Le Royaume de Jakar

Assassin, Ombre, Artisan, Sage...Qui choisirez-vous pour mener à bien votre mission ? Sauvez le Royaume ou mettez le à feu et à sang !
 
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 Une taupe dans les rangs [pv Lewis]

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Lewis Elensar
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MessageSujet: Re: Une taupe dans les rangs [pv Lewis]   Sam 4 Aoû - 15:55



La princesse est en danger alors POWER LEWIS arrive! Pampamdadoum




TOC TOC TOC !

Putain qui peut bien venir toquer à ma porte à cette heure-ci ? Oh et puis zut, il attendra… Je me rendormis tranquillement.

BOUM BOUM BOUM !

« Melley, t’es réveillé ? Tu veux pas aller ouvrir ? » grommelai-je

Pas de réponse et les coups qui continuent. Je me redresse et voit que ma « princesse » n’est pas à côté de moi. Elle est peut-être en bas. Mais alors pourquoi ne va-t-elle pas ouvrir ? Elle a sûrement peur de tomber sur son père… J’attrape un jean, chassant les doutes de mon esprit encore ensommeillé. Elle devait être dans la cuisine en train de préparer le petit déjeuner. Les souvenirs de hier affluaient rapidement et je souris en enfilant mon pantalon. Je descendis, torse nue, la flemme d’aller chercher une chemise dans mon dressing. J’annonçais à Melley que j’allais voir qui c’était mais n’entendis toujours pas de réponse. Et surtout toute la maison était silencieuse. Elle était peut être sortie dans le camp après tout…
J’ouvris la porte et tombais nez à nez avec Kem.

« -Bonjour Lewis… Désolé de te réveiller mais je viens voir ma fille. dit-il
-Euh, bah justement, je suis pas sûr qu’elle soit là. Elle a dû aller acheter à manger pendant que je dormais.
-Je vois que tu accomplis ta mission avec beaucoup de sérieux. Non, où elle est ici ou alors elle est en dehors du camp parce que je ne l’ai pas vu et pourtant je suis dehors depuis longtemps.
-Entrez, je vais aller vérifier. »

Je me mis à hurler son nom en parcourant la maison de long en large. Où avait-elle bien pu aller ? Tout à coup la réponse s’imposa dans mon esprit. Je jurais.

« T’as quand même pas fais ça princesse. » murmurai-je pour moi-même

Je courus jusqu’à la porte de derrière et découvrit qu’elle n’était pas fermer à clé alors que je prenais toujours le soin de la verrouiller. Je revins vers le grand chef, la tête basse.

« -On a un problème, un gros problème. dis-je
-…
-Il y a quelques jours, alors que je me promenais dans la forêt j’ai trouvé votre fille en train de se battre contre des Ombres. Je l’ai aidé à les tuer mais elle était drôlement amochée, elle ne sait pas battue dans une taverne. Elle a préféré ne rien vous dire pour que vous ne vous inquiétez pas plus que vous ne l’êtes déjà. Elle a dut y retourner pour faire disparaître les cadavres des ennemis ou un truc dans le genre.
-…
-Je pense que maintenant il y a d’autres ombres qui l’attendent. Laissez-moi y aller en premier, je vais faire diversion et après vous pourrez entrer en scène. Ça sera mieux comme ça.
-C’est d’accord. Où sont les cadavres. »

Personne n’aurait pu savoir que je mentais… Je lui donnais toutes les informations qu’il fallait, je finis de m’habiller puis je filais en direction de la clairière. Je n’arrivais pas à croire que Melley y soit allé malgré le danger. Elis devait sûrement l’attendre là-bas, j’en étais sûr. Et maintenant il connaissait tous ses points faibles.
Bientôt j’arrivais à la clairière et oui, il était là. Je l’entendis dire des conneries à ma princesse disant que je n’avais fait que mentir depuis le début. Je sortis de l’ombre, capuche sur la tête et m’approchai de l’homme. Je me tins droit et immobile à ses côtés, souffrant de voir Melley croire que je l’avais trahi. Je me laissais faire quand Elis m’attrapa et me frappa, les assassins étaient arrivés juste à ce moment. Je m’écartais quand il me lâcha et regardai la jeune femme s’agenouillait devant lui. Là, ce fut trop. Je me rapprochais, envoyé balader la main qui tenait son visage.

« Relève-toi princesse. » dis-je

Elis rit alors qu’elle m’obéissait. Je voyais les assassins prêts à attaquer. Il fallait juste que j’arrive à attirer vraiment son attention. Il sortit un poignard et leva le bras. J’étais armé moi aussi, une énorme épée dorée.

« -Voyons Lewis, ne fait pas l’imbécile. dit-il
-Si tu l’as touche encore une fois tu vas le regretter. »

J’avais attrapé son poignet pour éviter qu’il ne me blesse moi ou Melley. Ce fut à ce moment-là que Kem et les autres passèrent à l’action, profitant que je le tienne. Mais il réussit à me faire lâcher prise me plantant réussissant à passer ma garde et me plantant un autre poignard dans mon épaule qui était encore en train de cicatriser. Puis il disparut dans les arbres alors que mes collègues partaient à sa poursuite. Je savais qu’ils n’arriveraient pas le rattraper.
Je me retournai vers Melley la prenant dans mes bras.

« Ne crois jamais ce que dit un Ombre, ce ne sont que de sales menteurs. Tout ce qu’il a raconté et complètement faux. J’espère que tu me crois… » murmurai-je

Je sentais mon épaule m’élançait et voyait une grande tâche rouge s’étendre sur ma cape immaculée.

« Pourquoi tu es revenue ? Tu savais très bien que c’était dangereux, tu m’as fait une de ses peurs ! T’as intérêt à plus jamais recommencer ! » dis-je






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Melley
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MessageSujet: Re: Une taupe dans les rangs [pv Lewis]   Sam 4 Aoû - 16:46

Melley était littéralement pétrifiée. Elle voyait ses yeux scintiller sous la capuche. Elis la tenait toujours au menton et elle tremblait. Elle avait si peur qu'elle sentait les larmes revenir. Elle avait l'impression d'être revenue dans l'un de ses cauchemars…sauf que c'en était pas un…
Il s'apprêtait à dire quelque chose lorsqu'une main le frappa, le faisant lâcher le visage de la jeune femme qui se remit à respirer par saccades.

Levant les yeux, elle vit que c'était Lewis.


-Relève-toi princesse.

Elle obéit machinalement alors que l'Ombre riait, lui glaçant le sang. Franchement, pathétique de la part d'un Assassin. Et pire encore de la part de la fille du Seigneur…mais elle n'y pouvait rien au fond. Elis était parvenu à s'infiltrer en elle et la terroriser. Elle observa les deux hommes, armes au clair. Elle ne voulait pas que Lewis soit blessé. Parce que…elle ne voulait pas croire qu'il l'avait trahie. Qu'il avait pu lui faire ça après tout ce qu'il lui avait dit.

Elle vit comme dans un songe ce qu'il se passa. Lewis qui tenait Elis. Elis qui trouvait une faille et enfonçait le poignard dans l'épaule de l'Assassin. Les Assassins qui débarquaient de partout, son père en tête.
Elis réussit à s'échapper, les autres le poursuivant. Mais Melley savait qu'ils ne l'auraient pas. Et qu'il reviendrait la hanter.
Lewis se tourna et s'approcha d'elle, la serrant dans ses bras. Elle avait envie de pleurer.


-Ne crois jamais ce que dit un Ombre, ce ne sont que de sales menteurs. Tout ce qu’il a raconté et complètement faux. J’espère que tu me crois…

Il avait murmuré, comme une prière. Elle ne répondit rien mais vit la tâche rouge sur son armure. L'épaule ! Il devait avoir mal ! Elle devait le soigner ! Se faire pardonner de l'avoir entraîné là…elle se maudit. Elle était idiote.

Kem apparut près d'eux alors que Lewis disait :


-Pourquoi tu es revenue ? Tu savais très bien que c’était dangereux, tu m’as fait une de ses peurs ! T’as intérêt à plus jamais recommencer !

Elle baissa la tête.

-Nous nous expliquerons plus tard. Rentrons au Camp, ton épaule à besoin de soin.

Kem n'avait aucune nuance dans la voix. Il s'exprimait en Assassin, tout simplement. Ils rentrèrent donc, Kem aidant Lewis à marcher. Melley aurait bien voulu, mais elle restait en arrière, les suivant comme une automate après avoir repris ses armes. C'était la première fois qu'elle avait tant de remords après une action. Elle avait mis la vie de Lewis, de Kem et d'autres Assassins en danger pour quoi ? Rien. Pour une curiosité à abreuver. Ils arrivèrent rapidement et Kem déposa Lewis chez l'Artisan, comme Melley quelques jours plus tôt. Elle l'entendit dire :

-Tu restes ici jusqu'à ce qu'il te dise que c'est bon. Moi, je vais m'expliquer avec ma fille.

