Le Royaume de Jakar

Assassin, Ombre, Artisan, Sage...Qui choisirez-vous pour mener à bien votre mission ? Sauvez le Royaume ou mettez le à feu et à sang !
 
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 Autant en emporte le bonheur...[PV Lola]

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Soaric
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MessageSujet: Re: Autant en emporte le bonheur...[PV Lola]   Dim 27 Jan - 11:47




Lola, Soaric & une histoire de coeur





Il attendait la colère de Lola, tête basse. Il attendait qu'elle hurle et le frappe, qu'elle appelle Jon pour qu'il reçoive ses coups de fouets pour son insolence. Mais elle ne fît rien de tout ça.
Il l'entendit s'approcher doucement, ne relevant pas pour autant la tête.

C'est là qu'une main se posa sous son menton et lui redressa la tête, l'obligeant à regarder Lola dans les yeux. Elle commença à caresser sa joue, débutant également un chant triste mais magnifique. Soaric ne bougeait pas, comme pétrifié. Lola était là. Devant lui ne se dressait plus ce monstre que Jon avait façonné, mais la femme qu'il aimait du plus profond de son âme. La femme qui souffrait continuellement depuis qu'elle était avec lui. La femme qui pleurait tout en chantant.

Lorsque les dernières notes s'éteignirent, elle glissa sa main dans ses cheveux en bataille et murmura :

-Crois ce que tu veux, Soaric. Pense que je ne t’ai jamais aimé, que je restais avec toi uniquement pour me venger. Pense que je me fiche de toi, que je prenais des potions pour éviter de tomber enceinte. Pense-le, si cela peut t’aider à m’oublier. Si c’est le seul moyen que j’ai pour que tu t’en ailles…

Elle ne niait même pas…il aurait préféré qu'elle lui dise que jamais elle n'avait pris de potion et que si, elle l'avait aimé. Mais elle ne l'avait pas dit, pensant qu'ainsi il l'oublierait plus facilement. Elle n'avait donc pas comprit que jamais il ne l'oublierait. Que jamais son amour pour elle ne s'effacerait, malgré toutes les horreurs qu'elle lui aura fait subir. Que jamais il ne pourrait reconstruire sa vie. Elle n'avait pas compris.

Le front de la jeune femme se colla alors au sien, ces mains serrant les siennes avec force. Et cette fois, le frisson l'envahit. Comme avant. Parce qu'elle était elle-même…dans ses yeux, il n'y avait plus cette flamme de haine ou de dégoût. Juste de la tristesse et de la pitié. Elle poursuivit, toujours en murmurant :

-C’est fini. Tu vas me demander si ça a seulement commencé. S’il y a eu un réel début à tout ça. Si ce n’était pas un amour à sens unique. Je ne vais pas te répondre. Parce-que je n’en sais rien, Soaric. Et je ne veux pas le savoir. On est pas fait l’un pour l’autre, c’est tout. C’est toi qui a raison. Je ne suis pas la femme de ta vie. Je ne peux rien te pardonner, alors que toi tu le fais si facilement. Tu ne mérites pas ça.

C'était encore pire de l'entendre dire que tout était finit. Non…il ne voulait pas croire que tout était finit. Ce qu'il avait dit, c'était sous le coup de la colère, de la rage…elle l'avait aimé…c'avait été réciproque, réel…non ? Jamais elle n'aurait voulut l'épouser sinon…enfin, elle épousait bien Jon pour lui faire comprendre qu'il n'était plus rien. Mais non, c'était différent…
Les mains de Lola se détachèrent de lui et son doigt parcourut ses lèvres, ses yeux humides de larmes. Soaric sentait que c'était la dernière fois qu'ils se voyaient. Que c'était la dernière fois qu'ils se parlaient. Et que c'était la dernière fois que Lola lui offrait un baiser. Il retenait ses larmes alors qu'elle l'embrassait longuement. Il aurait voulut mettre ses mains sur les hanches de Lola ou sur son cou, mais il ne bougeait pas, la laissant faire.

Ce n'est que lorsqu'elle n'eut plus de souffle qu'elle se détacha et recula, les larmes coulant sur ses joues. Il voulait les essuyer, mais elle dit, la voix brisée de sanglots :

-Va-t-en, Soaric ! Pars. Pars loin de moi. Je ne veux plus te voir ! Je ne veux plus jamais te voir ! C’est fini, tout est fini ! Oublie-moi…Pars, et ne reviens plus. Je t’en prie.

Il fût sous le choc un instant. S'en…s'en aller ? Là maintenant ? La laisser aux mains de cette ordure ? Non…il…il voulait lui parler, répondre…elle se détourna avant. Après l'avoir regardé une dernière fois, elle lui tourna le dos et courut dans le sens inverse, Soaric entendant encore ses sanglots. Il tendit une main vers l'avant, vers elle, murmurant :

-Lola…je t'aime…

Il aurait voulut le lui dire en face…quelques minutes s'écoulèrent, ou il resta debout comme un piquet, à regarder l'horizon qui avait avalé Lola. Finalement, il se détourna, le cœur et l'estomac encore plus lourds que les jours précédents. La laisser avec Jon lui faisait mal. Parce que Jon ne la méritait pas, et que Lola ne le méritait pas, tout comme elle ne l'avait pas mérité, lui. Parce que Jon était cruel et ne l'aimait pas, parce qu'il ne la rendrait pas heureuse. En même temps, lui non plus n'avait pas su lui donner du bonheur. Il avait échoué et maintenant, elle allait avoir mal tout le temps avec l'ordure de service…

Serrant la bague autour de son cou, il sortit du camp, marchant sans savoir ou il allait, sans savoir ce qu'il allait faire maintenant qu'il était définitivement seul. Déjà, trouver un toit et un repas. Mais il n'avait pas d'argent. Peut-être que quelqu'un voudrait bien le lui donner en échange d'un service…Soaric n'avait pas peur de travailler et savait presque tout faire niveau réparations et entretien de la maison. S'il pouvait, au moins une fois dans sa vie, se rendre utile à quelque chose…

Il dépassa le village ou tout avait commencé. Il y avait trop d'images, trop de souvenirs…il n'alla pas non plus récupérer son Arc. Il avait dit à Lola qu'il lui laissait toute la maison, ce serait du vol s'il y allait maintenant. Mais la nuit tombait, alors il s'écarta de la route et se trouva une petite place, ou il s'allongea à même le sol, un bras replié sous sa tête en guise d'oreiller. Heureusement, il ne faisait pas froid et il ne regretterait pas de n'avoir aucune couverture. Il serrait la bague, pleurant une nouvelle fois. Elle avait été elle-même pour leur dernière conversation. Pour leur au revoir. Il priait pour qu'elle donne son amour aux enfants. Il priait pour qu'au final, il se trompe et que Jon soit un bon mari. Même si c'était faux et qu'il se faisait des illusions.

La nuit défila et il ne s'endormit qu'une heure ou deux, le restant du temps ponctué de souvenirs de Lola.

Le lendemain, il reprit très tôt la route. Le soleil n'était même pas encore là qu'il marchait, se dirigeant vers le prochain village. Son ventre hurlait famine et sa gorge était sèche. Il atteignit l'entrée en milieu de matinée et commença ses requêtes. Il toqua aux portes, et lorsqu'on lui ouvrait, il demandait le plus poliment possible s'il ne pouvait pas se rendre utile contre un repas et un toit pour la nuit. Les gens le regardaient avec méfiance, puis lui disait qu'ils n'avaient besoin de rien, et refermaient la porte.

En même temps, Soaric n'était pas super présentable. Sa plaie sur sa joue n'était pas belle et il était sale, on voyait qu'il n'avait plus pris de réel bain depuis un certain temps. Ses vêtements eux-mêmes n'étaient plus que guenilles. Normal que les gens se méfiaient et ne le voulait pas. Cependant l'Archer ne se découragea pas. Il continua ses recherches, essuyant refus sur refus. En après-midi, il retentait encore sa chance lorsqu'une femme l'aperçut au loin et entendit sa requête. Elle vit la porte se refermer et le jeune homme se détourner pour partir, dépité. Alors elle le rattrapa et lui dit :

-Monsieur ? J'ai entendu votre demande et…j'aurais bien besoin d'aide chez moi.

Soaric se retourna, détaillant la femme. Un peu plus grande que Lola, elle avait les mêmes cheveux châtains qui ondulaient sur ses épaules. Son regard noir brillait avec ce sourire dévoilant des dents parfaitement blanches et alignées. Son visage était lisse comme de la soie. A vu d'œil, Soaric lui donnait la trentaine, au moins dix ans de plus que lui. Elle portait une vieille tunique de travail, et dans ses bras se trouvait un panier plein de provisions. Elle revenait du marché.

-Bonjour madame. Je…je suis prêt à tout faire, contre un repas et une place dans votre grange pour la nuit.

-Dans la grange ? Mais non vous aurez votre lit. Je me nomme Kira, enchantée.

Soaric ne réussit pas à lui sourire en réponse au sien. Mais il répondit de sa voix devenue morne et sans vie :

-Et moi Soaric. Attendez je vais prendre votre sac.

Kira sourit et le lui tendit. Soaric le cala contre son bras et la suivit. En chemin, elle lui expliqua qu'elle avait une petite ferme à gérer. Quelques animaux, des plantations…et que son époux venait de mourir sur le front.

-Je…suis désolé. Toutes mes condoléances.

Lui aussi était mort là-bas. Pas physiquement certes, mais son âme et son cœur étaient restés là-bas, avec Lola. Kira le regarda et lui dit :

-Merci. Lorsqu'ils m'ont annoncé la nouvelle j'ai fondu en larmes. Mais il avait réussit à m'envoyer une dernière lettre. Lui-même le sentait qu'il ne reviendrait pas. Alors il m'y a préparée. Maintenant je continue à m'occuper de la ferme, comme il l'a voulut.

Soaric acquiesça et la suivit. Les jours suivants, il apprit les rudiments pour s'occuper des animaux et des cultures. Ce fût laborieux mais il y parvint. Kira avait soigné au mieux ses plaies, tentant de le faire parler. Elle avait très bien vu qu'il ne souriait pas, qu'il n'avait pas la joie de vivre. Qu'il était creux et vide malgré les quelques paroles qu'il prononçait. Elle avait vu la bague lorsqu'elle avait soigné son torse et son dos, et lui avait posé des questions innocentes, dans le seul but de parler. Mais il gardait bouche close. Parce que sa douleur ne s'estompait pas. Et la nuit, lorsque son esprit n'était pas occupé par les travaux, l'image de Lola et des enfants se dessinait pour ne plus s'en aller. Il dormait mal et sa aussi Kira l'avait vu. Et elle s'étonnait qu'il reste si longtemps. Un jour, en mangeant, elle lui demanda :

-Soaric…tu n'as personne qui t'attends ? Des parents, une femme ou des enfants ? Ils vont s'inquiéter…

Soaric serra les mâchoires et garda la tête baissée vers son assiette, ne répondant pas. Non, personne ne l'attendait. Ses parents il les avait tués, et sa fiancée…était avec un autre. Kira respecta son silence et ne revint plus sur le sujet. Au contraire, elle décida de lui redonner le goût de la vie. Si déjà il devait rester avec elle, autant qu'elle soit utile. C'était une femme gentille et généreuse, qui savait aussi mettre la main à la pâte. Et elle cuisinait aussi bien que Lola. A chaque repas, la douleur revenait en plus violent, parce qu'il revoyait les repas pris dans leur maison, Lola en face de lui, ses genoux sur ses jambes et lui les caressant. Il y avait tant de choses qui lui faisaient penser à elle…et son amour ne se tarissait pas. Il n'arrivait pas à l'oublier. Il espérait que tout aille bien pour elle…

Les mois s'écoulèrent ainsi, Soaric tentant de réapprendre à vivre. Kira parvenait maintenant à le faire un peu sourire, même s'il se forçait. Il parlait un peu plus et devenait plus énergique. Mais elle sentait qu'il souffrait continuellement, d'une douleur qu'elle ne parviendrait pas à retirer. Même si les yeux sombres du jeune homme se remettaient lentement à briller de la lumière de la vie, il persistait un voile de tristesse et de souffrance au fond de ses pupilles. Concernant ses blessures, elles n'étaient plus que des cicatrices qui se rajoutaient à sa collection. Kira avait réussi à limiter les dégâts de sa joue et donc il n'en restait qu'une belle marque, bien visible...

Soaric lui, se disait qu'il devrait tenter tout de même d'oublier Lola. Il décida de faire un test. Un jour il s'approcha de Kira et lui dit, tout ce qu'il y a de plus sérieux :

-Kira…je voudrais juste tester quelque chose…excuse-moi d'avance.

Tout ce qu'elle fît fût d'hocher la tête. Aucun des deux ne s'aimait autrement qu'en très bons amis. Pour Kira, Soaric était d'une très bonne compagnie et il l'aidait sans le savoir à faire son deuil complètement. Pour Soaric, elle était celle qui lui redonnait une petite chance de ne pas se laisser mourir.
Il inspira un grand coup et s'approcha, posant ses lèvres sur celles de la femme. Il la sentit se tendre, bien sûr il ne l'avait pas prévenue, mais à peine commença-t-il à l'embrasser qu'il se détacha. Il n'y parvenait pas. La bague était gelée d'un coup sur sa peau, comme un rappel, et l'image de Lola c'était imposée en lui. C'était comme s'il l'a trompait, encore.

-Désolé…oublie-sa…

Et sans lui laisser le temps de répondre, il sortit de la maison, allant s'occuper de traire les vaches. Kira ne fît plus d'allusion sur ce test raté, ne demanda rien, même si elle s'interrogeait. Soaric avait quelqu'un dans la peau. C'était évident. Et un soir, il se dit qu'il pourrait remercier Kira en rapportant de l'argent. Ainsi elle aurait plus d'économies si jamais il devait s'en aller. Et puis…se rendre utile, pour expier toutes les fautes qu'il avait commises. Pour tenter de ce faire pardonner de la souffrance causée à Lola. Lui ne cherchait même plus à éloigner la sienne. Sa douleur était là, constamment. Elle faisait partie de lui, tout comme Lola faisait partie de lui.

Il en parla à Kira qui trouva cela touchant et accepta. Elle l'aida à confectionner de petites affiches à placarder dans les villages, et ensemble ils les collèrent, tout en faisant le marché, vendant leurs produits et achetant ce qu'il leur fallait. Les annonces affichées, il ne restait plus qu'à attendre.

Et cela ne tarda pas. Deux jours plus tard, un messager apporta une lettre à Soaric. Celui-ci avait du mal à y croire mais Kira l'encouragea en rigolant à ouvrir la lettre. Tremblant, il le fît. C'était apparemment un couple qui voulait construire et aménager la chambre de leur futur enfant. Ils souhaitaient donc les meubles et la décoration murale. Il y avait quelques instructions, mais pas de signature, juste une adresse. Et on lui demandait d'être là-bas le jour suivant au matin.

-Et ben voilà ! Là tu as du boulot !

-Oui…toute une chambre à faire…

Ils souhaitaient avoir le lit, la petite table pour le changer, des jouets…Soaric pensa à Sia. Sans savoir pourquoi, il pensa au petit. Kira était contente pour lui. Au soir, ils préparèrent donc un petit sac avec de quoi manger, boire, et se changer, une tenue de rechange même si Soaric travaillait torse nu. Il prépara ses outils, le bois étant déjà sur place selon le message. Le soleil n'était pas levé que Soaric partait sur le cheval de la ferme, saluant Kira et lui promettant de faire vite pour lui donner son argent et donc ses premières économies. Heureusement, la maison indiquée n'était pas très loin. Pourquoi la douleur l'enserrait un peu plus au fur et à mesure qu'il approchait ? Pourquoi son cœur palpitait tellement ? Pourquoi la bague semblait se réchauffer ?

Il allait le découvrir…attachant sa monture et prenant ses affaires, il s'approcha de la porte et toqua. Il attendit quelques minutes et on lui ouvrit. Quel ne fût pas le choc qu'il eut en voyant Lola !

Il resta pétrifié, ne sachant pas quoi dire. Et elle non plus. L'amour que Soaric avait tenté d'éloigner revenait en force. Il l'aimait toujours, n'avait jamais cessé, comme il le lui avait dit. Pour l'heure, ils se détaillaient. Soaric vit le ventre rond de la jeune femme, et la douleur se fît un peu plus violente encore. Mais surtout, elle avait un air…triste. Tellement triste. Et sur ses bras dénudés, il voyait des ecchymoses. Jon n'était pas un bon mari donc…cela fît mal à Soaric, qui avait tellement espéré que l'Artisane soit enfin heureuse. Et en fait, elle était sans doute battue, ou du moins pas traitée comme il le fallait. Il avait donc eu raison, Jon ne l'aimait pas. Pas du tout. Et les enfants ?

-Je…je viens pour les travaux je…je ne savais pas que c'était vous il n'y avait pas de nom…

Il se racla la gorge, déglutit. Jon avait très bien vu sur l'annonce qu'il s'agissait de lui. Et il aura fait exprès de lui demander. Que mijotait-il encore ? Soaric avait peur, avait mal, mais il ferait son travail, et se ferait le plus petit possible. A moins que Lola ne préfère qu'il s'en aille pour chercher un autre ouvrier…


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Lola
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MessageSujet: Re: Autant en emporte le bonheur...[PV Lola]   Dim 27 Jan - 21:37

Lola entendit toquer à la porte d’entrée alors même qu’elle se réveillait. Il n’y avait plus personne à la maison, à part elle. Jon était parti travailler, emmenant Logan à son école et Sia chez une gardienne.
Elle était seule. A l’abris des regards. Ou du moins d’apparence. Car elle savait que le général la faisait constamment surveiller. Si elle sortait, on la suivait. Elle était prisonnière. Prisonnière de sa propre vie.

Elle ne pensa pas à enfiler un peignoir, se contenant de descendre jusqu’à l’entrée en chemise de nuit. Elle se doutait que c’était l’ouvrier, mais elle ne s’était pas attendu à ce qu’il vienne si tôt !
La jeune femme ouvrit en grand la porte, les yeux encore bouffis par le sommeil et toute décoiffée. Elle se fichait de ne pas être présentable. Cela ne valait plus la peine de se faire belle.

Et…Si elle n’était pas encore réveillée, je peux vous assurer qu’à l’instant elle le fut. Lola était paralysée. Devant elle se tenait le fruit de ses souffrances, la capitale de ses pensées et de l’espoir. Devant elle se tenait un homme qu’elle n’aurait jamais cru revoir et que, peut-être, elle n’aurait jamais voulu avoir à rencontrer à nouveau. Devant elle se tenait Soaric.
Pour de vrai.

L’artisane ne sut que dire dans un premier temps. Et lui non plus. Il avait commencé à la regarder de bas en haut, se figurant tout ce qui était passé durant son absence. Elle essaya de cacher ses blessures mais il était trop tard. Il avait vu.
Lorsqu’elle posa à son tour les yeux sur lui, elle découvrit un homme rongé par la douleur et tentant se reconstruire. Et elle comprit qu’il n’avait jamais pu se résoudre à l’oublier. Pourrait-il seulement lui pardonner ?

-Je…je viens pour les travaux je…je ne savais pas que c'était vous il n'y avait pas de nom…

La voix de Soaric la tira de ses pensées. Lola le regarda étrangement, comme s’il débarquait d’une autre planète et fronça férocement les sourcils.
C’était donc lui, le fameux ouvrier dont Jon vantait les mérites ? Celui qui ferait des miracles pour la chambre du futur bébé ? Celui qu’elle regrettait ? Qu’elle avait aimé ?
Qu’est-ce qu’il mijotait, cette fois ? Qu’allait-il faire pour les anéantir ? Le tuer, pour être sûr qu’il ne reste rien, pas même un brin d'espérance ? Qu’allait-il faire bon sang ? Jusqu’où était-il capable d’aller ?

La demoiselle se força à détendre son visage et, ouvrant plus grand la porte, lui indiqua d’un signe de tête qu’il pouvait entrer. L’archer s’exécuta, jetant un coup d’œil sur sa maison.
Lola l’invita à le suivre jusqu’à la cuisine et lui servit à manger, s’asseyant à son tour devant lui.
Ce ne fut qu’après un long moment qu’elle trouva la force de déclarer :

-C’est Jon qui a du t’engager. Je n’étais pas au courant non plus…Ecoute, nous avons vraiment besoin de cette chambre. Tu peux toujours refuser notre offre mais je ne pense pas que tu trouves meilleur intérêt ailleurs. Il va te payer cher, à ce qu’il m’a dit. C’est comme tu veux, Soaric.

Comme il voulait. Mais tous les deux savaient ce que cela représentait. Ils devraient se voir, tous les jours, et peut-être même que Jon irait jusqu’à l’inviter à dormir dans la chambre d’amis pour gagner du temps sur l’aménagement. Elle ne savait pas ce qu’il avait en tête et cela lui faisait peur. Mais elle devait se soumettre à lui, sinon elle le payerait.

Lola baissa la tête, faisant distraitement le contour d’un verre avec son doigt. Elle s’était imaginée cette rencontre des dizaines de fois. Elle avait rêvé le revoir, lui dire qu’elle regrettait tout ce qu’il s’était passé. Elle avait voulu le chercher, l’épouser comme ils se l’étaient promis. Elle avait cru longtemps que leurs retrouvailles seraient merveilleuses.
Jamais elle n’avait imaginé cela comme ça. Jamais elle n’avait imaginé que, en le voyant, elle n’éprouverait plus aucun autre sentiment pour lui que de l’amitié, comme s’il n’était plus qu’une vague connaissance. Elle n’était plus amoureuse de lui.
Et cela la terrifiait.

Soaric accepta et, la tête dans les nuages, elle lui demanda de le suivre. Il devrait la trouver pathétique. Il avait toujours vu une femme forte, n’hésitant pas à élever le son de sa voix lorsque quelque-chose ne lui plaisait pas. Une femme de caractère qui savait éperdument ce qu’elle voulait. Mais Jon l’avait changée. Il l’avait d’abord transformé en monstre puis il avait fait d’elle cette espèce de poupée de chiffon qui ne répondait plus de rien. Une marionnette facilement manipulable. Quelque-chose de vide emprisonné dans un corps de femme.

-Voici la pièce. Tu en fais ce que tu veux…Je te fais confiance. Mais essaye de choisir une couleur assez neutre. Je ne sais pas si ce sera une fille ou un garçon…

Elle avait dit ça en désignant la petite salle vide, éclairée par deux grandes fenêtres lumineuses. Il y avait tout à faire. Il serait là pour longtemps.
Lola se tourna vers lui, lui décochant un pauvre sourire. Elle ne savait plus comment agir avec lui. Il était devenu un étranger pour elle.

-Je…Je vais m’habiller, d’accord ? Si tu as besoin d’aide, crie après moi. Je ne serais pas loin.

Et elle sortit de la pièce. Voilà. Voilà comment se déroulait ses retrouvailles avec l’homme qu’elle avait le plus aimé. C’était tout à fait ridicule. Mais qu’y pouvait-elle ? Jon avait tout détruit. Et ils devaient à présent tout reconstruire. A conditions, bien sûr, que tous les deux le veuillent. Et…Elle n’était pas certaine, elle, de le vouloir.
Le général l’avait-il donc tellement corrompue ?

Lola se doucha, laissant le jet d’eau lui couler longuement le long du corps, comme pour le purifier. Elle essayait de comprendre ce que Jon voulait leurs faire en les faisant se revoir à nouveau. Il voulait qu’ils retombent amoureux, pour recommencer son carnage ? Il n’en avait donc pas assez, de faire du mal aux autres ? A sa propre fiancée ?
Elle passa sa main sur son ventre, sentant l’enfant bouger. Il allait naître avec pour père un être abject. Elle le plaignait. Peut-être devrait-elle se faire opérer pour faire sortir le bébé. Il n’aurait pas à avoir une vie aussi terrible qu’elle. A moins que cette naissance le fasse devenir un autre homme. Qu’il devienne enfin quelqu’un de bien.

L’artisane s’habilla, enfilant une robe à longue manches pour cacher ses ecchymoses. Puis elle se dirigea à nouveau vers la chambre où Soaric avait déjà débuté son travail.
Torse nu.
De la sueur perlait sur son corps et malgré elle, elle détourna le regard, gênée. Elle toussota, cherchant à réclamer son attention puis leva son visage vers lui. C’est là qu’elle remarqua l’anneau qu’il portait à son cou. La bague de fiançailles. La sienne.
Il la gardait encore. Il n’avait pas su s’en séparer. Il l’aimait encore. Espérait-il à nouveau ? Ou savait-il d’avance que ses espoirs étaient vains ? Car il ne fallait pas se faire d’illusions. Leur couple était rompu. Terminé. Pour toujours.
Ils ne pouvaient pas recommencer. Pas après tout ça. Ils ne pouvaient pas.

-Alors…demanda-t-elle, chuchotant presque. Qu’est-ce que tu deviens ?

Lola passa sa main dans ses longues boucles brunes et l’observa tristement.
Leur amour, même tut dans leur cœur, avait fini, après tout ce temps, par succomber. Ce général, ce foutu général était beaucoup trop fort pour eux, à ce petit jeu.
Les rêves de Lola vacillèrent doucement jusqu’à s’éteindre complètement. Ca y était. Cette fois, il lui avait tout pris. Tout.
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MessageSujet: Re: Autant en emporte le bonheur...[PV Lola]   Dim 27 Jan - 22:51




Lola, Soaric & une histoire de coeur





Ils restèrent quelques secondes l'un face à l'autre, sur le palier de la porte. Puis Lola s'écarta, lui indiquant qu'il pouvait rentrer. Il s'exécuta donc, observant la nouvelle demeure de celle qu'il aimait…toujours. Bien plus grande encore que leur ancienne maison, elle était joliment agencée, il devait l'avouer. Mais…il n'y régnait pas de chaleur humaine, de vie. C'était étrange comme sensation.

Il suivit Lola jusque dans la cuisine ou elle le fît asseoir et lui offrit un petit-déjeuner. Il la remercia en silence, et elle s'installa face à lui. Il la sentait si malheureuse…il entendait ses cris, en échos à ceux qu'il poussait étant enfant. Jon était vraiment odieux. Les enfants n'étaient d'ailleurs pas là et cela l'effraya. Peut-être pour rien, mais avec Jon…Il mangea lentement, appréciant la nourriture, lorsque Lola parla enfin :

-C’est Jon qui a du t’engager. Je n’étais pas au courant non plus…Ecoute, nous avons vraiment besoin de cette chambre. Tu peux toujours refuser notre offre mais je ne pense pas que tu trouves meilleur intérêt ailleurs. Il va te payer cher, à ce qu’il m’a dit. C’est comme tu veux, Soaric.

Il déglutit et piqua une autre fourchette, réfléchissant. Il pourrait lui éviter de le voir tous les jours et de la refaire souffrir en s'en allant, retrouvant Kira…mais de l'autre côté, il voulait l'argent pour cette femme qui l'avait aidé. Et surtout, il voulait…il voulait protéger Lola. De Jon. Tenter de racheter ses fautes auprès d'elle, même si elle ne l'aimait plus. Parce que lui il l'aimait. C'était dingue, mais ses sentiments ne s'éteignaient pas. Ils étaient juste mis un peu en veille…la bague autour de son cou n'était pas là pour rien. Il avait dit à Lola qu'elle faisait partie de lui. Il lui avait montré son passé, les lieux de son premier crime. C'était vrai. Et cela le resterait. Il n'arrivait pas à passer à autre chose ou à taire cet amour.

Alors il resterait. Et la protégerait. Comme il le pourrait. Il ne se faisait pas d'illusions, il n'espérait pas vraiment qu'il y ait une chance de se refaire. Mais juste un peu se racheter…
Lola avait commencé à faire le contour de son verre du doigt, perdue dans ses pensées. Ce n'était pas la Lola qu'il connaissait. Pas le monstre qui l'avait tué de l'intérieur non. C'était la vraie Lola, mais elle aussi détruite. Elle tremblait, et Soaric voyait qu'en fait elle avait peur. Peur de Jon. Qu'elle le dise ou non. Lui aussi avait été battu et il savait reconnaître les signes. Et…elle ne méritait pas ça…

Finalement, il lui fît signe qu'il acceptait tout de même et elle le guida à l'étage, l'emmenant sur le lieu des travaux. Là elle dit :

-Voici la pièce. Tu en fais ce que tu veux…Je te fais confiance. Mais essaye de choisir une couleur assez neutre. Je ne sais pas si ce sera une fille ou un garçon…

Il observa son lieu de travail, imaginant déjà l'agencement et les couleurs. Puis il se tourna vers elle et elle lui fît un sourire. Forcé, faux, crispé. Et non le sourire qu'il lui connaissait. Jamais il n'aurait imaginé qu'elle soit dans cet état. Jamais il n'aurait pensé la retrouver ainsi, dans ces conditions. Son cœur battait trop vite et la bague semblait se tendre vers sa propriétaire tant attendue.

-Je…Je vais m’habiller, d’accord ? Si tu as besoin d’aide, crie après moi. Je ne serais pas loin.

Il hocha la tête, la laissant partir. Crier après elle ? Appeler ne suffisait pas ? Il prit quelques minutes pour sortir ses outils et analyser la pièce. Il imaginait déjà tout…les projets qu'il avait eu pour l'enfant qu'il donnerait à Lola refaisaient surface…alors il décida de construire la chambre qu'il aurait faite s'il avait été le père et le fiancé. Même si ça faisait mal, un peu plus que cette douleur constante en lui.

Il retira son haut, préférant comme toujours travailler torse nu. Lola verrait ses marques, tant pis. Elle verrait sans doute aussi le collier qui pendait à son cou, tant pis…mais il ne pouvait nier qu'il ne l'oubliait pas et ne pouvait taire son amour…
Sur les feuilles qu'il avait ramenées, il dessina à la va-vite les esquisses du lit. Il imaginait bien un ton beige qui irait autant pour une fille qu'un garçon. En plus, il pouvait leur faire des décorations pour les deux sexes et ils n'auraient plus qu'à accrocher ceux qu'il fallait une fois le bébé parmi eux…

Il commença donc les tracés sur le bois, agrippant la scie et avec la chaleur passant par les grandes fenêtres, son corps ne tarda pas à transpirer.
Concentré, il sursauta presque en entendant le toussotement de Lola. Il se retourna, se redressant et la regardant alors qu'elle détournait le regard, comme si elle était gênée de le voir à moitié nu. Pourtant elle connaissait son corps…
Elle le regarda enfin et il vit son regard s'attarder sur la bague. Elle devait se demander pourquoi il l'a conservait. Ou s'il espérait encore. Mais il n'en parlerait pas. Elle souffrait bien assez pour qu'il remue le couteau dans la plaie. Elle parla alors, d'une toute petite voix :

-Alors… Qu’est-ce que tu deviens ?

Qu'est-ce qu'il devenait…lui-même ne savait pas. Il aidait Kira à la ferme, c'était tout. Le reste du temps, il pensait à Lola. Il prit un bout de bois qu'il utiliserait plus tard et le posa à côté de celui qu'il avait commencé à travailler, indiquant du geste qu'elle pouvait s'asseoir. Elle devait avoir besoin de compagnie, même si c'était lui…

Elle ne s'exécuta qu'après de longues secondes d'hésitation durant lesquelles il réfléchissait à sa réponse. Lorsqu'elle fût assise, il la regarda et lui dit, calmement :

-Ce que je deviens…rien. Je tente de me refaire…

Il baissa la tête, posant une main sur le bois qui se transformerait en lit.

-J'aide une femme à s'occuper de sa ferme. Elle a perdu son mari à…la guerre et…en échange du couvert et du logis je l'aide…c'est tout…

Il ne lui dirait pas qu'il n'arrêtait pas de penser à elle, qu'il n'arrivait pas à taire son amour. Cela lui ferait trop mal et elle était si triste là…il la regarda plus en détail encore. Ses traits étaient tirés, apeurés. Ses mains tremblaient et ses yeux scrutaient souvent l'entrée de la pièce, comme si elle avait peur d'être surprise.

-En somme j'essaie de remonter la pente…

Il scia un peu le bois, pour tout de même travailler un peu, cherchant ses mots. Comment lui dire ça, sans qu'elle se vexe ou autre ? Au final, il se dit qu'elle ne pourrait plus le faire souffrir plus qu'elle ne l'avait fait avec Jon. Il était toujours à moitié vide de l'intérieur, en harmonie aussi bien avec la douleur qu'avec son amour.

-Lola…il te bat n'est-ce pas ? Ne nie pas…n'oublie pas mon passé, je sais reconnaître ça. Lola…

Elle avait baissé la tête, prise de tremblements. Il aurait voulu la prendre dans ses bras, oublier une fois pour toute ce qu'il s'était passé, même avec difficulté, et tourner la page de cette histoire. Mais il ne pouvait pas, elle ne l'aimait plus. Tout ce qu'il pouvait faire, c'était construire la chambre de son enfant et tenter de la protéger de Jon. Peut-être même de la libérer de lui si elle le voulait et la conduire ailleurs, la ou elle serait en sécurité avec les enfants, là ou elle pourrait être heureuse pour de bon, sans lui, sans Jon, sans le Gouverneur. Juste elle et ses enfants. Personne pour lui faire de mal.

-Je suis là Lola. Malgré tout…je ne peux pas te laisser avec lui, comme ça…

Elle secouait la tête de gauche à droite, comme si elle lui interdisait de faire quoique ce soit d'autre que la construction de la chambre. Mais ça, il ne le ferait pas. Enfin, il ferait la chambre, mais il ne resterait pas bras croisés s'il entendait des coups. Il avait assez soupé avec ses parents ou même Lola pour avoir envie d'entendre ou de voir ça une nouvelle fois.

-N'aie pas peur. Tu n'as plus à avoir peur. Je…je sais bien que c'est finit entre nous, que tu ne m'aimes plus mais…je n'ai pas réussit à t'oublier et à taire mon amour pour toi. Laisse-moi expier mes fautes et me racheter. Juste ça…

Finalement il le lui avait dit. Idiot. Il travaillait tout en parlant, pour qu'elle ne voie pas les petites larmes qui se formaient dans ses yeux. Trop de souvenirs, de douleurs en lui…mais elle vivait pire encore. Et surtout, il n'osait pas demander ou étaient les enfants…il avait peur de la réponse. Tout comme il ne voulait pas savoir quand est-ce que cette ordure reviendrait.

Et ce qu'il mijotait.



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MessageSujet: Re: Autant en emporte le bonheur...[PV Lola]   Mar 29 Jan - 23:46

-Ce que je deviens…rien. Je tente de me refaire…

Lola baissa honteusement la tête. Ce devait être horriblement dur, pour lui. Elle l’avait chassé loin d’elle, loin des enfants, loin de la maison qu’il avait construite de ses propres mains. Loin de la vie qu’il avait imaginé partager avec elle et qu’il n’aurait sans doute jamais.
A vrai dire, elle ne savait pas trop comment il tenait le coup. Peut-être avait-il trouvé une autre femme. Elle l’espérait vraiment…Il le méritait. Il avait droit au bonheur, peut-être même beaucoup plus qu’elle.

-J'aide une femme à s'occuper de sa ferme. Elle a perdu son mari à…la guerre et…en échange du couvert et du logis je l'aide…c'est tout…

Une femme. Elle avait donc raison…Bien. C’était mieux comme ça. C’était ce qu’il fallait qu’il se passe…Qu’il se construise une nouvelle vie, avec de nouveaux enfants tandis qu’elle reste avec Jon. Il finirait bien par se lasser de la battre…Il finirait bien par se lasser d’elle. Il la quitterait et s’en prendrait à une autre. Elle pourrait alors essayer de vivre normalement. Essayer. Car pour le moment, rien que l’idée qu’il s’en aille lui semblait perdue d’avance. Il aimait encore trop le goût de la souffrance de Lola.
A cette pensée, la jeune femme fut prise de légers tremblements. Elle se mit à scruter la porte d’entrée avec inquiétude, comme si Jon allait surgir d’un moment à l’autre en trouvant un prétexte pour lever sa main sur elle. Même la présence de Soaric ne suffit pas à l’apaiser…

-En somme j'essaie de remonter la pente…

L’artisane hocha la tête. Elle espérait vraiment qu’il y arrivait. Qu’elle ne soit pas une entrave dans sa nouvelle vie. Qu’il ne pense pas sans arrêt à elle, qu’il arrive à l’oublier… Qu’il donne autant d’amour à cette femme qu’il le devait. Qu’elle ne soit plus que l’ombre d’un fantôme pour lui…Même si la bague qu’il portait témoignait du contraire. Peut-être devrait-elle lui ôter un moment, en douce…Dans son sommeil – s’il reste près de Jon- ou bien elle pourrait se jeter dessus et la lui arracher. Ce serait pour son bien. Pour qu’elle ne soit plus un poids à traîner derrière lui.
Soaric reprit, tentant de parler avec tact :

-Lola…il te bat n'est-ce pas ? Ne nie pas…n'oublie pas mon passé, je sais reconnaître ça. Lola…

Lola serra ses mains sur ses bras, frissonnante. Oui, il la battait. Mais qu’est-ce que cela pouvait bien lui faire ? Il n’était là que pour la chambre. Pour rien d’autre. Il ne pouvait pas se mêler de ce qui ne le regardait pas. Il devait rester loin, très loin d’elle. Ne plus s’occuper de ses besoins.
Ne pas se soucier des blessures qu’elle portait. C’était ce que tout le monde faisait. C’était ce qu’elle ne voulait pas qu’il fasse.
A vrai dire, elle brûlait d’envie qu’il l’aide. Qu’il la débarrasse de ce type. Mais elle ne pouvait pas lui demander ça. Pas après tout ce qu’elle lui avait fait subir !

