou était-il ? Était-il… mort ? Non… impossible… elle se doutait qu’ils étaient dans le chef-lieu des Ombres. Et la voix la fît sursauter :

-Inutile de chercher tes armes, cachées ou non, je t’ai fouillée personnellement et dépouillée de tout ton arsenal. Sacré matériel. Une lame cachée pourrait m’être très utile, merci du cadeau.

Elle vit une silhouette se mouvoir et se rapprocher d’elle, posant une chaise et s’y installant. Ses armes… entre de mauvaises mains… et il l’avait fouillée ?! Elle en frissonna de dégoût. Elle serra les dents, grimaça à cause de la douleur, mais ne pipa mot.

-Quel est ton nom ? Je ne te pose la question qu’une fois. Si tu mens, triches, te tais, m’injuries, me craches dessus, tente de m’attaquer ou quoi que ce soit d’autre qui passe dans vos têtes de chien d’Assassin, je tue ton ami.

Elle resta de marbre, tout comme lui. Saïlen était en vie ? C’était ce qu’il disait. Il pouvait bluffer. Il pouvait très bien le lui faire croire alors qu’en réalité son ami était déjà mort depuis longtemps. Combien de temps depuis l’affrontement d’ailleurs ? Bien plus d’une journée ça elle en était persuadée… son père savait-il déjà ? La cherchait-il ? Ou pensait-il qu’elle était toujours en mission ?

-Alors je te le demande : Qui est tu ?

Elle ne devait pas révéler son identité. Mais en même temps, si Saïlen était réellement encore en vie, les menaces de l’homme se réaliseraient. Et ce serait de l’égoïsme. Seulement elle ne pouvait pas révéler son nom ! Les Ombres le connaissaient, savaient ce qu’elle représentait pour eux ! La libération de leur démon, le chaos sur le Royaume…
Et si elle proférait un semi-mensonge ? Elle ne s’était pas toujours appelée « Al’Ran ». Elle remercia pour la première fois de sa vie ses parents adoptifs qu’elle n’aimait pas vraiment et dont elle n’avait plus trop de nouvelles.
L’autre s’impatientait devant elle, elle le voyait. Elle ouvrit donc la bouche, gardant un masque tout à fait neutre et impassible. Savoir mentir, on le lui avait appris. La mâchoire lui fît mal ainsi que sa gorge, elle se rendit compte qu’elle avait soif et même faim, lorsque les mots passèrent aux travers de ses lèvres :

-Malory. Malory Neshalt.

Elle n’avait pas vraiment menti. Et rien ne pouvait la trahir. Seuls son père et Lewis décelaient le mensonge chez elle. L’autre était peut-être fort, mais ça, il n’y parviendrait pas.
Elle retint une grimace lorsque la douleur se répandit à nouveau dans son visage. Il avait vraiment bien porté ses coups. Elle aurait presque préféré qu’il lui enfonce une lame dans le corps…

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MessageSujet: Re: Nouveaux problèmes, nouvelle mission [Melley]   Dim 23 Juin - 0:08


Les Ombres qui nous attaquaient sans relache s'étaient tout simplement rangés le long des parois, leurs armes toujours en mains, mais ils ne bougeaient pas d'un pouce, regardant avec respect l'homme qui s'avançait vers nous. Il suffisait d'avoir un peu de jugeote pour deviner qui il était. Sa façon de se mouvoir, le regard que les hommes lui adressaient. Sûrement les siens. Dans tout les cas, si ce n'était pas le chef, il était haut placé, et apparemment connu. Je lui lançais un regard haineux. Rien que de voir cette capuche sombre sur son crâne me révulsait. Il était plus petit que moi, vêtu uniquement de vêtements sombres, cachant son visage et peut-être de nombreuses armes. Il prit la parole, que je pris pour une menace. Une menace de mort, et il dégaina son épée. Je resserrais ma prise sur la poignée de mon arme, me préparant à une attaque.

Sans que je puisse faire un seul mouvement, Melley se mit en mouvement. A une vitesse qui m'empêcha de pouvoir l’arrêter  Elle attaqua l'Ombre, qui évita sa lame, d'une façon assez magistrale, il fallait l'avouer. J'observais leur combat, étudiant leurs mouvements, leurs gestes. Je cherchais une faille, la faille qui aurait fait que j'aurais pu m'incruster et aider Melley. Mais leurs gestes étaient beaucoup trop rapides, je risquerais de le rater, et ses hommes ne manqueraient pas de m'attaquer. Je fus d'ailleurs surpris de voir qu'il ne bougeait pas, observant le combat de l'homme qui était sûrement leur chef. Je pris alors une décision  et je fis un pas en avant. Je n'eus pas le temps de faire autre chose, mon mouvement les ramenant à la réalité. Ils étaient sur moi.

Le premier qui se présenta à moi reçut un violent coup de pommeau dans la mâchoire puis un coup de genou dans l'estomac, qui le fît se plier en deux. Tandis que je le poussais au sol, deux autres ombres m'arrachèrent mon épée des mains. Je me retrouvais désarmé. Et le combat précédent m'avait fatigué, la chaleur n'arrangeant rien à la situation. Mais la vue du combat opposant Melley à l'autre homme, faisait que je n'abandonnais pas. Je devais m'en sortir, aller l'aider. Je m'étais bien rendu compte qu'elle cherchait à m'éloigner de cette histoire, je connaissais ses raisons, sachant à présent qui elle était réellement  Je devais moi aussi la protéger. Pas à cause de son statut, juste parce que je ne pouvais tout simplement pas l'abandonner ici, la laisser mourir. Je vis du coin de l'oeil que Melley avait réussit à le désarmer  mais je ne pus faire attention à leur combat plus longtemps, me concentrant sur les ombres qui me retenait.