Elle garda la tête baissée alors que Kem arrivait et l'entraînait sans ménagement à sa suite. Il était énervé elle le sentait bien. Les rares fois ou elle l'avait mis en colère, elle s'était juré de ne plus le faire. Ses colères étaient terribles, et fille ou pas, elles restaient les mêmes. Entrant dans la demeure Seigneuriale, il renvoya Zokeï et Kaytlin qui partirent sans comprendre.

Melley se découvrit, comme le protocole l'exigeait, alors que lui s'installait sur son trône, un air las peint sur son visage
.

-Melley…tu m'as désobéi.

Elle ne dit rien.

-Crois-tu que j'ai cru une seule seconde à ton histoire de beuverie ? Je savais très bien qu'il y avait quelque chose d'autre. Je te connais ! Je pensais que cela allait te remettre les idées en place, de rester confinée. Je pensais que tu allais te souvenir que je suis aussi ton Seigneur et que tu dois m'informer des choses qui se passent en-dehors du Camp ! Au lieu de cela, tu te jettes dans la gueule du loup. Lewis a eu de la chance de n'être blessé qu'à l'épaule.

Il haussait le ton par instant et Melley regardait toujours le sol, comme si c'était la chose la plus passionnante au monde. En fait, elle revoyait encore les yeux, sentait encore ses doigts sur son visage, entendait son rire grincer…
Kem continua, adoucissant la voix :


-Tu es ma fille. Je ne veux pas qu'il t'arrive quelque chose parce que tu n'en fais qu'à ta tête. Tu es tout ce qu'il me reste Melley. Alors maintenant, tu m'écoutes. Tu resteras avec Lewis. Tu ne sortiras pas du Camp tant que nous ne serons pas sûrs qu'Elis soit loin. J'enverrais des patrouilles. Ils ratisseront le Bois dans ces moindres recoins.

Puis elle l'entendit se lever et, soudain il était là, la serrant dans ses bras, la réconfortant. Les larmes étaient trop près. Mais elle les retenait. Kem ne savait pas ce que représentait Elis pour elle. L'effet qu'il lui faisait. Alors elle ne pleurerait qu'une fois chez Lewis, seule. Sans qu'il le voie non plus. Il devait souffrir avec son épaule par sa faute, elle n'allait pas rajouter alors que tout était sa faute.

-Maintenant va le rejoindre. L'Artisan a du l'envoyer chez lui. Va le soigner.

Elle acquiesça, remit sa capuche et sortit. Elle se hâta d'aller chez Lewis et le trouva assis sur le canapé, torse nu, un bandage autour de l'épaule. Elle n'osait même pas aller se mettre près de lui. C'était de sa faute s'il avait ce bandage. De sa faute si maintenant elle doutait. Mais non. Elis mentait. Comme tout bon Ombre. Lewis ne ferait pas ça. Et il ne l'aurait pas aidée une fois de plus si c'avait été vrai. C'était lui qui avait prévenu Kem, à tous les coups. Il se mettait donc en danger, risquant d'être découvert, pour l'aider. Alors, pourquoi prendre tous ses risques si Elis avait dit vrai ?

Lentement, gênée, elle s'assit sur le fauteuil en face de lui. Retirant la capuche, elle baissa les yeux, évitant son regard, et déclara :


-Je suis désolée…pardonne-moi…je…je voulais pas que tu sois blessé…je voulais pas tout ça…je voulais pas que tu te mettes en danger avec mon père…je suis une idiote…

Elle ferma et rouvrit les yeux, empêchant encore les larmes et termina :

-As-tu besoin de quelque chose pour ton épaule ? Dis moi ce que je peux faire pour que tu ailles mieux…je t'en prie…

Il ne répondit pas, semblant réfléchir. Alors elle s'excusa, disant qu'elle allait juste aux petits coins, pour qu'il ait le temps de chercher une réponse et elle se leva. Elle courut presque jusque dans la pièce, referma la porte et là, tout lâcha.

Elle pleura comme jamais, évacuant la peur et la panique, la culpabilité, et tout le reste. Et elle avait même envie de vomir. Elle pleura en silence, pour que Lewis ne la remarque pas, ne l'entende pas. Il fallait qu'elle soit forte, qu'elle refasse les barrières, qu'elle l'aide à se rétablir. S'il voulait encore d'elle. Elle s'en voulait tellement d'avoir causé sa blessure !
Elle se promit, entre deux sanglots, que s'il acceptait encore sa présence, elle serait aux petits soins avec lui. Elle lui mijoterait de petits plats, avec le peu de talent culinaire qu'elle possédait, veillerait sur son sommeil –toute façon elle n'arriverait de nouveau plus à dormir avec tout ça- changerait son bandage, lui faciliterait la vie.

Il fallait qu'elle se calme au plus vite avant que Lewis ne se pose des questions. Elle ne voulait pas qu'il la voie ainsi. Elle ne voulait pas qu'il s'inquiète pour elle alors que c'était lui qui était blessé et souffrait.


Ravalant un énième sanglot, elle serra les poings à s'en blanchir les phalanges et se calma doucement. Mais trop lentement. Elle sursauta. Elle avait cru entendre du bruit…

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MessageSujet: Re: Une taupe dans les rangs [pv Lewis]   Dim 5 Aoû - 18:24



Tom



Melley avait l’air de beaucoup s’en vouloir. Trop même. Malgré qu’elle pleure le plus discrètement possible, dès que je mettais approcher de la porte, je l’avais entendis renifler. J’entrais ouvrant lentement la porte, je la vis, dans tous ses états. Je m’approchai et la pris dans mes bras avec un petit sourire.

« Princesse, faut pas que tu pleures. J’étais sûr que ton père me croirait. Et puis c’est bon, j’ai rien de grave, pas la peine de rester bloqué sur cet évènement. En plus pleurer, ça mets pas vraiment ton visage en valeur. » dis-je

Puis je la soulevai, elle n’allait pas rester toute sa vie dans un placard à ballet non ? Je l’emmenais dans le salon la déposait dans le canapé, poussant ma chemise et ma cape. Cape qu’il faudrait que j’essaie de nettoyer un peu parce qu’elle m’avait coûté la peau du cul et je refusais de devoir la jetais sans rien faire. On ne peut pas dire que porter Melley soit la meilleure idée que j’ai eue de ma vie alors que mon épaule était blessée mais je ne laissai rien paraître. Elle s’en voulait déjà assez comme ça. Je jetai tout de même un coin d’œil à mon bandage. L’artisan avait fait du bon travail mais il m’avait menacé de s’en prendre à mon autre épaule si je revenais encore blessé à celle-ci.
Je restai debout en face d’elle, parce que je voyais qu’elle s’en voulait encore. Alors je me penchai vers elle et je l’embrassai doucement.

« Arrêtes de faire cette tête Melley. Je ne t’en veux pas. » dis-je

Et pourtant j’aurais pu, à cause d’elle maintenant Elis savait très bien que je l’avais trahi et que c’était moi qui avais tué les autres Ombres. Il allait falloir que je reste dans le camp un long moment et que j’essaie de me faire oublier. Si c’est possible… Mais ce n’était pas grave, parce qu’au moins j’avais retrouvé Melley et qu’elle n’avait rien du tout. Et puis après tout, elle avait voulu suivre Elis pour me sauver alors, je n’allais pas lui faire la tête juste parce qu’elle avait fait preuve d’un peu d’imprudence. Un peu beaucoup. Mais peu importe.
J’allai rapidement enfiler un vieux tee-shirt et un sweet. Quand je retournai en bas, je vis que Melley n’avait pas bouger d’un pouce. Je m’assis à côté d’elle et la pris dans mes bras une nouvelle fois, l’attirant à moi. A ce moment-là on toqua à la porte. J’allais ouvrir et me retrouvai face à un assassin qui m’annonça que Kem voulait me voir. Mince alors, qu’est-ce que j’avais encore fait ? Ce n’était pas bon ça, pas bon du tout. J’y allais quand même, parce que sinon j’allais avoir encore plus de problèmes.
Une fois là-bas, je découvris que le grand chef ne voulait que quelques détails sur l’affaire des cinq Ombres. S’ils avaient dit quelque chose de spécial, s’ils avaient des informations sur eux. Pour une fois je dis la vérité et je n’eus rien à inventer. Ensuite, ça se corsa un peu…

« -Alors comme ça c’est vous que ma fille a choisie. dit-il
-Oui, à priori.
-Je te fais confiance pour la protéger Lewis, tu m’as bien montré que tu en étais capable. Mais ce que j’ai entendue dire à l’auberge de me rassure guère. J’espère que tu ne comptes pas tromper ma fille.
-Non, je ne ferais jamais ça à la fille que j’aime. C’est sérieux avec elle alors que les autres n’étaient qui simple distraction.
-Bien, tu peux y aller. »

Je sortis avec un petit sourire, finalement il n’y avait pas lieu de s’inquiéter. Je rentrais à la maison tranquillement et au moment où j’allais entrer, Tom apparut. Il me sauta presque dessus, me poussant à l’intérieur. Melley arriva en nous entendant.