-Je suis là Lola. Malgré tout…je ne peux pas te laisser avec lui, comme ça…

Malgré elle, la jeune mère secoua la tête. Mais intérieurement, elle criait victoire. Elle pouvait enfin compter sur quelqu’un…Pour combien de temps, elle l’ignorait. Mais il serait là pour elle. Après tout ce qu’il avait enduré à cause d’elle, il restait présent. Soaric était un type formidable…
Et si elle ne pouvait pas se résoudre à l’aimer comme un mari, elle pouvait néanmoins le considérer comme un ami. Il n’y avait pas de honte à ça. Du moins…Tant qu’il l’accepterait. Car, qui le sait vraiment, peut-être qu’un jour décidera-t-il de partir ? Il se rendrait enfin compte que toute l’horreur qu’il avait vécu était en grande partie de sa faute. Il ouvrirait les yeux et s’en irait, sans demander son reste. Cela ne l’étonnerait même pas. Après tout, c’est ce qui aurait du se passer.

-N'aie pas peur. Tu n'as plus à avoir peur. Je…je sais bien que c'est fini entre nous, que tu ne m'aimes plus mais…je n'ai pas réussit à t'oublier et à taire mon amour pour toi. Laisse-moi expier mes fautes et me racheter. Juste ça…

Lola le dévisagea longuement. Elle était considérablement étonnée. Pas sur le fait qu’il lui avoue l’aimer encore. La bague le trahissait largement.
Mais elle ne s’attendait vraiment pas à ce qu’il lui dise qu’il voulait se racheter ou qu’il désirait expier ses fautes. Quelles fautes ? Il n’avait absolument rien fait. Il n’était coupable de rien. Il avait toujours cherché à la protéger, il n’avait pas bronché lorsqu’elle lui avait fait ses nombreux coups foireux.
Il avait toujours été formidable et il ne s’en rendait même pas compte. C’était…C’était complètement absurde.

La jeune fiancée s’approcha de Soaric et déposa doucement ses mains sur les siennes, pour l’arrêter de travailler. Cela le ralentirait sûrement et Jon ne serait pas content. Mais elle intercéderait. Elle lui dirait que ce serait sa faute. Et pour une fois, il n’aurait pas à prendre les coups alors qu’il n’aurait rien fait. Pour une fois, elle prendrait ses responsabilités.
Elle le fixa dans les yeux et après d’interminables minutes déclara :

-Tu n’as rien à te reprocher, Soaric. C’est plutôt moi qui devrais chercher à payer mes fautes, tu ne crois pas ?

Elle lui lâcha les mains, gênée. Elle ne savait pas trop comment lui avouer que, effectivement, le général n’était pas si doux avec elle qu’il le prétendait. Jamais elle n’aurait cru que c’était tellement dur de l’avouer à haute voix. Et là elle comprit à quel point Soaric lui avait fait un cadeau, en lui parlant de ses parents. Jamais elle n’avait saisi la valeur de ce secret. Mais il était trop tard pour s’en rendre compte, maintenant.
Lola resta encore un moment cloîtrée dans le silence avant de finalement reprendre en murmurant :

-Oui. Jon me bat. Et il bat les enfants. Je suis trop faible pour les défendre comme je le voudrais…Et personne, Soaric, personne n’est là pour nous protéger. Alors que je vois régulièrement des femmes qui pourraient ne serait-ce qu’avertir les autorités…Alors que je vois des hommes, dix fois plus robustes que lui qui sauraient le réduire en miette en moins de deux ! Mes blessures se voient bien, pourtant. Mais ils font tous semblant de n’avoir rien vu. Leur lâcheté me dégoûte. Mais je les comprends. Je les comprends trop bien.

Bien sûr qu’elle comprenait. Car certains étaient peut-être plus vigoureux qu’eux…Jon était le plus fort. Il intimidait. Il était tellement puissant…Mais pas au premier sens qu’on l’entendait. Sa volonté était puissante. Son être l’était. Il écrasait les autres de part son autorité.
C’était peut-être cela qui le rendait si monstrueux. Tout le monde savait qu’on ne pouvait rien face à lui. Il valait mieux rendre directement les armes, ignorer l’évidence et taire ses sentiments. Autrement, le pire arrivait.
Lola l’avait compris. Et malgré toute la détermination qu’elle possédait, elle n’arrivait pas à leurs en vouloir de la laisser tomber. Ils étaient des humains, pas des héros.

-J’imagine que même si je t’en empêchais, tu m’aiderais, n’est-ce pas ? lui demanda-t-elle en souriant. C’est plus fort que toi. Si tu vois quelqu’un souffrir, tu ne peux pas te retenir de tout faire pour apaiser ses maux. Tu as toujours été comme ça…Et à présent, je sais ce que cela représente. Je ne me rendais pas compte jusqu’où tu pourrais aller.

La demoiselle se tut, hésitante. Elle voulait vraiment le remercier. Mais si elle lui offrait un baiser, elle avait peur qu’il ne le comprenne tout à fait autrement… Dans sa lubie de l’amour pour elle, il risquait d’y voir un signe pour qu’ils se remettent ensemble. Et elle n’avait pas envie de ça. Elle ne voulait plus sortir avec Soaric ni être sa femme. Elle ne voulait plus de lui, pas dans ce sens là. Pourquoi n’arrivait-il pas à la considérer comme une simple amie, pour toujours ?

Lola se promit d’avoir une discussion, un de ces jours, avec lui. Elle ferait alors tout ce qui était en son pouvoir pour qu’il cesse de l’aimer. C’était impossible qu’un homme s’accroche à ce point à une femme !
Il devait arrêter là. Sinon il ne serait plus jamais heureux. Et il n’en avait pas le droit.

-Alors…Alors merci, souffla-t-elle.

Et, se décidant enfin, elle s’approcha de lui pour se coller contre son torse. Elle entendit son cœur accélérer. Elle sentit son souffle chaud sur sa nuque.
Mais elle n’entendit pas les pas venir de l’escalier.
En vérité, ce ne fut que lorsque la porte s’ouvrit en grand, laissant entrer un Jon ahurit qu’elle saisit que se serrer ainsi contre Soaric était de loin la pire des idées qu’elle ait eu.

Se séparant violemment du jeune homme, elle hurla un ‘ce n’est pas ce que tu crois !’ en reculant frénétiquement contre le mur.
Le diable était ainsi de retour. Prêt à lui démontrer qu’il était le roi des enfers. Prêt à lui faire regretter d’être venue au monde. Et cette fois, ce serait bien pire que tout ce qu’elle avait déjà subi.
Cette fois, elle se rendrait compte jusqu’où cet homme pouvait aller. Jusqu’où sa cruauté pouvait le mener…
Oui, à la fin de cette journée, le cœur de quelqu’un s’arrêterait. Pour de bon.



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MessageSujet: Re: Autant en emporte le bonheur...[PV Lola]   Mer 30 Jan - 21:19




Lola, Soaric & une histoire de coeur




Soaric poursuivait sa tâche, rejetant sa douleur une nouvelle fois. Que pensait Lola de lui maintenant ? Elle devait se dire qu’il était réellement minable pour rester cloîtré dans cet amour devenu impossible…mais il n’y arrivait pas…il l’aimait…
Il continuait, jusqu’à ce que Lola pose ses mains sur les siennes, l’incitant à se stopper. Il regarda quelques instants ses mains si douces avant de lever les yeux vers Lola et de la fixer, attendant qu’elle parle :

-Tu n’as rien à te reprocher, Soaric. C’est plutôt moi qui devrais chercher à payer mes fautes, tu ne crois pas ?

Rien à se reprocher ? Et sa souffrance ? Il se répétait, mais pour lui, s'il n'avait pas été là dès le début, Lola serait restée avec le Gouverneur. Elle lui aurait donné Sia et bien d'autres enfants, elle aurait eu une vie de princesse et aurait été réellement heureuse. Mais non il avait fallut qu'il vienne et gâche, encore une fois, le tout. Depuis qu'ils se connaissaient, elle n'avait plus été heureuse comme il se devait. Depuis qu'ils étaient ensemble, il la faisait souffrir. C'était lui, même involontairement, qui lui avait donné sa Haine. Lui qui l'avait poussée dans les bras de Jon. Lui qui…l'avait trompée contre son gré. Certes ce qu'elle avait fait était horrible aussi et elle avait raison sur le fait qu'elle devrait s'excuser, mais lui n'était pas innocent non plus. Ses parents le lui avait fait comprendre et il avait été trop idiot pour croire qu'il aurait une vie normale avec une femme et des enfants…

Elle relâcha ses mains, l'air gênée. Soaric la regardait, la laissait chercher ses mots. Et surtout se calmer. Elle tremblait…mais c'était de nouveau sa Lola. Et non plus le monstre crée par Jon ou même lui…Quelques minutes après elle se lança :

-Oui. Jon me bat. Et il bat les enfants. Je suis trop faible pour les défendre comme je le voudrais…Et personne, Soaric, personne n’est là pour nous protéger. Alors que je vois régulièrement des femmes qui pourraient ne serait-ce qu’avertir les autorités…Alors que je vois des hommes, dix fois plus robustes que lui qui sauraient le réduire en miette en moins de deux ! Mes blessures se voient bien, pourtant. Mais ils font tous semblant de n’avoir rien vu. Leur lâcheté me dégoûte. Mais je les comprends. Je les comprends trop bien.

Il baissa la tête légèrement. C'était connu que les autres faisaient semblant de rien. A l'époque, ses parents n'avaient rien dit pour la grossesse ou l'accouchement. Personne n'était censé savoir qu'il y avait un enfant dans cette maison. Et pourtant tout le monde l'avait un jour ou l'autre entendu hurler et implorer son père d'arrêter les coups. Personne n'avait demandé après lui. Alors, en sachant ce que c'était et surtout parce qu'il l'aimait, il ne pouvait pas travailler et repartir comme si de rien était. Heureusement il avait prévenu Kira qu'il ne savait pas s'il rentrerait, imaginant que son employeur le garderait ou même qu'il déciderait de coucher à la belle étoile pour éviter les allers et venues incessantes et surtout gagner du temps…
Elle sourit alors et déclara :

-J’imagine que même si je t’en empêchais, tu m’aiderais, n’est-ce pas ? C’est plus fort que toi. Si tu vois quelqu’un souffrir, tu ne peux pas te retenir de tout faire pour apaiser ses maux. Tu as toujours été comme ça…Et à présent, je sais ce que cela représente. Je ne me rendais pas compte jusqu’où tu pourrais aller.

Il sourit un peu, se sentant rougir. Lyme lui avait toujours dit qu'il fallait aider les autres du mieux que l'on peut. Parce que si les autres sont contents, nous-mêmes le sommes…c'était aussi pour ça que Soaric c'était engagé dans la garde du Gouverneur à Zakar pour s'occuper des esclaves et être sûrs qu'elles soient bien traitées. Pour aider les autres. Lola, pareil, il avait voulut l'aider. Il avait échoué. Alors il se rachèterait maintenant. Mais elle murmura :

-Alors…Alors merci

Merci ? De l'aider ? C'était normal…mais cela lui allait droit au cœur. Et alors elle s'approcha de lui, se relevant du morceau de bois, et se colla contre son torse. D'un coup, son cœur accéléra jusqu'à manquer se rompre. C'était un contact qui lui manquait…la bague était comme brûlante alors que c'était faux et il le savait. Il avait la tête dans le cou de la jeune femme, sentant son odeur, s'en enivrant comme jamais. Il aurait voulut lui dire à quel point il était désolé du mal qu'il lui avait causé. Il aurait voulut lui dire qu'il était désolé de l'avoir poussée dans cet enfer sans nom. Il aurait voulut lui dire qu'il était désolé d'exister. Mais il n'en eut ni la force ni le courage.

Perdu dans ce moment de proximité, il n'entendit pas Jon arriver. Ce ne fût que lorsque Lola se dégagea brusquement en reculant vers le mur qu'il l'aperçut. Il avait un air malsain, du genre qui vous promettait les pires souffrances que vous pourrez endurer. Lola elle, criait que ce n'était pas ce qu'il croyait. D'une voix sans âme, le général déclara juste :

-Vous ne perdez pas de temps. Surtout toi, sale garce.

Soaric se releva lentement et se positionna entre les "fiancés". Jon avança encore et dit :

-Pousse-toi de là minable. Et tout de suite.

-Non. Tu ne toucheras plus à Lola. Ni aux enfants. Et tu ne les insulteras plus. Espèce de lâche. S'en prendre à plus faible, c'est pathétique.

Jon ricana dédaigneusement et avisa la bague comme les cicatrices.

-Je vois que tu as gardé des souvenirs…Tu peux jeter cette camelote à deux sous tu sais ? Oh…tu ne vas pas me dire que tu aimes encore cette salope ? Elle ne le mérite pas.

Soaric serra les poings. Il insultait Lola. Et il ne le supportait pas.

-C'est toi qu'elle ne mérite pas.

-Parce qu'elle te mérite toi peut-être ?

-Il n'est pas question de moi ! Je n'ai jamais dit qu'elle me méritais !

Jon ne fît que sourire avant de s'approcher une nouvelle fois. Soaric se prépara. Torse nu ou pas, petit espace ou pas, Jon n'approcherait pas de Lola.

L'ordure se mit en devoir de le pousser, Soaric répliqua plus fortement. Et ce fût le début de l'affrontement. Les deux hommes ne ménageaient pas leurs forces. Soaric éloignait Jon de là ou Lola s'était réfugiée, parant ses coups avec habileté. Jon enrageait de plus en plus. C'était son esclave, son ouvrier ! Il n'avait pas à se mêler de ce qui ne le regardait pas !

Il voulut en finir une bonne fois pour toute avec ce misérable Archer. Éteindre cet espoir dans le cœur de cette garce de Lola. Lui montrer qu'il n'hésiterait pas à supprimer définitivement les obstacles désagréables. Il attrapa Soaric au cou et commença à l'étrangler.

Soaric lui, en plus de coup dans les côtes, cherchait une respiration. Il étouffait, l'air devenait rare, et il tentait de se défaire de l'emprise de ce fou, en vain. En plus, la chaîne du collier s'enfonçait dans son cou, comme le collier que les braconniers lui avaient mis…

En ultime recours, il utilisa ses jambes, frappant la ou les hommes souffraient tous sans exception. Jon se plia en deux et le relâcha, Soaric recouvrant difficilement son souffle, des étoiles apparaissant sur sa rétine. Il mit tellement de temps à retrouver son équilibre et sa respiration que Jon avait eu le temps de s'en remettre. Il sauta presque sur Lola, l'agrippant au poignet et l'entraînant avec lui dans le couloir. Lola gémissait, et Soaric entendait ses appels silencieux. Il secoua la tête vigoureusement, se redressant, cherchant son marteau. Et au moment ou il l'agrippait et voulait se lancer à la poursuite de Jon, il entendit un gros bruit dans l'escalier. Comme…quelque chose qui tombe. Ou quelqu'un.

Paniqué, il sortit, priant pour que ce soit Jon. Mais non. Jon était en haut des marches, sourire aux lèvres. En bas…se trouvait Lola, couchée, ne bougeant pas. Le cœur de Soaric ne fît qu'un bond et il hurla :

-LOLA !

Avant de se précipiter en bas, ignorant Jon. Il s'agenouilla à ses côtés, posant deux doigts tremblant sur son cou. Là. Le cœur. Il battait encore. Elle n'était pas morte.
Se tournant vers Jon il beugla :

-QU'EST-CE QUE TU ATTENDS POUR CHERCHER UN MÉDECIN ?! GROUILLE ESPECE D'IDIOT !

Avec la plus grande lenteur, Jon descendit et étonnamment obéit à Soaric. Pourquoi ? Parce qu'il serait amusant de dire que c'était lui qui avait poussé Lola. L'homme jaloux de voir sa dulcinée dans les bras d'un autre et voulant se venger…le schéma classique. En plus, si le môme ou Lola, ou les deux il s'en fichait, mourraient, Soaric irait en prison pour de bon. Peut-être même le tueraient-ils pour qu'il paye. Si aucun ne mourrait, l'Archer irait en prison un certain temps tout de même pour tentative de meurtre…

Attendant que l'ordure revienne, Soaric prit la main de Lola.

-Lola…tu m'entends ? Serre ma main…

Une faible pression s'exerça sur ses doigts. Son cœur palpitait trop vite, lui rappelant son malaise. Comment Jon avait-il pu ? Il voulait la tuer ? Et son enfant ? Elle était enceinte !

Il ne pouvait même pas la bouger au risque d'aggraver les blessures qu'elle pouvait avoir.

-Ou est-ce que tu as mal Lola ?

Il la regarda, et vit ses lèvres remuer, mais il n'entendit rien. Il se pencha, fronçant les sourcils, et comprit juste le mot : bébé.

Quoi le bébé ? Il se tourna vers son ventre et, lentement, posa sa main dessus. Sans appuyer. Il ne sentait rien. Pas de coups. Il ne pouvait pas regarder plus bas. C'était son intimité et ils n'étaient plus que…que quoi ? Lui l'aimait mais pas elle. Des amis ? Sans doute. Enfin pour l'heure il s'en fichait.

-Reste avec moi Lola…tout va bien ce passer…désolé…excuse-moi…je n'ai pas réussit à l'empêcher de te faire du mal…ne pars pas…je t'en prie…

Torse nu, quelques bleus apparents, il serra la main de Lola, la regardant, enlevant les mèches de cheveux tombées sur son visage. Il avait voulut la libérer de Jon. Voilà le résultat. Il avait encore aggravé la situation. Mais pourquoi ne faisait-il rien de bien dans sa foutue vie !? Devait-il comprendre que la mort était la seule solution pour lui ? Si c'était le cas, alors il terminerait par ça. Il s'occuperait de Lola, s'assurant qu'elle s'en remette, irait dénoncer Jon aux autorités ou même le tuerait, et la laisserait reconstruire sa vie avec les enfants.

Il la laisserait pour de bon, emportant son amour dans la tombe…


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MessageSujet: Re: Autant en emporte le bonheur...[PV Lola]   Ven 1 Fév - 19:24

Lola était dos au mur. Elle ne pouvait plus reculer. Fuir ? Jon était sur sa route et le temps qu’elle atteigne la porte il serait déjà sur elle. Même avec l’aide de Soaric pour le retenir, elle ne saurait pas maintenir une longue distance longtemps, la grossesse ne l’aidant pas.
Sauter par la fenêtre ? Se serait du suicide et la jeune femme avait horreur de cette pratique morbide. Elle préférait affronter le monde et ses hommes, faire face à son destin. Selon elle, se donner la mort était on ne peut plus lâche. Ou bien c’était les désespérés, ceux qui n’avaient plus de sens à leur vie qui y mettaient fin.
Or, elle, elle savait dans quelle direction marcher. Elle était sereine. Meurtrie, mais sereine.

Jon s’approcha d’elle. Il ne détailla même pas Soaric, comme si son sort l’importait peu. Il la regardait, elle. En fichant son regard rempli de haine dans le sien. Il voulait lui faire regretter son geste….
Et si Soaric n’intervenait pas, peut-être que sa pulsion l’amènerait à la mort. Il ne se rendrait compte de ses actes uniquement que lorsque tout serait fini. Et peut-être n’aurait-il alors aucun remords.
Il déclara alors, d’une voix sans âme :

-Vous ne perdez pas de temps. Surtout toi, sale garce.

L’ancien archer se releva et se positionna entre les deux fiancés. Il se préparait à attaquer à tout moment. Muscles bandés, poings serrés, il faisait face à cet homme sans aucune crainte. Il ne le laisserait pas toucher à un seul cheveu de Lola tant qu’il serait encore vivant. Il ne pourrait sûrement pas se résoudre à vivre si elle n’était plus de ce monde…
Mais le général ne se démonta pas. Au contraire, il afficha une mine arrogante et fit, ne jetant même pas un coup d’œil vers Soaric :

-Pousse-toi de là minable. Et tout de suite.

Mais l’ancien amant de Lola n’esquissa aucun geste. Jamais il ne se soumettrait à lui, maintenant. Il n’était plus son supérieur, même pas une vague connaissance à respecter. Il était son ennemi. Peut-être même le pire. Et il allait lui faire regretter tout ce qu’il lui avait fait subir. Toute la souffrance qu’il avait autrefois prodigué, qu’il prodiguait et qu’il prodiguerait à nouveau.
Il riposta donc, tentant d’être calme :

-Non. Tu ne toucheras plus à Lola. Ni aux enfants. Et tu ne les insulteras plus. Espèce de lâche. S'en prendre à plus faible, c'est pathétique.

Jon ricana, posant enfin ses yeux sur lui. Il le regarda de haut en bas, de plus en plus hilare. Il voyait les cicatrices qu’il lui avait faites, heureux qu’il reste un souvenir de ce sinistre passé. Convaincu, aussi, qu’il était de toutes façons le plus fort. Que Soaric n’aurait aucune chance de survivre, s’ils se battaient tous les deux.

-Je vois que tu as gardé des souvenirs… Tu peux jeter cette camelote à deux sous, tu sais ? Oh… tu ne vas pas me dire que tu aimes encore cette salope ? Elle ne le mérite pas.

-C'est toi qu'elle ne mérite pas.

Le jeune homme serrait encore plus les poings, s’en blanchissant les phalanges. Il se contenait pour ne pas lui porter le premier coup.
Lola ne savait pas quoi faire, ni quoi dire pour le calmer. La vérité c’était que Jon avait une terrible envie de se battre contre lui, pour lui prouver sa puissance. Et aussi parce-qu’il adorait voir le sang sur ses mains.
Alors, le général de plus en plus fiévreux, désireux que Soaric disparaisse une bonne fois pour toute, s’avança davantage et parla, cinglant, le provocant :

-Parce qu'elle te mérite toi peut-être ?

-Il n'est pas question de moi ! Je n'ai jamais dit qu'elle me méritait !

Jon le poussa férocement, marquant le début de l’affrontement. Les deux hommes se battaient violemment, ne ménageant pas leur force. C’était un duel à mort. Il n’en sortirait qu’un seul vivant.
Lola aurait très bien pu partir à ce moment. Les laisser à leur combat, prendre de la distance. Mais quelque-chose la retenait… Un désir irrépressible de voir. D’assister à la fin de la mêlée. Elle voulait être sûre que Soaric soit le vainqueur. Elle ignorait ce qu’elle deviendrait si ce n’était pas le cas…

Et lorsque le général enserra le cou de l’ancien archer dans ses mains, elle n’agit pas. Elle était pétrifiée. Elle n’osait pas s’abaisser vers son fiancé, le tirer en arrière pour laisser à Soaric le temps de se reprendre. Elle était terrassée par une peur sourde qui lui interdisait de faire quelque-chose…
Son ex-amoureux devenait bleu, privé de sa respiration. Il allait succombé d’un moment à un autre. Tout était perdu. Lui. Elle. Les enfants. Il n’y aurait plus aucun espoir, dès l’instant où son cœur refuserait de battre à nouveau…

Lola s’approcha vivement mais Soaric se reprenait : il donna un énorme coup dans l’entrejambe de Jon et reprit une énorme goulée d’air…. Il avait failli y rester. Mais il était vivant…
Alors, lorsque la jeune femme vit le général plié en deux, lorsqu’elle vit le regard plein de vie de Soaric, elle ne put réprimer un rire nerveux. Tout allait bien se passer, finalement. Il y avait du moins encore une chance…

Jon, entendant sa fiancée éclater de rire, sentit le sang lui monter aux joues. Il leva son visage vers elle et l’observa, haineuse. Il se releva, faisant fi de la douleur et l’agrippa par le poignet en l’entraînant hors de la pièce.
Lola ne cria pas. Cela ne servait à rien. Elle l’avait déjà fait au début, quand il commençait seulement à la frapper. Et cela n’avait eu pour effet que de faire redoubler les coups.

-Qu’est-ce que tu vas faire ? Lâche-moi ! Je t’ai dit que ce n’était qu’une simple erreur ! C’était un câlin, rien de plus ! Tu sais que je t’appartiens !, chuchota Lola.

Mais il ne l’écoutait pas. Il continuait à avancer, dépassant les nombreuses pièces de la demeure, sachant déjà quel était son objectif.
Il s’arrêta devant l’énorme escalier, le sourire aux lèvres et tourna avec violence Lola, la penchant au dessus du vide. Elle s’agrippa à lui, le visage tiraillé par la peur…
Alors seulement il lui répondit, d’une voix horriblement calme :

-Ton comportement m’a déplu, Lola… Et tu dois être punie, tu comprends ? C’est le seul moyen que j’ai pour que tu retiennes la leçon… Ne t’inquiète pas, ma belle, tu t’en remettras.

Il la poussa en arrière, la laissant tomber lourdement sur les marches, affichant une mine satisfaite.
Lola essaya de protéger l’enfant en elle. Mais la chute fut si rapide qu’elle ne put pas faire grand-chose. Elle entendit au loin Soaric l’appeler mais elle n’eut pas la force de répondre. Tout son être criait douleur. Elle avait du se casser quelque-chose. Peut-être un bras, ou une jambe. Sûrement le cœur.

Elle sentit quelqu’un s’asseoir à ses côtés et perçut l’effleurement de doigts sur sa peau. Elle le reconnut immédiatement : Soaric. Evidemment… Qui d’autre allait s’assurer qu’elle vivait encore, sinon lui ?
Jon était certainement en train de contempler la scène du haut du palier, attendant la dernière seconde pour avertir les médecins.

L’artisane posa sa main sur son ventre, pleurant intérieurement. Elle avait senti le bébé en elle être secoué par sa chute. Sa tête, encore molle, avait du être affectée. Et s’il était encore vivant, son cerveau avait du être touché.
Mais elle savait qu’il n’y avait pas d’espoir. Le fil qui le reliait à cet enfant semblait s’être coupé. Elle ne ressentait plus sa vie palpiter à l’unisson avec la sienne, ni sa peau touchant délicatement son ventre, lui rappelant sans cesse qu’il était sien. Non. Son corps était horriblement lourd et toute énergie semblait l’avoir quitter. Si elle ne faisait pas sortir le fœtus rapidement, elle succomberait à son tour.

Des doigts s’entrelacèrent avec les siens, terriblement chaud par apport au froid qui lui étreignait le cœur.
Elle voulut ouvrir les yeux mais elle les referma aussitôt. Comme si son être refusait de voir le drame qui s’opérait en ce moment même.
Elle entendit néanmoins la voix de Soaric s’élever dans l’air :

-Lola…tu m'entends ? Serre ma main…

La jeune femme exerça une faible pulsion sur sa main. Oui, elle l’écoutait. Mais elle sentait les limites de la conscience s’achever. Elle voyait le repos qui l’attendait de l’autre côté, et elle eut l’envie folle de tout abandonner. Qu’est-ce que cela changerait, au fond, un monde sans elle ? Pas grand-chose. La terre était peuplée d’un million d’individus et elle n’avait certainement pas besoin d’elle pour continuer à tourner. Ses proches ? Ils s’en remettraient. Ils auraient tous des amis pour les consoler, pour leur convaincre qu’elle était bien mieux comme ça. Et ils n’auraient pas tort. Elle serait enfin tout à fait heureuse et…. Non.
Elle ne devait pas renoncer. Que s’était-elle promis ? De ne jamais renoncer. D’affronter son destin, coûte que coûte. Et maintenant qu’il lui jouait un affreux tour, elle devait se relever. Prouver qu’elle était forte, courageuse sous ses apparences de femme faible.

La voix de Soaric la tira en arrière, loin du néant qui l’appelait :

-Où est-ce que tu as mal Lola ?

Lola murmura doucement « Il faut m’enlever mon bébé… » pour lui expliquer la situation. Il devait absolument trouver un médecin compétant.
Il posa sa main sur son ventre, glissant légèrement plus bas. Mais il retira sa main, ne se croyant pas permis de regarder plus bas. La demoiselle sourit malgré elle… S’il se limitait comme ça aux sentiments, il ne ferait jamais un bon médecin.

-Reste avec moi Lola…tout va bien se passer…désolé…excuse-moi…je n'ai pas réussi à l'empêcher de te faire du mal…ne pars pas…je t'en prie…

Soaric reprit possession de la main de Lola, la serrant avec force. Comme s’il cherchait à lui donner un peu de sa force.
Alors Lola se battu intérieurement. Elle resta éveillée, écoutant son fiancé lui parler pour la garder auprès de lui. De temps à autre, elle remuait des lèvres pour lui faire comprendre qu’elle était bien là. Qu’elle resterait toujours auprès de lui, quoiqu’il arrive. Tombait-elle à nouveau amoureuse ? Non. Ce serait trop facile. Elle le considérait juste comme son ami le plus proche. Un ami qu’elle ne pourrait se résoudre à laisser tomber.

Ce n’est uniquement lorsqu’elle entendit la voix du médecin qu’elle se laissa complètement aller. Elle se perdit dans l’inconscience, où la douleur n’existait même plus.
Elle ne rêva pas. Elle percevait les présences autour d’elle, se sentit soulever de terre et entendit des voix lointaines parler. Elle était là sans être là.

Le temps se déroula longuement et quand Lola ouvrit les yeux, le docteur était encore penché sur elle à vérifier sa tension. Il lui sourit doucement, lui faisant comprendre que tout allait pour le mieux.
Alors elle tenta de se relever mais il la poussa durement sur le lit en expliquant :

-Il est préférable que vous restiez allongée quelques jours encore.

-Et le bébé ? répondit-elle simplement.

Il la jaugea du regard. Il devait se demander si dans son état, elle était capable de supporter la nouvelle. Si elle ne ferait pas une crise ou quelque chose dans ce goût-là. Alors elle afficha un air déterminer, lui prouvant que de toutes façons, elle se doutait très bien de ce qu’il s’était passé.
Il déclara donc, ne pouvant s’empêcher de baisser la tête :

-J’ai du le retirer. Il était mort à cause de votre chute.

-C’était une fille ou un garçon ?

-Cela ne sert à rien de le savoir, maintenant…, s’empressa-t-il de dire. Cela ne ferait qu’ajouter à votre douleur et…

-Répondez.

-Une fille. Une toute petite fille.

Lola passa ses mains sur son visage. La petite fille dont elle avait toujours rêvé. Jon l’avait tuée. Et si elle avait pu lui pardonner son comportement odieux, jamais elle ne réussirait à trouver un brin d’humanité dans cet homme, désormais. Il lui paraissait encore plus sale qu’avant.
Le médecin sortit et Soaric entra. Pourquoi Jon ne venait-il pas en premier ? Elle l’ignorait. Mais c’était beaucoup mieux ainsi.
Alors seulement, elle se permit de pleurer. Elle ne l’avait plus fait depuis des mois. Elle ne se rendait pas compte à quel point elle en avait besoin.
Le visage défiguré par les multiples maux qui l’entravaient, Lola mordit son poing férocement, s’empêchant de hurler.

Jon était encore plus horrible qu’elle ne l’avait imaginé. Et elle serait contrainte de finir ses jours avec lui.
Comment… Comment pouvait-elle faire dignement face au monde avec cela sur le cœur ? Comment ne pas succomber ?
Elle sortit sa main de sa bouche, laissant un cri venir du plus profond de ses entrailles. Le cri d’une femme qui n’avait rien demandé de la vie, et qui pourtant, était soumise à ses décisions. Le cri d’une mère qui venait de perdre un enfant qu’elle n’avait même pas eu le temps d’aimer.
Et qui n’arriverait peut-être plus à se relever, cette fois.

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MessageSujet: Re: Autant en emporte le bonheur...[PV Lola]   Ven 1 Fév - 21:18




Lola, Soaric & une histoire de coeur





Serrant la main de Lola, Soaric continuait de lui parler. Pour qu'elle reste éveillée, qu'elle ne sombre pas. Qu'elle ne s'en aille pas. Il serait perdu sans elle…même s'il n'y avait plus rien entre eux, la savoir en vie était rassurant. Si elle disparaissait, il n'y survivrait pas. Et Jon aurait gagné. Totalement.

Elle remuait les lèvres, les yeux clos, mais dès que le médecin arriva, elle devint plus…molle. Elle avait relâché la pression sur sa main et Soaric paniqua. Le médecin s'approcha en vitesse, diagnostiquant très vite la situation et déclarant :

-Il faut la porter sur un lit. Et vite.

Soaric acquiesça et se releva. Jon était à l'entrée, ne bougeant pas, affichant une fausse mine désespérée. L'Archer sentit sa colère revenir et eut envie de l'abattre sur le champ. Mais Lola était plus importante. Alors avec l'aide du médecin, il souleva la jeune femme délicatement et la portèrent jusqu'une chambre ou ils l'allongèrent convenablement.

Le médecin sortit ses instruments et se plaça devant Lola, avant de déclarer :

-Merci. Apportez moi des serviettes et de l'eau tiède.

Soaric s'empressa d'obéir, demandant violemment à ce crétin de Jon ou se trouvaient les serviettes et les bassines. Il répondit d'un ton nonchalant, prenant son temps pour réfléchir. Tout pour gagner des chances de tuer Lola. Une fois tout en main, Soaric retourna dans la chambre ou le médecin avait déjà préparé le tout. Il lui donna les marchandises et l'homme dit juste :

-Merci bien, sortez je vous prie. Je vous appellerais.

Le cœur lourd, Soaric regarda Lola, l'air si paisible là, et sortit, refermant la porte.

-Tu as une chambre à faire je crois non ?

Soaric regarda Jon et la colère l'envahit. Il s'approcha de l'homme et le prit au collet, le plaquant au mur. Si vite que Jon ne vit rien venir et ne put réagir.

-La chambre ?! ESPECE DE SALAUD TU AS SANS DOUTE TUÉ TON GOSSE ! IL N'Y A PLUS DE CHAMBRE !

-Alors nous n'avons plus besoin de toi, minable.

Soaric le relâcha violemment, lui rétorquant :

-Je ne partirais pas. Pas tant que tu seras en vie.

-C'est si touchant…le Grand Amour n'est-ce pas ? Tu l'aimes toujours malgré tout ce qu'elle t'a fait subir ! Tu es un idiot! Elle n'a que ce qu'elle mérite !

Soaric serra les poings.

-C'est toi l'intrus ici. Pas moi. Jamais elle ne t'a aimé. Jamais.

-Parce que toi elle t'a aimé ? Laisse-moi rire. Un bouche-trou. Tu as servi, tu as fait ton temps et ensuite elle t'a jeté! Et toi tu es assez crétin pour espérer avoir encore une chance avec elle ! A ta place je serais content de ce qu'elle vit aujourd'hui.

-Mes espérances je les garde pour moi ! Tu n'as rien à me dire d'accord ? Tu n'es rien et je te tuerais. Je n'ai pas peur de tuer les hommes comme toi.

Ses espérances…un vaste sujet. Oui il espérait. Ses derniers mois, il avait espéré que tout ne soit qu'un long cauchemar et qu'il allait se réveiller dans son lit, aux côtés de Lola, enceinte de sa fille…il avait espéré qu'au final elle soit heureuse et que Jon soit un bon mari, il avait espéré pouvoir passer à autre chose. Vaines espérances. Aujourd'hui qu'il l'avait retrouvée, il n'espérait pas vraiment avoir une chance d'être à nouveau avec elle. Elle ne l'aimait plus. Plus du tout. Il n'était qu'une connaissance, alors qu'il hurlait d'amour pour elle. Aujourd'hui tout ce qu'il espérait, c'était qu'elle s'en sorte et qu'il réussisse à la délivrer de Jon. Une fois fait, il disparaîtrait. Et personne ne le retiendrait. Il ferait ses adieux à Kira, la remerciant, et se rendrait là ou tout avait commencé. Sur les lieux de son ancienne maison. Il se laisserait alors partir. Il trouverait une plante ou un champignon vénéneux et se tuerait. Comportement de lâche, mais pour une bonne cause. Pour que Lola arrête de souffrir une fois pour toute. Qu'elle s'en remette et n'ait plus peur de le croiser par inadvertance. Voilà ses espérances. Son amour mourrait avec lui.

Jon ne fît que ricaner et le silence tomba sur la maison. Quelques minutes plus tard, la porte se rouvrit. Le médecin en sortit, portant quelque chose emmitouflé dans une serviette. Soaric déglutit.

-Qui est le père ?

Soaric aurait aimé dire que c'était lui. Il aurait voulut hurler que c'était lui. Même si le bébé ne serait jamais mort si ça avait été lui.

-Moi.

-Je suis désolé…la chute lui a été fatale…c'était une fille.

Une fille. La petite princesse qu'il aurait aimé donner à Lola. La petite dont elle avait toujours rêvé. Jon ne manifestait aucune émotion. Le médecin voulut lui donner l'enfant mais Soaric s'interposa :

-Je vais m'en occuper. Il vaut mieux. Au moins je serais sûr qu'il est bien traité.

Devant le médecin, Jon ne put répliquer et de toutes manières, l'homme pouvait croire qu'ainsi le père pourrait réconforter la mère. Même si elle n'était pas encore consciente. Il retourna dans la chambre pour justement s'occuper de Lola et Soaric regarda cette minuscule chose qu'il avait maintenant dans les bras. Bleue….elle était bleue et si froide…couverte à moitié de sang, immobile.

-Pleure pas. C'est qu'un enfant.

-Qu'un enfant ?! Mais tu t'entends ?! TU L'AS TUÉE ! TU AS POUSSÉ LOLA DANS LES ESCALIERS !