Je donnais des coups sur tout ce qui bougeait, sur chaque partie du corps de mes adversaires, le ventre, la tête, les jambes. Sauf que je n'avais aucune armes, eux si. Mais ils ne semblaient pas vouloir me tuer, leurs coups d'épées ne faisant que m'infliger des coupures plus ou moins profondes. Alors que je venais de sûrement briser quelques côtes à un homme plutôt petit, un nouvel adversaire se dressa devant moi. Je fus surpris de voir qu'il ne portait pas l'habituelle capuche noire des ombres. Et pourtant, il aurait mieux fait, ça aurait caché son horrible chevelure bleu électrique, que je pouvais voir malgré l'obscurité. Il était petit comparé à moi, assez fin et semblait novice par rapport aux autres. Il attaqua en premier, d'un coup de poing vers ma mâchoire, que je contrais avec mon avant-bras et envoyais mon poing dans ses côtes. Le coup atteint sa cible, se qui le fit se plier en deux. J'envoyais mon pied vers lui, voulant le mettre au sol, mais il évita le coup. Il était finalement un peu plus doué que ce que je pensais. De plus, je commençais vraiment à faiblir, fatigué de ces attaques venant de partout, de ses lames qui me coupait la peau. Mais je continuais, parce que je le devais. Le jeune homme, qui ne devait pas avoir vingt ans à vu d'oeil se jeta vers moi, attaquant d'un coup de pied. Il était téméraire, j'étais plus âgé que lui, j'avais un avantage par ma corpulence et il semblait novice. Mais il avait une arme, et je devais lui retirer des mains. Son pied se dirigea vers mes jambes, je me baissais, évitant par la même occasion un poing destiné à ma tempe et attrapais sa cheville, le faisant tomber sur le sol. Mon poing percuta ensuite son nez, dans un craquement écoeurant et mon talon rencontra son estomac violemment. J'allais l'achever d'un coup au crâne, mais je sentis cinq pairs de bras se saisir de moi et me tirer en arrière, me relevant. Je voulus me débattre, mais la fatigue et leurs forces combinées finirent pas avoir raison de moi et j’arrêtais de bouger.

Je jetais un coup d'oeil haineux au garçon aux cheveux bleus, qui se relevait difficilement, avant de tournés mon regard sombre vers Melley et l'Ombre. Je vis alors Melley, à genoux sur le sol, la lame d'un poignard sur la gorge. Je donnais un coup de coude à un ombre, qui fut aussitôt remplacé par un autre. J'étais à présent retenu par cinq combattants, qui me tenait par les bras et les épaules, m’empêchant de me libérer.

Qui es-tu ?

Il allait devoir être un peu plus menaçant que ça s'il voulait que Melley parle. Il n'obtiendrait sûrement pas de réponse, d'ailleurs. Elle ne lui dirait jamais. Il tira alors la capuche en arrière, dévoilant le visage de l'assassin. Je priais pour qu'il n'ai jamais vu son visage auparavant. Si c'était le cas, tout était perdu. Il y eut un silence, mais apparemment pas parce qu'il avait déjà vu ce visage puisqu'il reposa sa question accentuant chaque mot. Il agrippa alors ses cheveux, et lui claqua le visage contre le sol. A la suite de son geste, je retentais de me libérer de l'emprise des hommes qui me retenait, mais en vain, je ne réussis qu'a recevoir une nouvelle coupure à la cuisse, qui me fit grimacer  Le visage de Melley percuta trois fois le sol. Lorsqu'il lui releva la tête, je vis alors qu'elle était vraiment amochée. Je ne pouvais rien faire, mais je ne quittais pas des yeux l'homme à la capuche, une lueur menaçante dans mes yeux noirs. Dès que j'en aurais l'occasion, je le tuerais, mais pour l'instant, je n'étais vraiment pas en état de le faire. Ses hommes m'avaient retiré une grande partie de mon armure, et leurs lames avaient méchamment entamé la peau de mes jambes, de mon torse et de mes bras, ouvrant des plaies par lesquelles s'écoulaient de petits filets de sang, j'avais reçu de nombreux coups et j'étais épuisé.

J'étais dans les vapes, la seule chose qui m'empêchait de tomber sur les genoux étant la poigne des ombres. L'homme qui tenait Melley était vraiment énervé  et je le vis s'approcher de moi. Son poing percuta violemment mes côtes, mon estomac et mon visage. Je tombais à genoux, gardant mes yeux noirs fixés sur lui, ne voyant que le bas de son visage. Je crachais un filet de sang, son coup ayant percuté ma mâchoire et je l'entendis prononcer quelques mots. Parle, ou il meurt. C'était peut-être le seul moyen pour que Melley parle, mais il ne fallait pas. Autant mourir. Melley n'ouvrit pas la bouche et l'ombre s'approcha d'elle, l’assommant d'un violent coup de pommeau sur la tempe.