« -Doucement mec. m’écria-je
-T’as fait la paix avec ce con de Théo ? me demanda l’aubergiste
-Bien sûr que non, tu sais très bien qu’on peut pas s’encadrer tous les deux ! Pourquoi ?
-Parce que hier soir il m’a demandé si tu pouvais bien l’accompagner en mission.
-Il devait avoir trop bu. Je croyais que tu savais voir ceux qui étaient complètement bourrés.
-Je voulais simplement vérifié, de ta part, on peut s’attendre à tout.
-C’est vrai et puis de toute façon je peux pas sortir parce que…
-Parce que ?
-…
-Parce que les Ombres te recherchent. »

Je m’étais détourné de Tom, mais mon regard revint vers lui. J’étais surpris. Il savait ? Mais c’était quoi ce traquenard ? Je me tournai vers Melley pour voir si c’était elle qui lui avait dit mais elle avait l’air tout aussi horrifiée que moi.

« -Lewis, je te connais depuis que tu es apprentis et tu viens souvent te bourré la gueule à mon bar. Un jour, tu m’as tout raconté jusqu’à la visite des Ombres. La suite a été facile à deviner. Tu me prends vraiment pour un con ou quoi ?
-Promets de ne plus jamais me laisser boire un verre.
-Si je fais ça tu vas me tabasser alors non. Tu te démerdes tout seul.
-Et tu m’as rien dis-toi ?
-Bah non, tu m’as pas demandé…
-…
-Fais pas cette tête, ça fait des années que je le sais et t’es toujours pas découvert. En tout cas tous les deux, bouger pas du camp, sinon vous allez vous faire effacer de la population par vos copains ténébreux.
-Merci, on était au courant.
-…
-…
-Bon, j’y retourne. Je vous tiens au courant si y a des rumeurs sur vos copains.
-C’est pas nos copains. Et tu lâches rien.
-Ennemi, copain, c’est presque la même chose. Mais non je lâche rien, tu me connais.
-Justement…
-C’est toi le salaud, pas moi.
-C’est bon, dégages maintenant. »

Ennemi et copain, la même chose. Il déglinguait le Tom ou quoi ? Et puis il nous avait encore sortit ses phrases bizarres. Effacer de la population… Pff ! En tout cas je savais que je pouvais lui faire confiance. Je m’approchai de Melley et lâchai un gros soupire. Par une fenêtre, je vis s’éloigner mon ami, dans toute sa grandeur rigide et sombre, passant une main dans ses cheveux noirs. Il devait en savoir plus que je ne le pensais.

« Pour ton père, c’est juste qu’il voulait vérifier que j’étais un bon petit ami. » dis-je

Puis j’allais m’affaler sur le canapé avec autant de grâce qu’une baleine et je m’allongeai de tout mon long, fermant les yeux. Trop d’émotions d’un coup, tue l’émotion. J’entendis ma princesse s’approchait et je tendis un bras dans la direction du bruit. J’espérai qu’elle ne s’en voulait plus parce que sinon je ne saurais plus quoi faire.









Dernière édition par Spring le Lun 6 Aoû - 14:07, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Une taupe dans les rangs [pv Lewis]   Dim 5 Aoû - 19:26

[j'espère que cela te plaît !]


Lentement, la porte s'entrouvrit sur Lewis. Elle tenta de se camoufler, qu'il ne voie rien, mais…peine perdue. Il était loin d'être idiot, lui, et ses yeux rouges prouvaient assez qu'elle avait pleuré. Il s'approcha et la prit dans ses bras en disant :

- Princesse, faut pas que tu pleures. J’étais sûr que ton père me croirait. Et puis c’est bon, j’ai rien de grave, pas la peine de rester bloqué sur cet évènement. En plus pleurer, ça mets pas vraiment ton visage en valeur.

Il ne semblait pas la rejeter. Mais même. A cause d'elle il risquait encore plus d'être découvert…à cause d'elle Elis était au courant de la trahison. A cause d'elle son père allait se méfier…
Mais il fallait qu'elle se montre brave et digne. Qu'elle arrête de pleurer ainsi comme une fillette. Toujours dans les bras de Lewis, elle éloigna les sanglots, mais la culpabilité était toujours trop présente en elle.
Elle voulut lui expliquer, s'expliquer plutôt mais il la souleva d'un coup et la porta, comme si elle ne pesait rien. Mais…son épaule ! Elle ne voulait pas ! Elle pouvait marcher ! Elle se mordit la lèvre mais déjà il descendait et la posait sur le canapé, lui-même restant debout en face d'elle.

Elle ne bougea pas. Il avait mal elle en était sûre. La porter n'était pas bon pour sa blessure ! Si elle s'infectait, et si on devait lui couper le bras, par sa faute ?! Elle s'en voudrait à vie. Il se pencha et l'embrassa longuement, mais elle ne répondit pas entièrement à son baiser.


- Arrêtes de faire cette tête Melley. Je ne t’en veux pas.

Il ne lui en voulait pas ? Mais il devrait. Il devrait la maudire et la traiter de tous les noms. Il devrait l'engueuler comme jamais, lui faire comprendre qu'elle était irresponsable, qu'elle avait failli causer la mort des siens, pour une bête histoire de curiosité…Il devrait lui en vouloir. En plus, elle remarqua qu'il l'avait appelée par son prénom et non par "princesse". Cela signifiait-il quelque chose ? Cela voulait-il dire que, justement, malgré ses paroles, il lui en voulait ?

Il se leva souplement et s'éloigna. Elle ne tourna pas la tête, ne bougea pas. Le matin, en s'en allant, elle n'avait pas pensé que cela causerait autant de dégâts. Mais bon, elle ne s'attendait pas à croiser Elis non plus. Rien qu'en y songeant elle tremblait. Donc même si Lewis ne lui en voulait pas, elle s'en voulait. Elle devrait même se baffer pour remettre les pieds sur terre et ne plus faire d'imbécilités pareilles.

Lewis revint alors qu'elle s'insultait intérieurement, vêtu d'un haut cette fois. Se rasseyant, il la prit dans ses bras et elle ne put s'empêcher de mettre sa tête sur son torse, faisant bien attention à ne pas s'approcher de son épaule et donc de ne pas lui faire mal. Il ne lui en voulait pas…ou si et il ne montrait rien. Mais elle le soignerait, le bichonnerait et l'écouterait, lui obéirait.


Les coups retentirent sur cette pensée. De petits coups à la porte. Elle se redressa et laissa Lewis ouvrir. Il était convoqué par son père…voilà. Melley paniqua alors qu'il sortait. Kem avait réfléchi, avait assemblé les pièces du puzzle, et avait compris que Lewis était une taupe. Il le convoquait pour lui annoncer sa trahison, sa mise à mort, tout comme celle de Melley, qui l'avait couvert…elle se vit déjà sur l'estrade, agenouillée, son père à côté, avec l'épée prête à les décapiter. Son sang se glaça, ses mains tremblèrent et elle se frappa avec toutes les forces qu'elle avait. Elle eut la joue en feu, mais heureusement, avec les bleus qui restaient encore de l'autre jour, Lewis ne verrait rien.

D'ailleurs elle se releva en sursaut lorsque la porte s'ouvrit brusquement et que Lewis entra presque en courant, un homme sur ses talons, qu'elle reconnut comme étant l'aubergiste.
Elle ne suivit pas grand-chose à leur histoire de mission et d'ivresse, mais son cœur rata un battement lorsque l'aubergiste annonça :


-Parce que les Ombres te recherchent.

Elle écarquilla les yeux. Comment savait-il ? Qui le lui avait dit ? Lewis se tourna vers elle, comme s'il pensait qu'elle avait vendu la mèche. Mais non ! Quand ? Il ne l'avait pas quittée ! Son escapade était encore différente…
Tom, l'aubergiste donc, expliqua que c'était nul autre que Lewis qui avait parlé, un soir où il était ivre mort à l'auberge. Il n'avait jamais rien dit, et continuerait à garder le secret, tout en les prévenant si jamais il se passait quelque chose avec les Ombres. Sinon, ils seraient "effacés de la population"… Melley n'avait pas bien compris sa phrase mais le regarda s'éloigner lentement. Lewis soupira même de soulagement. Elle aussi l'était. Il ne manquait plus que ça…
Puis elle l'interrogea du regard et il répondit :


-Pour ton père, c’est juste qu’il voulait vérifier que j’étais un bon petit ami.