Puis Soaric monta à l'étage, et avec les bouts de bois qu'il avait à moitié coupés, se hâta d'en faire un mini-cercueil. Cela lui prit tout de même un bon quart d'heure, le bébé mort devenant de plus en plus bleu. Toujours dans sa serviette, Soaric le prit délicatement et le coucha dans son premier et dernier lit. Il en avait les larmes aux yeux. Pourtant, ce n'était pas son enfant. Il n'avait rien à voir avec lui. Mais il se sentait responsable…encore une fois…Refermant le couvercle, il y grava un cœur et l'emporta en bas. Jon était assis sur le canapé, lisant. Cela le dégoûtait. Sa "fiancée" était inconsciente dans la pièce d'à côté, venait de perdre son bébé, et lui il lisait ! Sortant, il chercha une pelle et ensuite un lieu ou l'enterrer. Un joli coin. Qu'il trouva, à l'arrière de la bâtisse. Il y avait quelques arbres autour, et le soleil frappait un petit carré de terre. Ce serait là. Au moins elle serait nourrie par le soleil.

Il posa le cercueil et commença à creuser. Mais il se dépêchait, de peur qu'il arrive encore quelque chose à Lola. Refermant le trou, il prit un bout d'écorce, grava un petit mot dessus, et l'enfonça dans la terre. Là au moins elle ne connaîtrait pas son salopard de père. C'était peut-être la seule chose de positif. Elle était mieux là ou elle était.
Entrant, il vit le médecin sortir de la chambre. Jon se proposa pour le ramener au village. Le médecin parut surpris qu'il ne veuille pas rester avec sa femme qui venait juste de reprendre connaissance, mais n'insista pas. Et Soaric avait vu cette lueur dans ses yeux. Il mijotait encore quelque chose.

Les deux hommes partis, Soaric entra lentement dans la pièce. Lola était allongée, immobile. Son ventre n'était plus aussi gros, mais on voyait les marques de la grossesse. Il referma la porte au moment ou elle se mettait à pleurer. Si violemment qu'elle se mordit le poing. Soaric restait à côté du lit, n'osant pas faire le moindre geste. Pourtant, il aurait voulut qu'elle se défoule sur lui. Qu'elle le frappe pour faire passer sa douleur, qu'elle pleure sur son torse…

Et alors qu'il voulait parler, elle retira son poing et hurla. Le cri fût si violent que le cœur de l'Archer en ressentit toutes les blessures contenues depuis trop longtemps. Toutes les douleurs ignorées et refoulées. Toute la force d'une personne se volatilisant après la goutte d'eau qui avait fracturé le vase.

La voir ainsi…lui retournait l'estomac. Et finalement il se dit qu'il n'allait pas rester là bras croisés. Il se rapprocha et s'assit près d'elle. Délicatement, il la prit contre lui, la serrant contre son torse. Aussitôt ses larmes glissèrent sur sa peau. Il posa une main sur ses cheveux, les caressant, la berçant lentement.

-Je suis là...laisse aller ta peine…pleure Lola. Vas-y.

Elle hurlait contre lui, ses cris à moitié étouffés. Il sentait si bien sa douleur et ne pouvait rien faire d'autre… Puis elle se releva et dans ses yeux il y lut la foule d'interrogations. Il répondit doucement :

-Elle est en paix Lola. Je lui ais donné sa dernière demeure. Tu pourras aller lui dire au revoir une fois que tu seras rétablie. Et lui…il est partit avec le médecin.

Elle baissa les yeux et se remit à hurler contre lui. Alors il la serra encore plus, la bague se collant à elle. Il voulait lui transmettre sa force et son courage…elle avait toujours été si déterminée, si forte dans toutes les situations…mais elle n'était pas invincible…la vie s'acharnait sur elle. Il portait la poisse.

La berçant, il se promit de tuer Jon de ses propres mains. Une victime de plus à son compteur, mais il ne pourrait pas le laisser vivre. Pas après ça.

C'est alors que la porte s'ouvrit et que Soaric fût violemment tiré en arrière. Le temps qu'il comprenne, il était attaché. Et là il vit les gardes, Jon devant eux, arborant son air de général.

-C'est lui ! Il a poussé ma fiancée dans les escaliers et regardez ! Mon bébé est mort! A cause de lui ! J'ai perdu mon bébé et elle ne va jamais s'en remettre ! Tuez-le ! Je suis général vous devez obéir !

Soaric déglutit, regardant Lola. Le salaud. Il avait appelé les gardes. Et il jouait la comédie.

-C'est toi qui l'a poussée ! Pourquoi serais-je resté près d'elle si je l'avais fait ? Pourquoi aurais-je pris le temps d'enterrer votre enfant dignement ?

Les gardes s'entreregardèrent. Il n'avait pas tort. Un criminel ne restait pas sur les lieux en général.

-Parce que tu l'aimes encore ! Tu as voulut te débarrasser du gosse et après tu m'aurais tué ! Tu m'as avoué vouloir me supprimer et ne pas avoir peur de le faire !

-Oui parce que tu es une ordure ! Tu bats ta pseudo-fiancée que tu n'aimes pas et les enfants qu'elle a. Tu bats un enfant de dix mois !

Lola était perdue. Elle pleurait toujours, suivant l'échange. Les gardes ne savaient plus comment agir. Si le général battait cette femme, il devrait aller en prison. Mais pour ça, il fallait des preuves ou des aveux des enfants ou de la demoiselle. Or celle-ci semblait incapable de répondre dans l'état ou elle se trouvait.

-Nous plaçons la maison sous surveillance constante jusqu'à ce que nous ayons des preuves. Nous interrogerons les enfants dès qu'ils seront là. Pour l'heure, vous resterez attaché Monsieur.

Soaric regarda le soldat, interloqué. Lui devait être attaché mais pas Jon ? Parce qu'ils avaient peur de sa réaction de général s'ils le faisaient et se trompaient ? Absurdes. Elle était belle la justice.

-D'accord je reste attaché mais ici. Dans cette pièce.

Cela ne plut pas à Jon mais les gardes furent d'accord et le firent s'asseoir sur la chaise avant de s'en aller, se plaçant autour de la maison. Jon suivait les directives de près, ne se souciant aucunement de Lola. Soaric se releva, mains attachées devant lui, et se rassit à côté d'elle. Ainsi, si elle voulait pleurer, elle aurait quelqu'un sur qui verser ses larmes…

[bon j'arrête là XD j'espère qu'il t'ira ^^]


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Lola
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MessageSujet: Re: Autant en emporte le bonheur...[PV Lola]   Dim 3 Fév - 17:17

Lola était brisée. Morte. Son corps se mouvait encore, mais il ne restait plus rien de son âme. Jon avait réussi l’improbable : faire d’elle une sorte de coquille vide, privée de sentiments autre que la tristesse. Comment pourrait-elle continuer à vivre avec ça ? Comment pourrait-elle continuer à vivre, tout simplement ?
Elle avait perdu un enfant. Elle l’avait senti se développer en elle, elle avait ressenti les coups donnés dans son ventre. Et même si le père était un monstre, elle savait que cette fille aurait été formidable. Elle n’aurait jamais laissé Jon s’en approcher pour la corrompre et faire d’elle une peste infinie.
Elle n’avait même pas eu le temps de prendre sa première goulée d’air. Elle n’avait pas eu le temps de vivre.

L’artisane pleurait et chaque larme qui s’écrasait sur les draps de soie représentait sa souffrance infinie. Mais il n’y en aurait jamais assez pour démontrer combien sa douleur était grande. Elle regrettait terriblement que ce soit Jon qui vive et non son bébé. La nature était une chose vraiment étrange, obéissant à des lois incongrues et injustes. Pourquoi lui avait-il le droit de respirer encore, alors qu’il était le diable en personne ? Selon quoi le Destin basait ses jugements ?

Soaric s’assit à ses côtés, apportant un peu de réconfort à la demoiselle. Il y avait au moins quelqu’un de censé dans cette maison.. Quelqu’un qui se rendait compte de l’absurdité de la situation.
Il la prit contre elle et Lola se serra contre son torse, posant ses mains sur lui. Il lui caressa tendrement les cheveux en la berçant doucement. Comment avait-elle pu être aussi horrible avec lui ? Il était formidable. Terriblement formidable. Et comme si cela ne suffisait pas, la pensée qu’elle avait été si odieuse avec lui vint rajouter à sa peine. Ses pleurs redoublèrent tandis qu’il déclarait :

-Je suis là...laisse aller ta peine…pleure Lola. Vas-y.

Elle hurla encore, laissant échapper les cris de son âme. Puis elle leva vivement la tête vers lui, soudainement terrifiée. Où était l’enfant ? Où était-elle ? Si Jon s’en était occupé, il l’aurait sûrement mise dans un sac sans aucun soin. Et Soaric ne laisserait jamais faire ça, n’est-ce pas ?
Il la rassura du regard et répondit à ses interrogations :

-Elle est en paix Lola. Je lui ais donné sa dernière demeure. Tu pourras aller lui dire au revoir une fois que tu seras rétablie. Et lui…il est parti avec le médecin.

Lola hocha la tête et baissa la tête, silencieuse. Elle n’en pouvait plus. Elle ne pouvait se résoudre à supporter un coup de plus. Que ferait Jon après cela ? Il tuerait Sia, puis Logan ? Et il l’achèverait en tuant Soaric ? Quel était son but, finalement ? Voir jusqu’où pouvait aller sa force ? Voir quand est-ce qu’elle commencerait à s’en prendre à lui, complètement dévastée ? Si c’était cela son petit jeu, alors elle préférait tout arrêter là. C’était fini. Elle rendait les armes. Il avait gagné. Il avait gagné depuis longtemps mais quelque-chose de morbide l’obligeait à persévérer.
L’artisane poussa encore un hurlement, le dernier, avant d’entrer dans un mutisme profond. Elle ne savait pas comment elle en ressortirait. Ni si elle allait en ressortir. Mais elle comprit à la rage qui s’en allait de son cœur, définitivement, qu’elle ne parviendrait pas à ouvrir la bouche avant un long moment.

Brusquement, Soaric lui fut arraché. Et le temps de comprendre ce qu’il se tramait, il était déjà les mains liées face à une multitude de gardes. Une dernière personne entra dans la pièce, grande et imposante, se fichant devant l’archer en lui décochant un regard noir. Jon. Evidemment. Il avait tout manigancé, encore une fois. Il prévoyait toujours vraiment tout, hein ? Il était tellement fort. Invincible.

-C'est lui ! Il a poussé ma fiancée dans les escaliers et regardez ! Mon bébé est mort! A cause de lui ! J'ai perdu mon bébé et elle ne va jamais s'en remettre ! Tuez-le ! Je suis général vous devez obéir !

Les yeux du prisonnier cherchèrent les siens. Lola l’observa, terriblement triste. Elle voulait faire quelque-chose. Agir pour le libérer de cette affreuse situation dans laquelle il était empêtré. Mais elle ne pouvait pas. Parce-que les gardes ne l’écouteraient pas. Qu’était-elle, sinon la fiancée de Jon ? Une moins que rien. Une femme n’ayant aucune autorité, par apport à lui.
Et puis, de toutes manières, elle ne parvenait pas à parler. Elle essaya mais aucun mot ne sortit. Elle était muette. Pourquoi ? A cause de tout ce qu’il lui avait fait subir. Elle avait déjà entendu parler de cette maladie psychologique, touchant les personnes ayant subi un choc trop énorme. Mais jamais elle n’aurait cru qu’elle en serait victime.

-C'est toi qui l'a poussée ! Pourquoi serais-je resté près d'elle si je l'avais fait ? Pourquoi aurais-je pris le temps d'enterrer votre enfant dignement ?

-Parce que tu l'aimes encore ! Tu as voulut te débarrasser du gosse et après tu m'aurais tué ! Tu m'as avoué vouloir me supprimer et ne pas avoir peur de le faire !

-Oui parce que tu es une ordure ! Tu bats ta pseudo-fiancée que tu n'aimes pas et les enfants qu'elle a. Tu bats un enfant de dix mois !

Les gardes ne savaient ce qu’ils devaient faire. Il voyait très clairement les traces de coups sur la jeune fille, et ils étaient au courant de l’homme que Jon pouvait être. Mais ils n’avaient pas le droit de discuter l’ordre du général. Autrement, ils allaient eux aussi en payer le coup et ils n’avaient aucune envie de se retrouver au plus bas. Plutôt plaindre la souffrance d’une autre en restant éloigné que d’y goûter sois-même.
Le mieux qu’ils pouvaient faire étaient de garder Soaric en observation, le temps d’avoir des preuves potables ou des témoignages. Ce n’était pas l’apothéose mais au moins c’était déjà ça de gagner.
Le chef de la troupe déclara donc, s’excusant du regard auprès de Lola :

-Nous plaçons la maison sous surveillance constante jusqu'à ce que nous ayons des preuves. Nous interrogerons les enfants dès qu'ils seront là. Pour l'heure, vous resterez attaché Monsieur.

-D'accord je reste attaché mais ici. Dans cette pièce.

Le général voulu protester mais déjà les autres gardes agissaient. Ils attachèrent Soaric à une chaise, prenant le soin de ne pas serrer trop fort ses liens et ils sortirent, se dispersant autour de la maison. Jon sortit à son tour de la pièce, cherchant à parler au chef. Il ne se souciait aucunement du sort de Lola. Tant mieux, de toutes façons. Elle ne voulait pas le voir.

L’artisane inclina respectueusement la tête vers Soaric pour le remercier. Puis elle ferma les yeux, s’endormant aussitôt. Elle avait besoin de se reposer. De croire, pendant un instant seulement, que tout n’avait été qu’un mauvais rêve.

Ce sont les cris de Logan qui la réveillèrent. Le petit garçon monta en vitesse les escaliers, sautant dans le lit de sa mère pour la serrer dans ses bras. Il lui donna un énorme bisou sur la joue avant de déclarer en vitesse :

-Les gardes hé bah ils m’ont dit que tu étais tombée et que tu avais perdu le bébé ! Maman ! C’est pas vrai hein ? Hein qu’ils ont dit que des mensonges ? Hein que t’as encore mon futur petit frère ou ma future petite sœur dans ton ventre ? Hein que oui maman ?

Lola ne répondit pas, se contentant d’attirer le bonhomme contre elle. Ses gestes parlaient pour elle. Alors, voyant sa mère adoptive en larmes, il ne put s’empêcher de contenir les siennes.
Jusqu’à ce qu’il tourne la tête et voit Soaric assit sur une chaise, en train de le regarder. Il ouvrit grand la bouche, déconcerté, puis se rua dans ses bras, lui faisant à son tour un énorme câlin. Il avait déjà oublié l’enfant que portait Lola.
Si elle aussi, elle pouvait se débarrasser de cette peine aussi rapidement…

-Papaaaaaaaaa ! Papa tu es là ! Maman elle m’avait dit que tu étais parti en mission pour toujours ! Tu reviens nous chercher ? J’aime pas ici ! Jon il est méchant avec maman et nous ! Il m’a fait tout pleins de bobos ! Pourquoi t’es attaché papa ?

Le petit saisit les chaînes dans ses mains, soucieux. Il n’avait jamais vu son père dans cet état. A vrai dire, trop occupé à parler à toute vitesse, il n’avait même pas remarqué à quel point il semblait penaud.
Regardant tour à tour sa mère et son père adoptifs, il mit ses poings sur les hanches et fit, d’un air boudeur :

-Papa, t’as encore voulu prendre une part de gâteau au chocolat, c’est ça ? Et maman elle a du t’attacher les mains ! Tu m’en as laisser un peu au moins ?

Une femme grassouillette entra alors à son tour dans la pièce, portant Sia dans les bras. C’était Emy, la gardienne de ce dernier. Elle était tout à fait adorable, et peut-être la seule personne à compatir réellement face aux blessures de Lola. Sachant éperdument qu’elle était trop faible face à Jon, elle tentait néanmoins d’atténuer sa douleur par de petits gestes simples, remplis d’un amour infini. La médecin l’appréciait vraiment mais elle n’eut pas la force de se réjouir de la voir.
Le petit gesticula dans ses bras, essayant d’articuler quelque-chose avec sa tétine en bouche. La bonne femme apporta l’enfant dans les bras de Lola, baissant la tête pour ne pas devoir regarder Soaric. Elle ignorait totalement qui c’était et il l’intimidait au plus haut point.
Alors elle se pencha vers l’artisane et chuchota au creux de son oreille, pour que personne d’autre elle n’entende :

-J’ai appris pour ta petite fille, Lola. Je suis vraiment désolée. Je ferais de mon mieux pour t’aider. Je vais déjà porter mon témoignage au chef, et probablement ensuite à la justice. Ca ne vaudra peut-être pas grand-chose, mais j’aurais au moins essayé…

Lola hocha la tête tristement. Alors l’autre partit, murmurant un ‘au revoir’ en direction de Soaric.
Sia, dans ses bras, l’observait avec de grands yeux ronds. Il devait se demander pourquoi sa mère était aussi triste. Et ne pouvant encore s’expliquer clairement, il ne pouvait lui poser la question. Cherchant donc à le rassurer ne serait-ce qu’un peu, Logan parlant inlassablement à son père de l’autre côté de la pièce, elle chatouilla le menton du petit en se forçant à sourire. Le petit éclata de rire et elle dut se faire violence pour ne pas éclater à nouveau en sanglot. Elle devait cacher sa douleur face à ses enfants. Sinon ils seraient inquiets et Logan tenterait de faire quelque-chose, s’attirant de multiples ennuis. Et sans nul doute que Sia le suivrait, imitant le moindre de ses gestes. Elle ne voulait pas qu’il leur arrive quelque-chose. Pas à eux.

-Mademoiselle Lola ? fit une voix timide, lui faisant tourner la tête. Nous aimerions vous interroger.

Elle détailla un jeune soldat qui nageait légèrement dans ses vêtements. Il était frêle, tenait maladroitement son épée en main. Encore un enrôlé de force par Jon. La monstruosité de cette personne était abominable.
Il détacha Soaric, lui demandant gentiment de sortir de la pièce avec les enfants. Apparemment, ils allaient eux aussi avoir affaire avec une avalanche de questions. Lorsque l’archer s’approcha d’elle pour prendre Sia de ses bras, elle effleura de ses lèvres sa main, déposant un baiser discret mais rempli de gratitude.
Il partit, et plusieurs autres soldats rentrèrent.

-Bien, commença le plus imposant. Dites-nous tout, Lola. Est-ce que Jon vous frappait ?
Lola le fixa longuement. Elle ne parvenait pas à ouvrir la bouche. Quelque-chose en elle s’était bloqué et elle n’arrivait tout simplement plus à formuler le moindre mot. Une barrière infranchissable la séparait de la réalité. Elle ne pouvait et ne voulait pas parler.
Le type attendit un long moment qu’elle se décide puis, voyant qu’elle ne réagissait pas, toussa bruyamment. Il était gêné. C’était demander de trop à une femme qui venait de subir une telle opération pour qu’on lui enlève l’enfant. Il le savait. Mais si elle voulait être débarrassée de Jon le plus vite possible, elle devait parler maintenant.

-Alors dites-nous ce qu’il vous a fait, mademoiselle…Dites-nous comment tout cela a commencé ou un événement qui vous marqué…Quelque-chose qui prouve que ce Soaric est innocent et que Jon est le coupable !

L’artisane détourna le visage, observant le ciel gris de la fenêtre. Ils soupirèrent longuement. Une boule se forma dans sa gorge et elle s’en voulut de ne pas parvenir à murmurer au moins un seul mot. Elle était tellement désolée. Mais il fallait toujours que tout se fiche en l’air, avec elle. L’ombre ténébreuse de Jon planait sur elle, la maudissant encore et toujours.

-Et les enfants ? reprit-il, dépité. Il les battait ?

Cette fois, Lola baissa piteusement la tête, agrippant un bout de son drap et le lissant inlassablement. Pourquoi s’acharnaient-ils sur elle ? Il n’y avait aucun espoir ! Qu’ils enferment Soaric et libèrent Jon, qu’on en finisse. C’était de toutes façons ce qu’il devait arriver. Alors autant précipiter les choses, au lieu d’essayer de rallonger le temps.

Un des hommes s’approcha d’elle, abattant férocement ses mains sur le lit, portant un regard chargé de colère sur elle. Les autres soldats crièrent après lui mais il hurla de le laisser faire, reportant son attention sur la jeune femme. Ils étaient tous tellement intimidés qu’ils n’osèrent plus esquisser le moindre geste.
Il déclara alors, utilisant toute la force qu’il possédait pour la convaincre :

-Mademoiselle Elwëe, je veux bien que ce soit difficile pour vous, mais il vous faut agir ! Ce n’est pas en vous lamentant que vous ferez bouger les choses ! Si, vous voulez que tout change, Lola ! Je le sais. Vous ne devez pas abandonner. C’est ce que cherche Jon. Il veut que vous baissiez complètement les armes. Mais vous n’allez pas le laisser gagner, vous m’entendez ? Vous allez vous réveillez ! Vous allez sauver vos enfants et vous-même. Vous allez empêcher que ce monstre ne fasse d’autre horreur. Il vous a pris votre enfant, bon sang ! Vous n’allez pas laisser passer ça ?!

Lola le regarda, un nouvel éclat dans l’œil. Il avait entièrement raison. Et si elle ne pouvait pas émettre de sons, elle pouvait au moins montrer les faits.
Elle souleva sa robe, faisant fi de l’intimité et laissa parler son corps. Elle sentit une multitude de paires d’œil la détailler et pâlir devant ses blessures.
L’homme qui avait crié ferma un instant les yeux, mâchoires serrées avant de jurer pour lui-même :

-Jon, ton heure est enfin venue.

Il sortit de la pièce, emmenant avec lui les autres gardes. Mais la jeune fiancée ne pouvait se convaincre que tout était fini. Elle n’arrivait pas à se réjouir.
Faisant glisser le tissu de son vêtement sur elle, elle s’enfonça à nouveau dans ses couvertures. Jon avait du prévoir cela, aussi. Ou du moins imaginer un plan, le temps que Logan et Sia reviennent.
Non, la partie était de loin gagnée. Et alors qu’elle aurait du être apaisée par la présences de tous ses hommes, elle sentit l’inquiétude l’étreindre férocement. La lueur qu’avait réveillée le soldat s’éteignit, la plongeant à nouveau dans le désespoir. Qu’allait-il faire, cette fois ? Qu’allait-il faire, bon sang ?!
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MessageSujet: Re: Autant en emporte le bonheur...[PV Lola]   Dim 3 Fév - 18:40




Lola, Soaric & une histoire de coeur





Attaché, Soaric regardait Lola, allongée dans son lit, si dévastée. Si seulement il avait pu éviter tout ça…si seulement il n'avait pas été aussi idiot…il la regarda s'endormir, les yeux rouges de larmes, et il ne bougea pas, espérant que le monde des rêves soit plus tranquille et plus lumineux que le monde réel.

Une bonne heure plus tard, il entendit des cris dans la maison. Mais pas des cris terrifiés…des cris d'enfant. Logan ? Son cœur se mit à battre violemment. Cela faisait…bien six ou sept mois qu'il ne l'avait plus vu. L'enfant allait-il seulement le voir, le reconnaître ?
La porte s'ouvrit brusquement et une furie sauta sur Lola qui s'était réveillée à cause du bruit. Logan la serrait contre lui en disant :

-Les gardes hé bah ils m’ont dit que tu étais tombée et que tu avais perdu le bébé ! Maman ! C’est pas vrai hein ? Hein qu’ils ont dit que des mensonges ? Hein que t’as encore mon futur petit frère ou ma future petite sœur dans ton ventre ? Hein que oui maman ?

Soaric se mordit la lèvre lorsque Lola le prit contre elle, sans piper mot, les larmes coulant à nouveau sur ses joues. Cela suffit au petit pour comprendre et il se mit à pleurer à son tour. C'est là qu'il tourna la tête et vit Soaric. Il mit quelques secondes à comprendre puis se rua sur lui, souriant et heureux de le voir, comme s'il avait oublié la perte de l'enfant. Logan lui fît un énorme câlin et Soaric ne put empêcher un léger sourire d'apparaître sur ses lèvres.

-Papaaaaaaaaa ! Papa tu es là ! Maman elle m’avait dit que tu étais parti en mission pour toujours ! Tu reviens nous chercher ? J’aime pas ici ! Jon il est méchant avec maman et nous ! Il m’a fait tout pleins de bobos ! Pourquoi t’es attaché papa ?

Soaric regarda les bras de Logan. Couverts de bleus qui se couvraient les uns les autres. Ses yeux bleus ne pétillaient plus autant, ayant peur, et ses cheveux auraient bien besoin d'une coupe. Il portait des habits quelque peu usés, comme si Jon n'avait jamais voulut en acheter des neufs.
Le petit prit les chaînes entre les mains, ne comprenant pas. Puis il regarda ses parents et fît, d'une voix boudeuse :

-Papa, t’as encore voulu prendre une part de gâteau au chocolat, c’est ça ? Et maman elle a du t’attacher les mains ! Tu m’en as laisser un peu au moins ?

Soaric aurait aimé pouvoir en sourire et en rire avec Lola. Logan ne comprenait pas la gravité de la situation. Il ne comprenait pas que ses parents adoptifs n'étaient plus ensemble, que Lola n'aimait plus Soaric et que ce dernier s'en irait une fois qu'elle serait libre. Il ne comprenait pas et c'était tant mieux pour lui. Il était jeune et en avait déjà trop vu, trop connu, trop vécu. Un peu comme lui, mais différemment.

La porte s'ouvrit une nouvelle fois sur une femme un peu grassouillette mais au visage aimant et gentil, portant un enfant dans ses bras. Sia. C'était Sia. Soaric le regarda, constatant à quel point il avait grandit durant tous ses mois. Il en oubliait même que le Gouverneur était son père. Et puis même, il aurait préféré que ce soit le Gouverneur qui vive avec Lola au lieu de Jon…le Gouverneur ne les auraient pas battus, au moins…Elle s'approcha de Lola et lui tendit son bébé, ne regardant pas Soaric. Pourquoi il ne savait pas. Elle lui parla, de manière à ce qu'il n'entende rien puis se redressa et les salua avant de s'en aller.

Lola ne parlait plus. Pourquoi ? Était-elle devenue muette ? A cause du choc ou de l'opération ? Sia gesticulait dans ses bras, riant lorsqu'elle le chatouillait. Logan parlait à Soaric, mais l'Archer n'entendait que des bribes. Pas qu'il s'en fichait, mais il cherchait une solution pour que Jon coule. Et à part la mort il ne voyait pas.

Un garde entra quelques minutes après, disant vouloir interroger Lola. Mais elle n'était pas en état, là tout de suite ! Soaric garda néanmoins le silence et le garde vint le détacher, lui demandant de sortir avec les petits. Sans doute pour se faire interroger à part.

Soaric se leva donc, toujours torse nu, et se dirigea vers le lit pour prendre Sia. Il avait l'impression de le lui voler. Il se fît extrêmement doux en glissant ses mains sous le corps du petit, n'ayant plus l'habitude de tenir un enfant et il sentit les lèvres de Lola se poser sur sa main, comme un remerciement. Le remercier de quoi ? Il avait tué son enfant, même indirectement.

Logan devant lui, il sortit, laissant un attroupement de gardes entrer pour parler à Lola. Tellement de gardes, elle allait être paniquée…

On le fît s'asseoir à la cuisine. Il vit Jon plus loin, ne pouvant pas entendre.

-Alors…Soaric. Expliquez-nous. Qui êtes-vous ? Pourquoi êtes-vous là ?

-Je suis un Archer. Je suis ici parce que je devais fabriquer la chambre du bébé.

Logan intervint alors :

-C'est mon papa ! Lui il est gentil ! Il est venu nous chercher !

Le garde regarda Soaric puis le petit, comme s'il voulait chercher une ressemblance entre les deux. Soaric s'expliqua alors :

-Nous l'avons adopté.

-Je vois. Et vous êtes qui pour Lola ? Vous semblez…proche d'elle.

Soaric déglutit et se maudit d'être resté torse nu. La bague était nettement visible.

-Elle était ma fiancée. Elle m'a quitté il y a quelques mois. Jon lui avait fait un lavage de cerveau pour la rebiffer contre moi.

-Vraiment ? C'est étonnant alors que ce soit vous qui fassiez leur chambre…

Soaric serrait Sia dans ses bras, implorant du regard Logan à se taire pour le moment.

-J'avais mis des affiches et Jon aura vu que c'était moi. Il a fait exprès de m'engager, il ne m'a pas dit que c'était lui, juste une adresse. Il ne veut que le malheur de Lola. Ouvrez-les yeux ! Ce type est un salaud ! Général ou pas !

Les gardes se regardèrent. Puis ils interrogèrent Logan. En bon garçon, il leur montra ses bleus, leur expliqua pourquoi il les avait. Il leur dit à chaque fois la raison pour laquelle Jon l'avait frappé. Il expliqua qu'il tentait de protéger sa maman et son petit frère mais était trop faible pour résister à cet homme.

Une fois terminé, les gardes qui interrogeaient Lola sortirent et déclarèrent :

-Elle n'arrive pas à parler, mais elle nous a montré. Son compte est bon.

-Pas tout à fait. On doit monter le dossier, recueillir des témoignages. La nourrice du gosse est prête à nous donner le sien sous serment. Et ensuite il faut prévenir les autorités au-dessus. Seul le Gouverneur pourra décider de son sort maintenant, vu qu'il est général.

Acquiesçant en soupirant, l'autre garde fît un signe et tous se retirèrent, prévenant qu'ils ne devaient en aucun cas partir. Soaric était condamné à rester avec Jon. Et puis de toute façon il ne serait jamais partit en le sachant libre d'agir et de tuer les enfants ou Lola. Il partirait…après. Quand elle serait sauvée.

Logan ne le quittait pas d'une semelle alors qu'il retournait chez Lola, toujours dans son lit et le regard vide. Il lui redonna son fils, qui, il l'espérait, pourrait un peu la soulager. Il confia à Logan le soin de veiller sur sa mère et son frère et ressortit, dans le but de préparer un petit repas. Il savait que Lola ne mangerait rien après ça, mais au moins les enfants. Jon était posté contre le mur et le dévisageait méchamment. Et oui, il perdait. Et il n'avait pas prévu tout ça. Pour une fois, son plan si brillant tombait à l'eau. Et il n'aimait pas ça.

-Tu crois t'en tirer comme ça, minable ?

Il le provoquait. Mais Soaric ne répliquerait pas. Il montait un plateau avec dessus du jus de fruit, des céréales, des fruits tout court…

-Tu as perdu Jon. Alors fais toi petit et mets la en veilleuse. Ce sera toujours ça de bien que t'auras fait dans ta vie de merde.

-Comment oses-tu me parler comme ça !? Tu n'es pas chez toi ici ! D'ailleurs tu n'as pas de chez toi ! Tu n'en as jamais eu hein ? Tes parents…ou sont-ils ? J'aimerais beaucoup le savoir…

Soaric se stoppa dans ses gestes. Heureusement il tournait le dos au Général qui ne pourrait pas le voir. Ses parents ? Savait-il ? Ou bluffait-il ? Pour son chez-soi par contre il avait raison. Soaric n'avait jamais eu de chez-lui. Il ignora l'homme, ne répondit pas et alla porter le repas dans la chambre ou Logan…parlait.

-Pour ceux qui ont faim…même si…ce n'est pas le moment.

Il regardait Lola qui avait toujours ce regard triste, et ressortit. Il devait garder Jon à l'œil.

Les jours passèrent lentement. Soaric avait rangé le matériel pour la chambre, et avait envoyé en douce un message à Kira. Il souhaitait qu'elle s'occupe de Lola, après. En parlant de Lola, elle ne parlait plus. Elle restait dans son lit, murée dans le silence et seuls ses enfants parvenaient à la faire sortir de sa léthargie. Jon restait à distance, mais il commençait à être à bout de nerfs. Les autorités n'avaient encore rien décidé, et il sentait que tout partait de travers. Soaric veillait au grain à tous ses faits et gestes. Lorsque le Général partit une après-midi, il emmena rapidement Logan sur la tombe de sa petite sœur. Le petit pleura à chaude larmes, prenant conscience que c'était bien réel, et le ramena auprès de sa mère une fois qu'il eut séché ses larmes. Soaric lui expliquait qu'il devait être fort pour sa maman et son petit frère. Il lui expliquait qu'en tant qu'homme de famille, il devait veiller sur eux comme il l'avait toujours fait et voulut le faire. Il avait neuf ans, mais tant de responsabilités sur ses épaules…

Soaric avait pris la chambre de Logan. Enfin…Logan lui avait dit de dormir avec lui lorsque l'Archer avait voulut se coucher sur le canapé. Il avait un grand lit et les deux ne prenaient pas beaucoup de place. Sia restait constamment auprès de Lola, dans le berceau que Soaric avait descendu et mis à côté du lit. Mais une nuit…tout changea.

Soaric dormait de son sommeil léger, Logan contre lui, lorsqu'il entendit du bruit. Il ouvrit les yeux, ne comprenant pas. Jon dormait souvent dans une chambre d'amis, ou même en-dehors de la maison, dans le village. Il se redressa légèrement, et les minutes passèrent en silence. Il crut avoir rêvé lorsqu'un hurlement retentit. Si puissant qu'il paraissait être sortit des tréfonds de la terre. D'un bond, Soaric se releva, enfila sa chemise et prit la dague qu'il avait toujours avec lui. Logan s'était réveillé et le regardait, inquiet.

-Ne bouge pas d'ici Logan. Je viendrais te chercher.

Le petit acquiesça et Soaric quitta la chambre, descendant les escaliers, défonçant la porte de la chambre de Lola. Il s'arrêta net. Devant lui se jouait une scène…sortie de l'enfer presque. Jon était sur Lola, à moitié nu, la caressant, tentant de la dévêtir. Lola se débattait comme elle pouvait, avec un regain d'énergie comparé à sa léthargie des jours précédents, en vain.

Et cela…fît briser la barrière de sa rage. C'était de trop. Trop d'horreurs pour Lola. Serrant le manche de son couteau, Soaric se jeta sur Jon, l'agrippa à la chemise, puisqu'il avait enlevé le pantalon en priorité, et le jeta dans la pièce d'un coup, libérant Lola.

-Dégage ! Cette salope mérite tout ça ! Laisse-moi faire ce que je veux de ma fiancée !

Soaric répondit, ou du moins l'autre lui :

-Ton heure est venu, Jon. Il est temps de mettre le point final de ton histoire et de refermer le livre.

Il savait qu'il brisait encore une promesse. Il avait promis de ne plus laisser la rage le contrôler ou tuer des gens comme ça. Mais là…non. Et puis Lola ne l'aimait plus. Et lui partirait ensuite. S'approchant, il agrippa Jon et le tira pour le traîner derrière lui. Il ne regarda pas Lola. Elle devait être sous le choc. Sia hurlait dans son berceau. Et alors qu'il ouvrait la porte d'entrée, traînant son fardeau derrière lui, il entendit Logan descendre les escaliers et se précipiter vers sa mère.

Refermant la porte avec une lenteur délibérée, il jeta sa proie devant lui, comme un chiffon. Pour la première fois de sa vie, Jon eut peur.

-Comment on se sent, lorsque l'on devient la proie, Jon ?

Soaric avait un sourire mauvais sur les lèvres.

-S'il…s'il-te-plaît…

-Il est trop tard Jon. Beaucoup trop tard.

Jon se releva, tentant de paraître courageux, et se jeta sur Soaric avec l'énergie du désespoir. Soaric l'évita, riant et se moquant de lui. Il s'amusa ainsi deux-trois fois, puis lorsque Jon courut vers lui, il lui agrippa le poignet, le tira à lui, et lui enfonça la lame dans le cœur. Son visage à deux centimètres de celui du Général qui hoquetait, les yeux écarquillés, Soaric lui murmura :

-Il faut toujours payer, Jon. Toujours…

Il retira sa lame et laissa le corps s'effondrer dans un dernier spasme de vie. Jon était mort. Plus personne ne souffrirait à présent. Lola était libre. Peut-être même qu'elle le sentait. Soaric inspira, et traîna le cadavre plus loin. Les gardes n'auraient qu'à l'emmener. Ils voudraient peut-être arrêter l'Archer, mais celui-ci n'avait fait que défendre Lola. Il calma sa rage, la renfermant derrière les barreaux. Maintenant, la prochaine étape était d'emmener Lola et les enfants ailleurs. Chez Kira ou dans leur ancienne demeure si elle ne l'avait pas détruite. Là, il les laisserait entre les mains de Kira qui, il en était sûr, s'en occuperait bien mieux que lui…

Il rentra après avoir nettoyé sa lame et éloigné sa rage, et revint dans la chambre. Logan consolait sa mère et Lola tenait Sia, pleurante comme le petit.
Soaric se stoppa à côté d'elle et lui murmura :

-C'est finit Lola…il ne te touchera plus. Il ne touchera plus personne.

Mais il ne la toucha pas, rien. Elle allait lui en vouloir, comme pour les braconniers et la famille…mais il s'en fichait en fait. Il l'avait libérée, et il disparaîtrait de sa vie une fois Kira auprès d'elle. Il avait tué un salaud. Pour le bien des autres.

Lui mourrait un peu plus tard, ayant fait au moins une chose de bien dans sa vie. Sauver Lola et les enfants.


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MessageSujet: Re: Autant en emporte le bonheur...[PV Lola]   Mar 5 Fév - 21:28

Soaric pointa le bout de son nez dans la pièce, Sia dans les bras. Il dévisagea Lola un instant, qui elle était trop occupée à observer le monde dans toute son injustice. Elle ne silla même pas lorsqu’il lui déposa le bébé dans ses bras et que Logan s’assit à ses côtés, promettant à son père adoptif qu’il protégerait sa famille.
Elle était ailleurs. Dans un univers où tout se passait selon nos souhaits. Ou tout ceci n’aurait été qu’un affreux cauchemar. Elle pourrait alors se réveiller d’un moment à un autre, ne connaissant même pas la fin de l’histoire. Mais cela lui était égal. Elle ne voulait pas savoir comment tout finissait.
Parce-qu’elle avait un affreux pressentiment.