- - - - - - - - - -

Melley et moi avions fini ligotés, puis trainés hors de ses tunnels. Elle était toujours évanouie lorsqu'ils l'attachèrent et la mirent en travers du dos d'un cheval. Il me ligotèrent au cou à un autre et je leurs adressais un regard noir, ils ne perdaient rien pour attendre. Le voyage commença alors et j'alternais entre des moments d'inconscience, suite à des coups, ou à la fatigue, et des moments de marches, durant lesquels, je regardais droit devant moi, fixant le vide de mes yeux noirs, se faisant de plus en plus haineux.

Alors que je sombrais dans le sommeil, j'entendis vaguement des sifflements, mais j'étais dans les vapes et je n'eus pas le force de bouger. Cependant, quand je sentis des bras se saisir de moi, j'ouvris les paupières et je plissais les yeux pour essayer de voir quelque chose, mais un violent mal de crane me fit aussitôt changer d'avis. Je me laissais traîner dans un lieu que je ne connaissais pas et l'on finit par me jeter dans un lieu plutôt froid. Je tombais sur le sol et y restais un moment, incapable de trouver la force pour bouger. Je dus m'endormir pour une durée inconnue, et à mon réveil, je réussis à ouvrir les yeux, mon mal de crâne étant un peu passé. Je me traînais jusqu'au mur, où je m'assis en m'appuyant le dos contre la paroi de pierre. Je remontais légèrement mes genoux en grimaçant et appuyais ma tête contre le mur. 

Je détaillais alors les lieux, m'apercevant que l'on m'avait bien évidemment séparé de Melley et j’espérais qu'ils ne lui feraient rien. Je me trouvais dans une petite pièce sombre, fermée par une porte à vue d'oeil difficile à ouvrir. Il faisait sombre, la seule lumière venant de sous la porte et d'un minuscule trou dans le haut du mur.

J'avais mal partout, j'avais des bleus à plusieurs endroits du corps, ainsi que de nombreuses coupures. Ils m'avaient retirés mon armure, et je ne portais qu'à présent ma chemise grise, mon pantalon de cuir et ma paire de botte. J'étais dans un sale état, mais c'était Melley qui m'inquiétait le plus. Je n'avais aucune idée de où elle était, je ne savais même pas où j'étais moi … Sûrement dans le repaire des ombres. Si l'on s'en sortait, il faudrait retenir cet endroit, sauf que pour le moment, je pensais plutôt à autre chose.

En premier temps, il fallait que je sache où j'étais. Mais je n'arrivais pas à réfléchir  mes pensées revenant sans cesse vers Melley. Est-ce qu'elle était toujours en vie ? Blessée ? Cette option me fit serrer les mâchoires, mais je me demandais s'ils l'avait torturée. Dans tout les cas, ils allaient payer. Je ne sais pas quand, mais un jour, ils allaient regretter.

Des bruits de pas se firent entendre et la porte s'ouvrit sur l'homme qui était à l'origine de tout ça  L'homme qui avait blessé Melley. Il pénétra dans la cellule et je me contentais de le fixer d'un regard haineux. Je ne ressentais que de la colère envers lui, il ne méritait rien d'autre. Je posais mes yeux noirs sur sa silhouette, attendant qu'il parle. Il pouvait faire ce qu'il voulait, jamais je n'ouvrirais la bouche.
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Khalio Saï
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MessageSujet: Re: Nouveaux problèmes, nouvelle mission [Melley]   Sam 30 Nov - 0:07

Spoiler:
 

- Malory. Malory Nesahlt.

Ça ne me disait rien. Ça ne me disait rien parce je n'avais jamais entendu ce nom auparavant, et par ailleurs, j'avais bien du mal à la croire. C'était une Assassin, elle était fidèle à son honneur et à son peuple. Elle ne me dirait rien, quoi que je tente sur elle. Même si je la torturais, elle préférerait mourir que de me livrer des informations. Je l'avais pensé un peu plus tôt dans la journée déjà, les Blancs et les Noirs étaient les mêmes, à une différence près. Nous étions mauvais, eux œuvraient pour le bien. Ils pensaient bien, pensaient bon, agissaient pour le bien et pour le bon. D'après moi, c'était ce qui les rendait faibles. Et une faiblesse, quand on est un méchant, ça s'exploite.


Vois-tu, Malory Neshalt, et permets-moi d'utiliser ce sobriquet en attendant de connaître ta véritable identité, je suis persuadé que tu tiens à me dissimuler la vérité. Par ailleurs, je serais bien idiot de me persuader que tu me la donneras par seul désir de... je ne sais pas... coopération. C'est pourquoi je me permets d'aller chercher ton ami pour qu'il se joigne à nous.