Melley sourit faiblement. Kem était un papa protecteur quand il s'y mettait. Elle ne voulait juste pas qu'il effraie Lewis avec des discours du style : "s'il lui arrive quoique ce soit, tu auras affaire à moi." Quoique, ce n'était pas le genre de Kem.

Elle regarda Lewis se jeter sur le canapé, s'allongeant et fermant les yeux. Elle s'approcha dudit canapé, pour être là s'il réclamait quelque chose, et il tendit la main vers elle. Elle la prit et la serra, s'asseyant au bord du canapé, lui laissant la place de rester allongé confortablement. Elle regardait le sol, mêlant ses doigts à ceux de Lewis. Il fallait qu'elle s'explique…


-Je m'excuse pour ce matin…mais j'avais envie de…comment dire de…voir la scène. De vérifier que rien n'avait bougé. Que les Ombres n'avaient pas été découverts. Ma curiosité à toujours été plus forte et…enfin…je n'ai pas voulu te prévenir, je m'en excuse. Mais j'ai ressenti le besoin d'y aller. Je savais que c'était risqué, mais je n'ai pas imaginé que…enfin qu'il serait là-bas…

Il avait toujours les yeux fermés, mais elle continuait à parler.

-Je n'avais pas imaginé ce qu'il se passerait, je mettais dit que je rentrerais même avant que tu n'es remarqué mon absence…tu as le droit de m'en vouloir. Tu as le droit de m'engueuler. Et…j'obéirais à tout ce que tu me demanderas. Alors…dis-moi si tu as besoin de quoique ce soit. Dis-moi ce que je peux faire pour que tu ailles mieux.

Elle caressa machinalement la main du jeune homme, regardant la cheminée et les armes accrochées au dessus. Puis elle tomba sur sa cape, imbibée de sang, posée près d'un fauteuil. Lâchant Lewis, elle se releva doucement, la prit entre ses doigts, admira le soyeux du tissu. Elle n'imaginait pas le prix d'une cape pareille. Laissant Lewis dormir, reprendre des forces, elle s'éloigna et retourna dans la salle de bains. Pas qu'elle aimait y passer sa vie, mais c'était le meilleur endroit pour enlever la tâche. Combien de fois avait-elle lavé ses propres habits, tachés de sang, que ce soit le sien ou celui de ses adversaires ? Elle savait donc comment rendre la cape blanche à nouveau.

Prenant une bassine, elle la remplie d'eau tiède, s'agenouilla avec un pin de savon et une grosse serviette et enfouit le vêtement dans l'eau. Elle frotta le sang, essorant de temps en temps et continua sans relâche, absorbée par ce qui était pour elle sa nouvelle mission. Pour se faire pardonner, elle ferait tout et n'importe quoi. Elle serait à son service. Elle ricana en silence. Elle pensait cela, elle qui avait toujours soutenu qu'elle ne serait l'esclave de personne. Mais c'était différent, une nouvelle fois.

Elle continua pendant quelques minutes, souriant de plus en plus franchement en voyant la tache se résorber. Elle prévoyait déjà la suite de l'après-midi. Elle préparerait un bon repas, si elle y arrivait évidemment, changerait le bandage de Lewis, nettoierait le peu de saleté qu'il y avait. En fait, elle voulait occuper ses mains. Ne pas rester inactive. Se faire pardonner. Lewis devait super bien dormir en bas. Sinon, il serait déjà venu voir ce qu'elle faisait, elle en était persuadée. Essorant une dernière fois la cape, elle l'accrocha dans la douche, sur la paroi, pour qu'elle sèche. Il n'y avait plus de trace de sang, comme si l'événement était effacé. Alors qu'il ne l'était pas.

Ressortant sans faire de bruit pour ne pas le réveiller, elle alla dans la chambre et commença à faire le lit. S'occuper les mains, seul but de ce qu'elle faisait. Elle était heureuse d'être Assassin. Sa discrétion était utile là, pour travailler sans que le jeune homme l'entende. Elle souriait légèrement. Elle ne s'était jamais vue en train de faire un lit ainsi…en même temps, le sien, elle ne le faisait pas souvent, puisqu'elle n'était pas toujours à la maison, mais plus sur les routes, en mission ou en simple voyage…mais là, elle resterait au Camp un sacré bout de temps. Cette fois, les escapades étaient bannies. Lewis y veillerait au grain, quitte à changer la serrure, fermer à clé et la garder dans un lieu inconnu d'elle, son père mettrait des Assassin en surveillance dès qu'elle sortirait de la maison et l'informerait de tous ses déplacements…

Une fois le lit fait, elle vit une commode qu'elle n'avait pas explorée. Au moins, dans la maison, sa curiosité pouvait prendre le dessus sans que quiconque soit blessé. Du moins l'espérait-elle. Ouvrant un tiroir, elle tomba sur une photo. Une photo d'un homme, qui ressemblait à Lewis. La prenant entre ses mains, elle parcourut le visage avec son doigt. C'était une réplique de Lewis en plus vieux. Son père…elle écarquilla les yeux et reposa la photo, refermant le tiroir en silence. C'était la vie privée de Lewis. Même s'il lui avait raconté un passage, elle ne devait pas violer son intimité. Et l'amour qu'il portait à son père lui appartenait. Elle n'avait rien à faire là-dedans. Heureusement, elle avait adossé la porte. Même s'il était devant, il n'avait sans doute rien vu. C'est ce qu'elle espérait. Ouvrant le second tiroir, elle tomba sur des lettres.

Vraiment, sa curiosité la perdra. Elle en prit une et lut. C'était une écriture féminine. Une lettre tendre, d'amour. C'était signé, Céleste. Qui était-ce ? Une autre de ses amours ? Ce ne pouvait pas être une simple conquête. C'était bien plus. Et la, le ton était désespéré en même temps qu'amoureux.

"Ils m'ont retrouvée. C'est sans doute la dernière fois que je t'écris mon cœur. Je t'aime…ne m'oublie pas. Moi je ne t'oublierais pas. Jamais."

Des phrases si douces. Qui "ils" ? Les Ombres ? Melley reposa la lettre et referma le tiroir de peur que Lewis la surprenne. C'était sa vie privée bon sang ! Elle n'avait rien à voir là ! Elle ne lui dirait rien. S'asseyant devant la fenêtre, tournant le dos à la porte, elle réfléchit. Cette femme devait être l'une de ses amoureuses. Mais une vraie. Comme elle maintenant. Pas juste une fille pour un soir comme la serveuse. Et cette femme avait été retrouvée. Et pour Lewis il n'y avait pas grand choix. Les Ombres. Donc, si on réfléchit, la femme à découvert son secret et les Ombres se sont empressés de l'éliminer…Comme il avait du souffrir ! Melley s'en voulut d'avoir lu la lettre. C'était son passé. Il lui appartenait. Mais il n'en saura jamais rien. Elle priait pour. Sinon, il pouvait très bien l'engueuler vraiment cette fois. Et elle comprendrait.

Elle se releva et sortit, un pincement au cœur. Descendant, elle vit Lewis assis sur le canapé cette fois. S'était-il levé entre temps ? Elle ne l'avait peut-être pas entendu, il pouvait être plus discret qu'elle parfois. Elle se remit à ses côtés, reprit sa main et lui demanda :


-Faut-il changer ton bandage ? As-tu besoin de quelque chose ?

Il regardait devant lui et elle se mordit la lèvre. L'avait-il vue lire la lettre ou regarder la photo ? Lui en voulait-il ? Allait-il hausser le ton ? La frapper ? Son silence la stressait. Mais elle restait stoïque, se préparant à recevoir sa punition pour avoir était une nouvelle fois trop curieuse, comme le matin à la clairière.