-Maman… ? C’est le bébé qui te rend triste ? demanda soudainement Logan, penaud. T’en fais pas…Papa t’en fabriqueras un autre…

Lola tourna son visage vers son petit garçon. Il s’était agenouillé contre elle, déposant sa main sur son bras. Il croyait vraiment que Soaric et elle s’entendaient admirablement bien. Avait-il déjà oublié les moments où ils se disputaient devant lui ? Ou pensait-il que c’était normal, pour des parents, de se disputer parfois si violemment ?
Alors elle allait devoir briser son cœur, lorsqu’elle lui apprendrait qu’il ne verrait plus son ‘père’ aussi souvent. Qu’elle et lui, ils n’étaient plus ensemble. Elle allait devoir peser ses mots et faire en sorte qu’un si petit bonhomme comprenne bien le sens de ses propos. Et leurs conséquences.
Elle le ferait, oui. Mais pas maintenant. Elle n’en avait pas la force, ni l’envie. Elle lui décocha un sourire, le montrant de la main avec Sia. Elle voulait lui faire comprendre qu’elle les avait déjà tous les deux. Et qu’elle était heureuse qu’ils soient là. Vraiment. Même si elle était triste, elle ne les oubliait pas.

Logan sembla saisir ce qu’elle voulait dire par ses signes et il bomba le torse, fier de lui, montrant ses biceps à sa mère. Elle éclata de rire, l’attirant contre elle. Ils restèrent un long moment enlacés à trois, jusqu’à ce que Sia donne des coups à son frère, amusé.
Là-dessus, Logan porta son attention sur lui et ils commencèrent à jouer ensemble, oubliant tout à fait leur mère et sa tristesse.

Que devait-elle faire ? Elle ne voulait plus voir Jon. Elle ne voulait plus qu’il la touche elle ou les enfants. Elle voulait le voir mort. Agoniser. Souffrir autant qu’il avait fait souffert le monde. Payer. Elle voulait le voir crever oh oui…Terriblement.
Mais elle était trop faible à cause de lui. Seul pouvait agir Soaric et elle doutait qu’il veuille tuer une autre personne. Il avait déjà trop de sang sur les mains…Elle n’allait pas lui demander d’en rajouter, de torturer d’avantage sa conscience juste pour elle. Elle ne le pouvait pas. Elle n’était plus rien pour lui.

Lola jeta un coup d’œil distrait vers ses enfants. Il ne restait plus qu’à espérer que les soldats trouvent un excellent moyen de rendre Jon à la justice. Mais il fallait véritablement qu’ils soient bons. Car c’était connu, le général entretenait une entente extraordinaire avec le gouverneur.
Rien n’était gagné. Pire même, la victoire était lointaine. Mais il ne fallait pas qu’elle désespère. Ses enfants avaient besoin d’elle. Elle s’accorderait quelques jours de repos, à les surveiller de loin, puis elle se redresserait et montrerait à Jon qu’il avait perdu. Il n’y avait qu’à espérer qu’il ne décide pas de faire pire que maintenant. Car elle savait que s’il agissait une ultime fois, il porterait le coup fatal.
Et elle ne survivrait pas.

-Oh maman ? Tu sais quoi ? A l’école, aujourd’hui, y’a Ernest qui a fait pipi sur sa chaise ! Je te juuuure ! Il voulait demander à Madame Joanne pour aller aux toilettes mais elle faisait toujours semblant de pas l’avoir vu ! Faut dire aussi que Ernest il dit toujours que des bêtises. C’est pour ça qu’elle lui donnait pas la parole ! J’en suis sûr ! Et donc, bah Ernest il pouvait plus se retenir ! Et il a tout fait sur lui !!! Toute la classe elle a rigolé !
(petit clin d’œil pour Ernest XD…En plus, je viens d’y penser...Ernest a fait pipi…Bouaha XD…breeef !)Lola sourit à Logan, lui caressant d’un geste affectueux ses cheveux. Il secoua la tête, ne supportant pas ça, ce qui fit éclater de rire Sia. De son côté, Soaric venait de rentrer dans la pièce, un plateau-repas chargé sous les bras.
On aurait presque pu croire que la famille était enfin réunie. Presque. A cette pensée, l’artisane afficha de nouveau un air triste et ne répondit pas lorsqu’il expliqua sa venue :

-Pour ceux qui ont faim…même si…ce n'est pas le moment.

Il sortit presque aussitôt, laissant Logan se jeter sur la nourriture. La jeune mère coupa des petits morceaux pour Sia, l’aidant à manger, observant ce petit monde avec attention. Qu’adviendrait-il deux, maintenant ?

Les jours s’écoulèrent terriblement lentement. Soaric restait dans la maison, veillant aux moindres des besoins de son ancienne famille. Il passait beaucoup de temps avec les enfants, les éloignant ainsi de Jon qui commençait à se montrer de plus en plus impatient.
Lola l’entendait parfois hurler contre de pauvres soldats qui venaient lui apporter de mauvaises nouvelles. Apparemment, cela ne se passait pas comme il le souhaitait. Il s’en effrayait. Elle s’en réjouissait.

Emy tenta de venir lui rendre visite une fois. Mais le général lui interdit l’accès. Et d’après ce que Logan lui avait rapporté, il avait failli en venir aux mains. Décidément, s’il perdait son sang-froid si facilement ; s’il n’arrivait plus à se contenir en public, c’est qu’il était à bout. La fin était proche.
Mais la fin de qui ou de quoi ?

L’artisane restait cloîtrée dans son mutisme. Elle passait ses journées au lit, remettant sans cesse au lendemain le moment où elle se montrerait fièrement devant Jon. Elle avait perdu toute motivation, sentant l’atmosphère se tendre de jour en jour. Quelque-chose allait se passer, quelque-chose de terrible, mais elle ne savait pas encore quoi. Cela pouvait être l’arrestation de son fiancé comme de la mort d’un de ses enfants. Alors elle n’espérait pas. Elle attendait.
Seuls Sia et Logan parvenaient à la faire revenir un peu à la vie. Ce n’était que furtif, passager, mais c’était déjà mieux que rien. Elle parviendrait à se relever complètement, oui. Ce n’était qu’une question de temps.

Et enfin, une nuit, l’improbable arriva. Lola dormait tranquillement, ne se doutant pas une seule seconde que sa vie allait prendre un nouveau tournent. Tout allait changer radicalement et ce pour de bon.
Elle était installée dans son grand lit, le berceau de Sia disposé avec les soins de Soaric à côté d’elle. Logan et son ex-fiancé étaient partis dans le monde des songes dans la chambre du petit, qu’il partageait désormais avec son père adoptif. Quant à Jon, cette fois-là, il était parti se coucher dans une chambre d’amis. Et le mal lui en prit d’en sortir. Les dieux s’étaient sûrement enfin penchés sur sa personne et avaient compris qu’il filait le parfait amour avec le diable. Et ils avaient décidé d’agir.

Le général se glissa hors de ses draps, marchant à pas de souris jusqu’à la pièce où dormait sa fiancée. Il pénétra dans la pièce, fermant à clé la porte derrière lui, et s’approcha de Lola, qui respirait tranquillement, encore dans le monde des rêves.
Puis il abattit sa main sur sa bouche, la faisant ouvrir des yeux dans un sursaut, souriant sadiquement. Il chuchota, s’asseyant déjà sur son ventre pour l’empêcher de s’enfuir :

-Puisque t’es une véritable salope, faut bien mettre tes talents à l’ouvrage. J’ai envie de coucher ma belle et t’as vraiment pas intérêt à me contrarier.

La demoiselle tenta de se libérer, gesticulant avec force sous lui. Il commença à l’embrasser, agrippant ses poignets pour ne pas qu’elle essaye de le frapper. Mais comme elle ne se laissait pas faire, lui donnant des coups avec ses pieds, il lui fila un énorme coup de poing, faisant perler le sang sur ses lèvres.
Jon lécha le liquide rougeâtre, souriant toujours de plus en plus, et retira son pantalon ainsi que son sous-vêtement, reprenant d’assaut le corps de la jeune femme, tétanisée. Elle ne voulait pas se laisser faire, bon sang ! Il était temps qu’elle fasse quelque-chose. Qu’elle lui mette des bâtons dans les roues ! Qu’elle arrête de lui obéir par pure crainte. Elle devait se montrer forte. Et tant pis s’il la battait à nouveau.

Lola se mit à hurler, prévenant ainsi Soaric du danger qui l’assaillait, et se remit se débattre pour l’empêcher de la dévêtir.
La porte s’enleva de ses gonds. L’archer apparut dans l’encadrement de la porte, une lueur malsaine inscrit dans les yeux. Il était là. Son héros.
Elle était sauvée.

Il se jeta sur Jon, le tirant en arrière avec violence pour le jeter ensuite dans un coin de la pièce. La demoiselle en profita pour se redresser, se rhabillant en vitesse pour assister à la scène. Elle savait ce qui allait se passer. Et elle ne parvenait pas à se décider : voir ou non ? Elle le voulait tellement. Elle voulait voir la vie s’éteindre chez ce salaud, offrant à une multitude de gens l’espoir de vivre enfin à nouveau.
Mais elle savait que Soaric était devenu fou. Il avait fait exploser sa rage, et le spectacle allait être horriblement gore. Elle n’avait pas besoin d’y assister. Seule la promesse que c’en était définitivement fini de lui lui suffisait.

-Dégage ! Cette salope mérite tout ça ! Laisse-moi faire ce que je veux de ma fiancée ! vociféra Jon.

-Ton heure est venu, Jon. Il est temps de mettre le point final de ton histoire et de refermer le livre.

Soaric s’approcha du général et le saisit, le tirant derrière lui. Jon lança à Lola un regard désespéré mais elle ne bougea pas pour aller le secourir. Il devait payer. Il devait racheter toutes les vies qu’il avait pourries, réduites à néant ou même achevées. C’en était fini de lui. Il n’y avait plus d’issues.

L’archer referma la porte derrière eux, sortant Lola de sa léthargie. Elle remarqua enfin que Sia hurlait et elle se précipita sur son berceau, le prenant dans ses bras. Il ne se calma pas. Il devait savoir quel drame allait se produire d’un instant à l’autre. Mais il ne devait pas comprendre que c’était la justice qui reprenait ses droits.

Logan apparut dans la chambre, se jetant sur sa mère adoptive. Ils se serrèrent dans l’énorme lit, profitant de la chaleur réconfortante qu’ils s’apportaient à tous les trois. La jeune maman ouvrit alors la bouche et automatiquement Sia se tut, écoutant avec attention la voix de sa mère retentir. Après tout ce temps où elle était restée muette, ne s’exprimant qu’à travers des gestes…Il l’avait presque oubliée.
Mais ce ne fut pas des paroles à proprement parler qui en sortit. Ce fut un chant, mélodieux et triste qui emplit la chambre. Ils ignoraient les paroles, mais elles leurs semblaient adaptées à la situation.
En bas, Soaric faisait son oeuvre et l’on entendait des bruits de discussions.

-Home is behind….The world ahed. And there are many paths to tread...Through shadow to the edge of night. Until the stars are alight. Mist and shadow, cloud and shade. All shall fade...All shade...

Lola s’interrompit brusquement. Tous les trois tendirent l’oreille, écoutant le monde de la nuit.
Des bruits, encore. Puis plus rien. Le silence. On entendit un corps s’abattre sur le sol lourdement et une porte s’ouvrir et se refermer. Alors la demoiselle termina en murmurant le dernier mot, serrant d’avantage les enfants contre elle :

-…Fade…

Malgré elle, elle sentit des larmes couler. Pourquoi au juste ? Parce-qu’elle était enfin libre ? Parce-qu’elle ne savait plus ce qu’elle devait faire, maintenant ? Ou parce-que quelque part, elle regrettait que Jon meurt dans la souffrance, au lieu de croupir simplement en prison ?
Elle ne savait plus. Elle doutait. En vérité, elle crevait de trouille. Elle ne s’était jamais sentie aussi désarmée.

Sia se mit à pleurer à son tour et Logan prit son rôle de grand-frère et de fils en mains. Il consola ses proches, leur parlant avec des mots doux ; même s’il ne saisissait pas vraiment la situation. Le principal était qu’il était là.
Soaric arriva alors, s’arrêtant aux côtés de la jeune femme. Il n’osait pas effectuer le moindre geste, par crainte peut-être de sa réaction. Alors il murmura doucement :

-C'est finit Lola…il ne te touchera plus. Il ne touchera plus personne.

Elle leva lentement le visage vers lui, détaillant son visage. Il semblait comme soulagé. Il l’avait fait pour elle. Et c’était peut-être sa plus formidable preuve qu’il l’aimait.
Les joues de la demoiselle rosirent légèrement, et dans son cœur, très loin de toutes pensées ténébreuses, une graine s’implanta. L’Amour. Il allait falloir mettre de la patience avant que ce petit germe devienne quelque-chose de réel, de concret. Mais il était présent. Personne ne le savait encore, pas même Lola, mais viendrait un jour où l’évidence se ferait. Ce n’était qu’une question de temps. Mais en auraient-ils assez ?

-Il faut partir, chuchota-t-elle. Il faut partir, sinon tu vas te faire arrêter.

Lola se détacha vivement des garçons, confia Sia dans les bras de Soaric. Elle ne remarqua pas qu’elle venait de prononcer des mots. Elle était trop dépassée par les événements.
Se levant, elle entreprit de fouiller dans ses affaires et en tira une grosse valise. Elle y déposa des vêtements propres et d'autres choses qu'ils lui seraient sûrement utiles pour plus tard, agissant comme un automate.
Elle tremblait. Elle savait pertinemment qu’elle devait agir vite, les gardes allant débouler d’un moment à un autre. Et le stress lui dévorait tellement les entrailles qu’elle n’arrivait plus à rien, renversant les valises, ne parvenant pas à les boucler,…Elle voulait hurler.

-Maman….Maman…. ? Maman ?! Maman ! Calme-toi !

L’artisane se tourna vers Logan. Il venait de lui saisir le bras, glissant sa petite main dans la sienne. Elle ferma les yeux, respirant profondément. Le petit avait raison. Elle devait arrêter de s’énerver autant. Cela n’arrangerait en rien les choses !
Elle rouvrit les yeux, le remerciant gentiment et continua plus calmement ses affaires. Lorsqu’elle eut fini, elle descendit les marches où Soaric l’attendait.

-Bien. Il faudra agir vite. C’est certain que les espions au service de Jon ont remarqué…Ce qu’il s’est passé. J’espère simplement que nous parviendrons à nous enfuir, expliqua-t-elle.

La jeune femme se mordit les lèvres. Son cœur battait de plus en plus vite, comme s’il savait d’avance ce qui allait se passer.
Elle se dirigea vers la porte, posant une main sur la poignée. C’est là qu’elle se figea. Portant une mains vers sa bouche, elle dévisagea Soaric en chuchotant :

-Je…Parle ?...Je parle!

Elle venait enfin de le remarquer (pas trop tôt). Avec le meurtre et son stresse grandissant, elle n’avait même pas fait attention à ce détail.
Elle parlait. Son mutisme était terminé. Le cri qu’elle avait poussé, lorsque Jon avait voulu la violer, avait du faire éclater la barrière en elle. Elle s’était enfin décidée à agir. A agir pour qu’elle redevienne quelqu’un.

Lola sourit à Soaric, se composant une mine confiante, et ouvrit la porte. Une multitude de gardes pénètrent dans la maison, empoignant l’archer et l’attachant aussitôt.
Logan et Sia coururent se cacher dans les jambes de leur mère, qui regardait la scène, interdite. Le chef se planta entre les deux, déclarant avec une voix forte :

-Monsieur, vous êtes en état d’arrestation pour meurtre. Vous irez devant le tribunal dès demain. Quant à vous, mademoiselle, on vous garde sous surveillance. Vous allez devoir témoigner ainsi que les enfants.
Il fit une pause, regardant avec des yeux brillants les deux anciens fiancés. Il était moins terrifiant que Jon, mais il semblait suivre son chemin. Souriant comme si on venait de lui annoncer la meilleure nouvelle du monde, il reprit, éclatant presque de rire :

-Vous pensiez vraiment vous échapper comme ça ? Voyons…Ce n’est pas en tuant Jon que vous alliez trouvé la liberté.

Il avait totalement raison.
Ils étaient fichus.

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MessageSujet: Re: Autant en emporte le bonheur...[PV Lola]   Mar 5 Fév - 22:33




Lola, Soaric & une histoire de coeur





Lola restait immobile dans le lit, les enfants calmes à côté d'elle. Et finalement un murmure s'éleva de sa bouche :

-Il faut partir. Il faut partir, sinon tu vas te faire arrêter.

Soaric écarquilla les yeux lorsqu'elle se leva et lui fourgua Sia dans les bras. Elle avait parlé…après des jours et des jours de mutisme, elle avait parlé. Et ne semblait même pas s'en rendre compte. Elle commença à farfouiller, à prendre une valise et y jeta tout et n'importe quoi dedans, si vite qu'elle n'y arrivait pas. Elle mettait la moitié à côté et ne parvenait même pas à les fermer. Soaric restait là, sans savoir quoi faire. Il venait de tuer, et c'était presque comme si c'était normal. Mais Jon l'avait mérité. Et Soaric assumerait, tant que Lola et les enfants ne courraient aucun danger.

Il sortit, allant chercher quelques petites affaires de Logan et descendit les marches, attendant les autres en bas. Sia gigotait, tentait de parler, et lui serrait le doigt dans sa petite main. Bientôt, Soaric ne le verrait plus. Il ne verrait plus personne d'ailleurs.

Lorsque Lola apparut, elle expliqua :

-Bien. Il faudra agir vite. C’est certain que les espions au service de Jon ont remarqué…Ce qu’il s’est passé. J’espère simplement que nous parviendrons à nous enfuir.

Il était d'accord avec elle mais il ne voulait pas qu'elle se mette en danger. Il la conduirait dans leur ancienne demeure ou chez Kira. Ensuite…adieu Soaric. Déterminée, Lola marcha vers la porte mais se figea, la main sur la poignée. Qu'avait-elle ? Soaric s'inquiétait. Craignait-elle de voir le corps ? Il l'avait assez éloigné pour sa.
Elle le regarda alors, droit dans les yeux, pour dire :

-Je…Parle ?...Je parle!

Elle lui sourit même et Soaric sentit un baume se poser sur son cœur. Il fallait qu'elle sourie. Que plus jamais elle ne le perde. Même lorsque lui serait partit. Il voulait emmener l'image de son sourire dans la tombe. Mais alors qu'elle ouvrait la porte, des gardes entrèrent précipitamment et sans que Soaric puisse réagir, Sia lui fût arraché et reposé au sol et l'Archer attaché et maîtrisé. Il vit Lola reculer, les enfants derrière ces jambes. Non…laissez-le les mettre en sécurité…après il les suivrait…

-Monsieur, vous êtes en état d’arrestation pour meurtre. Vous irez devant le tribunal dès demain. Quant à vous, mademoiselle, on vous garde sous surveillance. Vous allez devoir témoigner ainsi que les enfants.

L'homme se tut. Tentait-il de ressembler à ce salopard de Jon ? Non…Soaric espérait que non. Il y avait tout de même une lueur plus humaine dans ses yeux, même si ce qu'il annonça lui glaça le sang :

-Vous pensiez vraiment vous échapper comme ça ? Voyons…Ce n’est pas en tuant Jon que vous alliez trouvé la liberté.

Soaric déglutit. Il cherchait une solution. Lié, il réfléchissait. Puis alors qu'ils allaient les emmener, il dit, presque suppliant :

-S'il-vous-plaît. Jon était en train de tenter de la violer. Je n'ai fait que la défendre. Mais j'assumerais mon acte. Laissez-là juste en-dehors de tout ça. Elle et les enfants. Elle a trop souffert. Je vous en prie.

Le chef le regarda, et fît mine de réfléchir, le détaillant tour à tour avec Lola. Puis il soupira et déclara :

-Il faut les garder sous surveillance…bien que j'avoue qu'une prison n'est pas le meilleur endroit pour des enfants…

-Il y a…il y a une ferme à l'extrémité du village…la femme qui s'en occupe se nomme Kira. Elle me connaît. Elle pourra les héberger et vos gardes pourront les surveiller à distance. Moi je vous suivrais en prison.

-Bien…allons voir cette Kira.

D'un signe de tête, il ordonna à ses hommes d'emmener Soaric et d'autres se chargèrent d'escorter Lola, de façon bien plus douce cependant. En bon soldats, ils lui prirent même ses valises. Soaric voyait les regards inquiets des enfants comme de L'Artisane. Mais non…elle s'en fichait de lui…elle serait mise en sécurité et ensuite…ensuite elle l'oublierait. Et une nouvelle fois il serait enfermé. Le chariot se mit en marche, dans le silence le plus total. Voilà, il avait sauvé Lola et il allait payer pour ça. En fait, il allait payer pour tout. Ce meurtre rassemblait ceux commis avant. Ses parents, Traban, les braconniers, la famille…

Un quart d'heure après, ils arrivèrent au village et Soaric leur indiqua le chemin de la ferme. Le jour se levait à peine, mais Kira était déjà dehors en train de nourrir ses animaux. En voyant les gardes, elle se figea, s'inquiétant tout de suite. Ils laissèrent Soaric, Lola et les enfants descendre, escortés de deux hommes et du chef. En le voyant ainsi attaché, Kira fronça les sourcils et le chef laissa l'Archer lui expliquer la situation :

-Kira…je te présente Lola, Sia et Logan. C'est…ce sont eux qui m'avaient engagé pour la chambre…mais…le fiancé de Lola les battait et…il a tenté de la violer alors je suis intervenu et…je l'ai tué…peux-tu…peux-tu les héberger et les aider à remonter la pente ?

Kira regarda l'ancienne famille de Soaric. Ainsi c'était elle, la femme qui le hantait depuis des mois ? Elle l'avait vu, la lumière dans les yeux de Soaric...Par contre les enfants, aucune ressemblance. Surtout pas le plus jeune, avec ses cheveux blancs. La femme semblait perdue et dans la lumière blafarde du jour naissant, Kira voyait bien les marques de coups sur ses bras.

-Bien sûr que je vais les accueillir, Soaric. Mais et toi ?

-Moi je dois assumer mes actes Kira. Ne t'en fais pas il est grand temps.

Il n'avait jamais songé à faire ses au revoir ainsi mais bon…le chef, patient, recula lorsqu'il voulut s'entretenir en privé avec Lola et les enfants. De toute manière, ils ne pouvaient guère faire beaucoup. Il prit Logan contre lui et lui murmura :

-Sois fort bonhomme. Veille sur maman et sur Sia. D'accord ?

Le petit ne put qu'acquiescer contre lui. Soaric se releva, laissant Logan aller vers Kira. Il caressa la tête de Sia puis leva le regard vers Lola.

-Je…je n'aurais pas imaginé devoir le faire ainsi mais…il est temps pour moi de payer mes fautes Lola. J'ai accomplit mon devoir, je t'ai sauvée. Et maintenant que je te sais en sécurité, ce sera plus simple pour moi de disparaître pour de bon…même si c'est dans une prison. Sois heureuse Lola. Je ne te demande rien d'autre. Sois enfin heureuse avec les enfants. Considère moi comme un souvenir…et ne te blâme pas pour toute cette histoire…je t'aime Lola…

Ne tenant plus, il la serra contre lui. Une dernière fois. Sentir son odeur une dernière fois. Sentir sa peau contre lui une dernière fois. Sentir son cœur battre contre son torse une dernière fois.

Il se détacha, ne voulant pas la traumatiser et retourna vers les gardes. Il avait voulut lui dire une dernière fois qu'il l'aimait, même si ce n'était pas réciproque.

Il remonta dans le chariot, le chef laissant deux hommes pour surveiller la ferme, et regarda celle-ci rétrécir au fur et à mesure de leur avancée. Malgré les liens entravant ses poignets, il agrippa la bague qu'il portait autour du cou. Elle serait enfin libre. Dès qu'il mourrait, elle le serait vraiment. Même s'il ne mourrait pas comme il le souhaitait, le résultat revenait au même. Parce que pour lui, il n'y avait pas d'issue. Il avait tué, point. Jon était Général, malgré son attitude, et lui qu'un simple Archer. Il ne faisait pas le poids. Surtout si Jon avait eu de bonnes relations avec les juges ou le Gouverneur.

Mais il l'avait fait pour Lola et ne regrettait pas son acte, même si c'était la rage qui le contrôlait à ce moment. Elle n'aurait plus de chaînes à ses pieds.
Il espérait maintenant qu'elle trouve enfin l'homme parfait, qui la rendrait heureuse, lui donnerait une petite fille…un homme qui ne serait pas consumé par une rage, un homme qui ne serait pas de l'ego de Jon, un homme qui n'agirait pas comme le Gouverneur.

Le chariot s'arrêta un peu plus loin devant la caserne. Soaric descendit et, entouré de gardes, il pénétra dans sa dernière demeure. On le fît entrer dans une cellule et on referma la porte après l'avoir détaché. Il s'approcha de la petite fenêtre à barreaux et regarda le soleil se lever. Il avait passé la moitié de sa vie enfermé. Et il mourrait enfermé.

Une seule chose le faisait se sentir calme.

Lola était libre et en sécurité, et vu qu'elle ne l'aimait plus, elle supporterait mieux sa disparition. C'était tout ce qui comptait pour qu'il parte à peu près en paix…


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MessageSujet: Re: Autant en emporte le bonheur...[PV Lola]   Mer 6 Fév - 23:10

-S'il vous plaît. Jon était en train de tenter de la violer. Je n'ai fait que la défendre. Mais j'assumerais mon acte. Laissez-là juste en-dehors de tout ça. Elle et les enfants. Elle a trop souffert. Je vous en prie.

Lola tentait de réfléchir à toute vitesse, tandis que le chef méditait sur la demande de Soaric. Essayer d’éviter qu’il soit arrêté ne servirait à rien. Mais elle pouvait toujours le sortir de là. Il serait jugé pour un acte de défense et, s’il avait un bon avocat, il aurait peut-être une chance de ne pas être condamné.
Mais elle ne connaissait personne capable de faire cela à part…Lee ! Le petit ami de Hyndian ! Il était avocat. Il fallait qu’elle prenne contact avec lui et qu’elle discute de l’affaire. Il y avait encore de l’espoir !

-Il faut les garder sous surveillance…bien que j'avoue qu'une prison n'est pas le meilleur endroit pour des enfants…

-Il y a…il y a une ferme à l'extrémité du village…la femme qui s'en occupe se nomme Kira. Elle me connaît. Elle pourra les héberger et vos gardes pourront les surveiller à distance. Moi je vous suivrais en prison.

Kira…C’était donc le prénom de la jeune femme qui avait redonné un tant soit peu le goût de la vie à Soaric. Par contre, Lola ne comprenait pas pourquoi il proposait qu’elle s’en aille chez elle.
Elle était tout à fait capable de survivre seule. En fait, elle n’avait même pas envie de rester avec elle. Autant séjourner dans une auberge le temps qu’ils se décident à faire procès. Oui, décidément, elle ne voulait pas se mêler à cette femme, aussi gentille qu’elle soit. Mais apparemment, elle n’avait pas son mot à dire parce-que le chef accepta et d’un signe de tête, et tout le petit monde monta dans un chariot pour se rendre chez cette veuve.

Lola s’installa en prenant ses enfants tout contre elle, s’endormant de moitié. Ils arrivèrent au village où Soaric leur indiqua la suite du chemin et enfin, ils furent en vue d’une jolie ferme qui s’éveillait déjà avec les rayons du soleil.
Une femme était occupée à nourrir les animaux et elle chantonnait doucement, heureuse. Ainsi c’était elle, Kira ? Lorsqu’elle croisa son regard, Lola ne put s’empêcher de ressentir une pointe de jalousie.
Elle était plutôt jolie, terriblement souriante, et elle avait su lui prodiguer du bonheur ces derniers mots alors que l’artisane avait échoué à le faire depuis toujours. Du moins, c’est ce qu’elle croyait. Mais cette envie sourde lui embrumait l’esprit, la forçant à se comparer en tous points par apport à elle.
Seulement, si elle ressentait cela…C’était qu’elle recommençait vraiment à aimer l’archer. Elle ne fit pas le rapprochement, trop occupée à trouver tous les défauts du monde à cette pauvre fermière.

-Kira…je te présente Lola, Sia et Logan. C'est…ce sont eux qui m'avaient engagé pour la chambre…mais…le fiancé de Lola les battait et…il a tenté de la violer alors je suis intervenu et…je l'ai tué…peux-tu…peux-tu les héberger et les aider à remonter la pente ?

Les aider ? Pourquoi les aider ? Ils n’avaient pas besoin d’aide. A partir du moment où Lola était libérée de l’emprise de Jon, elle était totalement capable de se redresser. Oh, bien sûr, ce ne serait pas évident. Mais elle y arriverait ! Et puis, elle avait pleins d’amies ! Pourquoi elle justement ?
Enfin, cela partait d’une bonne attention. Et elle lui en était reconnaissante…Aussi, l’artisane se décida-t-elle à rester là jusqu’à ce que le tribunal l’appelle et ensuite elle partirait pour ne plus revenir !

Lola croisa les bras, légèrement ennuyée lorsqu’elle vit Soaric et Kira parler ensemble. Mais dès que l’archer s’approcha d’elle pour lui parler en privé, sa mauvaise humeur partit d’un seul coup. Observant le jeune homme du coin de l’œil alors qu’il s’abaissait pour parler à Logan, elle se surprit à penser qu’il était terriblement beau sous les premiers rayons de soleil…Mais elle secoua la tête, chassant au loin cette idée.

-Sois fort bonhomme. Veille sur maman et sur Sia. D'accord ?

Le petit acquiesça, le visage enfuit dans le col de son père adoptif. Encore une fois, il allait être séparé de lui…Alors qu’il venait tout juste de le retrouver. Il ne comprenait pas pourquoi le monde s’acharnait sur lui ! Il voulait simplement avoir un père présent. Puisque le sien était mort, il avait été heureux d’en avoir un de remplacement. Sauf qu’il n’était plus jamais là. Et cela l’attristait vraiment, même s’il n’en disait rien.
Soaric se releva et Logan se dirigea vers Kira qui l’accueillit d’un grand sourire chaleureux.

L’archer caressa tendrement la tête de Sia qui dormait tout contre sa mère. Puis il leva le regard vers sa dulcinée, qui le regardait tristement. Il ne méritait pas d’aller en prison. Il avait tout simplement chercher à la protéger et, pour cela, il devait payer ? C’était injuste. Complètement.
Et Lola ne comprenait décidément pas pourquoi la vie s’amusait-elle à s’acharner autant sur sa famille…

-Je…je n'aurais pas imaginé devoir le faire ainsi mais…il est temps pour moi de payer mes fautes Lola. J'ai accompli mon devoir, je t'ai sauvée. Et maintenant que je te sais en sécurité, ce sera plus simple pour moi de disparaître pour de bon…même si c'est dans une prison. Sois heureuse Lola. Je ne te demande rien d'autre. Sois enfin heureuse avec les enfants. Considère moi comme un souvenir…et ne te blâme pas pour toute cette histoire…je t'aime Lola…

Il termina ses paroles en la serrant contre elle, prenant soin de ne pas écraser l’enfant entre eux.
Lola ferma les yeux lors de cette étreinte. Même si elle ne l’aurait pas avoué en cet instant, cela lui faisait le plus grand bien. Cela faisait tellement longtemps qu’un homme ne l’avait pas câliner contre lui, sans but pervers. Il était là, contre elle, simplement parce-qu’il avait besoin de la sentir si proche. Et elle appréciait cela. Elle se sentit calme, posée, alors que sa situation était des plus alarmantes.
Son ex-fiancé risquait de mourir. Mais…Il semblait tellement présent que c’en était impensable. D’ailleurs, elle ne voulait plus croire à toutes ses sottises…Oui. En fait, depuis le départ, c’était quelqu’un qui s’amusait avec eux. Il allait en avoir marre et ils pourraient tenter de refaire leur vie, séparément ou à deux. Tous ses problèmes étaient loin, si loin…

Mais Soaric brisa ce moment d’illusion. Il se détacha, remontant silencieusement dans le chariot. Quelques gardes remontèrent dessus et ils partirent tout de suite.
Lola resta un long moment debout à regarder ce qui avait été une grande partie de sa vie rétrécir. Et inlassablement, elle se demandait si elle parviendrait à le sauver. Si elle pourrait encore le revoir.
S’il allait vivre encore longtemps.

-Lola… ? l’appela soudainement Kira. Venez, je vais vous préparer le petit-déjeuner !

L’artisane se retourna, dévisageant un moment la fermière. Déjeuner ? Avait-elle vraiment une tête à vouloir manger ?
Mais elle ne dit rien et se contenta de la suivre jusqu’à sa cuisine, s’asseyant en silence sur une des chaises. Logan, comme à son habitude, occupa une grande partie de la conversation. Et Kira, visiblement heureuse d’avoir des visiteurs, lui répondait avec une extrême joie de vivre que Lola lui enviait.
Mais rapidement, elle se perdit dans ses pensées, programmant déjà son planning de la journée. En premier lieu ? Aller voir Lee, évidemment. Il fallait qu’elle le voit au plus vite. Et dès que les enfants auraient fini de manger, elle les conduirait respectivement à l’école et chez la gardienne puis foncerait chez son ami homo.

La veuve respecta son silence. Elle aurait très bien pu la forcer à parler mais, au contraire, elle se montra admirable et attentionnée. Elle avait l’air vraiment parfaite. Y avait-il eu quelque-chose entre elle et Soaric ?
Lorsque Lola entendit un soupir d’aise venant de Logan, démontrant ainsi qu’il venait de manger jusqu’à en exploser, elle se leva et força les enfants à en faire de même, s’excusant auprès de Kira :

-Je dois y aller mais je reviendrais ce soir. Passez une bonne journée, madame.

-Bonne journée à vous aussi ! Oh ! J’ai une idée ! Je vais vous préparer votre repas préféré ! Dites-moi quel est-il, Lola ?

Elle essayait de sympathiser. Elle voulait lui montrer qu’elle était gentille et douce, capable de sourire à la vie même si elle venait de lui enlever son mari.
Mais Lola n’avait pas besoin d’être narguée ainsi. Elle s’en fichait, qu’elle réussisse alors qu’elle-même échouait. Qu’on lui cloue le bec, à celle-là.
Elle ne l’aimait pas.
Parce-que Soaric l’appréciait.

-Ne vous fatiguez pas. Je ne mangerai rien, de toutes façons, répondit-elle sèchement.

Kira fronça les sourcils mais ne répliqua pas. Parfait. Elle n’avait pas envie de discuter.
L’artisane conduit ainsi Logan qui sautillait en chantant sur le chemin, visiblement très heureux de sa rencontre avec la fermière. Il s’arrêtait souvent pour parler d’elle, ce qui ennuyait considérablement Lola.
Ce fut d’une humeur maussade qu’elle laissa son fils à l’école et ce fut encore plus désastreux lorsqu’elle conduisit Sia jusqu’à Emy car elle se sentait continuellement observée. Les gens qui la dévisageaient à cause des coups ? Non, elle y était habituée maintenant. C’était les soldats au service de Jon.
Ils la suivaient comme si elle allait retrouver Soaric ou quelque-chose dans ce goût-là. Quoiqu’il en soit, cela l’énervait au plus haut point.

Lorsqu’elle fut devant l’énorme maison d’Hyndian et Lee, Lola s’arrêta, respirant longuement pour se calmer et offrir un visage avenant à ses deux amis. Si elle tirait une tête pas possible, il y avait moins de chance pour que l’homme accepte sa proposition, d’autant que cela pourrait le mettre en danger. Après tout, Jon était tout de même très proche du gouverneur. S’il faisait le moindre faux-pas lors du procès, il était fichu…
Elle se décida enfin à toquer et se fut un Lee en peignoir rose qui lui ouvrit, rasé de près. Et si elle ne rêvait pas, elle crut même voir qu’il s’était mis du brillant à lèvres pour les rendre plus pulpeuses…..

-Ooooh ! Mais qui voilà ! Lola ! Hyndian, c’est ta Lolinette ! Tourne-toi, chérie…Oh, tu es magnifique…Mais n’aurais-tu pas un peu grossi ? On se laisserait aller…?

-J’étais enceinte. Le bébé est mort.

Lee se tut aussitôt. Il baissa la tête, murmurant un « pardon » terriblement désolé et la fit entrer dans son nid douillet et bichonné.
L’ancien brigand était assis à la cuisine, déjà habillé, et il sourit en la voyant. Mais même si elle se força à en faire de même, il remarqua immédiatement qu’elle n’allait pas bien.
Pas aux bleus sur ses bras. Mais à son regard vide et triste. Quelque-chose s’était passé.

-Lola ? Soaric t’a encore fait du mal, c’est ça ? Je te l’avais dit cent fois, que tu ne devais pas…

-Non, Hyndian. Ce n’est pas lui. Lee, tu veux bien venir, s’il te plait ? Non merci, pas de chocolat chaud, ça ira. Non, pas de biscuits non plus. Non je ne fais pas ça parce-que tu m’as dit que j’avais grossi, Lee. Aller, assieds-toi. J’ai vraiment besoin de toi, cette fois.