Sur ces dires, je m'éloignai vers l'entrée de la cellule que le garde en faction m'ouvrit. La suite se déroula si rapidement que tout fut flou. L'Assassin bondit. Elle fut si véloce, si rapide qu'elle me surprit. Même moi. Elle me frappa dans le dos et attrappa le poignard aussi rapidement qu'un rêve. L'arme jaillit de ses doigts et termina sa trajectoire dans la gorge du garde qui s'effondra, mort avant de toucher le sol. Elle sortit par la porte entrebâillée mais ne put aller plus loin. Ce qui faisait de moi un guerrier hors-norme était ma vitesse de réaction. La Capuche Blanche tournait à l'adrénaline, c'était certain, puisque je l'avais considérablement affaiblie. Lors de son entraînement, elle avait dû être tant exposée à la douleur pour s'y accoutumer que lorsque j'avais cru pouvoir lui tourner le dos, elle avait eu un second souffle la rendant capable d'exploits. Or, j'étais, à la différence d'elle, en pleine possession de mes moyens. Mes doigts ne mirent qu'une seconde à dégraffer mon fouet de ma ceinture, et la seconde suivante, l'arme bardée de petites lames jaillissait entre deux barreaux de la cellule. Elle fouetta l'air et frappa l'Assassin au bas des jambes. Cette dernière perdit l'équilibre, et réajusta sa trajectoire juste avant de s'écrouler grâce à une alcôve dans le mur de pierre. Pendant ce bref moment où elle manquait de chuter, j'en avais profité pour bondir hors de la cellule. D'un nouveau mouvement du bras, je fis tournoyer mon arme. Juste avant que ma prisonnière ne s'échappe à l'angle du mur, l'arme claqua et la fouetta sous le menton, ouvrant sa peau sur plusieurs centimètres. Ainsi sonnée, elle s'immobilisa un instant. L'instant qu'il me suffit pour franchir la distance qui me séparait d'elle. Je la saisis au cou et la soulevai, la plaquant contre la paroi. Mes yeux fouillaient les siens, et n'y trouvaient que la haine qu'ils me vouaient. Une haine pure et sans limite, débordante. Sûrement ce qui lui avait permis d'être si véloce.
Pas assez, malheureusement. Être imprudent ne me ressemblait pas. Fier et confiant, oui. Maintenant que j'avais eu un aperçu de ses ressources, je comptais bien ne plus la sous-estimer. Et je comptais bien me mettre en colère. Je déplaçai ma main pour la saisir sous le visage, serrant ostentatoirement les doigts de toutes mes forces de telle manière à appuyer sur sa plaie ensanglantée.

C'est l'heure de la visite.

J'appuyai sur son cou à l'emplacement d'un point névralgique majeur et elle s'endormit. Je la chargeai sur mon épaule et marchai rapidement en direction de l'aile Ouest où j'avais fait enfermer le Guerrier. Une classe bien futile à mes yeux. Il n'existait que deux types de guerriers. Les Assassins, et les Ombres. Les Guerriers, eux, n'étaient qu'une bande d'énergumènes armés de bâtons qui rêvaient de quêtes épiques. Pff. Tout ce qu'ils méritaient, c'était mon mépris. Les Ombres me regardaient avec étonnement à mon passage. Bien qu'elle fut dépossédée de son accoutrement ridicule, mes guerriers, des vrais, pouvaient voir que c'était l'ennemi que j'avais chargé sur mon épaule. Une ennemie. Et presque nue. Un oeil noir leur fit détourner le regard...

Tavo est mort. Récupérez ses armes et préparez sa crémation. Je vous rejoins dès que j'en ai terminé. Braas et Fultan, vous m'accompagnez.

Je ne m'étais pas arrêté de marcher, et quand je tournai l'angle d'un autre couloir pour déboucher sur des marches qui grimpaient en colimaçon, deux hommes me talonnaient et les autres s'activaient. Je gravis l'escalier sans baisser mon rythme, et après une nouvelle série de couloirs aux allures de boyaux rocheux inquiétants, la cellule de mon prisonnier apparut. Je déposai mon fardeau sans ménagement contre un mur, hors de portée de la cage, et chargeai mes deux hommes de garder un œil plus qu'attentif sur elle. Endormie, elle ne représentait aucun danger, mais j'avais tout de même préféré lui lier poings et chevilles. Mes guerriers acquiescèrent gravement et je sommai les deux autres gardes en faction de m'ouvrir la cellule. Je les félicitai de leur vigilance lorsqu'ils me demandèrent de prouver mon identité, et me laissèrent entrer.

Le Guerrier était adossé contre le mur du fond, dans l'ombre. Cependant, la noirceur de la cellule n'atteignait pas ses yeux qui flambaient d'une haine pure. Une manie chez nos ennemis, décidément.

Tu sais, guerrier, avec une telle flamme dans tes yeux, tu rentrerais sans difficultés dans mes rangs. Pour ne garder que la méchanceté comme unique crédo, il faut laisser la colère couler dans les veines. Je t'en sens submergé. Attention à toi, tu bascules du côté obscur de la force...

Il ne bougea pas. Pas un muscle qui frémissait, pas un bout de tissu qui froissait. Il était figé dans sa haine, se yeux comme deux flammes dans l'ambiance confinée de la cellule. Je fis un pas à l'intérieur et le garde referma la cellule et s'éloigna.

Nous voilà comme deux lions dans une cage. Voyons, guerrier, agissons comme tel. Comme des hommes. Tu me donnes ton nom, le nom de l'Assassin qui t'accompagne, le but de votre mission si affinités et -crois-moi cela me fend le coeur- je te rends ta liberté. Du moins, une longueur d'avance.

Il resta aussi muet que les murs, ce qui ne me surprit pas vraiment.

Je peux aussi te laisser pourrir ici, mais j'avoue que d'une, où est l'amusement ? Et de deux, je ne suis pas le plus doué pour ce qui est de faire preuve de patience.

Je sifflai et la grille s'ouvrit sur les deux gardes qui portaient l'Assassin. Ils la balancèrent sans le moindre égard au centre de la cellule, et s'effacèrent. Cette fois, le guerrier se tendit.