Ce n'était pas pour rien, que l'on disait que la curiosité était un vilain défaut…elle en faisait les frais, aujourd'hui…

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MessageSujet: Re: Une taupe dans les rangs [pv Lewis]   Lun 6 Aoû - 12:12



Céleste



Je dormais pas du tout, j’avais juste voulu fermer les yeux de minutes pour réfléchir à ce qui c’était passé. Puis j’avais écouté Melley nettoyait ma cape. J’entendais tout dans cette maison silencieuse. Les Ombres m’avaient choisis surtout pour ça, mon ouïe très développé et l’avait entraîné. Comme ça je n’avais pas tellement à m’approcher pour entendre les informations et j’avais moins de chance d’être repérer. Alors, chez moi, je connaissais tous les sons que pouvait produire les choses ici présentes. Je compris sans problème qu’elle faisait le lit et ensuite je l’entendis se déplaçait. Je ne voulais pas croire qu’elle allait vers la commode, elle n’avait pas le droit. Mais je ne bougeais pas, je voulais voir si elle allait regarder ceux qu’il y avait dedans. Et elle regarda. Je perçus le léger grincement du premier tiroir quand elle l’ouvrit. Et bien sûr elle allait prendre la photo de mon père que j’avais laissé bien en évidence parce que je pensais que personne n’irait fouiller là-dedans. Elle la reposa et ensuite ouvrit le deuxième tiroir –qui ne grinçait pas lui-. Le bruit d’une main qui farfouille dans le papier puis qui en déplie un. J’étais sûr qu’elle était tombée sur une lettre de Céleste, sûrement celle où elle me disait adieu car elle était dans les premières. Je connaissais ce qu’elle avait écrit par cœur, comme si c’était une poésie que j’avais dû apprendre.
Ensuite Melley rangea tout et redescendit. Entre temps je m’étais mis assis pour que les coussins de m’empêchent pas d’entendre en venant se coller contre mes oreilles. Elle me demanda si je voulais qu’elle si j’avais besoin de quelque chose ou si je voulais qu’elle change mon bandage.

« S’il te plaît, ne vas plus fouiller dans cette commode… » dis-je

Je ne me sentais pas prêt à parler de Céleste avec elle. Pas encore. Ou alors de mon père. Parce que ça me faisait trop mal de m’en souvenir.
Je me levai et rajoutai que non, je n’avais besoin de rien. Ensuite, je montais à l’étage, ouvrit la porte de la chambre et regarder cette commode. Bien entendu elle n’avait pas de serrure. Mais je ne voulais pas que Melley aille fouiller dedans et qu’elle comprenne toute seule. Je lui expliquerai quand je serais prêt, un point c’est tout. Alors je transférai tout ce qu’il y avait dedans dans le haut de l’armoire que je pouvais fermer à clé. Puis je redescendis pour rejoindre ma princesse. Elle devait s’en vouloir encore plus maintenant. Et j’avais raison, je la trouvai la tête dans les mains, recroquevillée sur un fauteuil. Je m’approchai et la prit dans mes bras. Je la soulevai, m’assis à sa place et la mis sur mes genoux.

« Arrêtes princesse, ça rime à rien ce que tu fais. Puisque je t’ai dit que je ne t’en veux pas, alors pourquoi tu t’obstines à te faire du mal comme ça. Faut pas. Mon épaule, c’est rien du tout. J’avais juste mal à ajuster ma garde parce qu’elle avait été déjà blessé avant. Alors stop, sinon c’est moi qui vais finir par m’en vouloir. » dis-je

Je passais sous silence l’histoire de la commode. Je l’attirais contre moi, c’était elle qui devait avoir besoin de repos. Prenant sa main dans la mienne, je la caressais doucement avec mon pouce. Je voyais bien qu’elle se sentait encore mal.

« Bon finalement, je veux bien que tu me changes mon bandage s’il te plaît. » dis-je

Elle voulait m’aider mais je n’avais besoin de rien. Surtout que je pouvais très bien me débrouillé, je n’étais pas au bord de la mort que je sache. Mais bon, si ça pouvait la calmer…
Pendant qu’elle allait chercher, je repensais à Céleste. Ses longs cheveux bruns, son sourire éblouissant, ses yeux rieurs et son assurance. Qu’est-ce qu’elle pouvait me manquer… Je vis Melley revenir et j’effaçais de mon esprit tous les souvenirs qui revenaient.






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MessageSujet: Re: Une taupe dans les rangs [pv Lewis]   Lun 6 Aoû - 21:11

- S’il te plaît, ne vas plus fouiller dans cette commode…

Il avait murmuré, sans la regarder. Et elle se maudissait. Maudite curiosité ! Pourquoi avait-elle regardé ? Ce n'était pas sa vie. Elle n'avait pas le droit d'y entrer ainsi, violant son intimité. Se levant en disant qu'il n'avait besoin de rien, elle l'entendit monter à son tour. Il allait sans doute tout enlever.

Elle se recroquevilla dans le fauteuil, tête entre les mains, prise de remords une nouvelle fois. C'était bien la première fois de sa vie qu'elle ressentait tout ça. Autant de remords, de culpabilité.
Ce n'était pas sa maison. Rien n'était à elle. Elle n'était qu'une invitée. Une simple invitée. Lewis l'avait généreusement accueillie, et elle, elle le remerciait en fouillant partout. Elle se jura de ne plus rien toucher sans son autorisation. Sinon, autant retourner dans sa propre demeure…

Elle se re-gifla même, pour se remettre les idées en place. Qu'est-ce qu'elle avait ces derniers temps ? Il faut dire aussi que la semaine avait été assez agitée. Entre Lewis, ce qu'il avait fait, les Ombres…Elis…c'était beaucoup. Elle se sentie d'un coup lasse. Mais vraiment lasse. Lasse de fuir Elis par peur. Lasse d'attirer des ennuis à tous ceux qu'elle aimait. Lasse d'être elle.

Elle n'entendit pas Lewis revenir, perdue dans ses songes, le cœur coupable mais sursauta légèrement lorsqu'il la souleva, s'asseyant à sa place et la reposant sur ses genoux. Elle sourit légèrement, posant sa tête dans le cou du jeune homme, s'enivrant de son parfum, se redonnant ce qui lui manquait.


-Arrêtes princesse, ça rime à rien ce que tu fais. Puisque je t’ai dit que je ne t’en veux pas, alors pourquoi tu t’obstines à te faire du mal comme ça. Faut pas. Mon épaule, c’est rien du tout. J’avais juste mal à ajuster ma garde parce qu’elle avait été déjà blessé avant. Alors stop, sinon c’est moi qui vais finir par m’en vouloir.

Il l'attira encore plus à lui, mêlant ses doigts aux siens, caressant sa peau doucement. Elle frissonna au contact, se sentant mieux. Toujours enfuie dans son cou, elle répondit :

-Je m'obstine pour ne plus refaire une connerie pareille. Je ne veux pas qu'il t'arrive quelque chose par ma faute ou même aux autres Assassin et mon père.

Le seul moyen pour qu'elle réfléchisse avant d'agir.

-Bon finalement, je veux bien que tu me changes mon bandage s’il te plaît.

Elle se leva donc et alla chercher ce qu'il fallait. Elle ne posa ses yeux nulle part ailleurs que la ou elle marchait et sur ce qu'elle devait prendre. Elle ne toucha rien d'autre. Ce n'était pas chez elle. Pas sa vie.

Revenant dans le salon, elle vit qu'il était à nouveau perdu dans ses souvenirs. Repensait-il à cette Céleste ? Revoyait-il son visage ? L'aimait-il toujours ? Melley se sentait mal pour lui. Elle ne savait pas ce que c'était, voulait l'aider, mais justement, elle l'aiderait mieux en se taisant. Il n'en avait pas parlé non plus. Il le ferait peut-être, un jour. Lorsqu'il lui ferait assez confiance, sans doute. Elle-même avait des secrets….s'il allait chez elle et fouillait comme elle l'avait fait, il trouverait la statuette de Metkild, amie Artisane. Une statuette qui avait causé son séjour en prison, sous le palais Impérial, par des hommes vils. Il trouverait…rien. Parce qu'elle n'avait rien. Sa vie n'était que son travail. Avant lui, pas d'homme. Donc des lettres elle ne pouvait pas en avoir. Ses parents…son père elle le voyait chaque jour. Ses parents adoptifs, elle préférait les oublier. Ah si. Il tomberait sur une photo de sa mère. Sa vraie mère. Qu'elle n'avait jamais connue, mais que Kem avait aimée comme jamais. Sa mère qui était morte chez les Ombres, après des mois et des années même de souffrance. Sa mère à qui elle ressemblait. C'était Kem qui lui avait donné la photo, à la fin de son apprentissage. La seule qu'il avait d'elle. Le seul souvenir matériel. Lui avait ses souvenirs. Melley était restée longtemps à contempler le visage fin de sa mère. Elle avait les mêmes yeux qu'elle. Le même visage. Mais les cheveux de Kem. Et la moitié du caractère aussi apparemment. Mais c'était tout ce qu'il pouvait trouver de vraiment…privé.

S'approchant, elle défît le pansement, nettoya la plaie et remit un bandage frais, ne serrant pas trop fort. Finissant tout, elle lui caressa la joue et l'embrassa tendrement. Elle re-mêla ses doigts aux siens fît venir le désir. Elle caressa son torse, descendant lentement sur lui, le laissant savourer. Son regard avait lui-même changé. Il était animé d'une petite flamme d'amour, d'envie, de pardon. Elle voulait se faire pardonner d'avoir fouillé. Et pour l'heure, a part son corps, elle ne pouvait rien lui offrir d'autre. Elle descendit, plus bas, dénouant le pantalon, remontant sur le torse nu, embrassant, effleurant légèrement sa peau, le faisant frissonner.