Le silence s’installa. Les deux hommes craignaient déjà ce qu’ils allaient entendre. Et lorsqu’elle commença à parler, d’une fois faible et éteinte, ils étaient terrifiés. Jamais il n’aurait cru qu’une personne pouvait être aussi mauvaise. Et jamais il n’aurait cru qu’on ferait autant de mal à leur petite Lola…
Lorsqu’elle eut terminé son récit, le visage baissé pour s’empêcher de pleurer, Hyndian serrait les poings, contrôlant la colère qui l’étreignait. Lee porta sa main à son épaule et ils échangèrent un long regard que seuls eux pouvaient déchiffrer.

-C’est pour ça que j’ai besoin de toi, Lee, chuchota Lola. Soaric n’a pas toujours été blanc, c’est vrai, mais là il n’a rien fait d’autre que me protéger. Je ne sais pas si tu pourrais…enfin…Lui servir d’avocat…Mais sinon, j’irais voir ailleurs hein, ce n’est pas grave, je peux comprendre. Seulement, tu es sans doute mon seul espoir.

Lee et Hyndian continuèrent de se regarder, s’interrogeant mutuellement en silence. Leurs yeux brillèrent, se mettant d’accord et Lola envia leur façon de communiquer sans les mots. Il fallait vraiment bien se connaître pour cela. Jamais elle n’avait eu ça avec Soaric.
L’avocat déclara enfin, l’air déterminé :

-Bien sûr que j’accepte, Lola. Comment peux-tu seulement en douter ?! Tu finiras par me vexer…Viens me faire un bisou, que je te pardonne !

L’artisane se mordilla la joue. Il était formidable. Ils allaient peut-être être sauvés. Sautant de sa chaise pour se nicher dans ses bras, Lola pleura doucement, mêlant des larmes de joies et de bonheur.
Le sort de Soaric était entre ses mains. Il fallait simplement espérer qu’il se rende compte de l’enjeux de la situation, et qu’il serait à la hauteur. Mais elle n’en doutait pas. Sous ses allures efféminées, Lee se montrait en véritable carnassier lorsqu’il prenait son rôle d’avocat.
La délivrance était proche. Le monde continuait de tourner.



[je propose que tu introduises le tribunal! Mais oublie pas que Lee doit aller voir Soaric avant pour une looongue discussion...Et oublie pas qu'il vient en costard rose XD]
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MessageSujet: Re: Autant en emporte le bonheur...[PV Lola]   Jeu 7 Fév - 21:38




Lola, Soaric & une histoire de coeur





Soaric était calme. Il regardait dehors, observant les passants vaquer à leurs occupations. Il serait jugé dès le lendemain et taisait tant bien que mal les espoirs qui pourraient naître. Cette fois, il ne pourrait pas s'en sortir, il y avait des témoins et puis, il assumait, pour la simple raison qu'il avait sauvé Lola et les enfants. C'était pareil pour les braconniers mais seule la famille n'avait pas de raison valable et il s'en voulait encore.

A midi, un garde lui apporta un repas qu'il mangea lentement. Il pensait toujours à Lola, rassuré qu'elle soit libre et priant pour qu'elle et Kira s'entendent bien.
Laissant ses pensées défiler, il se rendit compte qu'il se remettait en question. Savoir que la personne que l'on aime ne nous aime plus et est dégoûtée était étrange, mais cela lui permettait de partir tranquille. Elle ne le regretterait pas et il ne manquerait à personne.
En passant le film de sa vie, il se rendit également compte qu'il n'avait aucune attache. Pas d'attache familiale, puisque ses parents étaient…morts, pas d'attache affective puisque des amis il n'en avait pas vraiment et pas d'attache amoureuse puisque Lola ne l'aimait plus. Il était un maillon qui ne savait pas ou se poser et qui était chassé lorsqu'il tentait de se faire une place. Et les maillons faibles disparaissaient inévitablement.

L'après-midi s'écoula et il avait beau réfléchir à son discours de défense, il restait coincé dans une impasse qui l'encourageait plus à attendre patiemment la mort et ne rien faire d'autre.
C'est là que la porte s'ouvrit. Soaric se tourna et qu'elle ne fût pas sa surprise en voyant Lee entrer ! En…costume rose bonbon. Lee souriait étrangement, ses lèvres brillantes. Il regarda la cellule avec une petite grimace et s'approcha de Soaric qu'il serra contre lui d'un coup, faisant claquer deux bises sur ses joues, une jambe relevée en arrière puis s'exclama :

-Bonjour mon chou !! Comment vas-tu ? Oh Lola nous a raconté, c'est hoorriibbllee ce qui vous arrive !

Soaric réussit juste à balbutier :

-Oui, ça va…hum…Lola ?

N'était-elle pas chez Kira ? Et pourquoi Lee était-il ici ?

-Oui Lola ! Elle n'a pas eu le droit de m'accompagner tu vois, elle doit témoigner, il ne faut pas altérer son témoignage…qui sait tu pourrais lui dire quoi raconter !

Soaric fronça les sourcils. Il ne comprenait pas…et Lee sembla le voir, qu'il pataugeait dans la semoule :

-Mais mon chou ! Je suis ton avocat ! Je suis là pour pouvoir préparer mon plaidoyer et te défendre !

Le défendre ? C'était…possible ? Déjà il ne savait pas que Lee était avocat et…Lola le lui avait demandé ? Pourquoi s'il ne comptait plus ? Peut-être se sentait-elle obligée parce qu'il l'avait sauvée. Mais cela ne changerait rien…s'il était libéré le lendemain au lieu d'être condamné, il irait là ou il avait brûlé ses parents et mourrait tout de même…il se l'était juré, sa dernière mission avait été de sauver Lola et les petits. C'était chose faite, il pouvait disparaître…

Lee l'entraîna sur la planche accrochée en guise de lit, essuya la saleté d'une main et s'y assit tirant de son sac ,que Soaric venait de remarquer, des feuilles de papier.

- Bien alors raconte-moi tout en détail. Ne me cache rien parce que la victime était proche des juges et du Gouverneur.

Lee s'était métamorphosé, devenant très sérieux pour son rôle d'avocat. Soaric réfléchit et lui raconta tout. Il raconta que lui et Lola avaient réussis à se redresser lentement après leur avoir confié les enfants. Il détailla leurs progrès, se souvenant avoir été heureux, jusqu'à ce jour ou il avait réceptionné une lettre. La lettre de convocation de Lola à la guerre.

-Tu as encore la lettre ?

-Non, désolé…

Il l'avait déchirée et jetée. Lee hocha juste de la tête.

-Le hic c'est que c'était une convocation signée par la victime et sans doute tamponnée par le Gouverneur. Si les Sages ont gardé une copie…

Il n'acheva pas mais prit des notes et l'incita à poursuivre. Légèrement inquiet, Soaric continua avec sa visite chez Jon, son coup de poing aussi, faisant grimacer Lee qui notait sans relâche. Il détailla la journée ou les gardes étaient venus à l'improviste, enlevant littéralement Lola et le frappant sans le ménager. Il revoyait même les scènes sur ses rétines, si nettes…Il déclara qu'ils avaient été emmenés au camp ou le Général l'avait expédié au cachot, emmenant Lola avec lui. Il décrivit les tortures quotidiennes, les coups de fouets, les insultes, tout. Puis…le soir du viol…

-J'avais demandé à voir Lola. Mais…c'est une putain qui est venue, répondant au même nom. Et…elle m'a violé. Jon avait tout prévu et il a conduit Lola à la cellule exprès pour qu'elle me voie avec…avec la putain et croie que je la trompais délibérément. Elle ne m'a pas cru quand je lui ais dit que c'était un viol, et Jon a fait en sorte qu'elle soit contre moi. Ensuite…j'ai servit de bras droit à Jon. Je le suivais partout et il m'humiliait dès qu'il le pouvait.

Il ne disait rien sur Lola qui avait été monstrueuse aussi. Personne n'avait à savoir qu'elle avait une Haine comme lui avait une Rage. Lee notait frénétiquement, son visage se tordant lorsqu'il était choqué et bouleversé. Soaric poursuivit avec la demande en mariage, lui dit que Jon n'avait jamais aimé Lola, qu'il ne faisait que la manipuler. Il lui dit ce qu'il avait dit à Lola et la réaction qu'elle avait eu. Leur dernière conversation posée et un peu amoureuse…

Il s'en souvenait si bien malgré les bientôt huit mois qui s'étaient écoulés. Il se souvenait qu'elle n'avait pas nié ne l'avoir jamais aimé. Il se souvenait qu'elle avait voulut qu'il l'oublie. Il se souvenait du dernier baiser donné et de sa dernière phrase qui lui disait de s'en aller, qu'elle ne voulait plus jamais le revoir…

Puis il acheva en expliquant qu'il s'était retrouvé à errer jusqu'à ce que Kira accepte de l'héberger. Il lui dit qu'elle l'avait un peu aidé à remonter, même s'il souffrait continuellement. Il lui dit qu'il avait posé des affiches et que Jon avait tout manigancé pour le faire venir, envoyant un message anonyme.

Il arriva alors au moment ou Lola avait parlé avec lui, lui demandant ce qu'il devenait. Et…le rapprochement qu'elle avait opéré à ce moment là. Il décrivit la scène, le Général furieux voulant frapper Lola et Soaric se mettant entre. Il expliqua bien que Jon l'avait de moitié étranglé et qu'il s'était défendu, mais que Jon avait profité de sa stupeur pour empoigner Lola et la faire chuter dans les escaliers. Il avait la gorge nouée en revoyant Lola inerte, au bas de l'escalier, mais il inspira un grand coup et continua, disant que Jon avait délibérément ralentit pour chercher un médecin, et qu'il avait clairement dit qu'il s'en fichait de l'enfant qu'il venait de tuer. Là, Soaric avoua avoir dire à Jon qu'il le tuerait.

-Tu lui as dit ça comme ça ?

-Oui…je lui ais dit que je n'avais pas peur de tuer des gens comme lui.

Encore une fois, Lee fît la moue mais continua de noircir ses feuillets. Soaric reprit, racontant qu'il avait enterré la fille de Lola dignement, qu'il avait veillé sur Lola alors que Jon n'était pas allé une seule fois voir comment elle allait. Il lui raconta que Jon avait fait venir les gardes pour l'accuser d'avoir poussé Lola mais que ceux-ci avaient été convaincus que Jon la battait. Mais le processus s'étant avéré long, Jon avait perdu patience et avait voulut violer Lola. Et là, Soaric avait agit. C'était tout.

Soaric soupira et avala sa salive. Il avait trop parlé. Et il se rendit compte que la nuit était tombée, la lune éclairant la cellule en plus d'une bougie que Lee avait allumée pour pouvoir écrire.

-Bien…merci pour ta sincérité, Soaric. Demain, ne parle que si on te pose une question d'accord ? N'interviens pas. N'oublie pas que la victime était un Général. Ca touche directement les Sages et le Gouverneur, principal juge de l'histoire. Je vais préparer mes arguments et demain, tout se passera bien. Tu sortiras de cette prison et pas pour aller sur la potence. Tu sortiras libre. Maintenant repose-toi.

-Merci Lee. Mais dors aussi…

Lee lui sourit, redevenant le Lee amusant pour lui refaire les bises comme à son arrivée. Dans l'obscurité de la cellule, son costume rose se voyait nettement. Il sortit, accompagné d'un garde, et Soaric se coucha sur la planche, priant. Il y avait un mince espoir qu'il s'en sorte, même si après il mourrait quand même…

Il dormit mal, cette nuit-là. Après avoir ressassé tous ses évènements par la parole, son esprit le fît les revivre, et la douleur qu'il avait réussie à atténuer après avoir sauvé Lola revint en bloc. En fait, il se demandait pourquoi elle avait tout mis en œuvre pour qu'il s'en sorte ou du moins ait un avocat. Tenait-elle à lui malgré tout ? Il n'osait plus espérer. Et puis quand bien même, elle le considèrerait comme un simple ami et…il ne pouvait pas faire de même. Parce qu'elle était plus, bien plus, qu'une amie. Il ne pourrait pas, si elle le lui demandait, vivre avec elle en colocation et la voir ramener d'autres hommes ou même en épouser un sous son nez. Il ne préférait pas y assister, préférait de loin penser à elle et prier pour qu'elle soit heureuse. Lui conserverait la bague, souvenir d'une grande boucle de sa vie, souvenir d'évènements tristes et heureux. Souvenir constant de Lola…

Le lendemain, les premiers rayons du soleil le firent grimacer. Il se leva et s'étira, touchant par habitude sa cicatrice sur la joue. Sa aussi il l'avait dit à Lee la veille. Celle-ci, et la plupart de celles qu'il avait dans le dos et sur le torse étaient dues à Jon.

Mais il avait une boule à l'estomac, et ce fût pire encore lorsque deux gardes vinrent le chercher pour l'amener au Palais d'Asperance, ou aurait lieu le procès. C'était tout de même à une bonne demi-heure de route. On l'informa que les témoins étaient amenés par un autre chariot et le voyage se fît en silence, Soaric jouant des poignets, liés par une belle chaîne.

Le Palais était imposant de magnificence et de puissance. Soaric ce sentit comme une fourmi en y entrant. Et lorsqu'il vit tous ses Sages, Prêtres, bien habillés, sérieux, il se sentit…très faible…un grain de sable dans leur journée.

On le conduisit à travers de nombreux couloirs, serpentant entre les étages, et finalement on le fît entrer dans le tribunal même. En arc-de-cercle, les sièges étaient déjà remplis. On annonça son arrivée et il marcha dans le couloir central, nerveux. Tous les regards étaient sur lui, et ils n'étaient guère amicaux. Et le Gouverneur, assis à la place centrale, en haut de l'estrade, l'observa sous tous les angles, se demandant peut-être si on ne lui jouait pas une farce. Un Archer chétif et si maigre que ça aurait réussit à tuer son meilleur Général ? Mais apparemment si…il claironna, haut et fort après s'être levé et l'accusé assis à sa place :

-J'annonce le procès du dénommé Laent Soaric, ouvert. L'accusé ici présent doit répondre d'un acte d'homicide volontaire sur la personne de Jon Lynn, Général de l'armée déployée dans les plaines avoisinantes d'Asperance. Faites entrer les témoins !

Soaric déglutit. Ca y est, ça allait commencer. Mais ou était Lee ? Peut-être viendrait-il avec les témoins. Du moins, Soaric priait pour…


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MessageSujet: Re: Autant en emporte le bonheur...[PV Lola]   Ven 8 Fév - 22:09

Le jour de procès arriva. Enfin. Lola n’avait cessé d’être tourmentée pendant les jours qui la séparaient de l’instant fatidiques et nerveuse, elle n’en dormait pas. Elle voulait vraiment aider Soaric et la seule chose qu’elle avait pu faire était de lui proposer Lee comme avocat. Elle avait chercher à voir le prisonnier, d’ailleurs, pour lui parler et peut-être le rassurer. Mais elle n’avait pas pu.
On l’avait renvoyée rudement et les autorités lui avaient sommé de se tenir à l’écart du jeune homme jusqu’au procès.

Lee était venu l’interroger elle et les enfants, et toutes les personnes plus ou moins concernées par l’environnement de Soaric. Tous avaient convergé vers un même point : il était complètement inoffensif, incapable de faire mal à une mouche. Ainsi, personne n’était au courant des atrocités qu’il avait commises. Même Hyndian semblait ne pas en avoir parler à Lee et de cela, Lola lui en était reconnaissante.
Il y avait donc une grande chance pour qu’il s’en sorte sans trop de dommages. C’était ce qu’elle espérait. C’était ce qu’il fallait qu’il se passe.

De son côté, Kira faisait de son mieux pour se faire accepter. Et si au départ Lola lui parlait sèchement, son ton c’était adoucit. Après tout, elle était une femme formidable et on ne peut pas lui en vouloir d’être cela. Et puis elle avait soutenu corps et âme à l’artisane qu’elle n’avait eu aucune relation intime avec Soaric. Et, dans un instant de totale honnête, elle lui avait avoué qu’une fois, et une seule fois seulement, il l’avait embrassée sans en donner la véritable raison. Mais plus jamais il n’avait recommencé.
Et dès qu’il s’était retiré, il semblait l’avoir regretté. Cela, même si jamais elle ne l’avouerait, avait grandement calmé Lola.
Il l’aimait. Comme un fou. Et jamais il n’aimerait personne d’autre.

Logan était beaucoup plus calme, comme s’il sentait la tension évidente dans l’air. Il obéissait à sa mère sans rechigner et il n’hésitait pas à l’aider spontanément, ainsi qu’à se blottir contre elle lorsqu’il sentait qu’une tristesse infinie la hantait. Il faisait ses devoirs tous les jours, ne rouspétant même plus contre les professeurs trop exigeant.
Même Sia ne pleurait plus autant. Lola leur en était reconnaissante. Jamais elle ne les remercierait assez…

Le jour du procès arriva. Lola avait enfilé une petite robe blanche, synonyme de pureté, montrant en avant les multiples coups qu’elle avait du subir. Aujourd’hui, elle ne devrait pas se cacher. C’est justement en montrant les faits sur son corps qu’elle pourrait avoir un témoignage plus poignant.
Mais elle avait peur. Terriblement. Elle ne savait pas du tout comment le procès se déroulerait. Ni comment il se finirait. Elle n’avait juste qu’un petit espoir auquel elle se raccrochait, comme on tente de retenir les souvenirs d’un rêve merveilleux d’une nuit. Elle y pensait sans cesse pour ne pas l’oublier et pour finir par y croire.

La jeune femme habilla les enfants tout aussi simplement, passant son tour à leur du petit déjeuner. Une petite calèche devait venir les chercher, sa petite famille et même Kira qui devrait témoigner elle-aussi, sur les jours précédents le crime.
Et tout le petit monde était maintenant réuni, serrés les uns contre les autres devant la maison de la fermière, attendant impatiemment que les soldats arrivent. Jamais Lola n’avait attendu quelque-chose si intensément. Jamais Lola n’avait tellement espéré. Jamais Lola ne s’était-elle sentie autant attachée au destin de quelqu’un.

Lorsque enfin ils arrivèrent, Kira et ses amis montèrent tous précipitamment, impatients que toute cette sordide histoire se termine.
Le voyage se déroula en silence, où chacun réfléchissait à ce qui les attendait. Sia, qui ne comprenait pas vraiment ce qu’il était en train de se passer, se montrait néanmoins sage, calé contre la poitrine de sa mère.
Même les gardes s’étaient tus, en respect à cette femme qui n’avait rien demandé à tout cela.

Ils se retrouvèrent ensuite devant l’immense Palais d’Asperance, dont le luxe et la magnificence semblait imprégner les moindres briques de ce bâtiment. Tout inspirait la puissance et même les plus pauvres, conscients de leur petitesse face à ce géant, se tenaient à l’écart.
Ils s’approchèrent, se faisant conduire dans la salle du tribunal.

-Lolaaaaaaaaaaaaaa ! hurla une voix derrière elle.

La jeune femme concernée se retourna, se retrouvant nez à nez avec un Lee pimpant. Il s’était coiffé en relevant une mèche à l’avant, rajoutant des paillettes dans ses cheveux. Il avait remis son gloss et portait un costard rose et blanc, fraîchement lavé et repassé. Il était charmant, dans son genre. Remarquable.
Et voyant.

-Lee ! Comme tu es beau… fit Lola en souriant.

-Pas autant que toi, chérie !

Il lui fit bruyamment la bise puis se pencha sur ses enfants, les complimentant sans relâche. Kira étant déjà rentrée dans la pièce, il ne put s’extasier sur la dame et ainsi ralentir encore le processus, surtout qu’ils étaient déjà en retard.
D’ailleurs…

-Pourquoi tu arrives à cette heure-ci ?

-Oh, des bêtises ! Je ne retrouvais plus mes chaussettes porte-bonheur !

-Tes…commença Lola, perplexe.

-Mes chaussettes porte-bonheur, oui ! la coupa Lee. A chaque fois que je vais à un procès avec elles, je réussis toujours l’affaire ! C’est incroyable !

Lola se contenta d’hocher poliment la tête en lui rappelant qu’ils ne devaient pas trop traîner. Et comme il allait s’attarder en lui posant encore de multiples questions, elle passa la grande porte en ne faisant déjà plus attention à ce qu’il disait.
Légèrement frustré, il arriva juste à côté de Soaric en croisant les bras, boudeur. Mais dès qu’il croisa le regard des hauts juges, il changea du tout au tout. Ce n’était plus le Lee excentrique qu’ils connaissaient tous. C’était Lee le notaire, celui qui défendait corps et âme son client.

L’artisane s’assit derrière son ex-fiancé, gardant la tête droite lorsqu’une multitude de paires de yeux la détaillèrent de haut en bas. Ils voyaient ses coups et ils savaient ce que cela signifiaient. Mais peu voulaient y croire.
Lola n’écouta pas le procès. Elle était stressée, préparant et modifiant sans cesse son discours. Il fallait qu’il soit poignant, qu’elle réussisse à tous les convaincre.
Elle voulait que Soaric sorte vivant et elle savait que son témoignage était le plus important de tous. Aussi ne devait-elle pas le rater.
Au départ ils évoquèrent les faits, parlant de la situation du criminel et de la victime. Puis ils interrogèrent deux trois témoins, Lee soulignant les aspects innocents de l’archer. Pour le moment, il tenait bon.
Pour le moment.
Ils voulurent ensuite questionner les enfants et Logan se mit à parler comme une pie, apportant plus d’informations qu’il n’en fallait. Mais au moins, cela attendrit les juges et ils virent Soaric comme un bon père, comme le confirma par la suite Sia, de ses premiers mots. Puis enfin, son tour arriva :

-J’appelle à la barre mademoiselle Lola Elwëe.

Lola se leva, marchant jusqu’au truc (… Very Happy) en essayant de rester calme. Elle s’accrocha fermement à la barre, maîtrisant avec peine ses tremblements.
Elle crevait de trouille.
Tout se jouait maintenant.

-Mademoiselle Lola Elwëe. Jurez-vous de dire toute la vérité et rien que la vérité ? demanda monsieur le Juge.

-Je jure de parler sans haine et sans crainte, de dire toute la vérité, rien que la vérité.

L’avocat de la victime se leva, s’approchant de la jeune femme. Il la toisa d’un regard méprisant, signifiant bien qu’il voulait gagner à tout prix, et commença enfin son questionnaire.

-Mademoiselle…Dites-nous un peu…Quel genre de rapport entretenez-vous avec monsieur Laent Soaric ? D’après certaines personnes, vous étiez très proches, tous les deux…Peut-on savoir pourquoi vous en être séparé ? Etait-il violent avec vous ?

-Il fut mon fiancé, c’est vrai. Et j’ai vécu avec lui pendant à peu près deux ans. La raison de ma séparation importe peu. Cela n’a en tous cas rien avoir avec cette affaire. Et s’il était violent, non. Jamais il n’a levé la main sur moi.

C’était faux. Et il le sentait. Mais elle ne pourrait pas apporter une image négative de l’homme qu’elle avait le plus aimé.
Elle jeta un coup d’œil à Soaric, cherchant du réconfort dans son visage. Elle allait avoir besoin de force.
Ce type semblait être un vrai carnassier.

Son témoignage dura très longtemps. Elle dut détailler longuement sa rencontre avec Jon, ne pouvant plus nier qu’elle avait eu une impasse avec Soaric et qu’elle avait été séduite par le général, semblant lui promettre un avenir meilleur.
Elle le raconta en détail à quel point il s’était joué d’elle, comment il l’avait manipulée et dans quel but. Elle leur expliqua même d’où lui provenait toutes ses blessures. Une par une. Evoquant Jon comme un être sans pitié.
Le gouverneur ne la crut pas. L’avocat de Jon non plus. Ils arrivèrent à la mettre dans une lourde impasse.
A la mener au fond.

-Mademoiselle Elwëe, nous avons trouvé de nombreuses lettres d’amour venant de Jon lui-même adressées pour vous. Il semble à l’intérieur éperdument amoureux. Il avait par ailleurs exprimé clairement son désir de s’unir à vous et de fonder une famille. Chaque fois que quelqu’un vous voyait avec lui, vous étiez une femme épanouie et Jon semblait de plus en plus amoureux de vous. Vous auriez très bien pu, aussi, vous infligez vous-même ses coups en apprenant à quel point notre général était riche. Au fond, tout n’est peut-être qu’une conspiration avec monsieur Laent. Dès que vous avez appris qu’il était encore vivant, vous vous êtes sentie sale de ce que vous lui avez fait. Vous vous êtes revus et vous avez manigancé cet assassinat, en vous imposant vous-même ses blessures pour rendre tout plus vrai. Qu’avez-vous à dire pour cela ?

Elle était aberrée. Jamais elle n’aurait cru qu’il pourrait dire cela. Et elle ne trouvait rien à en redire, tant sa théorie pouvait être parfaite.
Bouche bée, le silence se faisant de plus en plus long, tout cela semblait prouver qu’elle avait caché ce passage terrible et qu’elle mentait depuis le début. Ce type était cruel. Elle était trop faible.
Tout allait s’écrouler. Par sa faute. Les juges discutaient à voix basse entre eux, et peu à peu le son de la salle s’amplifia. Lola n’osa pas regarder Soaric dans les yeux. Elle avait échoué.

-Silence ! Silence ! hurla le juge en tapant de son marteau. Nous réfléchirons à son cas après. J’appelle Laent Soaric, maintenant.

L’artisane alla se rasseoir piteusement. Tout était fichu. Par sa faute. Parce-qu’elle avait été incapable de répondre à cet avocat, tant sa théorie lui semblait aberrante mais justifiable. Elle avait été manipulée. Encore une fois.
Elle n’était pas à la hauteur.
Soaric irait en prison et vu comme c’était parti, elle aussi.
Ils étaient perdus.
Tout était fini.
Fini.



[Les chaussettes de Lee lui porteront-elles vraiment bonheur cette fois? Ou l'espoir de posséder des objets magiques s'éteindra-t-il aujourd'hui? La suite au prochain épisode!]
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MessageSujet: Re: Autant en emporte le bonheur...[PV Lola]   Ven 8 Fév - 23:51




Lola, Soaric & une histoire de coeur





Soaric commençait à …stresser. Il était assis à la table de l'accusé, et sentait tous les regards sur lui ou presque. Lee n'était toujours pas là. Lola non plus. Comment ferait-il s'ils ne venaient pas ? Autant le condamner tout de suite dans ce cas. En plus, il s'était demandé si Lee avait interrogé Hyndian et Lola comme il l'avait fait pour lui la veille. Si oui, l'ancien bandit avait-il…parlé de la famille et des braconniers ? Cela l'effrayait. Hyndian entretenait tout de même une certaine rancœur contre lui et pour protéger Lola il était prêt à tout…un peu comme lui…

Et alors qu'il commençait à désespérer, Lee apparut à ses côtés, arborant durant une seconde un air boudeur avant de devenir le Lee avocat et totalement prêt à le défendre, sa pile de feuilles sous le bras. Et…derrière lui, il sentit sa présence. Lola…elle était juste derrière lui…

Le procès débuta enfin et Soaric voyait clairement que le Gouverneur, les juges et l'avocat de la victime ne voulaient qu'une chose : que tout s'achève et que l'Archer soit envoyé en prison à vie ou même exécuté. Ils récapitulèrent les faits, décrivant les vies de Jon et de Soaric. Pour ce dernier ce fût bien court : ils n'avaient aucune information sur son passé, ne savait pas s'il avait encore de la famille ni même ou étaient passés ses parents…

Les premiers témoins furent convoqués, mais minimes et Lee parvint à montrer le côté innocent de l'Archer. Puis vint le tour de Logan. Celui-ci parla comme à son habitude, beaucoup. Il rajouta bon nombre d'éléments un peu inutile, mais qui réussirent à adoucir le jury. Il décrivait Soaric comme un bon père et Sia y mêla son avis, avec ses premiers mots encore si hésitants. Soaric avait le cœur lourd. Jamais il n'aurait cru qu'ils le défendraient ainsi. Jamais personne n'avait voulut le défendre…et cela le touchait tellement…et il commençait à y croire. Réellement. Il voulait croire qu'il s'en sortirait, même pour se tuer ensuite.
Et après des heures de discussion, Lola fût appelée :

-J’appelle à la barre mademoiselle Lola Elwëe.

Soaric inspira un grand coup et la suivit du regard. Elle avait revêtu une robe blanche, et l'on voyait nettement les marques de coups sur ses bras. Elle tremblait et il comprenait parfaitement qu'elle avait peur. On lui fît jurer de ne dire que la vérité et à ce moment-là, l'avocat de feu le général se leva et avança vers Lola, comme un prédateur devant sa proie.

-Mademoiselle…Dites-nous un peu…Quel genre de rapport entretenez-vous avec monsieur Laent Soaric ? D’après certaines personnes, vous étiez très proches, tous les deux…Peut-on savoir pourquoi vous en être séparé ? Etait-il violent avec vous ?

Lola répondit tout de suite :

-Il fut mon fiancé, c’est vrai. Et j’ai vécu avec lui pendant à peu près deux ans. La raison de ma séparation importe peu. Cela n’a en tous cas rien avoir avec cette affaire. Et s’il était violent, non. Jamais il n’a levé la main sur moi.

Deux ans…c'était passé si vite…et maintenant c'était finit pour de bon…Elle…venait de mentir…et l'avocat n'était pas dupe. Si, il était violent, avec sa rage. Il avait tué ses parents, une famille innocente et des braconniers. Et il avait giflé Lola. Celle-ci le regarda alors, et il voulut l'encourager du regard. Qu'elle dise la vérité. Après…s'il devait tout de même être condamné, il ne lui en voudrait pas. Elle n'aurait rien à se reprocher.

Les heures s'écoulèrent et ils bombardaient Lola de questions. A côté, Lee analysait tout, prenait des notes, réfléchissait, alors que Soaric commençait à paniquer. Ils l'obligèrent à décrire la rencontre avec Jon, l'obligèrent à se souvenir de chacun de ses coups avec les causes, la poussèrent à bout. Et personne ne la crut. Les regards se faisaient lourds d'accusation et non pas envers les représentants de Jon, mais contre Soaric et même…Lola.
Et ça, Soaric ne l'accepterait pas. Qu'on lui foute la paix bon sang ! N'avait-elle pas le droit de vivre heureuse ?! Ne pouvait-elle pas être en paix avec ses enfants une bonne fois pour toute ?! Non, parce qu'il était là et gâchait tout.
Mais l'avocat avait une théorie implacable qui fît sourire le Gouverneur :

-Mademoiselle Elwëe, nous avons trouvé de nombreuses lettres d’amour venant de Jon lui-même adressées pour vous. Il semble à l’intérieur éperdument amoureux. Il avait par ailleurs exprimé clairement son désir de s’unir à vous et de fonder une famille. Chaque fois que quelqu’un vous voyait avec lui, vous étiez une femme épanouie et Jon semblait de plus en plus amoureux de vous. Vous auriez très bien pu, aussi, vous infligez vous-même ses coups en apprenant à quel point notre général était riche. Au fond, tout n’est peut-être qu’une conspiration avec monsieur Laent. Dès que vous avez appris qu’il était encore vivant, vous vous êtes sentie sale de ce que vous lui avez fait. Vous vous êtes revus et vous avez manigancé cet assassinat, en vous imposant vous-même ses blessures pour rendre tout plus vrai. Qu’avez-vous à dire pour cela ?

Soaric écarquilla les yeux. Mais…c'était quoi ce délire ?! Il regarda Lee qui ne semblait guère inquiet. Soaric mit alors tous ses espoirs en cet homme qu'il connaissait à peine mais qui avait à présent son destin mais aussi celui de Lola et des enfants entre ses mains.

Les discussions amplifièrent, enveloppant la salle. Soaric se tourna pour voir les gens, ne vit que des regards mauvais. Aucune marque de compassion, sauf les enfants et Kira. Celle-ci lui sourit, voulant lui donner du courage. Reportant son attention sur Lola, il voulut lui sourire de même, mais n'y parvint pas. Sourire ne faisait plus partit de sa vie depuis huit mois. Et même plus.

-Silence ! Silence ! Nous réfléchirons à son cas après. J’appelle Laent Soaric, maintenant.

Lola se releva alors que les conversations faiblissaient pour laisser place au silence. Mains liées, Soaric se leva sous l'impulsion de Lee et s'avança le plus dignement possible vers la barre. Il s'assit sur la chaise et se sentit…écrasé en voyant toutes ses personnes tournées vers lui. Pour la plupart, l'affaire était déjà close. Soaric était coupable, point, il allait en prison. Et si Lola avait été dans le coup, elle le suivrait, c'était tout.

On lui fît jurer de ne dire que la vérité et il jura, la gorge sèche. On lui posa d'autres questions du même style, auxquelles il répondit avec franchise. Il regardait parfois Lola, cherchant de la force. Il devait la sortir de là, lui il s'en fichait s'il était condamné.

-Vous soutenez n'avoir pas revu Mlle Elweë depuis votre séparation, il y a de ça huit mois maintenant. Quelqu'un peut-il nous le prouver ?

L'avocat semblait sûr de lui. Pas de preuves donc Soaric avait pu faire tout et n'importe quoi et même avoir revu Lola pour tout comploter. Il répondit :

-Oui. Madame Allick, ici présente. Elle m'a généreusement accueillie chez elle.

Lee se leva alors, imposant tant pas la couleur de son vêtement rose et blanc que par la prestance de son être dans le rôle d'avocat.

-Je demande à interroger Mme Allick, monsieur le Gouverneur.

Celui-ci le lui accorda et Soaric put regagner sa place, tendu. Kira prit le relais et confirma que Soaric n'avait pas quitté la ferme en l'espace de huit mois. Et dès qu'il sortait, elle l'accompagnait, puisque c'était souvent pour faire des courses. Il n'était pas partit, sauf pour aller travailler pour les inconnus qui avaient besoin d'une chambre de bébé…
Là, Lee pointa du doigt Kira qui fût surprise mais ne répliqua pas.

-Votre honneur. Personne n'a fait mention de l'enfant que Mlle Elweë portait en elle. Or il s'agit ici d'un élément capital.

-D'un enfant ? Expliquez-vous, vite.

-Merci pour votre témoignage Mme Allick. J'appelle à présent l'Artisan Médecin Grevis à la barre.

Le…le médecin…le bébé…Soaric n'en revenait pas. Lee avait eu une botte secrète…en regardant son adversaire, Soaric le vit rager. Il avait compté étouffer ce passage…le médecin arriva, et s'installa rapidement. Le Gouverneur avait l'air de plus en plus excédé par tout ça.

-Docteur…reconnaissez-vous ses personnes ? Demanda Lee en montrant Lola et Soaric.

Le médecin les regarda puis acquiesça et déclara :

-Bien sûr. C'est la jeune femme qui a chuté dans les escaliers.

-En effet. Est-il possible qu'elle l'ait fait volontairement ? De tomber pour tuer son enfant je veux dire, si l'on en croit la théorie énoncée plus tôt…

-Non. Elle a été touchée psychologiquement par la mort de son bébé. Si elle l'avait fait volontairement, elle n'aurait pas réagit de cette façon et croyez-moi, j'ai vu des femmes le faire délibérément parce qu'elles étaient seules et ne pouvaient pas s'en occuper, alors au lieu de leur offrir une vie de misère, elles les empêchaient de vivre…

Le discours stupéfia l'assemblée.

-Bien. Et selon vous, qui l'a fait chuter ?

-Il y avait deux hommes. Celui-là, là bas et la victime. La victime est venue me chercher et n'a rien fait pour soutenir sa fiancée. C'est l'autre qui m'a aidé et qui a pris en charge le nourrisson. La victime ne semblait ne pas être touchée par cette catastrophe.

Le vent de l'espoir se remit à souffler dans l'esprit de Soaric. Ils allaient innocenter au moins Lola. Le jury semblait changer d'avis…la perte d'un enfant ne pouvait pas se jouer. Ce n'était pas de la comédie. Soaric était même près à violer la tombe de la petite pour leur montrer que c'était vrai et qu'ils libèrent la jeune femme.

Les juges se concertaient alors que le médecin regagnait les rangs. Soaric était plus tendu que jamais. Le verdict allait tomber…il sentait Lola, les enfants, Lee et Kira tout aussi tendus.

Le Gouverneur se tourna alors vers eux :

-Nous avons besoin de temps pour nous concerter. Aussi des chambres seront données aux témoins et l'accusé sera envoyé dans nos cellules. La séance d'aujourd'hui est levée merci.

Les gens commencèrent à se lever et partir pour vaquer à leurs occupations, mais Soaric ne bougeait pas. Ils avaient besoin de temps ? Pourtant ou c'était oui ou c'était non.... En silence, ils sortirent de la salle les derniers, et ce ne fût que dans le couloir que Lee s'exclama, redevenant l'autre Lee :

-Vous voyez ?! Je vous l'avais dit ! Ce sont mes chaussettes !

Ces chaussettes ? Comment ça ? Et puis, ils n'avaient pas gagnés encore... Soaric se rapprocha de Lola, assez gêné et sans savoir pourquoi, et lui dit d'un souffle :

-Merci…

Elle avait tout de même organisé sa défense…même si elle ne savait pas qu'il mourrait de son côté s'il était libéré. Et elle ne le saurait pas. Il la raccompagnerait chez Kira et s'en irait, si jamais. Elle ne l'aimait plus…
Logan se jeta contre ses jambes, parlant contre son pantalon, aussi Soaric ne comprit rien du tout mais lui ébouriffa les cheveux même si le garçon n'aimait pas. Il profitait de ce contact, puisque bientôt il n'en aurait plus. Kira apparut également, souriante et ravie de pouvoir aider, convaincue qu'ils ne condamneraient pas l'Archer.
Soaric, intérieurement, était nerveux. Il espérait que Lola soit écartée de tout ça si jamais ainsi elle serait réellement libre. Plus personne pour lui chercher des noises. Et lui…lui allait tirer sa révérence, seul, en forêt…

[voilààà! J'espère qu'il te va ! Sinon dis et je modifierais ! Bisous à mercredi !!! <3]


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Lola
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MessageSujet: Re: Autant en emporte le bonheur...[PV Lola]   Sam 16 Fév - 0:24

Sa vie avait tourné au cauchemar. Lola n’avait de cesse de s’enfoncer impitoyablement, toujours plus bas, toujours plus profondément encore. Chaque fois qu’elle apercevait un peu de lumière, quelqu’un la cachait à sa vue cruellement. Pour qu’elle se rende compte à quel point il faisait noir là où elle était. Et qu’elle était si loin dans les ténèbres que peut-être plus personne ne pourrait la chercher. Elle en avait assez. Il fallait que tout cela cesse.
D’une manière ou d’une autre.