Le problème avec vous les gentils c'est que vous portez trop d'attention à vos congénères.

Je me tournai vers la jeune femme toujours inconsciente. Je lui donnai un coup de pied dans les côtes, mains calmement croisées dans le dos, ce qui eût pour effet de faire se tendre plus encore le grand blond.

Allez, debout.

Autre coup de pied.

Debout !

Cette fois, je ne modérai pas ma force et la douleur réveilla l'Assassin.

Eh bien, tu aimes te faire attendre... Passons au plat de résistance.

Je m'avançai vers l'homme en douceur. Mes mains se décroisèrent dans mon dos et je fléchis mes appuis. Il ne me laisserait pas le maîtriser sans tout donner pour me tuer avant. Je m'arrêtai quelques mètres devant lui. Un regard en arrière, vers la femme pathétique qui tendait son bras comme pour me retenir de blesser son ami, suffit à me remplir de haine ancestrale pour cette race de fillettes en robe blanche. Je me tournai vers le guerrier blond à l'instant où il bondissait. J'esquivai son attaque à l'ultime moment et frappai son abdomen avec mon genou. Dans le même mouvement, je me glissai dans son dos, m'accroupis et balayai ses jambes. Il tombait à peine qu'il se relevait. Il était très grand, et rapide, lui aussi, même si la vitesse qu'il avait en moins comparé à la Blanche, il le compensait avec sa force. Je décalai un crochet du gauche de mon avant bras, glissai sous son bras droit d'une torsion du torse et frappai trois fois. Encore. La même attaque. Estomac, plexus solaire, nez. Le guerrier fut étourdi. D'un pas presque dansant, je levai le bras et saisis l'arrière de son crâne. Je regardai l'Assassin avec haine, et frappai le visage de l'homme contre le mur de pierre. Il tomba à genoux et une lame jaillit entre mes doigts. Accroupi derrière lui, les genoux enfoncés entre les omoplates, lame sous la gorge, je menaçai une derrière fois la femme.
Dernière.

Ultime chance : ton nom.

Les bruits d'une course me parvinrent à ce moment précis. Une Ombre, toute essoufflée, se précipita jusqu'à la cellule et empoigna les barreaux tellement fort que ses phalanges blanchirent.

Seigneur Saï, Seigneur Saï !
Que se passe-t-il Seandra ?
Seigneur Saï, on a un gros problème là-dehors !
Je suis occupé avec les prisonniers Seandra.
Toutes mes excuses Seigneur Saï, mais nous nécessitons votre recours immédiat.

Elle marqua une courte pause. Ses cheveux blonds cascadaient autour d'un visage aux traits fins et un regard aussi sombre que le mien était clair. Elle hésitait à parler devant les prisonniers.
Seigneur Saï...
Parle Seandra.

Le grand blond tenta de s'échapper d'une violente ruade et je parvins à maintenir ma prise. Trop concentré que j'étais sur ma guerrière, je ne pouvais voir son visage, ni celui de l'Assassin.

La Forteresse est attaquée.

Un éclair passa sur mon visage tandis que la colère montait. Ma Citadelle. Attaquée. Les prisonniers attendraient. J'endormis le grand guerrier d'une pression féroce dans le cou et dépassai la jeune femme inerte sur le sol.
En quelques phrases brèves, j'aboyai mes ordres.

Braas, Fultan, reconduisez l'Assassin à sa cellule. Vous la laissez attachée. Je veux une garde serrée, trois hommes, et un roulement toutes les quatre heures. Nourrissez-la pour qu'elle reste en vie. Chargez Djenjis de trouver Leito et qu'il communique ceci en ces termes exacts : Procédure Code Noir. Placez deux hommes en face de la cellule du Guerrier. Même roulement. Convoquez l'Elite, je veux sept hommes prêts dans trois minutes.

Quand j'eus terminé, tous se mirent en mouvement. Je descendis avec ma guerrière et ouvris en grand les battants de la Citadelle. Un orage terrible s'abattait sur mes terres, une tempête telle que le sol vibrait sous les grondements du tonnerre, et la foudre frappait le sol en tous points.

Est-ce-là l'attaque dont tu m'as parlé ?

Je me tournai vers l'Ombre qui soutint mon regard.

Non Seigneur. Je parlais d'eux...

Elle pointa du doigt les frondaisons de la forêt proche. Ce que je pris d'abord pour un rempart d'arbres s'avéra être une colonne entière de loups sauvages. Plusieurs dizaines. Ils me fixaient avec insistance, une lueur de prédateur dans les pupilles. Un très gros loup noir s'avança et rebroussa les babines. Un grondement sourd monta de sa gorge. Il fut aussitôt suivi par la centaine d'autres animaux. Le bruit monta de la forêt, menaçant. Chaque loup devait mesurer près d'un mètre trente de haut et les plus grands faisaient deux mètres de long.

Faites sonner la retraite de la Garde extérieure, ils n'ont aucune chance. Ils nous faut nous barricader.
Les loups ont défait la totalité de la Garde, Seigneur...

Un frisson parcourut mon échine. Les prédateurs avaient tué tous les gardes que j'avais postés à l'extérieur. Comme pour confirmer mes dires, les animaux s'écartèrent et une bête de plus d'un mètre soixante de haut s'avança, la gueule en sang. Entre ses mâchoires démesurées elle tenait la tête d'un de mes hommes, le visage lacéré.