Jamais elle ne s'était vue faire une chose pareille. Et pourtant là, dans un fauteuil, elle le déshabilla complètement, avant de faire de même avec ses propres habits. Elle le fît même si lentement qu'il put savourer chaque partie d'elle qui se dévoilait. Se rapprochant, elle le laissa prendre sa poitrine entre ses mains, le laissa l'embrasser partout, et lui donna tout l'amour qu'elle pouvait lui donner….

******

Melley termina de manger son petit-déjeuner tranquillement. Comme toujours, elle s'était levée avant lui. Et elle avait envie de sortir…mais pas hors du Camp, elle avait très bien retenu la leçon. Et la peur d'Elis était toujours là. C'est d'ailleurs pour ça qu'elle s'était levée. Les cauchemars étaient revenus. Heureusement, Lewis n'avait rien vu, même si elle s'était réveillée au beau milieu de la nuit, tremblante. Elle n'avait fait aucun bruit et s'était calmée tout seule, du mieux qu'elle pouvait. Mais elle ne s'était plus rendormie.
Alors dès les premiers rayons du soleil, elle avait quitté le lit et était descendue, sans un regard pour la commode, même si elle était sûre qu'il avait changé les objets de place. Ne rien toucher sans autorisation. Elle devait mettre un frein à sa curiosité qui finirait pas la tuer ou faire souffrir encore plus.

Elle s'habilla après avoir fait sa toilette, laissa un mot à Lewis, disant qu'elle sortait quelques minutes et qu'il n'avait pas à s'inquiéter et elle sortit. Les Assassins rentraient, sortaient…Juan échauffait déjà les apprentis et elle vit la silhouette de son père au loin en train de parler à…un Assassin. Avec les capuches, elle ne reconnaissait pas.

Elle respira un grand coup et marcha, jusqu'à son arbre fétiche et s'installa contre. Elle resta bien quelques minutes, jusqu'à ce qu'un bruit de course la fasse sursauter. Regardant, elle vit des Assassins courir vers les écuries, seller leurs chevaux à la va-vite. Elle se releva, couru après un des siens, le stoppa et lui demanda ce qu'il se passait.


-Il y a du grabuge à l'auberge qui borde la forêt. Des Ombres apparemment. Le Seigneur Kem envoie la moitié des hommes présents.

Elle le lâcha, prise de panique. L'auberge ? Tom ! Le secret ! Elle couru jusque chez Lewis, ouvrit la porte à la volée, le chercha du regard, le vit en train de manger, se précipita à lui, l'agrippa aux bras, sans toucher l'épaule blessée, et lui dit presque en criant :

-L'auberge ! Les Ombres ! Ils attaquent l'auberge ! Lewis, Tom ! Il faut y aller vite !

Il sursauta au moment ou les paroles percutaient son esprit encore endormi et il couru aller s'habiller. Elle-même enfila son armure, ses armes, mit sa capuche. Kem ne pourrait pas les laisser à l'intérieur du Camp.
Lorsqu'il la rejoignit, ils cherchèrent Kem dans la foule d'Assassins qui sortaient.

Elle le vit, tira Lewis et alla chez son père.


-Laisse-nous y aller !

Kem la regarda puis dit :

-Je n'ai pas le choix. Il y a trop d'Ombres. Lewis, souviens-toi de ce que je t'ai dit. Melley, fais attention.

Il s'éloigna, donnant des ordres. Qu'avait-il dit à Lewis ? Ah, sans doute de la protéger…
Suivant Lewis, ils attelèrent leurs montures et les lancèrent au triple galop en direction de l'auberge. Melley priait pour qu'aucun innocent soit tué par sa faute…

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MessageSujet: Re: Une taupe dans les rangs [pv Lewis]   Mer 8 Aoû - 13:10



Attaque de l'auberge


Je m’étirais, me redressant dans le lit puis je passais une main dans mes cheveux complètement ébouriffés. Je regardai à côté de moi, Melley n’y était pas. Elle devait sûrement être en train de déjeuner en bas. Sauf que je n’entendais rien. Et quand je dis rien, c’est rien. Pas même le plus petit son de respiration. J’espère qu’elle n’avait pas recommencé avec sa curiosité. Je me levai et trouvai bientôt un mot disant qu’elle était sortie se promener dans le camp. Je soupirai, à peu près soulagé. Si lui arrivait quelque chose je m’en voudrais à vie et en plus son père me le ferait payer. Si un jour il apprenait que c’était à cause de moi qu’elle s’était fait tabasser, j’étais certain qu’il me ferait subir la même chose.
Je me rendis dans la cuisine et déjeunai tranquillement, prenant un livre. Je parcourais distraitement les pages en mangeant. Je m’inquiétais pour Melley qui ne revenait toujours pas. J’allais finir par être pire que Kem, elle était quand même capable d’obéir et de se débrouillait bon sang. Il fallait que j’arrête sinon j’allais finir par devenir complètement parano.
Et tout à coup elle débarqua en courant, disant que les Ombres avaient attaqué l’auberge. Et pour viser qui ? Pas difficile de le deviner. Ils avaient dû découvrir que Tom savait et voilà qu’il voulait le tuer. Pour éviter qu’on me découvre et qu’on me tue. J’aurais pu dire que j’étais touché mais non. Parce qu’ils le faisaient seulement pour une histoire d’intérêt. Et j’étais sûr qu’ils allaient se servir de moi pour pouvoir atteindre Melley. Mais il était hors de question que je les laisse faire. Je me levai et allai m’habiller. Je pris ma cape et un masque au cas où. Mieux valait éviter qu’ils découvrent que j’allais encore une fois les trahir en les tuant. Normalement je devrais essayer d’empêcher les assassins d’arriver jusqu’à l’auberge. C’était ce qui avait été conclu, si ils attaqué un endroit et que mon clamp envoyait des renforts je devais tout faire pour les arrêter. Au risque d’être découvert. Et cette fois-ci, j’allais aider à les repousser.
Je savais qu’il fallait que je fasse attention. Les Ombres ne pardonneraient pas longtemps et bientôt ils feraient tout pour m’éliminer. Ils n’auraient qu’à me trouver un remplaçant. Un nouveau gosse qui ne voulait pas mourir et qui leur obéirait. Et rien que pour éviter à cet enfant la vie que je vivais, je ne voulais pas crever. (Dis plutôt que t’as peur de mourir et puis voilà, on comprend tous Lewis, t’inquiètes. Pas la peine de t’inventer des excuses avec des gamins.)
Melley m’entraîna dehors et nous trouvâmes son père qui accepta de nous laisser y aller. Bientôt nous arrivâmes et je vis tous les Ombres en train de saccageaient l’auberge. J’aperçus Tom, en tenue de combat avec son grand sabre et train de tranchait des membres. Je sortis moi-même mon énorme épée avec un léger sourire derrière ma capuche. Puis je mis mon masque formait de plusieurs visage, dont deux sur le côté. Personne ne pouvait me reconnaître. Surtout que ne pouvait même pas se fier à mes yeux. Et puis y avait un avantage aussi. Quand on me voyait comme ça, au combat, très grand avec une énorme épée on pensait tout de suite que j’étais un bourrin qui aller foncer dans le tas sans réfléchir. Mais c’était tout le contraire.
Tout en moi était assez trompeur. Les Ombres m’avaient « conçu » pour que je ressemble à quelqu’un d’autre qu’à moi-même pour éviter qu’on me reconnaisse. C’était assez fourbe quand on y pense… Mais peu importe. Maintenant, ils m’avaient contre eux et pas avec eux.
Je suivais Melley, la couvrant pour éviter qu’elle soit évitée par derrière. Puis je lui dis qu’on devait aller aider Tom. C’était lui qui était viser alors tous les Ombres lui sauter dessus. Mais il se battait très bien contrairement à ce qu’on pouvait penser. Tout le monde croyait que ce n’était qu’un petit aubergiste qui ne parlait pas beaucoup et que ça s’arrêtait là. Mais ce n’était pas du tout ça en fait. Avec son sabre, il envoyait plein d’ennemis au tapis en quelques secondes.

« -Alors ça va mec ? Tu t’en sors ? demandai-je en m’approchant, coupant la tête d’une Ombre
-Dégages Lewis, tu vas me déconcentrer.
-Mais non, mais non !
-C’est toi qui paye les réparations, je te préviens.
-Hors de question !
-Si !
-Non !
-Si !
-Non ! »

Melley nous rappela à l’ordre alors qu’une table valsait et éclatait une fenêtre. Je vis alors un ennemi arrivait par derrière, prêt à tuer ma princesse alors qu’elle était déjà au prise avec un de ses collègues. Je la tirai sur le côté, la collant à moi et tué celui qui avait osé essayer de la prendre par derrière. Non mais oh ! Il se croit où là ! C’était moi le seul salaud à faire ça ici ! Faut pas essayer de me prendre ma place. (Quelqu’un qui défend sa place de connard, j’ai encore jamais vu ça mais bon…). Je vis une flèche se plantait dans la poitrine d’un de mes adversaires et je regardai en haut des escaliers. C’était Théo et un de ses amis, ceux qui je pouvais pas encadrer qui avait la merveilleuse idée de faire ça.