La jeune femme voyait Soaric promettre de jurer sur la justice qu’il allait tout révéler sans mentir d’un air distrait. Tout cela lui était égal, au fond. Elle se doutait que tout était perdu d’avance.
Il n’y avait qu’à voir la mine satisfaite de ses ennemis. Qu’à observer le léger rictus de peine sur le visage de Lee. Il n’y avait qu’à se pencher sur la douleur qu’elle ressentait profondément dans ses entrailles pour savoir qu’il n’y avait plus aucune chance. Ils avaient échoué.
Par sa faute.

-Vous soutenez n'avoir pas revu Mlle Elweë depuis votre séparation, il y a de ça huit mois maintenant. Quelqu'un peut-il nous le prouver ?


-Oui. Madame Allick, ici présente. Elle m'a généreusement accueillie chez elle.

-Je demande à interroger Mme Allick, monsieur le Gouverneur.

Le monde tournait autour de l’artisane sans qu’elle n’y prête attention. Devant elle se jouait peut-être la carte qui la sauverait de ce jeu vicieux. Mais elle ne voulait pas écouter. Elle ne voulait pas être déçue encore une fois.
Lee s’agitait près d’elle, se levait tandis que Soaric regagnait sa place. Lola ne voyait rien. Elle était ailleurs. Son âme était déjà partie, loin de ce monde de fous. Elle était déjà morte et ce, depuis longtemps. Elle avait juste eu du mal à l’admettre. Mais maintenant, tout était clair : Jon l’avait tuée. Détruite. Assassinée. Elle n’était plus rien. Une poussière dans le temps. Un éclat éphémère. Le néant.

Ainsi, le procès se déroula en sa faveur, mais elle ne le sut pas. Les secondes s’écoulaient et elle restait immobile, droite, attendant la sentence. Elle était vaincue. Elle n’avait plus envie de se battre. Elle avait lâché ses armes.
C’est alors que Logan lui agrippa la main. Elle se tourna vers lui, reprenant peu à peu vie. Quelque-chose dans l’assistance était étrange. Personne ne parlait. Tout le monde était suspendu aux lèvres des jurés, prêt à entendre la décision de la justice. Le silence régnait. La tension était palpable.
Le gouverneur, si triomphant au départ, arborait une mine déconfite. Lola chercha du regard Lee et le vit légèrement souriant. Aurait-il réussi ?

Elle serra les poings, avala sa salive. A présent, elle était aussi tendue. Son sort l’intéressa à nouveau. Dès qu’il y avait un peu d’espoir, elle ne pouvait s’empêcher de l’attraper de ses mains pour tenter de le protéger. Et tant pis si elle le faisait mourir dans ses paumes. Elle pouvait, même pour un court instant, y goûter. Cela lui suffisait.

Croire en quelque-chose lui permettait de continuer à vivre. Mais cette fois, ce serait la dernière fois où elle pourrait caresser la voie de l’espérance. S’ils admettaient Soaric comme coupable, elle se suiciderait. Elle ne pouvait pas vivre avec ce mal en elle. Seuls les juges pouvaient l’en débarrasser. Plusieurs vies étaient entre leurs mains. Mais ils ne le savaient pas. Ils ne pouvaient pas le savoir.
Leur décision serait fatale. Pour tous les deux.

Le juge ouvrit enfin la bouche, lentement, laissant les mots couler mollement hors de ses lèves. Il adorait faire durer le suspens. Voir les gens si inquiets. Il adorait les faire tourner en rond, réfléchir longuement pour les mener à bout.
Il aimait son métier. Il aimait faire souffrir de cette manière. La cape de la justice le protégeait. Il faisait souffrir, mais personne ne s’en inquiétait.
Il était la voix de la raison.

-Nous avons besoin de temps pour nous concerter. Aussi des chambres seront données aux témoins et l'accusé sera envoyé dans nos cellules. La séance d'aujourd'hui est levée merci.

Il frappa de son lourd marteau et, après avoir regarder l’assemblée de son œil de faucon, se retira. Il ne donnerait son jugement que le lendemain. Oh, il avait déjà sa décision, oui. Et les autres n’auraient d’autres choix que d’accepter. Mais il voulait encore attendre avant que Soaric sache le prochain tournant de son destin. Il aimait se sentir aussi puissant.

Lola se leva à son tour, agrippant ses enfants par les mains. Lee et Soaric les suivaient de près et à en voir la mine réjouie de l’avocat, le procès c’était admirablement bien passé. Ainsi, dès le lendemain, ils seraient tous libres.
Mais la famille ne s’en rendait pas encore compte. Ils étaient abasourdis. Parce-que la vie semblait enfin leur tendre la main. Ils étaient enfin sauvés, après des mois d’errance. La prochaine étape serait de reconstruire l’édifice, avec des bases beaucoup plus solides, et de ne pas répéter les mêmes erreurs qu’avant.
C’était un cadeau de la vie. Et ils devaient en prendre soin. Il n’était pas dit qu’ils auraient encore cette chance…Alors ils devaient la saisir, maintenant !

-Vous voyez ?! Je vous l'avais dit ! Ce sont mes chaussettes ! s’exclama joyeusement Lee.

La jeune femme sourit distraitement à son camarade. En vérité, son attention était portée sur Soaric. Il s’était approché, légèrement gêné.
Il la remercia d’un souffle et elle se sentit rougir. Son cœur battait à tout rompre. Comme la première fois qu’elle l’avait vu.
Une irrésistible envie d’être à ses côtés l’envahit. Elle sut qu’elle l’aimait à nouveau. Qu’à l’instant même où il serait libre, ils devraient à nouveau être ensemble. Elle le lui ferait comprendre, par des signes, par des gestes avant-coureurs.
Il fallait juste espérer qu’il ne saisisse ce que cela signifie. Avant de partir dans ce fichu bois et mettre fin à sa vie…

-C’est pour toi que j’ai fait tout ça, Soaric. Parce-qu’il le fallait. Tu m’entends, Soaric ? C’est comme ça que ça devait être. Je dois t’aider. Je dois être là pour toi. C’est comme ça.

Lola le serra doucement contre elle, ne sachant pas vraiment s’il comprenait le sens de ses paroles. Ca lui était égal. Elle se sentait libre. Enfin.
Le souffle glacé que Jon avait posé sur son cou disparaissait. La sensation qui l’avait étreinte lorsqu’elle était dans la salle du procès s’était envolée. Elle était légère. La vie continuait. Le monde renaissait.
Et avec lui, son amour pour cet archer. Elle l’aimerait. Comme les premiers jours. Et pour toujours, cette fois.

-A demain, Soaric, chuchota-t-elle dans son cou. A demain.

Elle déposa un rapide baiser sous son oreille, imperceptible, puis se détacha de lui. On vint la chercher, on la conduisit dans une chambre avec ses enfants et le temps s’écoula lentement jusqu’à ce qu’un nouveau jour ponctué d’une lourde pluie apparaisse.
Le ciel pleurait, en prévision d’une chose terrible mais Lola l’ignora. Rien ne pouvait entacher son bonheur. Soaric serait libre et ils pourraient être à nouveau ensemble. Il n’y avait que cela qui comptait.

La demoiselle enfila une autre robe blanche, avec un décolleté qui mettait ses formes en valeur mais sans provoquer et soigna avec soin son allure. Elle devrait conquérir une deuxième fois Soaric, aujourd’hui. Autant mettre ses avantages en avant.
Ce serait alors une double victoire…

-Maman ? On rentre à la maison aujourd’hui ? demanda Logan, la tirant de ses pensées.

-Oui, chaton. Avec papa.

-C’est vrai ? Vrai de vrai ??

-Mais oui !

Elle éclata de rire. Elle était certaine d’elle. Certaine du déroulement de la journée. Certaine de la fin. Il lui semblait que tout allait pour le mieux, et qu’elle devait saisir l’opportunité qui s’offrait à elle. Le final était évident dans son esprit.
Mais qu’en était-il de la réalité ?

On vint les chercher. Lola avait fait enfiler de beaux vêtements à ses fils, comme la veille et, pour une fois, elle avait mangé avec eux.
Lorsqu’elle arriva dans la salle du procès et qu’elle croisa le regard joyeux de Lee, elle sut qu’elle ne s’était définitivement pas trompé. Il devait se faire violence pour ne pas sourire et cela se voyait. Il avait réussi. Et un jour, elle lui revaudrait ça.

La demoiselle s’attarda ensuite sur Soaric. Elle le détailla, constatant avec envie à quel point il était craquant en costar. Et son esprit s’évada, s’imaginant à leur mariage où leur amour serait enfin scellé.
La voix du juge la ramena à la réalité et le silence s’installa dans l’assemblée, tous désireux de connaître enfin le verdict. Il commença, d’un air impitoyable, savourant les dernières notes de l’attente :

-Je rappelle les faits à tous : Laent Soaric avait été accusé d’assassinat. La victime étant le général Jon Lynn, grand ami du gouverneur d’Asperance, connu de tout le monde. Lui-même avait été reconnu comme une personne assez sombre, n’agissant que pour ses propres intérêts. Après avoir interrogé bons nombres de citoyens, tous en sont venus à la conclusion suivante : il battait sa fiancée, Lola Elwëe, et serait même coupable de la perte de son enfant. Soaric et Lola ayant entretenu une liaison autrefois, et les circonstances faisant qu’ils se rencontrent à nouveau, Jon aurait tenté sous les yeux de son ancien amant de violer mademoiselle Elwëe. Soaric l’aurait alors bravement défendu et le combat se serait terminé par la mort fâcheuse de John Lynn. C’est ce que, d’après les nombreux témoignages, nous pouvons conclure.

Il balaya du regard chaque personne présente dans la salle, s’attardant sur Soaric et Lola, levant légèrement les sourcils lorsqu’il vit Lee gigoter sur son siège, attendant certainement de pouvoir hurler de joie, et enfin il termina, ponctuant la fin de son discours par un coup de marteau sur la table :

-C’est pourquoi nous avons décidé de libérer monsieur Laent Soaric, les preuves ayant été données. Affaire classée.

Lee, n’y tenant vraiment plus, se leva en entraînant Soaric avec lui, criant d’une voix stridente qu’ils avaient réussi. La salle se vidait peu à peu, les personnes encore présentes se dépêchant de sortir face à ce drôle de spectacle que leur offrait un avocat réputé. Lorsque Lee se fut enfin calmé, ils purent tous sortirent, les enfants se courant après, oubliant déjà la terreur qui les avait tenus éveillé toute la nuit.

Lola glissa doucement sa main dans celle de son ancien amoureux et la pressa gentiment, avant de la retirer aussitôt. Lorsqu’il tourna son visage vers elle, elle lui offrit son plus beau des sourires.
Elle le draguait. Comme si c’était la première fois qu’ils étaient ensemble. Elle le voulait. Le désirait.
Et cela serait enfin possible. Après tout ce temps, elle avait ouvert les yeux : il était l’homme de sa vie et elle allait tout faire pour qu’il soit auprès d’elle à jamais. Qu’ils soient ensemble, qu’ils aient leur fille promise et qu’ils vivent une vie des plus tranquilles, loin de toutes mésaventures. Oui, il était temps pour elle de le faire sien. Dès la fin de la journée, peut-être, ils s’embrasseraient comme autrefois. Ils seraient dans leur maison, calmes, à profiter d’être ensemble. Oui. Enfin.

C’était ce qu’elle croyait. C’était ce qu’elle voulait qu’il se passe. C’était ce qui ne se passerait pas. C’était ce qui ne se passerait peut-être jamais.
Un événement terrible allait se dérouler, sans retour en arrière possible. Car personne ne revient d’entre les morts.
Personne.



Dernière édition par Lola le Sam 16 Fév - 22:27, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Autant en emporte le bonheur...[PV Lola]   Sam 16 Fév - 13:42




Lola, Soaric & une histoire de coeur



Lola était toujours devant lui, Lee parlant avec Kira et les enfants plus loin. On les attendait pour les ramener aux chambres, mais Lola avait apparemment quelque chose à lui dire :

-C’est pour toi que j’ai fait tout ça, Soaric. Parce-qu’il le fallait. Tu m’entends, Soaric ? C’est comme ça que ça devait être. Je dois t’aider. Je dois être là pour toi. C’est comme ça.

Puis elle le serra contre elle. Son cœur fît un bond dans sa poitrine et il savoura comme jamais. Ses paroles étaient bizarres et il ne les comprenait guère, mais elle était là et elle semblait revivre. C'était tout ce qui lui importait. Qu'elle soit libre et heureuse avec les enfants. Lui…ne serait bientôt plus là pour la freiner dans sa vie. Elle murmura alors :

-A demain, Soaric. A demain.

Elle se détacha et rejoignit les enfants, suivant les Sages qui les conduiraient tous dans leurs chambres d'un soir. Soaric lui, fût raccompagné par deux gardes qui le remirent en cellule, lui donnant un peu à manger. Mais il n'avait pas faim. Le lendemain, son sort serait scellé. Lee semblait confiant et Soaric avait bien vu la mine déconfite des juges et du Gouverneur. Mais après…il avait connu assez d'injustice pour ne pas espérer trop vite… S'approchant des barreaux, il les prit dans ses mains et observa la lune. Si tout se passait bien et qu'il était libre, le lendemain au soir il s'allongerait pour toujours sur l'herbe calcinée de ce qui fût son ancienne demeure. Et le temps qu'on le trouve, il serait partit pour de bon. En fait, il ne se doutait pas le moins du monde que Lola l'aimait à nouveau. Pour lui, c'était finit, impossible de faire marche arrière après tout ce qu'ils avaient connu, après tout ce qu'il avait fait subir à l'Artisane. Pour lui, leur couple était brisé pour de bon et seuls ses souvenirs persisteraient, avec la bague qu'il avait toujours autour du cou. Il savait que Lola élèverait à la perfection ses enfants. Il savait que Sia ne se souviendrait plus de lui, seul Logan risquait d'avoir du mal à le digérer. Mais Lola trouverait aussi un homme à sa hauteur, qui la comblerait. Qui serait doux et attentionné, qui lui donnerait une magnifique fille et qui ne la ferait plus souffrir. C'était ce qui devait arriver pour elle. Lui, il la protégerait…de là-haut. Ou d'en bas vu qu'il irait en Enfer…

La nuit s'écoula lentement et il ne put fermer l'œil, trop anxieux. Au matin, on lui apporta une autre tenue qu'il enfila rapidement. C'était un costume un peu trop luxueux pour un accusé tel que lui…

On le conduisit à la salle du procès. Il fût réinstallé à sa place, Lee apparaissant vite à ses côtés. Lorsqu'il pivota un peu, il aperçut Lola, Kira et les enfants assis également, le visage confiant. Tous savaient qu'il serait libéré. Mais il avait toujours peur du verdict. Le Gouverneur se leva alors pour déclarer :

-Je rappelle les faits à tous : Laent Soaric avait été accusé d’assassinat. La victime étant le général Jon Lynn, grand ami du gouverneur d’Asperance, connu de tout le monde. Lui-même avait été reconnu comme une personne assez sombre, n’agissant que pour ses propres intérêts. Après avoir interrogé bons nombres de citoyens, tous en sont venus à la conclusion suivante : il battait sa fiancée, Lola Elwëe, et serait même coupable de la perte de son enfant. Soaric et Lola ayant entretenu une liaison autrefois, et les circonstances faisant qu’ils se rencontrent à nouveau, Jon aurait tenté sous les yeux de son ancien amant de violer mademoiselle Elwëe. Soaric l’aurait alors bravement défendu et le combat se serait terminé par la mort fâcheuse de John Lynn. C’est ce que, d’après les nombreux témoignages, nous pouvons conclure.

Il regarda alors tout le monde, faisant monter la tension. Il regarda l'accusé, Lola, et Lee qui s'agitait nerveusement. Puis, voulant aussi en finir avec cette mascarade, il annonça :

-C’est pourquoi nous avons décidé de libérer monsieur Laent Soaric, les preuves ayant été données. Affaire classée.

Les mots mirent du temps à atteindre Soaric, qui se laissa entraîner par un Lee hurlant de joie et stupéfiant tout le monde. Ils sortirent parmi les derniers et Soaric sentit la douce main de Lola se glisser brièvement dans la sienne et la serrer. Il tourna donc la tête vers elle et elle lui offrit un magnifique sourire. Le sourire qui ne devait plus la quitter, qu'il soit là ou non. Il remarqua alors qu'elle avait revêtu une robe qui soulignait ses formes. Elle était si belle…mais c'était fini…il se força à sourire aussi, pour la rassurer. Elle ne devait se douter de rien. Personne ne devait se douter de ses projets.

Ils sortirent du Palais et la pluie avait cédé sa place au soleil. Ils marchèrent lentement jusqu'au chariot qui les ramènerait, Logan parlant vivement avec Kira. Lee, lui, n'en pouvait plus :

-Mais que je suis contennntttt pour vouuuss !! Il faut fêter ça !! Ma meilleure affaire ! Mon meilleur procès! Grâce à mes chaussettes !

Soaric souriait tout en montant dans le chariot. Logan se jeta alors sur lui et lui parla, l'Archer écoutant à peine. Non, en fait, il profitait de l'enfant une dernière fois. Il profitait de ce que la terre avait à offrir une dernière fois avant de rendre son dernier souffle.
Il observait Lola, Sia dans les bras, discutant avec Kira. Lee se dandinait, imitant de drôles de danses. Mais Soaric ne comprit pas les petits coups d'œil de l'Artisane, ne parvint pas à interpréter ce que cela signifiait.

Ils parvinrent à la ferme de Kira qui les invita à rester manger pour fêter ça. Lee déclara qu'il devait chercher Hyndian aussi et s'en alla, promettant de revenir rapidement. Soaric hésita. Devait-il rester encore ? Ce serait plus dur pour lui de s'en aller après…

-PAPA !!!!! Viens jouer avec moi !

Logan l'entraîna, et le choix ne fût plus possible. En attendant que tout soit prêt et qu'Hyndian revienne avec Lee, Soaric joua avec Logan. Logan ne voyait que l'aspect positif. Son père était de retour, et resterait près de lui. Alors que Soaric partirait après le repas. Pour ne plus revenir. Pour ne plus être un fardeau pour personne. Il avait fait trop de mal, causé trop de souffrance. Il ne méritait plus de vivre.

Sauf qu'il ne se rendit pas compte que Lola le regardait de loin…

Les deux hommes revinrent peu avant midi et Kira les appela pour manger. Lola se retrouva à côté de l'Archer et ses jambes frôlaient les siennes, tout comme ses bras. Soaric frissonnait, son cœur accélérait. Il l'aimait toujours, mais plus elle. C'est ce qu'il croyait toujours. Elle ne le faisait pas exprès, de le toucher.

Le repas dura deux bonnes heures, Kira s'étant dépassée sur la quantité de plats. Soaric mangea pour faire bonne figure, perdu dans ses pensées. Si ses souvenirs étaient bons, il y avait un champignon extrêmement toxique là ou il se rendait. Il le mangerait et son agonie serait lente et douloureuse, exactement ce qu'il cherchait.

Il aida à débarrasser, laissant Hyndian s'occuper des enfants, oui DES. Sia dormait, mais Logan voulait jouer et…Lee aussi. Lee, un grand enfant…

Soaric se prépara alors. Il se posta devant les deux femmes, restées à la cuisine, et déclara, nerveux :

-Je…merci du fond du cœur pour tout ce que vous avez fait pour moi. Mais je dois m'en aller maintenant. Lola…vit heureuse. Trouve-toi un homme à ta hauteur et qui te mérite. Prends soin des enfants. Et surtout, sois libre. Kira…merci de m'avoir accueilli et d'avoir été là pour moi comme pour Lola et les enfants. Merci encore…

Il ne parvint pas à dire quoique ce soit de plus et se détourna, ne leur laissant pas le temps de répondre. Parce que si elles le faisaient, il ne tiendrait plus. Il devait s'éloigner. Emmener son amour pour Lola dans la tombe, la libérer complètement.
Il sella un cheval, se hissa sur son dos et se lança au galop dans la plaine, direction les bois. C'était l'heure…le soleil descendait à l'horizon, et il y parviendrait au mieux une heure plus tard. Il ignorait que Lola s'était levée précipitamment et avait averti Hyndian. Il ignorait qu'elle avait compris ce qu'il projetait de faire…

Il dut se stopper à maintes reprises pour laisser le cheval respirer. Cela le ralentissait et donc il marchait en tenant les rênes. Au milieu de la nuit, il parvint à l'endroit. Son cœur se serra une nouvelle fois en revoyant tout ça. Malgré l'obscurité, il voyait nettement les traces, revoyait une nouvelle fois tout son passé. Mais en plus de celui-ci se rajoutait les événements des derniers mois. La souffrance de Lola, son dégoût pour lui, leur amour brisé. Il revoyait tout. Il profita d'un rayon de lune pour chercher le champignon. Il mit un certain temps, permettant ainsi à ses poursuivants de gagner du terrain.

Lorsqu'enfin il le trouva, il retourna là ou ses parents l'enfermaient. Il s'était toujours dit qu'il ne voulait pas mourir au même endroit qu'eux. Et pourtant il fallait se rendre à l'évidence, c'était la seule place pour les gens comme lui.

Il se coucha dans l'herbe, regardant les étoiles au travers des cimes des arbres. Inspirant un grand coup, il leva les bras, le champignon bien en vue. Il était vraiment peu ragoûtant et il grimaça en imaginant que c'était ce qu'il allait manger.
D'une main tremblante, il arracha un morceau et le mit en bouche. Le goût était infect et il faillit tout recracher directement. Il mit tellement de temps à mâcher, ne parvenant pas à avaler, que Lola et Hyndian avait pu le rattraper…

…et peut-être éviter une catastrophe.


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MessageSujet: Re: Autant en emporte le bonheur...[PV Lola]   Lun 18 Fév - 0:27

Ils sortirent du palais, ensemble. Tous ensemble. Le soleil brillait, chassant les derniers nuages, et une myriade d’oiseaux colorés passa dans le ciel, porteur d’un message de bonheur. Les enfants jouaient, les femmes chantonnaient en faisant le tour du marché. Tout était propice à croire que tout était rentré dans l’ordre pour de bon.
Comme moi, même la nature peut s’avérer trompeuse.

Lee s’agita, s’exclamant qu’il n’avait jamais gagné un procès aussi faramineux, vantant le pouvoir de ses chaussettes favorites.
Logan se mit comme à son habitude à parler, profitant du retour de son père. Et Lola, Sia calé entre ses bras, discutait avec Kira, jetant des coups d’œil à Soaric. Elle cherchait à croiser son regard. Pour qu’il comprenne le message qu’elle tentait de faire désespérément passer. Mais il devait être considérablement bouché car il ne remarqua rien…

Lorsque le chariot qui les avait emmené arriva devant la ferme de Kira, la jeune femme leur proposa de fêter l’évènement autour d’un bon repas entre amis. Tous acceptèrent, Lee allant aussitôt chercher son cher Hyndian pour ne pas qu’il rate « le repas du siècle de la mort qui tue ! ».
Logan, quant à lui, alla au devant de Soaric et, le tirant par la main, s’exclama :

-PAPA !!!!! Viens jouer avec moi !

Et son père n’eut d’autre choix que d’accepter ! Ils jouèrent toute la matinée ensemble. Lola aida Kira à cuisiner, s’occupant de Sia qui refusait de jouer avec son frère. Et, de temps à autre, elle passait dans la cour en trouvant multiples prétextes pour voir Soaric et ses beaux yeux…
Lee et Hyndian arrivèrent un peu avant midi et la fermière les appela tous pour passer à table. En prenant soin de mettre les anciens amoureux côte à côte…Elle au moins avait été plus perspicace que l’archer et avait deviné le petit manège de Lola. On ne pouvait pas en dire autant de lui !

La demoiselle frôla de nombreuses fois Soaric, s’attardant d’avantage à chaque fois, profitant elle-même de ce contact trop longtemps oublié. Mais il était véritablement borné. Même lorsqu’elle le regarda, aguicheuse, et que Lee siffla en rigolant devant ce spectacle, il ne réalisa pas ce qu’elle faisait.
C’était à se demander s’il ne le faisait pas exprès…

Pour ce qui était du repas, il se déroula admirablement bien. Kira avait prévu de la nourriture en quantité et tout le monde se sentit obligé de lui faire une montagne de compliments tellement les plats étaient délicieux et savoureux.
Hyndian prit des nouvelles de Lola, contournant au mieux les conversations avec Soaric, et lui fit promettre de l’avertir plus tôt lorsqu’elle aurait des problèmes. Quant à Lee, il partagea ses secrets beauté avec les femmes, qui furent stupéfaites devant tant de maîtrises.
Les enfants étaient sages, jouant dehors entre les plats, se conduisant en véritable petits anges. En bref, le repas fut, comme prévu, un repas ‘de la mort qui tue’. Personne n’y trouva à redire, et on planifia déjà de se revoir.

Lorsque tout fut terminé, Hyndian se proposa pour jouer avec les enfants. C’est-à-dire avec Lee et Logan. Hé oui. En plus d’être terriblement efféminé et coquet, cet avocat était aussi un grand enfant… !
Sia s’était endormi dans le divan et les femmes parlaient à la cuisine, commentant les derniers ragots du village.
Mais elles se turent immédiatement lorsque Soaric se présenta à elles, nerveux, le regard triste et désespéré.
Le cœur de Lola se serra douloureusement. Elle se trompait peut-être. Sûrement. Mais elle l’avait déjà vu avec cet air là. Et cela ne présageait rien de bon.
Il déclara, mais les mots ne semblèrent pas atteindre la jeune femme. Elle lui hurlait, silencieuse, qu’il ne devait pas faire ça. Il n’en avait pas le droit. Pas après tout ce qu’ils avaient vécu. Pas après tout ça, merde !

-Je…merci du fond du cœur pour tout ce que vous avez fait pour moi. Mais je dois m'en aller maintenant. Lola…vit heureuse. Trouve-toi un homme à ta hauteur et qui te mérite. Prends soin des enfants. Et surtout, sois libre. Kira…merci de m'avoir accueilli et d'avoir été là pour moi comme pour Lola et les enfants. Merci encore…

Et sans en dire d’avantage, il leur tourna le dos et partit. Tout simplement. Les deux femmes restèrent assises, interdites, Kira ayant très bien compris où il voulait en venir. On ne partait pas d’un dîner sur ses mots. On ne faisait pas une telle déclaration comme ça, juste parce-qu’on décide de vivre dans un autre pays.
Oh, mais bien sûr qu’il voulait partir. Dans un monde à part, inconnu de tous mais pourtant si célèbre. Un monde où les vivants n’ont pas accès. Un monde étrange, intriguant. Le monde de la mort.
Soaric allait se suicider. Maintenant.

La jeune femme se réveilla de sa léthargie et se précipita dehors, voyant le cheval de Soaric s’éloigner avec son cavalier. Elle chercha du regard Hyndian, le seul qui serait assez fort dans ces circonstances. Lorsqu’elle l’aperçut, elle courut vers lui en cherchant désespérément à paraître calme. Il ne fallait surtout pas inquiéter Logan. Sinon il voudrait savoir et elle ne trouverait pas les mots adéquats pour lui révéler ce que son père projetait de faire. Le mensonge était une idée qu’elle refusait d’exploiter aujourd’hui.

Lola souriait, tentant d’attirer l’attention de l’ancien brigand. Et dès qu’il croisa son regard, il sortit du jeu de Lee et Logan en interrogeant l’artisane du regard. Aussitôt, elle ouvrit la bouche et, tremblante de peur, lui confia :

-Soaric vient de partir de la ferme ! Il faut le rattraper ! Vite ! Aide-moi, Hyndian ! Je t’en prie !

-Attends, Lola! Calme-toi, et explique-toi clairement ! il la saisit par les épaules, l’obligeant à se calmer. Qui a-t-il ? Pourquoi il est parti ?

-Il veut mourir. Fais quelque-chose. S’il te plait.

Une boule se forma dans sa gorge et elle sentit des larmes poindre sur le bout de ses cils. Elle était désemparée. Elle n’arriverait à rien tout seul, et il le savait.
Hyndian n’attendit pas une seconde de plus et, se tournant vers Lee, il lui expliqua qu’ils devaient les quitter pour un moment, Lola et lui, et qu’ils ne reviendraient probablement qu’au soir, voir même en plein milieu de la nuit. Devant son air si sérieux, il ne discuta pas. De toutes manières, il n’y avait rien à discuter. Il fallait agir au plus vite.
Kira resta dans la maison pour s’occuper de Sia et les amis s’en allèrent au triple galop, cherchant à rattraper Soaric.
La jeune mère savait très bien où il s’était rendu. Elle le connaissait trop pour ignorer où il se rendait. Il n’y avait qu’à espérer qu’ils arrivent à temps.

Ils se rendirent ainsi jusqu’à l’endroit où l’archer avait tué ses parents. Durant tout le chemin, Lola avait serré les dents, refusant de laisser ses larmes couler. Il n’était pas mort. Pas encore. Et elle allait le sauver. Il n’y avait pas d’autre issue, pas d’autre solution possible. Elle allait l’empêcher de commettre l’irréparable et ils rentreraient ensemble, sans plus aucune crainte envisageable.
Hyndian, lui, ne pensait à rien. Il fonçait, ne donnant presque pas de repos à leur cheval. Il n’avait qu’un seul but : arriver à temps. Il voulait éviter cette mort inutile. Pas pour Soaric. Mais pour Lola.
Il n’avait pas le droit de la rendre aussi triste. Et il le regretterait, tôt ou tard. Un jour, il aurait une sérieuse discussion avec lui et il l’obligerait, par la force s’il le fallait, à respecter Lola et à ne plus jamais la faire pleurer. Il ne l’avait jamais autant détesté.

Lorsqu’ils arrivèrent enfin en vue du cimetière de maison, le soleil était déjà couché. La lune était haute dans le ciel, bientôt cachée par des nuages menaçant. La pluie ne tarderait pas à tomber, rendant la visibilité difficile.
Ils descendirent du cheval, l’attachant rapidement à un arbre. Lola laissa ses pas la conduirent jusqu’à l’ancienne maison de l’archer, Hyndian marchant derrière elle. Tous deux avaient peur de ce qu’ils allaient trouvé au bout du chemin. Mais il n’avait pas d’autre choix que d’avancer. S’il était encore vivant, elle pouvait encore le sauver. Si c’était déjà terminé…Non. Ca ne se passerait pas comme ça. Il n’en avait pas le droit.

Hyndian s’arrêta tout à coup, fermant les yeux. Il avait vu une forme, allongée, au loin. Qui ne bougeait pas. Cette forme était reconnaissable entre mille. Il ne voulait pas y croire… ! Comment Soaric avait-il pu faire une chose aussi stupide ?!
Le géant déglutit, posant une main sur l’épaule de Lola. Il déglutit, et indiqua le corps en chuchotant :

-Lola…Là-bas. Je le vois. Là. Il est… ?

-Non. C'est impossible, trancha-t-elle.

Elle ne voulait pas l’entendre dire ça. Lola se mit à courir jusqu’à Soaric, se laissant tomber lourdement à ses pieds.
Rapidement, son attitude de médecin prit le dessus. Elle vérifia son pouls, l’ausculta, cherchant un signe de vie quelconque sur ce corps si raide…
Mais n’en trouva pas.
Il ne respirait plus. Son cœur s’était arrêté. Soaric, son Soaric, celui qu’elle avait tellement aimé et détesté, venait de partir à jamais. Il s’était tué. Pensant la libérer de son emprise, de la douleur, pensant détacher les liens qui la retenaient encore à lui. Mais il avait eu faux. Terriblement faux. Jamais il ne s’était autant trompé.

Comment pourrait-elle continuer à vivre, maintenant qu’une part d’elle avait succombé ? Elle ne serait plus que l’ombre d’elle-même. Un fantôme errant sur le monde, une démente qui n’aurait plus sa place parmi les siens.
Il pensait faire d’elle une femme libre de ses sentiments ; il venait de faire d’elle une femme enchaînée à la souffrance. Il pensait la faire revivre ; il venait de la tuer.

-Pourquoi tu m’as fait ça, hein ? Pourquoi ?! POURQUOI ?!

Lola le secouait de toutes ses forces, délivrant sa colère contenue contre ce mort, hurlant après son esprit égaré. Elle cria, jura, pensant que, peut-être, ses mots seraient si forts qu’il se déciderait à venir à la vie.
Elle se sentait au bord de la folie. Et elle avait une furieuse envie d’y succomber.

-Lola…Lola…LOLA ! Arrête ! Laisse-le ! C’est fini maintenant !

Hyndian la saisit par les épaules, la retournant violemment face à lui. Elle lâcha le corps du jeune homme, le laissant tomber sur ses genoux, se mordant les lèvres pour ne pas hurler encore une fois. Elle planta ses ongles dans les bras de l’ancien brigand, mais il ne cilla pas. Il la laissait faire. Il la sentait au pied du précipice.
Mais elle avait besoin de lui pour ne pas qu’elle s’éloigne trop loin des méandres de la raison. Il murmura alors, essayant de la calmer :

-Ca ne sert à rien d’être en colère contre un mort. Je comprends que tu lui en veuilles, Lola, mais c’est son choix. Et même si c’est dur, tu dois l’accepter. Je sais qu’il a été important pour toi. Je sais aussi à quel point tu auras du mal à tourner la page. Mais il le faudra. Pour l’instant, ça ne sert à rien de jurer contre lui. Respecte-le une dernière fois. Rends-lui hommage. Dis-lui au revoir. Dis-lui adieu. Promets-lui que tu vivras pour lui, que tu parviendras à surmonter ce qu’il t’a fait. Aime-le une dernière fois, Lola.

Il se leva, signe qu’il allait la laisser seule un moment. Pour lui permettre de se détacher en douceur de ce mort. Pour lui permettre de lui prendre conscience qu’il n’y aurait pas de retour en arrière possible, cette fois.
Et qu’elle serait obligée d’avancer. Coûte que coûte.
La jeune femme l’observa un instant alors qu’il lui transmettait toute sa force du regard. Puis lentement, doucement, elle déclara, baissant la tête :

-Il pleut.

Le géant observa le ciel, voyant les nuages devenir de plus en plus menaçant arriver dans leur direction. Mais il n’y avait aucune goutte encore. D’ici quelques instants, le sol serait inondé… mais pour le moment, il n’y avait absolument rien.
Il ne comprenait pas.

-Mais non, il…

-Si, chuchota-t-elle en le coupant. Il pleut.

Elle releva sa tête, dévoilant de lourdes larmes glissant sur ses joues. Il hocha la tête. Oui. Il pleuvait. Dans le cœur de l’artisane. Il pleuvait à torrent, l’eau provenant d’une source devenue intarissable. Et le soleil mettrait du temps à revenir. Mais il reviendrait. Un jour. Il serait là de nouveau, lumineux, éclairant Lola de l’intérieur. Un jour. Il sera là.

Il s’éloigna, attendant le bon moment pour revenir et la détacher de l’homme qu’elle avait le plus aimé dans sa vie. Lola, quant à elle, approcha le corps inerte de Soaric contre elle, et le serra de toutes ses forces. Il était encore un peu chaud, signe qu’elle l’avait raté de peu. Une minute. Il aurait fallu une minute, et tout serait rentré dans l’ordre.
Elle caressa longuement son visage, laissant ses larmes lui chatouiller les joues. Elle avait été idiote de croire qu’il serait toujours là pour elle. Complètement idiote. Il n’avait pas été fichu d’attendre encore, d’attendre jusqu’au bout, jusqu’à ce qu’elle ne soit plus rien. Elle avait été idiote de ne pas lui dire plus tôt ses nouveaux sentiments.
Maintenant elle l’avait perdu. Pour de bon, cette fois.

-Je t’aime, fit-elle calmement. Depuis le début…Depuis ce jour où tu m’as sauvé des mains d’un vendeur d’esclaves. On en a traversé de bonnes depuis ce temps, toi et moi, hein ? J’avais cru qu’avec tout ça, on serait invincibles. Qu’après tout ce qu’on avait vécu, plus rien ne pourrait nous atteindre…Mais j’avais tort, hein ? Pourtant je te l’ai dit. Je t’ai dit que malgré tout ce que je te ferais endurer, malgré tout ce que tu pourrais croire, je t’aimerai toujours. Mais tu l’as oublié. Je ne t’ai pas aidé à t’en souvenir, en même temps. Mais là, Soaric, là, tu vois, je voudrais tellement que tu reviennes. Comme ça je pourrais te traiter d’idiot. Je pourrais t’en vouloir de m’avoir faire ça, tu sais ?! Je pourrais…Mais j’en suis incapable ! Parce-que je t’aime, tu vois ? Je t’aime comme une dingue et ça, tu l’as pas compris à temps ! Soaric, comment t’as pu me faire ça, hein ? Comment t’as pu m’abandonner ? On s’était promis, pourtant, que ça finirait pas entre nous ! Qu’on s’aimerait à la folie jusqu’aux derniers jours ! Pourquoi tu es si égoïste ? Je te déteste ! Je te déteste d’avoir fait ça !