Les hommes de l'Elite sortirent de la Forteresse à ce moment-là. Ils se figèrent lorsqu'ils virent les bêtes.

Au moment où je m'apprêtais à faire demi-tour pour m'abriter dans l'enceinte de la Citadelle, une bourrasque violente referma les immenses battant dans un claquement que le vacarme de la tempête couvrit.

Nous étions pris au piège.

Et ce fut comme un signal pour les loups qui bondirent en avant. Je n'eus pas le temps de distribuer des ordres, et je dégainai mon épée juste à temps pour qu'un loup vienne s'empaler dessus. Je sortis ma lame du thorax de l'animal et me baissai pour éviter un coup de patte qui m'aurait décapité. Les animaux fondaient sur nous, beaucoup trop nombreux pour que nous puissions les maîtriser. Nous pourrions les repousser longtemps, mais on ne pourrait jamais venir à bout de ce combat. Et je le savais. Ils redoublaient de coups de dents et de patte, et les mâchoires claquaient dans le vacarme de la pluie. Le terrain ne nous facilitait pas la tâche puisque nos pieds s'enlisaient. Les guerriers de l'Elite mes rejoignirent et nous formâmes un cercle. Autour de nous, les loups se rapprochaient, nous enfermaient dans un étau fait de grands crocs et de  griffes acérées. Plusieurs hommes étaient gravement blessés.

Il faut un moyen de retourner à la porte ! Cria Seandra dans le tumulte.
Toi, toi et toi, répondis-je sur le même ton en pointant trois hommes qui n'étaient pas blessés, vous contenez les loups avec moi pendant que Seandra et les autres vont ouvrir la porte.

Les hommes acquiescèrent et le groupe se scinda. Je me lançai en avant. Je tranchai la gorge d'un animal en frappant la mâchoire d'un autre du pied. Je roulai sous le corps d'un loup qui bondissait et dans le mouvement, sortis trois lames de jet accrochés à mes bottes. Quand je fus debout, je pris une seconde pour ajuster mon tir. Les couteaux jaillirent de mes doigts. Deux firent mouche, dans le poitrail et la patte arrière de deux animaux, et le troisième termina sa course dans un arbre. Je n'allais pas pouvoir tenir le rythme. En me bondissant dessus, un gros loup gris me fit lâcher mon épée. Sa gueule s'ouvrit au-dessus de mon visage et plongea vers ma gorge. Ma main droite jaillit sur son cou et je bandai tous les muscles de mon bras pour retenir l'animal. Ses crocs claquèrent à quelques centimètres de ma carotide. Ma main gauche tâta ma ceinture. Je trouvai le bouton qui retenait mon long fouet, et je le défis. Dans un sursaut de volonté et de force conjugués, je repoussai l'animal. Juste quelques secondes. Il revint à la charge et sa mâchoire se referma. Puissante, mortelle. Sur les lames du fouet. La bête gémit, la gueule en sang et j'en profitai pour me redresser d'une roulade arrière.  
Déjà deux autres loups fondaient sur moi. J'avisai un arbre proche. De toutes mes forces je projetai mon arme et une des lames s'enfonça dans le bois du tronc. Lorsque le premier loup tenta de me projeter au sol d'un coup de pattes, je roulai sur le côté sans lâcher mon arme et profitai de sa surprise pour sauter sur son dos. Il tourna rageusement sur lui-même, s'enroulant tout seul autour de mon piège. Je tirai un coup sec et les lames lui transpercèrent la gorge. Je restai assis sur le dos de la bête morte et sortis tous mes couteaux de lancer. J'en avais huit. Les uns après les autres, je les projetai contre le poitrail des animaux. Six loups tombèrent, et il en arrivait toujours plus.

A ce moment précis, la porte de la Citadelle s'ouvrit. Je me précipitai vers l'entrée en évitant les animaux. J'attrapai mon épée sur le sol et un réflexe prodigieux me sauva la vie. Un autre animal tomba et la voie fut libre. Deux des trois gardes de l'Elite restants étaient morts. Je me précipitai dans le château avec ce qui restait de mon escorte. Un troisième garde qui tenait sa main appuyée sur son cou lâcha sa gorge et un flot de sang coula. Il tomba raide mort. Je mis un genou au sol. Les guerriers de l'Elite étaient des guerriers d'exception, et je venais d'en perdre trois.

Je m'interrogeai sur le soudain rassemblement des loups et leur sauvagerie. Quelque chose n'était pas net dans cette affaire.

Leito apparut dans la grande salle.

Seigneur Saï.
Leito.

Je me redressai et confiai ma lame à un Ombre qui s'en alla la nettoyer.

Seigneur Saï, on a un problème avec les prisonniers...

L'exaspération couvrit un instant mes traits, rapidement remplacée par l'agacement, puis l'énervement.

Quoi encore ?

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SOIS LA NUIT
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MessageSujet: Re: Nouveaux problèmes, nouvelle mission [Melley]   Sam 30 Nov - 12:28




Je m’ennuyais. Beaucoup. Les Hommes parvenaient à survivre malgré les épreuves que je leur imposais. Je survolais les terres, les villes, les villages. Une moitié était envahie par la pluie, l’autre par la chaleur suffocante. Mais… que vois-je ?