« Pour une fois qu’il sert à quelque chose celui-là. » grommela Tom à côté de moi

J’haussais les épaules. Je surveillais toujours Melley du coin de l’œil pour vérifier qu’il ne lui arrivait rien. Les assassins prenaient largement l’avantage. Finalement, les Ombres finirent tous à terre, mort ou alors blessaient trop gravement pour se relever. La plupart de mes collègues, repartirent au camp avec les blessés et les autres restèrent pour aider à enlever les corps et à nettoyer. Bientôt, l’auberge redeviendrait comme avant, comme si rien ne s’était passé mais en attendant je savais très bien qui allait venir me voir.

« -Alors Lewis, plus capable de se défendre tout seul. dit Théo en s’approchant
-Pourquoi tu dis ça ?
-Parce que j’ai quand même été obligé de t’aider avec mes flèches.
-Si tu m’avais laissé tranquille je me serais débrouillait tout seul.
-Moui, ça, ça reste à voir. Au fait, il parait que tu te tapes la fille de Kem. C’est pour éviter qu’il constate ta nullité ou alors simplement parce qu’elle est alcoolique et que c’est plus facile pour toi de la mettre dans ton lit. »

J’avais enlevé mon masque et ma capuche et mes yeux étaient d’un noir d’encre. Je le fixai et il sourit, de son sourire arrogant. Pire que moi. Je le foutus mon poing en pleine gueule. C’est qu’il avait l’air assez pressé d’arriver, il me démangeait comme un fou.


« Bah alors Théo ? Plus capable d’éviter un simple coup de poing ? Toi en tout cas personne ne pourrait cacher ta nullité, même si sortait avec Kem en personne. » dis-je

Il me regardait, le nez en sang. Je me détournai, attrapai Melley par la main et commençai à m’éloigner. J’entendis des pas furieux derrière nous et je me retournai. Mais l’assassin avait déjà agrippé Melley et enlevai sa capuche.

« Alors c’était vrai, tu t’es vraiment tabasser après avoir trop bu ma jolie. Enfin ma jolie… Tu n’es pas terrible, terrible. Lewis, je croyais que tu avais bon gout mais là tu me déçois. Tu devrais venir avec moi un soir, pour que je te présente de vraies jolies filles. »

Déjà, il ne devait pas être au courant pour les Ombres de la clairière ou alors il le faisait exprès. Mais là, il allait trop loin. Il insultait Melley devant mon nez pour me provoquer. Eh bien, puisqu’il voulait jouer, j’allais jouer ! Je me jetais sur lui, poignard au clair, en train dans une colère à peine croyable. Il jeta ma princesse par terre, loin de nous. Je n’allais pas le tuer, juste lui couper les cordes vocales histoire de ne plus jamais l’entendre. Tom m’attrapa alors que le combat commencer, me bloquant. Un autre faisait de même avec Théo.

« Fais pas de conneries Lewis. L’écoute pas répandre sa merde comme une petite ado jalouse. Rentre avec Melley. » me dit-il

Je la vis s’approcher et j’arrêtais de me débattre, rangeant mon arme. Si je revoyais Théo, j’allais le tuer, j’en étais sûr.







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MessageSujet: Re: Une taupe dans les rangs [pv Lewis]   Mer 8 Aoû - 19:59

[j'espère que cela te va ! pour la fin, tu me dis si tu aimes pas et veux changer...c'est venu tout seul...]


Melley était concentrée comme jamais. Elle galopait, couchée sur l'encolure d'Espoir, le vent fouettant sa cape, la faisant onduler derrière elle. Elle sentait les muscles de sa monture, comme elle sentait ses frères et sœurs près d'elle. Et surtout, Lewis. Elle le sentait, galopant à ses côtés, le même air concentré se dessinant sur ses muscles. Elle savait qu'aujourd'hui il allait une nouvelle fois trahir les Ombres. Elle savait que si les ennemis le reconnaissaient il était perdu pour de bon. Parce que les attaques ne feraient qu'augmenter. Parce qu'ils feraient tout pour qu'ils soient éloignés l'un de l'autre. Ou encore utiliseraient l'un pour piéger l'autre avant d'en finir avec le dernier. Ils étaient tous les deux piégés, une épée de Damoclès au dessus de la tête. Mais pour l'heure, elle s'en fichait. Pour l'heure, il fallait sauver l'auberge, sauver l'aubergiste, faire ce pour quoi elle était elle. Assassin.

Sautant à bas de la selle en plein galop, elle dégaina son épée courbée dans le même geste et avança vers la porte d'où l'on entendait les bruits de lutte. Lewis la suivait, ni trop près ni trop loin. Et, dedans, c'était l'enfer. Des Ombres partout, des morts, aussi bien innocents, Assassins et Ombres. Et là, environnée d'ennemis, d'adversaires à abattre, d'un but à atteindre, elle se sentit à nouveau elle-même. Forte, puissante, assurée. Et non faible et pleurnicharde comme ses derniers temps. Du coin de l'œil, elle vit Lewis, son épée dorée en main, revêtu d'un étrange masque. Si elle ne savait pas que c'était lui, elle ne le reconnaîtrait pas. Mais elle ne dit rien et avança lorsqu'il lui montra Tom de la tête. Oui. C'était lui la cible.

Se frayant un passage, entrant dans la danse, calquant ses pas sur les autres, elle trouva son rythme, arriva près de Tom et commença réellement à danser. La danse qu'elle avait admirée en apprentie, la danse qu'elle imitait à la perfection en Maître. Elle calma la dispute entre Lewis et Tom d'un geste vif, tout en évitant la table qui fusa vers la fenêtre. Si Lewis ne voulait pas payer, elle le ferait elle-même, quitte à tout reconstruire de ses mains.

Évitant un coup audacieux d'un Ombre, elle faillit se défendre lorsque quelque chose la tira de côté. Puis elle vit Lewis qui la collait à lui alors qu'il tuait un ennemi. Venant par derrière. Sans lui, elle serait morte. Le remerciant d'un sourire, il la relâcha et elle reprit. Maintenant, des flèches s'abattaient aussi sur les Ombres. Des Assassins cachés sans doute…

Elle virevoltait, paraît, dansait au son d'une musique d'acier, de notes ensanglantées, de partitions humaines. Elle ne se rendait compte de rien. Mais savait une chose. Elle s'était retrouvée. Bien sûr, elle avait toujours cette ombre de peur au creux de l'estomac, cette peur qu'Elis soit là, parmi les Ombres à attendre le bon moment pour la faire perdre pied et en profiter. Il connaissait ses secrets, savait qu'elle était amoureuse, qu'elle était trop curieuse…il savait tout d'elle maintenant.

Puis, finalement, la musique se tut et elle se rendit compte que les Assassins avaient gagnés. Malheureusement, certains ne se relèveraient plus jamais, mais ils étaient très peu. Les autres rentraient, emmenant les blessés, d'autres offraient les derniers vœux aux morts et d'autres encore emportaient les cadavres et commençaient à ranger. Rengainant son arme rougie de sang, Melley se tourna vers Lewis. Il n'avait rien non plus. Pas plus que Tom. Pour eux, c'était double réussite.

Elle voulut parler, mais un autre vint vers Lewis. Elle reconnut Théo. Et elle n'apprécia pas ce qu'il raconta.


-Moui, ça, ça reste à voir. Au fait, il parait que tu te tapes la fille de Kem. C’est pour éviter qu’il constate ta nullité ou alors simplement parce qu’elle est alcoolique et que c’est plus facile pour toi de la mettre dans ton lit.

Elle serra la mâchoire. La rumeur s'était donc bel et bien répandue comme une traînée de poudre. Elle passait donc pour une alcoolique et une fille facile. Mais elle n'allait pas s'abaisser à ça. Parce que Kem savait que c'était faux. C'était l'essentiel. Lewis, au contraire, n'aima pas. Ayant retiré son masque, il fixa quelques secondes son collègue avant de lui mettre un poing sur la figure. Melley n'eut aucune pitié ou compassion pour celui qui se tenait à présent le nez qui saignait.

- Bah alors Théo ? Plus capable d’éviter un simple coup de poing ? Toi en tout cas personne ne pourrait cacher ta nullité, même si sortait avec Kem en personne.