Elle nicha sa tête contre son cou, agrippant son col avec force. Elle pleurait. Jamais elle n’avait pleuré comme ça. C’était le cri d’un animal blessé. Le cri du désespoir. Le cri d’un cœur qui n’avait pas eu le temps d’aimer.
Elle resta un long moment ainsi, profitant des dernières chaleurs de son corps, se calmant peu à peu puis murmura :

-Va, Soaric. Va rejoindre les tiens. Va rejoindre les anges. Et n’oublie jamais que je t’aime, d’accord ? N’oublie pas. Tu peux laisser tomber n’importe quoi de ton âme : notre rencontre, nos disputes, nos étreintes. Mais n’oublie pas ça. C’est tout ce que je te demande. N’oublie pas que je t’aime. Je t’en prie. N’oublie pas.

Lola releva doucement son visage et se força à sourire. Pour lui. Parce-qu’elle savait qu’il adorait son sourire. C’était la seule chose qu’elle pouvait lui donner, à cet instant. Et elle savait que cela lui suffisait.
Elle se pencha sur ses lèvres, lui offrant un dernier baiser. Long. Savoureux. Comme il les aimait. Mais lorsqu’elle se détacha de lui, elle ne parvint pas à se résoudre de l’abandonner. Alors cette fois encore, Hyndian intervint en mettant sa main sur son bras.

-Il faut y aller, maintenant, Lola. Il faut partir. Il se fait tard. Et la pluie commence à tomber.

Il l’aida à la relever, restant proche d’elle pour la soutenir. Et dès qu’elle fut debout, ils commencèrent à marcher.
Elle ne se retourna pas. Elle ne voulait plus voir ce corps inerte. Elle n’en pouvait plus. Tout était fini, maintenant. Terminé. Il n’y avait plus aucun espoir.
Et elle serait obligée de vivre avec ça sur le cœur. Soaric avait voulu la mener vers le haut, mais il venait de l’enfoncer au plus bas.
Mais il ne pouvait pas le savoir. Et il ne le saurait jamais. Et qui voudrait le déranger pour de telles sottises ? Laissons les anges vivre en paix. Après tout ce qu’il avait enduré, il avait largement le droit au repos.

Il avait le droit de penser qu’il laissait derrière lui une famille qui serait désormais beaucoup plus heureuse. Il en avait le droit. Oui, vraiment.
Qu’il soit en paix, à compter de ce jour. Et qu’il ne pense plus à cela. Qu’il pense ce qu’il veut.

Et qu’il ne découvre jamais la vérité.




[tu peux faire qu'il entende ce qu'elle dit quand-même, comme plongé dans un état second...Il entend, mais il sait rien faire. Mais va pas trop loin! Sinon...Bon, en tous cas, Lola elle dit, en le voyant vivant et en regardant le champignon qu'il a pris "-Oh...Soaric, mon dieu...T'es vraiment un imbécile....Tu t'es trompé de champignon! Celui que t'as pris te rend inerte pendant quelques instants, mais c'est tout...Quel idiot...Quel idiot tu fais...Et moi qui n'y ais vu que du feu...Oh, Soaric..." mais elle pleure et sourit en disant ça...Et puis t'avises! Tu peux les faire rentrer dans le vrai chez eux juste pour la nuit, ils récupèrent les gosses genre le lendemain ou le surlendemain!]
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MessageSujet: Re: Autant en emporte le bonheur...[PV Lola]   Lun 18 Fév - 14:52




Lola, Soaric & une histoire de coeur





Le champignon eut du mal à passer à travers sa gorge. Un seul morceau était déjà l'enfer pour son estomac. Il regardait le ciel, sentant rapidement les effets toxiques. Il se sentit d'un coup plus…léger et son cœur se mit à ralentir sa course. Ca y est. Il partait. Il laissait Lola libre de lui et de la souffrance qu'il lui avait causée. Si seulement il savait à quel point il se trompait…

Il ferma les yeux, se laissant emporter il ne savait pas trop ou. Il ne sentait plus son cœur battre, mais il sentait toujours le sol sous lui, le vent lui caresser le visage. Il entendait les animaux nocturnes continuer leur vie.

Il était mort et en même temps vivant et il ne comprenait pas. C'est là qu'il sentit…une présence. Des pas. Quelque chose atterrit lourdement à ses côtés et il sentit ce même quelque chose le toucher avant qu'une voix s'élève :

-Pourquoi tu m’as fait ça, hein ? Pourquoi ?! POURQUOI ?!

Lola ? Pourquoi était-elle là ? Elle le secouait, secouait son corps qu'il ne parvenait plus à contrôler. Il était toujours là, mais ne pouvait rien faire de plus que de l'écouter et la sentir près de lui. Il était là, et ne pouvait même pas le lui montrer. C'est là qu'une autre voix se fît entendre :

-Lola…Lola…LOLA ! Arrête ! Laisse-le ! C’est fini maintenant !

Hyndian…Soaric ne comprenait rien à ce qu'il se passait. Était-il mort ou non ? Son cœur ne semblait plus battre, ou alors si faiblement qu'il ne le sentait plus et que Lola ne l'avait pas entendu. Et son esprit lui…tournait à cent à l'heure, comme si c'était lui qui luttait contre la mort.
Son corps retomba lourdement contre Lola lorsqu'elle le lâcha. Hyndian parla, mais il ne comprit pas. Pourquoi étaient-ils là ? Pourquoi Lola était-elle dans cet état ? Pourtant, il pensait qu'elle s'en ficherait qu'il disparaisse…tout le monde se fichait bien de sa personne…il n'avait fait qu'être le souffre douleur de tous ceux qu'il avait rencontré. Il n'avait fait que donner de la souffrance et de la peine à ceux qu'il aurait voulut rendre heureux…

Une porte s'ouvrit alors en lui. Une porte qui donnait sur un lieu blanchâtre…
La mort.
La porte donnait sur sa réelle mort. Mais d'un coup, il ne voulut plus partir. Et encore moins lorsque Lola prit son corps contre elle, lui caressant le visage en pleurant sur lui pour lui dire lentement :

-Je t’aime. Depuis le début…Depuis ce jour où tu m’as sauvé des mains d’un vendeur d’esclaves. On en a traversé de bonnes depuis ce temps, toi et moi, hein ? J’avais cru qu’avec tout ça, on serait invincibles. Qu’après tout ce qu’on avait vécu, plus rien ne pourrait nous atteindre…Mais j’avais tort, hein ? Pourtant je te l’ai dit. Je t’ai dit que malgré tout ce que je te ferais endurer, malgré tout ce que tu pourrais croire, je t’aimerai toujours. Mais tu l’as oublié. Je ne t’ai pas aidé à t’en souvenir, en même temps. Mais là, Soaric, là, tu vois, je voudrais tellement que tu reviennes. Comme ça je pourrais te traiter d’idiot. Je pourrais t’en vouloir de m’avoir faire ça, tu sais ?! Je pourrais…Mais j’en suis incapable ! Parce-que je t’aime, tu vois ? Je t’aime comme une dingue et ça, tu l’as pas compris à temps ! Soaric, comment t’as pu me faire ça, hein ? Comment t’as pu m’abandonner ? On s’était promis, pourtant, que ça finirait pas entre nous ! Qu’on s’aimerait à la folie jusqu’aux derniers jours ! Pourquoi tu es si égoïste ? Je te déteste ! Je te déteste d’avoir fait ça !

La bague autour de son cou sembla brûlante. Sa détermination s'évapora. Il…ne pouvait pas…partir…elle l'aimait…elle l'aimait à nouveau. Elle l'avait toujours aimé, mais Jon avait camouflé ses sentiments. Pourquoi n'avait-il pas continué à y croire ? Pourquoi n'avait-il pas cru en elle alors qu'il la savait forte ? Elle avait raison de le détester. Maintenant, même lui ne savait pas s'il allait pouvoir revenir une nouvelle fois d'entre les morts. Et puis…il était idiot…toute la journée, elle lui avait envoyé des signes. Il n'avait pas su les interpréter, persuadé que c'était terminé pour de bon. Il avait horriblement mal au ventre à cause du champignon.

Il se sentit posé contre la jeune femme, et il l'entendit pleurer contre lui. Elle était agitée de soubresauts, sanglotait, et il aurait voulut l'entourer de ses bras et lui montrer qu'il était encore là. Mais son corps refusait d'obéir. Il était flasque comme s'il était réellement mort.

Il profita pleinement de la chaleur de Lola pour refermer cette maudite porte qu'il avait appelée. Et, lorsqu'il la sentit se détacher, elle murmura :

-Va, Soaric. Va rejoindre les tiens. Va rejoindre les anges. Et n’oublie jamais que je t’aime, d’accord ? N’oublie pas. Tu peux laisser tomber n’importe quoi de ton âme : notre rencontre, nos disputes, nos étreintes. Mais n’oublie pas ça. C’est tout ce que je te demande. N’oublie pas que je t’aime. Je t’en prie. N’oublie pas.

Il aurait voulut pleurer maintenant. Non…quel con ! Il avait cru la libérer de lui, libérer le monde entier de lui, et au final, il la faisait encore pleurer, encore souffrir. Elle ne lui pardonnerait pas ça, s'il parvenait à revenir…si ?

Quelques secondes s'écoulèrent et soudain, il sentit ses lèvres contre les siennes. Elle lui donna un merveilleux baiser, teinté de tristesse à l'idée qu'elle devait l'abandonner là pour toujours. Cela eut pour effet de refaire battre son cœur, mais elle ne l'entendit pas. Son ventre lui, faisait des caprices. Une fois éloignée de lui, elle le garda dans ses bras. Il était si bien, là contre elle.

-Il faut y aller, maintenant, Lola. Il faut partir. Il se fait tard. Et la pluie commence à tomber.

Il sentit son corps revenir contre le sol calciné de ce qui fût sa "chambre". Il entendit le mouvement des deux personnes lorsqu'elles s'éloignèrent. Il se sentit paniquer. Non, Lola ! Il voulut lui hurler de ne pas le laisser seul à nouveau. De ne plus jamais le quitter ! Il aurait voulut lui hurler de le frapper encore une fois pour se venger de ce qu'il avait voulut faire ! Mais non. Son corps ne voulait réellement pas.

Il ne savait pas qu'ils s'éloignaient lentement. La pluie commença alors à tomber, s'écrasant sur lui. Et ce fût comme un lavage. Son corps se remit à vouloir bouger. Lentement, il ouvrit les yeux, l'eau de pluie s'y infiltrant tout de suite. Puis les doigts. Il serra le sol, mettant de la terre entre ses doigts. Il voulait se sentir vivant. Il inspira un grand coup, l'air frais et humide, et fronça les sourcils. Il avait mal au ventre…le champignon était tombé à côté de lui et il chercha à se redresser. A courir après elle. A lui montrer qu'il était là, qu'il avait été réellement un triple idiot. Qu'il s'était trompé…encore une fois.

Il fléchit les jambes, tenta de redresser le buste. Son corps qui lui avait parut si léger durant son état de semi-mort était redevenu bien lourd. Ses vêtements gorgés d'eau n'arrangeaient rien. Il retomba sur le sol, sentant les larmes venir à lui. Qu'est-ce qu'il avait été idiot. Maintenant elle le croyait mort et il n'arriverait pas à la rattraper. Il leva un bras en l'air, voulant tester sa résistance. Il tremblait, mais Soaric le forçait.
Revivre.
Encore une fois.
Essayer de se faire pardonner.
Encore une fois.
Tout recommencer.
Encore une fois.
Aimer.
Toujours.

Il grelottait et son ventre n'arrêtait pas. Il avait envie de vomir. Il voulait se tourner, regarder s'ils étaient encore là. Il voulait hurler. Au lieu de ça, il baissa sa main sur ses yeux, pleurant à chaudes larmes. En fait, c'était toute la douleur des derniers mois qui s'échappait enfin de lui. C'était tout ce qu'il avait subit qui se décidait à sortir. Comme une véritable renaissance. Comme un phœnix. La pluie semblait le purifier.

Il parvint enfin à se redresser et ce, pour vomir. Il vomit le morceau de champignon qui faisait mal à l'estomac, vomit tout ce qu'il avait mangé chez Kira.
A la fin, il tremblait, et se sentait fiévreux.

Parvenant à rester sur le côté, il se stabilisa sur un coude et regarda vers la sortie de la clairière.

Ils n'étaient plus là. Il avait mis trop de temps à se réveiller. La pluie continuait de s'acharner sur lui, se mêlant à ses larmes.

Il murmura :

-Lola…ne me laisse pas…j'ai besoin de toi…

Jamais il ne s'était sentit aussi mal, et pas qu'à cause du champignon. Il avait toujours prit les mauvaises décisions dans sa vie. Celle-ci lui avait coûté Lola pour de bon. A moins qu'il parvienne à lui faire comprendre qu'il était de nouveau là. Le champignon, même s'il ne le tuait pas, l'avait affaiblit, et il ne parvenait pas à bouger les jambes pour se relever. Il était couché de côté sur le sol noir, la pluie tombant averse sur lui, cherchant un moyen d'alerter Lola et Hyndian.

Il inspira un grand coup, pleurant toujours, et un cri s'échappa de sa gorge. Un cri qui se mua en nom. Un cri qui voulait tout dire, qui laissait tout transparaître. Un cri qui le laissa vidé de ses forces.

-LOLA !!!!!!!

Jamais il n'avait hurlé ainsi, pas même lorsqu'elle l'avait quitté avec les braconniers. Jamais il ne s'était autant raccroché à quelque chose.
A ce maigre espoir qu'elle l'entende et rebrousse chemin.

Et surtout, qu'elle ne pense pas à une hallucination. Il se laissa retomber de moitié, pleurant toujours, économisant ses forces pour hurler à nouveau s'il le fallait.
Il avait tellement mal, il l'aimait tellement, et elle le pensait si loin d'elle…il avait été idiot. Et, si elle ne revenait pas, il se forcerait à se lever et rentrer. Voir si quelqu'un voulait encore de lui malgré tout. Mais là, il avait à nouveau envie de vomir…

[j'espère qu'il te va...je suis pas allée trop loin Wink j'arrive pas à relire ton rp sans pleurer T.T et dis moi si je dois changer un truc]


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Lola
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MessageSujet: Re: Autant en emporte le bonheur...[PV Lola]   Dim 24 Fév - 14:08

Un cri. Lointain. Provenant d’une voix connue, aimée jusqu’à la fin. Provenant d’un être qui était désormais mort. Et qui semblait hurler le nom de la femme de sa vie, comme un dernier salut avant de quitter ce monde de fous.
Un cri venant des songes de Lola. Une illusion. Une illusion qui, pourtant, semblait terriblement réelle.

La jeune femme se retourna, et engloba du regard le cimetière de maisons. Tout était silencieux. Elle avait rêvé. La preuve était que Hyndian ne réagissait même pas, continuant dans sa lancée. Il voulait quitter cet endroit hostile. Cela se sentait. Il en avait peur. Lui, le géant aux énormes muscles, craignait ce lieu où seul le silence animait la conversation. Il voulait fuir. Etait-ce à cause du manque de vie ? Aucune lumière n’était allumée. Aucun enfant pour braver l’autorité du père, jouant sous la pluie en pleine nuit. Aucune âme. Si ce n’est celle de fantômes aux intentions malsaines. Mais Lola traînait et cela l’agaçait au plus au point.
Aussi, lorsqu’il se tourna vers elle pour la trouver droite, immobile, semblant écouter un bruit venu de nulle part, son sang ne fit qu’un tour. Il lui agrippa le bras, la tirant en avant et déclara d’une voix dure :

-Il faut partir, maintenant ! Ca ne sert à rien de rester plus longtemps ici ! Viens !

Mais elle se dégagea vivement. Elle affichait un regard profond, qui brillait étonnement d’une étrange lueur. Celle de l’espoir.
Pourquoi ? Il n’en savait rien. Son ex-fiancé venait de succomber, elle venait de perdre un enfant, de vivre une tragédie, mais l’espoir soufflait dans son corps meurtri. Il ne comprenait pas. Mais il ne voulait pas comprendre.
Il la saisit encore une fois mais elle se dégagea, plus fortement cette fois. Et elle lui expliqua, l’air sûr des gens dont leur certitude est inébranlable :

-J’ai entendu Soaric m’appeler. Je pense qu’il est vivant. Il faut y retourner, Hyndian !

-Sottises ! Tu l’as vu comme moi, Lola ! Il est mort ! Il est MORT! Allons-nous-en !

Elle secoua énergiquement la tête. Elle semblait lui dire du fond de son âme ‘Va. Si tu veux tellement t’enfuir, vas-y. Mais tu ne pourras pas m’emmener avec toi. Pas tant que j’aurais l’impression de sentir son cœur battre en moi.’
Mais il la prendrait de force s’il le faut. Il ne fallait pas traîner ici. La pluie les trempait, l’obscurité les happait…Il fallait rentrer. Soaric était mort mais elle ne parvenait pas à l’accepter. La volonté pour qu’il vive à ses côtés jusqu’au bout était si forte qu’elle croyait impossible qu’il l’ait quittée si brusquement. Cela la mènerait à la folie.

Il allait protester durement mais, alors qu’il ouvrait la bouche, il entendit lui aussi un cri déchirant la nuit. Un nom. Lola.
Et cette voix, il la reconnaîtrait entre toutes. Il détestait l’homme qui la portait, beaucoup trop égoïste et violent à son goût. Il était certes vraiment beau, mais il n’était pas respectable. Il faisait souffrir Lola. Et cela, il ne l’accepterait jamais.
L’artisane serra sa main sur le bras de l’ancien brigand. Et avant qu’il n’ait pu esquisser le moindre geste, elle revenait sur ses pas en courant, persuadée pour de bon que Soaric était vivant.
Hyndian ne fit rien. Il avait entendu aussi. Et il en éprouvait presque une pointe de regret.

Lola courait. De toutes ses forces. Pour atteindre cette voix qui l’appelait, implorante. Cette voix qu’elle ne pouvait tout simplement pas ignorer. Etait-elle en train de rêver, ou de se réveiller ? Elle l’ignorait. Mais tout ça n’avait pas d’importance. Rien ne valait ce son pénétrant qui appartenait à l’être aimé.

-SOARIC !

Elle approchait de son ancienne demeure. Et elle voyait ce corps à moitié recroquevillé qui avait bel et bien bougé depuis tout à l’heure. Il était vivant. Vivant.
Elle ne pouvait y croire. Ses pensées s’entremêlaient, confuses, mais elle les chassa toutes en secouant la tête. Il était là. Il serait toujours là désormais, jusqu’à ce que le néant les emporte. Ses prières avaient été entendues. Le monde lui offrait de se racheter.

Elle se jeta à ses genoux, le serrant avec force contre elle. Elle pleurait, murmurant inlassablement qu’elle l’aimait. Puis, lorsque Hyndian arriva enfin à leur hauteur, et qu’il se tint en retrait pour les laisser se retrouver, le regard absent, elle se détacha de Soaric pour le contempler.
Il était horriblement pâle, comme s’il s’extirpait peu à peu de la mort. Elle passa ses mains sur ses joues, heureuse de sentir sa peau sous la sienne. Il était là. Il était vraiment là.

-Mais…comment se fait-il… ? balbutia-t-elle. Je t’ai vu…Tu ne respirais plus…

Lola chercha ses mains, rencontrant un objet mou dans celle de son amour. Elle le saisit, plissant ses yeux pour pouvoir l’observer dans le noir. C’était un champignon. Un champignon empoisonné. Qui vous abandonnait aux mains de la mort pour une heure au maximum.
Soaric avait voulu se tuer. Mais il s’était tout simplement trompé. Il avait évité de sombrer dans un sommeil profond, sans fin, juste parce-qu’il n’avait pas été assez fin pour discerner la différence entre le bon et le mauvais champignon.

-T’es qu’un idiot, Soaric…Tu t’es gouré de poison, mon pauvre ! T’es qu’un idiot ! Un triple idiot !

Elle pleurait et riait en même temps. Elle remerciait le ciel qu’il ait été si peu dégourdi au moment de se saisir de ce qu’il pensait être un moyen direct vers la mort. Grâce à ça, il était vivant. Et elle pouvait enfin lui dire en face qu’elle l’aimait.

-Ne refais plus jamais ça, tu m’entends ? J’ai cru…J’ai vraiment cru…Ah, peu importe. Tu es là maintenant. Tu es là. Et t’as intérêt à vouloir me supporter jusqu’à la fin de ta vie parce-que je te lâcherai plus jamais.

Lola lui sourit doucement, consciente qu’il était trop faible pour lui répondre quoique ce soit. Mais il l’avait entendu, et c’était le principal.
Il sembla d’ailleurs vouloir parler, à son tour, mais son corps ne sembla pas de son avis. Il s’évanouit, tombant comme une poupée de chiffon dans ses bras. Et la jeune femme ne trouva rien de mieux à faire que d’éclater de rire, heureuse de ce que la vie lui offrait.
Son rire résonna entre le cadavre des maisons serrées les unes contre les autres, seul écho de vie dans cette endroit de tristesse.

Hyndian, sans un mot, se saisit du garçon et le déposa sur sa large épaule, commençant à marcher silencieusement.
Lola le regarda, penchant sa tête sur le côté, interrogative. Pourquoi était-il si morose, tout à coup ? Elle se releva et le rattrapa rapidement. Mais elle n’engagea pas la conversation. Il était perdu dans des pensées lointaines, et elle ne pourrait de toutes façons pas le faire revenir à elle.
Ils en parleraient plus tard.

Cette drôle de petite troupe quitta donc cet endroit, sans aucun regret. Ils enfourchèrent leurs chevaux, les conduisant jusqu’à l’ancienne maison du petit couple.
Et l’artisane fut ravie de constater que rien n’avait bougé. Tout était comme elle l’avait laissé. Personne n’était venu les cambrioler ; la nature n’avait pas encore eu le temps de reprendre ses droits.
On aurait dit qu’ils étaient partis la veille même. Que Jon n’avait jamais fait partie de leur vie. Mais, au fond, avait-ce été le cas ?

Le géant conduisit Soaric dans la chambre des amoureux. Il le déshabilla, le séchant et l’habillant, pendant que Lola s’occuper de se changer elle-même. Puis il attendit, assis sur une chaise, face à l’archer. Il le détestait. Il ne l’avait jamais autant détesté. Et il se demandait combien de temps il tiendrait avant d’éclater et de lui dire ce qui lui portait sur le cœur. De lui faire comprendre par des mots, plutôt que par des gestes, que jamais il ne pourrait se résoudre à l’apprécier et le respecter.
Mais lorsque Lola revint, pour l’empêcher de commencer la conversation, il demanda gentiment, comme si de rien n’était :

-Faut-il lui donner quelque-chose ? Un médicament, peut-être ?

La jeune femme s’assit aux côtés de Soaric, lui caressant les cheveux. Il avait retrouvé un peu de couleur. Il allait mieux. D’ici le lendemain, il serait comme neuf. Et ils pourraient parler. Parler franchement. Dire ce qu’ils attendaient l’un de l’autre. Ils seraient fixés sur leurs sentiments. Ils seraient enfin libres de pouvoir réapprendre à s’aimer.
Elle chuchota, par crainte de le réveiller :

-Non…Non, il ne faut rien lui donner. Ce n’était pas un poison très nocif. Il ira mieux demain, tu verras !

-Bien.

Le silence s’ensuivit. Lola était gênée. Quelque-chose dans le comportement d’Hyndian était étrange. Non pas qu’elle ignorait les égards que portait l’ancien brigand sur lui. Mais il semblait plus froid, plus distant encore qu’avant.
Alors elle lui demanda, doucement, pour éviter qu’il ne se referme sur lui-même :

-Qui a-t-il ?

-Rien.

Il secoua la tête, en répétant ‘rien’. Il savait qu’elle ne serait pas dupe. Mais au moins, elle comprendrait qu’elle n’avait pas envie de parler.
Il attendit encore un moment puis il se décida à se lever, expliquant à Lola qu’il allait rejoindre les autres.
Elle ne protesta pas. Même si elle l'abandonnait aux mains de la nuit. Il trouverait son chemin. Il n'avait pas été brigand pour rien, après tout.
Et puis...Elle avait envie de rester seule un moment avec Soaric. Alors dès qu’il partit, elle se cala contre le dos de son amant et entoura ses hanches de son bras. Elle se sentit étonnement vivante. Après tout ce temps, toute cette souffrance écoulée, elle revenait à la vie.

Cette nuit-là, ce n’était pas uniquement Soaric qui était revenu d’entre les morts. Lola aussi. Et elle comptait bien rattraper les mois perdus. Elle allait vivre sa vie à fond, profitant des moindres secondes qui s’écouleraient. Elle n’allait plus faire les même erreurs. Elle n’allait plus faire la connerie de laisser tomber Soaric pour un autre.
Elle allait vivre, oui. Plus que jamais. Et le ciel ne regretterait pas de lui avoir donner cette seconde chance.

Ils allaient voir, tous autant qu’ils étaient. Oui. Ils allaient voir ce que c’était qu’être heureux.

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MessageSujet: Re: Autant en emporte le bonheur...[PV Lola]   Dim 24 Fév - 16:11




Lola, Soaric & une histoire de coeur



La pluie tombait toujours, ruisselait sur ses joues au même rythme que ses larmes qui se tarissaient lentement. Son estomac allait mieux, mais il se sentait toujours fiévreux et patraque. Et surtout…aucun signe de Lola ou Hyndian.

Soaric décida de retenter, se mettant plus en appuis sur son coude, inspirant une nouvelle fois profondément avant de crier :

-LOLA !

Fermant les yeux, il se laissa retomber de moitié, comme avant. Il espérait qu'elle l'ait entendu…qu'elle revienne…qu'elle lui pardonne. Qu'elle l'accepte encore, qu'ils puissent recoller, se reconquérir, retomber amoureux, vivre enfin heureux.

Combien de temps s'écoula, il ne put le dire, mais d'un coup il entendit, au milieu des gouttes d'eau de pluie qui tombaient sur ce lieu sinistre, une course. Un bruit de course. Un animal en chasse ? Ou celle qu'il attendait ?

-SOARIC !

Elle était là. Sa lumière dans les ténèbres…elle était revenue, elle l'avait entendue…et maintenant elle arrivait. Elle se jeta à genoux et d'un coup il fût serré contre ce corps qui lui avait tant manqué. Elle pleurait, il l'entendait. Encore. Pourquoi ne faisait-elle que pleurer avec lui ? Cette culpabilité qu'il ressentait était affreuse…il s'en voulait de lui avoir causé toutes ses souffrances…
Mais elle murmurait également qu'elle l'aimait. Lui aussi l'aimait. Toujours, il le lui avait dit. Il avait respecté sa décision de le quitter, il avait fait du mieux qu'il pouvait pour l'oublier. Rien à faire. La bague était entre eux, si chaude sous toute cette pluie froide…

Il avait soudainement envie de dormir…il se sentait en sécurité maintenant qu'elle était là…mais il devait encore un peu attendre…elle s'écarta, l'observant, les mains sur ses joues. Elle était si belle, même trempée par la pluie, les cheveux collés à son visage.

-Mais…comment se fait-il… ? Je t’ai vu…Tu ne respirais plus…

Non il avait toujours été là, mais elle ne l'avait pas entendu…lui-même ne comprenait pas. C'est là qu'elle glissa ses mains dans les siennes, rencontrant le champignon qu'il avait repris pour le jeter. Elle l'analysa puis déclara, pleurante et riante :

-T’es qu’un idiot, Soaric…Tu t’es gouré de poison, mon pauvre ! T’es qu’un idiot ! Un triple idiot !

Trompé ? Il s'était…trompé ? Alors…était-ce le signe que la nature lui offrait une dernière chance ? Cela voulait-il dire que la mort n'était pas encore prévue pour lui ? Pour une fois, une de ses mauvaises décisions l'aura sauvé…

-Ne refais plus jamais ça, tu m’entends ? J’ai cru…J’ai vraiment cru…Ah, peu importe. Tu es là maintenant. Tu es là. Et t’as intérêt à vouloir me supporter jusqu’à la fin de ta vie parce-que je te lâcherai plus jamais.

Il eut même droit à un joli sourire de Lola. Et bien sur qu'il voulait la supporter jusqu'à la fin…il n'avait pas encaissé le reste pour rien…il n'avait pas encaissé ses insultes, ses coups, ses coups bas, pour rien. Même si tout ça était dû à la Haine qu'il avait allumée en elle…

Il voulut parler, la remercier, s'excuser, il ouvrit même la bouche, mais son corps le stoppa. Il se sentit brutalement emporté et ferma les yeux, s'écroulant sur Lola, inconscient, mais bien en vie.

Il se savait entre de bonnes mains, même si Hyndian le haïssait au maximum. Il resta dans le monde étrange de l'inconscience jusqu'au petit matin.

Son esprit revint lentement, ce mettant en marche, et il dut réfléchir longuement avant d'ouvrir les yeux. Il sentait quelque chose de mou sous lui, confortable d'ailleurs, rien à voir avec le sol sur lequel il s'était allongé la veille. Il ouvrit lentement les yeux, les forçant et vu qu'il y avait aussi…des bras, autour de sa taille. De fins bras, terminés par des mains qu'il connaissait par cœur. Lola…elle était tout contre lui, et il sentait son souffle contre sa nuque. Était-il mort ? Était-ce sa vision du paradis ? Lui et Lola, ensemble, en couple normal à nouveau ? Non…il n'avait pas le droit au paradis lui…

Il bougea les mains, et frissonna. C'était…c'était réel…les souvenirs affluèrent alors lentement, en même temps que le réveil de Lola. Il se souvint avoir voulut se tuer, avoir été dans un état de semi-mort, Lola qui lui disait l'aimer, lui se réveillant et l'appelant, elle qui annonçait qu'il s'était trompé de champignon. Oui…c'était ça…

Elle vit qu'il était réveillé et se leva, touchant son front par la même occasion.

Non il allait mieux, il ne se sentait plus fiévreux et n'avait plus mal à l'estomac. Il n'avait même pas faim pour l'heure…

Il se mit sur le dos, la regardant aller dans la salle de bains. Là, il observa l'endroit. Et…c'était leur maison ? Celle qu'il avait bâtie, qui s'était effondrée et qu'on avait refaite. Celle qu'il avait vu pour la dernière fois lorsque Jon était venu les arrêter, facilement huit mois auparavant…tout était comme dans ses souvenirs. Juste un peu plus de poussière, mais rien de cassé…

Lola revint alors, un petit sourire aux lèvres, avec une sorte de tisane. Il la but sans un mot, reposant la tasse sur la table de chevet. Il cherchait quoi dire.

Ils…ils devaient parler maintenant…tout remettre à plat, voir s'il y avait…possibilité de se reconstruire ensemble. Elle disait l'aimer à nouveau, c'était donc possible mais il valait mieux en parler.

-Pardon, Lola. Je…pardonne mon idiotie de hier soir. Mais…je ne voulais que te libérer tu sais…je voulais que tu sois enfin libre d'être heureuse…sans personne pour te faire souffrir comme je le fait tout le temps…c'était égoïste et en plus je n'ai pas vu tous les signes que tu m'as envoyé hier toute la journée…

Il était nerveux, sa voix n'était pas très assurée, mais tant pis…Il inspira un grand coup, serrant un bout de draps dans sa main.

-Tu sais…j'ai…j'ai entendu ce que tu m'as dit…quand tu pensais que j'étais…parti. J'étais toujours là, mais je n'arrivais plus à bouger ni rien faire pour que tu comprennes…

Hésitant, il approcha sa main de celle de Lola. Lentement, il entremêla ses doigts entre les siens, comme ils avaient l'habitude de le faire…avant. Là, il regarda la jeune femme dans les yeux, plongeant au plus profond de son âme torturée.

-Je t'aime toujours Lola. Je n'ai pas pu t'oublier, je n'ai pas pu faire une croix dessus, malgré tout ce qu'il s'était passé…pour être honnête j'ai tenté. Avec Kira. J'ai essayé de l'embrasser pour voir si j'étais capable de sauter le pas. J'ai eu l'impression de te tromper une nouvelle fois. Il fît une pause, s'empêchant de dire que la putain l'avait violé et donc de ressasser de vieux souvenirs et reprit Mis à part ça…je n'ai plus eu de relation intime avec une femme. Je voulais que tu le saches…

Il lui fît un faible sourire. Il n'aurait pas pu garder ce secret plus longtemps. Même s'il ne savait pas que Kira l'avait déjà dit à Lola. Frissonnant une nouvelle fois –il ne faisait pas très chaud dans la maison et il n'avait pas toutes ses forces encore- il conclut :

-Je suis prêt à recommencer Lola. A tourner définitivement la page et recommencer à zéro avec les enfants bien sûr. Je…ne sais juste pas comment…

C'était vrai. Devaient-ils tout refaire ? Jouer ceux qui ne se connaissaient pas et se séduire à nouveau? Vivre tout de suite comme avant au risque d'établir une relation à nouveau trop fragile et trop instable ? Il était prêt à vivre encore séparément pour consolider le tout…en fait, il ferait selon ce qu'elle voulait. Aussi simple que ça.

Chez Kira, Hyndian était arrivé au milieu de la nuit, l'air sombre. Kira et Lee s'étaient morfondus toute la soirée à partir du moment où les enfants furent couchés, et se demandaient si Lola avait réussit à sauver Soaric avant l'irréparable.

Hyndian n'avait pas daigné leur expliquer en rentrant, et ils étaient tous allés au lit, dormant affreusement mal. Au matin, les enfants furent nourris et habillés et ils jouaient tranquillement, les adultes regroupés autour de la table. Lee et Kira n'attendaient qu'une chose : des explications. Ou était Lola ? Avait-elle réussit ou non ? Qu'avaient-ils fait de la dépouille si jamais ?

-On est arrivé et il était déjà mort. Les deux autres étouffèrent un cri d'horreur mais Hyndian reprit vite C'est du moins ce qu'on croyait. On est reparti sous la pluie mais on a entendu des appels. Lola d'abord, puis moi. Alors on est retournés sur nos pas. Il était de nouveau en vie. Je l'ai emmené dans leur ancienne demeure et Lola est restée avec lui.

-Mais c'est fantastique ! Même si je ne comprends pas pourquoi il voulait mettre fin à ses jours après avoir gagné son procès mais bon ! S'exclama Lee.

Hyndian le darda sévèrement du regard. Il était temps aussi que les autres comprennent que Soaric n'était pas l'homme parfait, loin de là. Il était temps qu'ils comprennent qui il était réellement.

-Ce type est un égoïste de première Lee. Il ne fait que du mal à Lola. Depuis que je les connais, elle souffre. Je lui ais dit mille fois que ce n'était pas un homme pour elle.

-Mais si Hyndian…ils vont bien ensemble… Déclara Kira timidement, effrayée par le brigand d'un coup.

-Vous ne savez pas ce que moi je sais et vous ne savez pas ce dont il est capable. C'est tout.

Et il se leva, allant ruminer à l'extérieur, l'air frais et humide de la veille l'entourant. Lee et Kira eux, ne comprenait plus rien. Qui était donc Soaric alors ? Qu'est-ce qu'ils ignoraient ? Des questions qui resteraient peut-être sans réponses, mais pour l'heure, ils devaient s'occuper des enfants et attendre des nouvelles de Lola…


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MessageSujet: Re: Autant en emporte le bonheur...[PV Lola]   Jeu 21 Mar - 21:54

Lola était profondément endormie. Et pour la première fois depuis très longtemps, elle ne se réveilla pas. Elle était terriblement calme. Sereine. Convaincue que plus rien, jamais, ne pourrait lui arriver. Et elle n’avait pas tort, cette fois. Tout était loin d’elle, maintenant : les malheurs, les cauchemars…Elle s’en était enfin débarrassée. Pour de bon. Rien ne pouvait plus lui arriver.
L’avenir portait tout son sens.

Lorsqu’elle ouvrit les yeux, elle sentit le corps chaud de Soaric contre le sien. Elle resta un moment ainsi, le nez sur son dos, les mains serrant sa taille, les jambes s’entremêlant aux siennes. Elle huma son odeur, s’imprégna des sentiments qui émanaient de lui.
Un sourire léger se dessina lentement sur ses lèvres. Il était vraiment là, tout près d’elle. Elle était parvenue à temps…Avant qu’il ne fasse la pire bêtise de sa vie. Celle qui aurait mis définitivement un terme à leur amour caché.
Il était là. Si près. Et plus jamais elle ne le quitterait. Elle se le promit, jurant sur sa propre vie. Plus jamais. Ils allaient enfin pouvoir tout recommencer. Ensemble.
Seul ce mot comptait désormais. Ensemble. C’était tout.

Lola perçut un léger mouvement contre elle, signe que son amant venait de se réveiller. Elle se leva alors, touchant par la même occasion son front, vérifiant ainsi s’il n’avait plus de fièvre. Elle constata qu’il avait plutôt bonne mine et, rassurée, partit faire sa toilette dans la salle de bain. Elle n’y consacra que le stricte minimum ; le temps de se laver, de se cogner contre une armoire en retenant un cri de douleur et de mettre un parfum…aphrodisiaque. N’oubliez pas qu’après tout…Elle cherche encore à le conquérir ! Bouahahaha. Hahem. Le ton du récit était trop posé. Fallait bien relever tout ça…

La jeune femme se changea, enfilant une robe décolletée et assez courte, mettant toutes ses formes en valeur. Et d’un sourire satisfait, elle descendit les escaliers en sautillant, heureuse et terriblement…maladroite.
Car oui. Il ne faut pas oublier qu’elle fait preuve d’une maladresse exubérante, certains jours…A croire qu’elle était affublée d’une bonne et d’une mauvaise fée à la fois ! Enfin, quoiqu’il en soit, ce jour était pour elle assez néfaste car elle trébucha sur une marche et finit sur les fesses toute la descente. En retenant de nouveau une plainte de douleur, elle alla préparer une tisane pour permettre à Soaric de mieux digérer. Et ce fut d’une lenteur extrême – par peur de tout renverser – qu’elle apporta la tasse à son petit amour.