Les Ombres. Leur belle Citadelle, au loin. Aussi noire que les ténèbres, aussi cruelle que je pouvais l’être. Ils en avaient bien profité tout de même… résistants à la chaleur, ne manquant de rien alors que tout le monde se battait pour un trognon de pomme. Ils en avaient même trop profité. A leur tour de subir.
Et j’allais m’amuser !

Voyons… que puis-je lâcher sur des combattants tels qu’eux ? La pluie ? Non… l’orage ? Non. Des animaux… corbeaux ? Hum… pas assez sauvages ou violents. Bingo ! Des loups. Des loups sauvages, bien plus grands que la normale, des prédateurs presque aussi durs à abattre que les Ombres. Presque. Les Ombres étaient des Hommes et donc faibles. Les animaux étaient puissants.

« De crocs et de griffes,
De cruauté et sauvagerie,
Que les Loups se dressent contre les Hommes et les réduisent à néant ! »

Je riais tellement j’étais pressé de voir le résultat. Combien d’Hommes tiendraient ? Les loups, la pluie, tout se mélangerai. Tout, pour donner le plus beau des désastres. Les Ombres ne réussiraient pas à se protéger derrière leurs murs de pierre froide. J’allais faire en sorte qu’une fois dehors ils ne puissent rentrer… en vie.


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MessageSujet: Re: Nouveaux problèmes, nouvelle mission [Melley]   Sam 30 Nov - 13:14




L’autre sembla réfléchir à ce qu’elle venait de proférer. Peut-être tentait-il de deviner s’il s’agissait de la vérité ou du mensonge.

-Vois-tu, Malory Neshalt, et permets-moi d'utiliser ce sobriquet en attendant de connaître ta véritable identité, je suis persuadé que tu tiens à me dissimuler la vérité. Par ailleurs, je serais bien idiot de me persuader que tu me la donneras par seul désir de... je ne sais pas... coopération. C'est pourquoi je me permets d'aller chercher ton ami pour qu'il se joigne à nous.

Et non, il ne la croyait pas. C’était prévisible en même temps. Et apparemment Saïlen était réellement encore en vie. Le cœur fou, elle acheva de libérer ses mains de l’emprise des cordes. Elle y avait mis le temps, sans le montrer, mais là, c’était sa chance de sortie. L’Ombre lui tourna le dos et elle, ignorant toutes les douleurs de son corps, se leva d’un bond, frappe l’homme dans le dos et du même geste lui vola son poignard. L’arme entre les mains, elle ne mit qu’une demi-seconde à la lancer droit dans la gorge du garde en faction, qui s’effondra, mort. Sans plus attendre, elle se faufila à travers la porte entrouverte et courut. Enfin… avec les petites forces qu’elle avait. L’adrénaline coulait dans ses veines, son esprit était focalisé sur son but : trouver Saïlen et le sortir de là. Mais elle ne fit que deux mètres avant que quelque chose ne lui frappe l’arrière des jambes, la déséquilibrant mais ne la faisant pas chuter, grâce à une alcôve sur le mur, à laquelle elle put se retenir.

Elle reprit sa course, priant pour pouvoir atteindre l’angle et échapper à l’autre… le fouet claqua juste sous son menton, propageant une douleur atroce dans son crâne, faisant perler le sang et l’obligeant à se stopper un court instant. Instant qui permit à son adversaire de la rattraper. Il la souleva par le cou, la plaquant à la paroi. Elle grimaça quand les doigts de l’homme appuyèrent sur la plaie qu’il venait d’ouvrir, mais ne dévia son regard en aucune façon. Elle regardait ses yeux bleus pâle, lui montrant toute la haine qu’elle éprouvait envers lui.

-C'est l'heure de la visite.

Elle ne put réagir qu’il appuya contre son cou, la plongeant dans le sommeil. Elle ne se rendit compte de rien, ne sentit même pas qu’on la transportait ou jetait au sol, jusqu’à ce qu’un coup commence à la tirer des songes et qu’une voix, lointaine, disait :

-Allez, debout.

Elle ne réagit pas, mais le second coup fut si violent que son esprit réintégra sa tête.

-Debout !

Elle ouvrit difficilement les yeux, la douleur se diffusant dans son être comme une langue de feu.

-Eh bien, tu aimes te faire attendre... Passons au plat de résistance.

Ce n’est que là qu’elle se rendit compte qu’elle était dans une autre cellule, mains et chevilles liées. Il y avait… Saïlen. Il était bien en vie. Cela la rassura grandement, mais quand l’Ombre s’avança vers lui, elle déglutit. Qu’allait-il lui faire ? Elle se doutait qu’il allait lui faire mal pour qu’elle parle. Le cœur fou, elle observa le combat. Déséquilibré, mais Saïlen se défendait comme un beau diable. Elle voyait à ses yeux et ses gestes qu’il ne laisserait jamais l’Ombre le tuer sans opposer une résistance farouche. Mais comme elle s’y attendait, l’Ombre prit le dessus. Il crocheta les jambes de Saïlen, lui donna des coups, lui frappa le visage de la même manière qu’il avait fait pour elle. Melley avait mal pour le Guerrier. Mais ce fut pire quand il se retrouva à genoux, une lame sous la gorge.

-Ultime chance : ton nom.

Non ! Elle devait le dire. Elle n’avait pas le choix. Saïlen n’avait rien à voir là-dedans. Elle allait pour parler, difficilement, quand une course se fit entendre et qu’une femme Ombre débarqua. Apparemment il y avait urgence et elle dut convaincre son supérieur de l’écouter. Et quand il le fit, Saïlen tenta de s’échapper, en vain. C’est ce moment précis que Melley choisis pour communiquer avec lui.
Leur ennemi leur tournait le dos, préoccupé par sa soldate en panique qui lui annonça que la Forteresse était attaquée. Son père ? Si vite ? Avec le plus de discrétion possible, Melley fit comprendre à Saïlen qu’elle allait tout faire pour lui permettre de s’enfuir. Elle priait pour qu’il comprenne qu’il ne devait rien faire d’irréfléchi, qu’elle viendrait à lui. Quand il y eut du mouvement, elle se replia, fit comme si elle était invisible, et même assommée. Elle se sentit soulevée par les bras, et fit vraiment celle qui n’avait plus de forces. Et sous cet air, elle mémorisa le trajet de la cellule de Saïlen à la sienne. Des escaliers, des couloirs… c’était vraiment dur, mais elle y arriverait. On la rejeta dans sa cage, et là, elle prit une position fœtale, pour essayer de se libérer les mains en toute discrétion. Le temps leur était compté à partir de maintenant. Et c’était leur unique chance. Quand elle y parvint, s’ouvrant les poignets, elle vérifia que les gardes lui tournaient le dos avant de libérer ses jambes.

Analyser, agir, vite. Elle entendit la porte s’ouvrir, et elle sourit doucement. On lui apportait à manger. L’Ombre allait ressortir quand, aussi vive que possible, elle se releva, prit le plateau, renversant son contenu, et l’utilisa pour frapper l’homme sur le crâne. Il s’effondra, elle prit l’épée et le poignard qu’il portait à la ceinture, et eut juste le temps de parer un premier coup. Il y avait deux gardes qui s’étaient rués sur elle, et le poignard ouvrit la gorge du premier, tandis que l’épée parait un autre coup, et que du même mouvement, l’Assassin pivotait et enfonçait le poignard dans le flanc de l’ennemi. Diversion d’une arme pour qu’il oublie la seconde…

Une fois fait, essoufflée et le corps endolori, elle sortit de la cellule. Elle n’avait pas le temps. Elle courut pour arriver à la cellule de Saïlen, mais ses jambes n’en pouvaient plus. Elle était aux limites de ce que son corps pouvait fournir en matière de force. Les jambes lourdes, la tête qui tournait par manque de nourriture et d’eau, elle se força et poursuivit encore. Saïlen devait sortir. Ensuite, elle resterait ici si jamais.

Se plaquant contre la paroi, elle reprit son souffle en silence et observa. Saïlen était dans la cellule, l’air endormi. Une feinte ? Deux soldats le gardaient. Elle serra le manche de son poignard, visa, lança. Le poignard atterrit dans le torse du premier homme, qui s’affala, agonisant. Aussitôt, son collègue fut aux aguets, mais déjà Melley sortait, épée au clair, et le tuait. Si vite qu’il n’avait pas eu le temps de comprendre ce qui lui arrivait.

Elle fouilla les soldats pour trouver la clé, les mains tremblantes. Combien de temps avaient-ils encore ? Peu, elle s’en doutait. Elle ouvrit tant bien que mal la porte, détacha Saïlen et le réveilla.

-Saïlen ! Vite ! C’est le moment où jamais de partir !

Il émergea et elle le prit à la main pour le forcer à la suivre. Ses jambes n’avaient qu’une envie, céder sous son poids et rester allongées le reste de sa vie, mais elle ignora leur complainte pour se focaliser sur leur but : sortir de là. Ils sortirent de la cellule, descendirent les escaliers en spirale, se cachèrent quand des soldats passèrent devant eux. Il leur fallait trouver la sortie. C’était un vrai labyrinthe ! Ils tournaient en rond, jusqu’à ce qu’un courant d’air leur fasse comprendre par où passer.

-Là-bas ! Saïlen on y est presque !

Il devait tenir. Elle le sentait tout aussi épuisé qu’elle, mais il devait tenir. Alors quand l’air extérieur leur souffla au visage, elle ne put s’empêcher de sourire. Maintenant, longer le chemin, sortir des remparts, fuir. Ils reprirent leur course, puisant leur force dans l’espoir de liberté qui approchait. Melley n’en pouvait réellement plus. Mais c’était si proche !

Si proche et… ils entendirent les soldats derrière eux.

-Cours Saïlen ! Sauve-toi ! Va prévenir mon père, dis-lui où je suis ! Je vais les retenir.

Elle voyait la réticence dans son regard.

-Fais-le Saïlen. Ne t’inquiète pas pour moi. Tu as plus de forces que moi alors cours, pars, va chez les miens et préviens Kem Al’Ran que sa fille est aux mains des Ombres. Dis-lui de ne pas envoyer ses hommes au suicide. Dis-lui que je l’aime et que je ne me laisserais pas tuer par ses chiens facilement.

Il devait partir. C’était maintenant où jamais. Les Ombres arrivaient derrière, et elle pouvait limite imaginer l’air dur de leur chef. Il allait le lui faire payer elle le sentait bien. Mais elle s’en fichait, tant que Saïlen pouvait fuir…

Spoiler:
 


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