Lola arriva au bout d’une éternité dans leur chambre et, lui tendant la concoction faite d’amour –avec une pointe d’une fleur excitante – s’assit sur le bord du lit. Elle le regarda boire avec tendresse, s’empêchant du mieux qu’elle put de se jeter à son cou pour l’embrasser…
Alors qu’elle était plongée dans la contemplation de ses lèvres, Soaric brisa le silence d’une voix peu assurée :

-Pardon, Lola. Je…pardonne mon idiotie de hier soir. Mais…je ne voulais que te libérer tu sais…je voulais que tu sois enfin libre d'être heureuse…sans personne pour te faire souffrir comme je le fait tout le temps…c'était égoïste et en plus je n'ai pas vu tous les signes que tu m'as envoyé hier toute la journée…

La jeune mère éclata d’un rire franc. Ah ! Ses signes…Bien pauvres par apport à ce qu’ils étaient aujourd’hui ! Mais elle appréciait qu’au final, il ait plus ou moins remarqué qu’elle lui lançait désespérément des signaux !
Et puis bon, pour ce qui était de sa tentative de suicide…Ah. Elle était prête à tout pardonner. Elle voulait refaire sa vie avec lui, et cela impliquait évidemment de devoir effacer les périodes noires de leur histoire…Pas de les oublier. Car autrement, ils risquaient de faire les même erreurs. Et cette fois, ils ne pourraient peut-être plus se relever.

-Tu sais…j'ai…j'ai entendu ce que tu m'as dit…quand tu pensais que j'étais…parti. J'étais toujours là, mais je n'arrivais plus à bouger ni rien faire pour que tu comprennes…

Lola pencha sa tête sur le côté, signe qu’elle ne comprenait pas où il voulait en venir. Et, comme une réponse à son interrogation muette, Soaric s’approcha doucement de ses mains et entrelaça ses doigts entre les siens, faisant battre le cœur de la belle à tout rompre. Elle le fixa profondément, consciente qu’il avait du prendre sur lui pour exercer ce tout petit effort, tellement il était nerveux. Elle raffermit son emprise, lui faisant comprendre qu’elle appréciait son geste…Et du regard, tenta de lui faire saisir comment elle voyait la suite des événements. (…Bah quoi ? 8D)

-Je t'aime toujours Lola. Je n'ai pas pu t'oublier, je n'ai pas pu faire une croix dessus, malgré tout ce qu'il s'était passé…pour être honnête j'ai tenté. Avec Kira. J'ai essayé de l'embrasser pour voir si j'étais capable de sauter le pas. J'ai eu l'impression de te tromper une nouvelle fois.

Cette fois, la jeune femme baissa légèrement la tête. Ca, elle le savait. Mais elle le remercia intérieurement de lui avoir révéler ce petit passage de sa vie. Même s’il n’était que moindre…Peu significatif. Il était important, pour elle. Sans savoir trop pourquoi, elle avait eu besoin d’entendre ses mots sortir de sa bouche à lui.
Il ne devait pas, cependant, sans vouloir pour cela. Il avait eu le droit, après tout, d’essayer à nouveau. Même si cela lui faisait mal de l’admettre. Après tout l’enfer qu’elle lui avait fait subir, il aurait été aberrant qu’il ne tente pas sa chance ailleurs
Soaric reprit, plus serein :

-Mis à part ça…je n'ai plus eu de relation intime avec une femme. Je voulais que tu le saches…

Elle hocha la tête, heureuse de l’apprendre – même si elle ne l’avouerait jamais. Car bon, un petit baiser passager, elle arrivait à passer au dessus….Mais pour ce qui était de l’acte de l’amour en lui-même…Argh ! Elle était terriblement jalouse. Ca, vous le saviez (et vous vous en rendrez compte encore plus après XD). C’était, en réalité, tout juste si elle parvenait à oublier le passage de la prostituée….C’était encore un sujet assez…délicat pour elle.

-Je suis prêt à recommencer Lola. A tourner définitivement la page et recommencer à zéro avec les enfants bien sûr. Je…ne sais juste pas comment…

-Comment faire ? chuchota-t-elle.

Lola sourit. Cela lui semblait tellement simple, pour elle. Tourner la page, oui, comme il le disait si bien. Garder un œil sur ce qui était écrit, mais en oubliant pas de tracer de nouveaux mots. Oui…Apprendre à revivre en construisant sur ce qui s’était écrouler. En utilisant le même bois usé, les même bases détruites de partout. Mais en consolidant. En rajoutant des éléments beaucoup plus solides.
Il fallait faire le futur en partant du passé. C’était ce que l’homme devait apprendre, au cours de sa vie.
La demoiselle serra les mains de Soaric, continuant de sourire inlassablement, et commença tout d’abord par le rassurer :

-Ne t’en fais pas, pour hier. Je sais à quel point tu étais perdu…Et je sais que c’était par un acte ultime d’amour que tu as voulu disparaître. Mais je suis vraiment contente d’avoir été là pour t’empêcher de faire ça, tu sais ? Je suis contente qu’on soit là, aujourd’hui, à parler de notre avenir….Mais faut pas t’attendre à ce qu’il soit normal, surtout ! On est pas un gentil couple calme, toi et moi, hein ? C’est impossible je crois !

Lola éclata à nouveau de rire, se sentant terriblement légère…Et, dans son élan, elle bouscula du coude la tasse, qui se brisa à terre à grand fracas. Elle pesta contre elle, se détachant un instant de Soaric – en prenant cette opportunité pour rouler des hanches – et nettoya le tout en continuant :

-Pour ce qui est de Kira et de tes heum…Non aventures, hé bien je trouve ça chouette que tu me le dises. Donc bah voilà. Je sais pas trop quoi te répondre…Juste que…Ben je t’aime. Ca me semble bien, ça, comme réponse, non ? Pt’êt pas ce à quoi tu t’attendais, remarque. Mais ça me dérange pas, pour Kira. Enfin si, mais comme y’a rien eu après, ça va quoi. Donc voilà, j’ai rien à dire de plus là dessus. Pourquoi je parle encore alors ? Je sais pas. Peut-être pour combler le silence. Ou parce-que j’ai un peu peur de ce que y’aura lorsque j’aurais fini de te parler de notre futur. De comment je le vois, je veux dire. Désolée, hein, je suis bavarde…M’enfin ça tu le sais. Pourquoi tu me regardes comme ça ? Je te fais peur avec mon « ce qu’il y aura lorsque j’aurais fini » ? Ahah ! T’en fais pas ! Ca devrait te plaire. Je crois.

Lola se tut –enfin – regardant avec un énorme sourire l’homme de sa vie. Il devait s’être habitué à son silence, après tout ce temps…Ou à ses remarques acerbes. Plus vraiment à ce qu’elle parle autant. Et vu la tête qu’il faisait, ça devait être un énorme choque. En tous cas, c’était vraiment drôle à voir. Tellement qu’elle faillit partir dans un fou-rire alors qu’elle reprenait, abordant un sujet beaucoup plus sérieux :

-Soaric…Tu te demandes comment faire à partir de maintenant ? Je peux pas te donner de mode d’emploi, tu vois ? Ca viendra, mon cœur…J’en sais rien comment tout va se passer, désormais. Je sais juste qu’on ne doit absolument pas oublier tout ce qu’il s’est passé. Qu’il faut continuer, et pas recommencer, tu comprends ? Après…Après on verra. C’est important. Ne plus refaire les même erreurs.

Elle se pencha sur lui, caressant tendrement sa joue. Puis, comme elle n’y tenait plus, elle s’approcha pour l’embrasser…
Mais se cogna durement à lui, ayant mal visé. Elle se frotta énergiquement le nez, refusant de rire de la situation et marmonna des jurons entre ses dents. Que lui arrivait-elle, aujourd’hui ?! Elle qui voulait le draguer, elle n’allait faire que le repousser !

-Excuse-moi, vraiment ! Tu veux quand-même un bisou pour me faire pardonner ?

L’artisane n’attendit pas sa réponse et lui baisa doucement le nez, avant de tenir avec force son menton entre le sien, par peur de se cogner à nouveau. Elle descendit ensuite vers ses lèvres, l’embrassant passionnément. Et….Visiblement, lui aussi en avait très envie – à cause de la plante, peut-être ? – car il répondit à son baiser avidement, entrouvrant légèrement ses lèvres pour y glisser sa langue sur la sienne…Ce qui fut apparemment une très mauvaise idée. Car juste à ce moment, Lola referma sa bouche, mordant la langue de son amoureux. Elle s’écarta violemment de lui, poussant sa tête contre le lit, la cognant au passage, et se confondit en excuses désastreuses…

-Oh, Soaric ! Pardon ! On dirait vraiment que c’est ma première fois! Je suis terriblement désolée !

Elle s’approcha de lui, ne faisant plus attention où elle mettait ses mains….Et écrasa la partie intime du pauvre garçon, qui n’avait décidément pas de chance aujourd’hui. Cette fois, Lola se mordit les lèvres en entendant son cri de douleur, ne trouvant même plus la force de s’excuser…
Elle se contenta de s’asseoir à ses côtés, frottant ses mains en silence, attendant que le mal de son chéri passe enfin. Elle qui avait espéré un moment intense entre eux….Hé bien, c’était raté !




[HS : Qui a commandé un rp sérieux ? Parce-que je crois que je me suis trompée de commande =D]

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MessageSujet: Re: Autant en emporte le bonheur...[PV Lola]   Jeu 21 Mar - 22:57




Lola, Soaric & une histoire de coeur





-Comment faire ?

Ce n'était qu'un murmure, ponctué d'un doux sourire. Soaric se réveillait à peine et digérait encore le poison, mais quelque chose d'autre se forma au creux de ses entrailles, suite à la tisane de l'Artisane…
Il attendit patiemment qu'elle continue, espérant qu'elle sache où aller, et que faire. Il savoura son étreinte lorsqu'elle serra ses mains, avant de dire doucement :

-Ne t’en fais pas, pour hier. Je sais à quel point tu étais perdu…Et je sais que c’était par un acte ultime d’amour que tu as voulu disparaître. Mais je suis vraiment contente d’avoir été là pour t’empêcher de faire ça, tu sais ? Je suis contente qu’on soit là, aujourd’hui, à parler de notre avenir….Mais faut pas t’attendre à ce qu’il soit normal, surtout ! On est pas un gentil couple calme, toi et moi, hein ? C’est impossible je crois !

Il eut droit à un magnifique fou-rire, qui lui donna plus de baume au cœur que n'importe quel médicament. Oui, ils n'étaient pas calmes…mais ce qu'ils avaient vécu, il ne voulait plus le revivre…pour rien au monde.
Il contemplait Lola sans retenue, ressentant en lui de drôles de picotements, des frissons au contact de ses mains. Mais qui le lâchèrent lorsque la tasse s'écroula au sol. Elle jura même, le faisant faiblement sourire pour la première fois en…huit mois ? Neuf ? bref, et de plus il avait pu admirer ses magnifiques hanches…

-Pour ce qui est de Kira et de tes heum…Non aventures, hé bien je trouve ça chouette que tu me le dises. Donc bah voilà. Je sais pas trop quoi te répondre…Juste que…Ben je t’aime. Ca me semble bien, ça, comme réponse, non ? Pt’êt pas ce à quoi tu t’attendais, remarque. Mais ça me dérange pas, pour Kira. Enfin si, mais comme y’a rien eu après, ça va quoi. Donc voilà, j’ai rien à dire de plus là dessus. Pourquoi je parle encore alors ? Je sais pas. Peut-être pour combler le silence. Ou parce-que j’ai un peu peur de ce que y’aura lorsque j’aurais fini de te parler de notre futur. De comment je le vois, je veux dire. Désolée, hein, je suis bavarde…M’enfin ça tu le sais. Pourquoi tu me regardes comme ça ? Je te fais peur avec mon « ce qu’il y aura lorsque j’aurais fini » ? Ahah ! T’en fais pas ! Ca devrait te plaire. Je crois.


Soaric écarquilla les yeux. Stop !! Trop d'informations ! Son cerveau embrumé avait du mal à faire le tri dans ce flot de paroles, d'autant plus qu'il n'avait plus l'habitude de cette attitude (qu'il préférait tout de même largement à l'ancienne). Mais qu'est-ce qu'il aimait…entendre sa douce voix, sans note cruelle, sans réflexions cinglantes, sans regard courroucé…il retrouvait sa véritable Lola…celle qui faisait battre son cœur…
Elle s'était redressé pour le regardé, et il jura qu'elle se retenait de rire !

Cependant elle embrancha sur un sujet plus sérieux :

-Soaric…Tu te demandes comment faire à partir de maintenant ? Je peux pas te donner de mode d’emploi, tu vois ? Ca viendra, mon cœur…J’en sais rien comment tout va se passer, désormais. Je sais juste qu’on ne doit absolument pas oublier tout ce qu’il s’est passé. Qu’il faut continuer, et pas recommencer, tu comprends ? Après…Après on verra. C’est important. Ne plus refaire les même erreurs.

Son cœur accéléra un peu trop violemment lorsqu'elle s'approcha de lui. Ce ne fût qu'une caresse à sa joue, mais elle fît son effet. Son excitation grandit d'un coup. Parce que oui, il venait de comprendre que ce qu'il ressentait était quelque chose qu'il n'avait plus eu depuis très longtemps. Il avait envie d'elle. Il avait…le désir d'elle. Mais ce n'était pas le moment…pas là. Elle se relevait d'une tentative de viol, de la perte d'un enfant, d'un procès…elle n'allait sûrement pas avoir envie de…

Le visage de Lola contre le sien le sortit de ses pensées. Il n'avait même pas vu qu'elle s'approchait de plus en plus, subjugué par son magnifique regard. Il ne savait guère ce qu'elle avait voulut faire là, mais la collision ne devait pas être au programme !

-Excuse-moi, vraiment ! Tu veux quand-même un bisou pour me faire pardonner ?

Elle était si belle, là, à se morfondre en excuse, le rouge aux joues. Elle était nerveuse, lui aussi. Comme s'ils…se découvraient pour la première fois. Comme s'ils tentaient ce genre d'expérience pour la première fois.
Il ne put répondre qu'un doux baiser fût déposé sur son nez et son menton enfermé entre deux doigts fins qu'il adorait.

Lola était proche, si proche qu'il se noyait à présent. Et, d'un coup, ses lèvres entrèrent en contact avec celles de sa douce. Le baiser était emplit d'une passion qu'il n'avait plus éprouvée depuis neuf mois. Une passion que seule Lola pouvait donner. Son excitation grandit encore un peu, en réclamant d'avantage, et il ouvrit ses lèvres pour chercher la langue de Lola, les entremêler et apprivoiser un peu plus cet instant. Et…elle lui mordit la langue. Bien sûr ce n'était pas volontaire mais il le sentit passer !

Elle s'écarta automatiquement, et il la vit se cogner la tête en s'exclamant :

-Oh, Soaric ! Pardon ! On dirait vraiment que c’est ma première fois! Je suis terriblement désolée !

Il secoua la tête. Ce n'était rien…il avait…connu pire niveau douleur…ou pas.

Et oui jamais deux sans trois. Lola venait de poser sa main sur ce qui faisait de lui un homme. Et elle y avait mis tout son poids. Là, malheureusement, il ne put retenir un cri de douleur. Il crut qu'on les lui avait écrasés comme une coquille d'œuf !
La jeune femme s'était assise de côté, ce tordant les mains, et il mit prêt de cinq minutes à reprendre contenance, faisant passer cette douleur qui partait d'en bas et remontait dans la gorge.

Il respira profondément et tendit les bras pour attirer Lola à lui en la prenant par les hanches. Il lui offrit un sourire en coin et lui murmura :

-Peut-être que c'est réellement, notre Première Fois…

Oui…qui sait ? Peut-être que c'était leur seconde Première Fois, comme la première pierre d'une bâtisse bien plus solide et plus résistante à l'avenir. Il ne put s'empêcher de nicher sa tête dans le cou de Lola, lui embrassant le cou. Il la sentit frissonner autant que lui.

Lentement, il se redressa, faisant basculer Lola qui tomba sur le dos.

-Au moins maintenant tu ne pourras plus te faire mal… Susurra-t-il.

Il avait légèrement peur tout de même. D'un coup, c'était comme s'il ne l'avait réellement jamais fait. Comme s'il découvrait le corps d'une femme. Comme s'il découvrait ce qu'était l'acte. Il laissa son instinct agir et prendre le contrôle. Il s'approcha encore, embrassant Lola avec passion.

Cette fois, pas d'incidents de langues. Le désir grimpait en flèche et ses mains commencèrent à caresser le corps de la jeune femme, tremblantes. L'assurance n'était guère de mise pour le moment…

Mais dès qu'elle commença à faire pareil pour lui, ce fût autre chose. Les vêtements volèrent rapidement dans la pièce, et Soaric s'écarta juste pour apercevoir le corps en entier de sa belle. Il voyait de fines marques dues à Jon, et la cicatrice sur son ventre, liée à la perte de son enfant.
Des marques qui salissaient un corps parfait…

Lui, il portait toujours la bague. Et les cicatrices, de Jon ou non, étaient innombrables. Il se baissa, et embrassa son bas-ventre, remontant lentement, langoureusement, la faisant frémir d'impatience, faisant naître le plaisir chez elle. Qui aurait cru qu'il avait faillit mourir la veille et luttait encore pour éliminer les résidus du poison ? Lola avait du lui donner quelque chose, ce n'était pas possible autrement pour qu'il ressente autant de frissons et d'envie.

Les préludes durèrent facilement cinq à dix minutes, les jeunes gens se redécouvrant l'un et l'autre avec fougue et désir. Sentir les mains de Lola posées sur son torse ou son dos était magnifique, tout comme sentir ses lèvres sur lui.

Il attendit cependant qu'elle lui donne le feu vert pour aller plus loin, ne voulant en aucun cas la brusquer et…il avait peur de ne plus y arriver…de lui faire peur même…

-Je t'aime…Lola… Murmura-t-il, essoufflé.

Et là, il eut le signal. Un simple caresse, un regard, mais qu'il comprit très vite, d'autant plus qu'elle écarta ses jambes. Alors, lentement, très lentement, il s'approcha. Il avait tellement peur d'échouer…il était même crispé, et eut du mal, mais lorsqu'enfin il fût en elle, il lui sourit, gêné, et commença, laissant enfin tout ce plaisir prendre possession de lui.

Les mouvements débutèrent d'abord lentement, puis de plus en plus vite. Déjà ils gémissaient, criaient parfois. Ils se retrouvaient. Et ils allaient tout recommencer. Sans fausse note aussi grave que celles qu'ils avaient traversées.

Au bout d'un moment, elle prit les rênes, et il se laissa juste entraîner, se mordant la lèvre tant le plaisir était intense. Seulement, il la bascula une nouvelle fois pour achever le travail, sentant l'apogée venir. Cependant il se retira avant de se relâcher, et s'écroula à côté de Lola, essoufflé mais déjà bien plus souriant.

Pivotant sur le côté pour regarder Lola, il leva la main pour retirer une mèche de ces cheveux collée à son front, l'admirant.

-Tu es si belle…merci…

Merci de lui avoir donné une seconde chance. Merci de l'avoir sauvé. Merci de l'avoir aidé. Merci de l'aimer à nouveau.
Cette femme représentait tout pour lui. Et il était bien décidé à la rendre enfin réellement heureuse…


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MessageSujet: Re: Autant en emporte le bonheur...[PV Lola]   Lun 1 Avr - 23:41

Au bout d’un moment qui parut à Lola une éternité – faut dire qu’elle avait écrasé Ernest si fort qu’il a du prendre son temps pour recouvrer ses esprits…– Soaric prit une longue inspiration. Il tendit ses bras en direction de sa douce (j’avais écrit ‘sa douche’ au départ…Nettement moins romantique…XD) et elle se précipita vers lui, heureuse qu’il ne lui en veuille pas de trop. Et puis, il pourrait sûrement tester d’une minute à l’autre si ses compétences n’avaient pas légèrement fléchies….Cela suffirait à n’importe quel homme de pardonner !
Il l’agrippa par les hanches, l’approchant doucement contre lui. Puis, avec un joli sourire en coin, il chuchota :

-Peut-être que c'est réellement, notre Première Fois…

Oui, peut-être. Ils se retrouvaient vraiment pour la première fois depuis longtemps. Et ils allaient reconstruire ce qu’ils avaient été ensemble auparavant, en prenant soin de ne plus refaire les même erreurs. C’était une seconde Première fois.
C’était une seconde chance.

Le superbe garçon nicha sa tête dans le cou de son amante, lui déposant un long baiser sur sa peau frissonnante de désir. Ils se sentaient tous les deux fiévreux, d’une fièvre intarissable qui prenait sa source dans leur amour. Et bientôt, les simples bisous échangés ne leur suffisaient plus.
Soaric se redressa, basculant Lola sur le dos, la dévorant du regard. Il lui susurra, l’œil éclairé par la lueur de la passion :

-Au moins maintenant tu ne pourras plus te faire mal…

Et, n’y tenant plus, il se pencha vers elle pour l’embrasser fougueusement (oulalaaa), laissant ses mains parcourir son corps de femme. Elle ne remarqua pas sa légère gêne et, prise dans l’action, glissa à son tour ses doigts sous la chemise de son bien-aimé, sentant son désir grimper en lui.

Cette fois, il n’y eut plus d’incident malencontreux et les vêtements s’entassèrent rapidement sur le sol, les laissant nu sous le regard de l’autre. Lola caressa du regard ses muscles, fronçant légèrement les sourcils. Il portait de nombreuses cicatrices dues à Jon ou peut-être d’autres vils personnages. Elle eut tout juste le temps de se promettre d’essayer d’enlever au moins les plus fines de sa peau car déjà Soaric se penchait sur son bas-ventre, le baisant en progressant lentement vers son visage, faisant naître de plus en plus le désir chez elle. En fait, elle était tellement prise dans cet élan d’amour qu’elle ne remarqua pas la bague autour du cou de son chéri.

Les préliminaires ne durèrent pas tellement longtemps, tant ils étaient impatients l’un et l’autre de ne faire qu’un. Mais le jeune homme prenait une satisfaction folle à la faire languir, la caressant ou l’embrassant sur toutes les parcelles de son corps sans pour autant rentrer en elle. Pourtant, il était clairement évident qu’elle en mourrait d’envie ! (ahah, le petit chenapan !)

-Je t'aime…Lola…

N’y tenant vraiment plus, Lola écarta ses jambes, l’invitant à venir à elle rapidement. Il sembla comprendre le message et s’exécuta timidement, comme s’il avait peur de la décevoir. Ils se sourirent mutuellement, s’encourageant l’un et l’autre. Il ne devait pas craindre quoique ce soit. S’il n’était pas aussi bon qu’autrefois…Il n’aurait cas suivre des entraînements rigoureux ! (futée la fille, hein Very Happy)

Lorsqu’il la pénétra enfin, Lola ne put retenir un soupir de soulagement. Elle n’aurait jamais cru que cela aurait été si simple de faire l’amour avec un être aimé, après toutes les réticences qu’elle avait eues auprès de Jon. Elle était même vraiment étonnée d’y être parvenue sans problème….A part la gêne du départ, il n’y avait rien eu d’ennuyeux.
Cela devait sûrement être du à la confiance qu’elle témoignait désormais en Soaric. Et puis, il lui était évident qu’elle finirait ses jours avec lui, malgré les difficultés qu’ils avaient traversées et qu’ils traverseront encore. Alors bon…autant se débloquer le plus tôt possible !

La demoiselle n’eut pas le temps de réfléchir d’avantage parce-que Soaric accélérait les mouvements, la laissant échapper un gémissement de plaisir. Ils atteignirent le paradis, n’éprouvant plus aucune pudeur.
Au bout d’un moment, Lola prit les reines, s’asseyant sur lui et bougeant au dessus de lui. Elle menait la cadence et vu les cris que tous deux proféraient, cela les contentait pour un mieux.

Seulement le garçon la bascula une nouvelle fois sur le côté, mettant un terme à leur union. Essoufflés, ils restèrent un instant côte à côte, sans un mot, laissant leur esprit leur revenir à eux.
Ils avaient été comblés. Et ils n’avaient jamais été si heureux. Tout leur était clair, à présent. Ils allaient vivre ensemble. Pour toujours. Quoiqu’il advienne.

-Tu es si belle…merci…

Soaric la regarda tendrement, souriant comme seul un homme amoureux peut le faire. Alors la jeune femme, émue, baissa légèrement la tête pour ne pas qu’il voit sa vue s’embuer. Elle se mordit la lèvre, remontant son trouble au fond d’elle, et sourit doucement. Puis elle murmura, sincère :

-Non…Merci à toi.

Car après tout ce qu’elle lui avait fait, il n’avait jamais cessé de l’aimer et de croire au fond de lui, même si parfois ses espoirs étaient bien cachés, que tout pouvait recommencer. Il avait toujours été formidable avec elle et les enfants, et elle avait simplement mis trop de temps à s’en rendre compte. Elle ne devait plus faire la bêtise de passer à côté de lui sans y prêter attention. Il n’était qu’un homme fragile, faisant sans cesse effigie de jouet à la Vie et il méritait d’avoir quelqu’un auprès de lui. Et ce quelqu’un, c’était elle. Si elle ne l’avait pas toujours su, maintenant elle l’avait compris.
Elle ne comptait pas le laisser tomber. Pas cette fois.

Lola s’approcha de lui, l’esprit tranquille, et ouvrit ses bras pour le prendre contre elle. Elle lui chuchota combien elle l’aimait et comme elle avait été stupide. Puis elle s’endormit, éreintée de leur exercice pour le moins…mouvementé.


Quelques semaines passèrent. Soaric et Lola s’étaient totalement retrouvés et ne s’étaient jamais autant bien entendu. Ils ne se disputaient plus ou très peu et souvent pour de simples broutilles qui se résolvaient par un baiser dans le cou ou une petite discussion au calme, loin de ce que ça avait été autrefois.
Lorsqu’ils furent certains qu’ils allaient pouvoir refaire leur vie ainsi, les deux amoureux partir chercher leur enfants, les ramenant pour leur plus grande joie dans leur maison où ils retrouvèrent rapidement leur marque. Hyndian lança un regard courroucé à Soaric, ne voulant toujours pas, même en privé, parler de son comportement au moment où le jeune homme revenait à lui. Lee, quant à lui, fut tellement ravi qu’il sauta au cou de l’archer, l’embrassant sur tout le visage. (absolument tout. Même les lèvres. Ahahah !)

Logan continua d’aller à l’école tandis que Sia apprenait les rudiments de la marche, se dandinant joyeusement d’un bout à l’autre des pièces. Et parfois, il était si silencieux que les parents peinaient à le retrouver facilement…(j’imagine trop la scène de cache-cache que ça doit être XD).
Bref, tout allait pour le mieux. Et c’est sans nul doute que les questions du type « MiniLola » et « Mariage » allaient être reposées très bientôt…Non ?




[J’ai pas voulu aller plus loin pour que tu amorces le truc plus clairement ! Tu peux faire le mariage et moi je m’occupe de la question ‘fifiiiille !’ Et puis on finit le rp ? On en fera un autre avec ton apprentie ? Et puis quand celui-là sera fini, on pourra faire le mariage…Ou bien, s’il n’avance pas, on fait le mariage en parallèle XD]

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MessageSujet: Re: Autant en emporte le bonheur...[PV Lola]   Mar 2 Avr - 19:13




Lola, Soaric & une histoire de coeur




Soaric se sentait plus léger que jamais. Lola était à côté de lui, souriante et surtout magnifique. Elle lui avait redonné son amour, traduit par ce moment magique. Seulement, elle baissa la tête suite à ses paroles. Il ne comprit pas ce qu'elle avait d'un coup…

- -Non…Merci à toi.

Merci, pourquoi ? Il n'avait rien fait…à part la faire souffrir…la pousser dans les bras de Jon, lui donner cette Haine…elle qui aimait rire, courir, jouer à l'enfant, il lui avait fait vivre les pires choses qu'une vie pouvait dresser sur un chemin.
Il ne sut quoi dire et se colla à elle lorsqu'elle s'approcha, bras écartés, profitant de son odeur fruitée et de sa simple présence. Elle lui murmura qu'elle l'aimait et qu'elle avait été stupide alors qu'il sentait le sommeil le gagner. Elle n'avait pas été stupide. Non…loin de là, parce qu'en fait cela n'avait été qu'une sorte d'autoprotection, si on réfléchissait bien. Jon avait tout fait pour se montrer parfait et faire passer Soaric pour un monstre. Lola avait juste voulut se protéger…
Il ne dit plus rien, se disant que c'était clos à présent et qu'il fallait avancer. Tout au fond de lui, une pointe de douleur subsistait, et il savait que c'était elle qui lui rappellerait que ce qui c'était produit ne devait plus jamais ce reproduire. Il s'endormit dans les bras de sa douce, sentant un vent nouveau souffler sur lui.

Ainsi, les semaines s'écoulèrent et le couple se releva, réellement et solidement. Ils n'avaient pas cherché tout de suite les enfants, préférant attendre d'être parfaitement stable. Les disputes étaient rares et étaient dues à des bagatelles, s'achevant sur un baiser de pardon ou un câlin pour s'excuser ou même une discussion calme et raisonnée. Rien d'aussi atroce que ce qu'ils avaient pu faire auparavant. Finalement, ils récupérèrent les petits, ceux-ci leur manquant cruellement.
Soaric avait vu le regard haineux d'Hyndian à ce moment-là, mais l'avait ignoré.

Premièrement parce qu'il ne demandait pas à tout le monde de l'apprécier et deuxièmement parce que Lee lui avait sauté dessus pour l'embrasser partout sur le visage, même la bouche, heureux de le revoir en vie.

Il était passé chez Kira aussi, pour la remercier et lui dire qu'elle serait toujours la bienvenue chez eux et qu'elle ne devait pas hésiter à l'appeler si elle avait besoin d'aide. Elle aussi fût soulagée et contente de le voir en pleine forme.

Soaric veillait comme jamais au bien-être des siens. Logan allait à l'école et souvent il allait le chercher au soir, lui apprenant sur le retour à monter à cheval tout seul. Mais au niveau des devoirs, seule Lola pouvait l'aider, Soaric n'étant pas allé en cours. A part lire, écrire et compter, et encore ce n'était qu'approximatif, ses parents ne lui avaient rien appris. Le petit commençait à marcher et Soaric aimait le voir avancer avec hésitation vers lui. Parfois même Sia s'amusait à se cacher et Lola comme Soaric le cherchait, paniquant immédiatement. Il fallait dire aussi qu'il était très silencieux.
Certes le souvenir du Gouverneur jaillissait parfois quand il regardait longuement Sia dormir, mais Soaric cachait alors sa tristesse soudaine. Sia était son fils, même si son sang ne coulait pas dans l'enfant. Des fois il se demandait s'il ne devrait pas faire un voyage à Zakar pour montrer Sia à Maedren, pour que celui-ci puisse forger quelques souvenirs avec sa progéniture. Il se disait que ce serait aussi une preuve pour Lola qu'il avait tourné la page…mais il n'osait pas. Il avait tellement peur de faire le moindre faux-pas qui pourrait à nouveau tout faire basculer qu'il ne faisait rien. Parce que oui, les faux-pas c'était lui qui les avaient crées. Avec les braconniers, puis avec la lettre et Jon…

Quand il était perdu ainsi dans ses songes en contemplant le bébé, il avait l'idée folle d'écrire une lettre au Gouverneur avec un portrait de son fils. En fait, Soaric culpabilisait d'élever le fils d'un autre, autre qui ne le connaîtrait sans doute jamais et qui l'oublierait avec le temps. Le temps…un jour Sia serait grand. Il demanderait alors à Lola pourquoi il ne ressemblait aucunement à Soaric. Et ils devraient lui dire la vérité. Ca aussi, il avait affreusement peur de sa réaction.

Il secouait alors la tête et chassait tout ça de son esprit, soupirant et sortant de la chambre. Ils passaient beaucoup de temps ensemble, comme pour rattraper le temps perdu. Toute la famille, au complet. Ils se promenaient, tiraient à l'Arc, pique-niquaient… Jamais l'on n'aurait cru qu'ils s'étaient fait autant de mal quelques mois auparavant.

Seulement, avec le temps, et souvent dans la salle de bains, torse nu, il prenait la bague qu'il portait toujours en collier. La bague de fiançailles. L'écriture s'était ternie, tout comme la couleur. Comme si le temps et la douleur avaient fait leurs œuvres. Unique témoin de ce qu'ils avaient vécu. Il la contemplait, et ce disait qu'il était temps de demander Lola en mariage. Une troisième fois. Là encore de nombreux doutes l'assaillaient.

Premièrement, l'on disait toujours "jamais deux sans trois". Alors s'il redemandait, cela signifiait-il qu'une nouvelle catastrophe les guetterait ?

Deuxièmement, après toutes ses souffrances et ses échecs, Lola ne voulait peut-être plus entendre parler de mariage. Peut-être qu'entre lui et ses deux demandes soldées par des séparations, et Jon qui l'avait fait uniquement pour les faire souffrir, elle préférait rester libre de tout vœu sacramentel. Et s'il demandait, elle allait alors être déçue et lui dire qu'il avait tout gâché. Et…il ne le voulait pas.

Troisièmement, il n'avait guère plus d'argent. Jon avait emporté les économies dieu seul savait où et Soaric, ne pouvant plus aller en mission pour invalidité, sa main était toujours capricieuse, il ne gagnait plus autant. Ce qui leur permettait de subvenir à leurs besoins étaient la vente de meubles. En effet, ils s'étaient mis d'accord : lui fabriquait les meubles et Lola les décoraient puis ils les vendaient ensemble. Cela leur donnait de quoi nourrir les enfants et eux-mêmes, ou de ce vêtir et ils avaient encore de quoi faire quelques loisirs et cadeaux aux enfants.

Tout ça amalgamé, les doutes étaient atroces. Donc, il observait Lola. Il observait son attitude, tournait autour du pot pour voir sa réaction et savoir s'il pouvait être sûr qu'elle ne le rejetterait pas. Mais c'était elle qui allait vers lui au contraire. Elle faisait des allusions, avec de grands sourires. Cela effaça un doute.

Alors il chassa les deux autres. L'argent, il se débrouillerait et trouverait de quoi payer une cérémonie digne de Lola. Il ne voulait pas qu'elle regrette d'être restée avec lui plutôt que le Gouverneur à cause d'une question d'argent. Donc un jour, il était partit faire les courses tranquillement, et c'était arrêté devant les marchands de bijoux.

Il n'allait pas offrir une troisième fois la bague qu'il portait en collier, non. Il avait pris un peu d'argent, et ce limitait. Il ne voulait ni de la camelote, ni un truc exorbitant. Quelque chose qui correspondait à Lola. Il hésita longuement, et finalement son choix ce porta sur une bague sertie de pierres précieuses, dans les tons violets qui se dégradait tout au long de l'anneau. La payant et rangeant la boîte dans son pantalon, il profita du chemin du retour pour chercher ses mots. Il allait le faire tout de suite, sans attendre.

En arrivant près de la maison, il vit Lola assise sur le banc, Logan jouant plus loin. Sia devait dormir. Elle était si belle, même de loin…

Approchant, il mit le cheval dans l'écurie et rangea les courses, sans un mot. En fait, il était paniqué et nerveux à souhait.

En ressortant, il s'assit à côté d'elle et l'embrassa longuement.

-Tu m'as manqué ma puce…

Pour les deux heures ou il avait été absent, oui oui elle lui avait manqué. Inspirant un grand coup, il poursuivit :

-Lola…tu sais, comme tu me l'avais dit, toi et moi, on en a vécu des choses…affreuses, malheureusement. Mais malgré tout ça, tu es celle que j'ai toujours attendue. Tu es celle qui m'a ouvert son cœur et celle qui m'a montré le positif de la vie, hormis mon Maître. Tu es la seule pour qui je suis prêt à mourir. Tu es la seule à m'avoir laissé une chance d'être quelqu'un…de bien.

Il déglutit et continua, la regardant droit dans les yeux :

-Je sais que… je ne suis pas le plus parfait des hommes, que tu mériterais mieux que moi. Je sais que je ne suis pas non plus le plus innocent, je sais que j'ai trop de morts sur ma conscience… Et tout ce que j'ai fait, je l'ai fait pour toi. Je sais que je ne suis pas le plus savant, le plus riche ou le plus noble des hommes mais…je veux te donner tout ce que j'ai. Te donner ce qui me constitue que ce soit matériel ou pas.

Là, il mit un genou à terre, pivotant pour lui faire face, sortant la boîte et l'ouvrant au fil de ses paroles :

-Je veux t'offrir mon cœur Lola. Pour de bon. Il t'a toujours appartenu mais je voudrais rendre ce fait véritable. Alors…veux-tu…veux-tu m'épouser, Lola ?

Il se mordit la lèvre, tentant de masquer les tremblements qui agitaient ses mains tendues vers Lola qui semblait émue. Il attendit une réponse, priant pour qu'il n'ait pas mal interprété les signes de sa douce. Espérant qu'il ne se soit pas encore une fois trompé.


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