Elle s'autorisa même un petit sourire. La réplique était on ne peu plus exacte. L'autre ne répliqua rien, la main sur son nez. Lewis se détourna, la prit par la main et l'entraîna à sa suite.

Elle voulait lui dire bravo pour le coup et la remarque, lorsqu'elle entendit le pas derrière. Voulant se retourner pour voir, même si elle savait de qui il provenait, elle fût tirée en arrière de force. Sa capuche lui fît arrachée brutalement, sans qu'elle puisse réagir, trop surprise pour. C'était Théo. Il l'examina, et elle sentait la colère monter en elle. S'il n'était pas Assassin, il rejoindrait les Ombres au sol…


-Alors c’était vrai, tu t’es vraiment tabasser après avoir trop bu ma jolie. Enfin ma jolie… Tu n’es pas terrible, terrible. Lewis, je croyais que tu avais bon gout mais là tu me déçois. Tu devrais venir avec moi un soir, pour que je te présente de vraies jolies filles.

Elle cligna des yeux, secoua la tête pour être sûre d'avoir bien entendu. Il l'insultait ! En présence de Lewis ! De tous les Assassins ! Elle n'allait pas laisser passer ça. Elle cherchait une phrase cinglante, parce qu'elle ne voulait pas frapper un être aussi petit que lui, mais Lewis s'en occupa. Il se jeta sur son collègue qui la jeta de côté. Perdant l'équilibre, elle se retrouva fesses à terre mais se releva tout de suite, refusant gentiment l'aide d'un autre Assassin. Lewis la défendait. Jamais personne ne l'avait fait. Il ne lui en voulait donc plus ou presque plus pour la commode. Sur cette pensée, elle se réveilla pour les séparer, d'autant plus que son Lewis avait un poignard. Et s'il blessait Théo ou le tuait, Kem serait obligé de le bannir.

C'est Tom qui s'interposa, prenant Lewis aux épaules alors qu'un autre Assassin retenait le second. Melley s'approcha d'eux, pour calmer Lewis, lorsqu'il rangea son arme et cessa de se débattre. Mettant sa main sur l'épaule valide, elle lui dit :


-Merci Lewis. Mais ne t'abaisse pas à son niveau. Parce si tu le blesses ou le tues, mon père sera forcé de t'exiler ou de te bannir. Et je ne voudrais pas que cela arrive. Surtout pas à cause de cette chose.

Il semblait toujours en colère. Elle espérait qu'il ne fasse pas de bêtise si une fois il rencontrait Théo dans le Camp. Il se retourna, près à partir. Elle lui fît signe qu'elle le rejoignait puis s'approchait de Théo. Se collant à lui, s'approchant de son oreille, elle lui dit, de la voix la plus froide et menaçante qu'elle avait :

-Surveille tes arrières. Il n'y aura pas toujours quelqu'un pour le retenir. Et certainement pas moi. Au contraire. Mais je te préviens : tu t'approches de lui ou même de moi, et je vais directement chez mon père pour lui montrer ce qu'est un Assassin comme toi. Je suis sûre qu'il te trouvera une occupation. Le réfectoire cherche de l'aide pour nettoyer les tables ou même les petits coins. Pour toi, je ferais une entorse à mon principe qui est de ne jamais utiliser mon père pour arriver à mes fins.

Elle s'éloigna un peu, admirant son visage devenu livide, et ajouta, sourire aux lèvres :

-Tiens-toi loin de nous. Et fais attention mon cher…les alcooliques peuvent faire des choses sans le vouloir. Il serait dommage que tu tombes dans une crevasse par…accident.

Le laissant planté, elle se détourna, fière d'elle et rejoignit Lewis. Elle ne répondit rien à son air interrogateur devant son sourire et grimpa en selle. Pour rentrer, ils restèrent au pas. Elle voudrait bien se promener avec lui, s'enfoncer dans les bois, n'être qu'eux deux avec la nature, mais savait que Kem les attendaient. Elle était certaine qu'il faisait les cent pas devant l'entrée, les attendant, pour être sûr qu'il ne leur soit rien arrivé (bien sûr pour les autres Assassins aussi mais on se comprend) et surtout pour voir de ses propres yeux qu'elle était dans le Camp. Collant son cheval à celui de Lewis, elle lui prit la main qui ne tenait pas les rênes et lui dit :

-Jamais personne ne m'avait défendue ainsi lorsque l'on m'insultait.

Puis, souriante une nouvelle fois, elle ajouta :

-Tu sais quoi ? Je crois que je vais me laisser pousser les cheveux. Tu aimerais bien ?

Il ne répondit rien mais la regarda en hochant un peu de la tête. Cette idée la tiraillait depuis quelques temps, déjà avant de rencontrer Lewis. Les laisser pousser jusque mi-hanche et les attacher en une longue tresse. Ils arrivaient déjà à la nuque, il suffisait d'attendre et de ne rien faire.

Lâchant sa main, elle lui fît un clin d'œil et lança Espoir au galop, émerveillée par les foulées de son cheval de toujours, gagnant du terrain sur Lewis qui comprit un peu tard que c'était une course. Elle dépassa chaque Assassin, contourna les arbres, sauta par-dessus les troncs et dérapa à l'entrée du Camp, créant un nuage de poussière. Riante, souriante, elle descendit et confia les rênes à l'Assassin de service et vit Kem débouler à travers la poussière, ainsi que Lewis. Elle riait toujours.

Elle ne savait même pas pourquoi elle riait. Elle riait à en pleurer. Elle riait à se tenir les côtes. Mais elle ne comprenait pas. Elle crut qu'elle était droguée une nouvelle fois. Elle y crut jusqu'à ce qu'elle cesse de rire pour se remettre à pleurer. Et elle ne comprenait toujours pas pourquoi. Il n'y avait aucune raison. Elle pleurait, riait, re-pleurait…Kem et Lewis la regardait, ne savait pas quoi faire.

Elle était droguée, pas possible sinon. Ou alors, avait-elle réellement bu ? Non…elle n'aimait pas abuser de l'alcool. Un Ombre l'aurait-il touchée tout de même avec une de leur lame empoisonnée ? Si ça se trouve, elle était en train de mourir là, sous les yeux de ceux qu'elle aimait tant, sans qu'ils comprennent. Elle entendit juste Kem crier à Lewis :


-Emmène-là chez toi, je cherche le médecin. Vite !

Avant de sombrer dans l'inconscience et de rencontrer brutalement le sol.

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MessageSujet: Re: Une taupe dans les rangs [pv Lewis]   Ven 10 Aoû - 22:04

Je n’avais rien compris à ce qui se passer. J’étais arrivé après Melley et je l’avais trouvé en train de rigoler. Kem la regardait avec un regard interrogateur qui me fit comprendre qu’il n’était pour rien dans tout ça. Et ensuite, quand elle se mit à pleurer je commençais vraiment à m’inquiéter. Je compris en même tant que le GRAND chef qu’elle n’était pas dans son état normale, qu’elle devait être blessée. Empoisonnée… Alors, j’obéis immédiatement à son ordre et pris ma princesse dans mes bras. Je pris le chemin normale pour aller jusque chez moi car celui caché était plus long et au point où on n’avait pas vraiment le temps d’être discret. J’éclatai ma porte d’un coup de pied, ne pouvant pas vraiment atteindre mes clefs. Je montais les marches, quatre à quatre, malgré Melley qui était toujours inconsciente dans mes bras et je la posais dans le lit.
Putain ! Mais c’était quoi encore ce traquenard ? Est-ce qu’elle allait mourir ? Non, les Ombres avaient besoin d’elle en vie. Mais ça voulait dire qu’il y avait une autre taupe. Et je savais exactement qui c’était. Sans l’ombre d’un doute. Et dès que le médecin aurait fini, j’allais le chercher pour le massacrer. Comment osait-il touché à Melley ? Ce salopard de Théo ! Il n’avait rien de mieux à foutre. En plus, il devait aussi avoir comme mission de m’éliminer. Oh oui ! Ça, ça va lui faire bien plaisir de m’anéantir. Mais il commençait avec ma petit-amie, rien que pour s’amuser. Ce putain de connard. J’allais le buté. Cette fois, il n’y échapperait pas. Peu importe qu’on me bannisse après, j’en avais rien à foutre, cette fois il était allé beaucoup trop loin.
Le médecin entra, suivit de Kem alors que je faisais les cents pas. Il me dit qu’elle avait bien été empoisonnée mais que ce n’était pas assez pour la tuer. Ça allait seulement l’affaiblir et elle devrait rester au lit pendant plusieurs jours. Et ensuite ça serait le repos jusqu’à ce qu’elle soit de nouveau en forme. Je serrais les mâchoires. Je voyais clair dans le plan de ce con. Maintenant il pouvait l’enlever plus facilement.
Je sortis de la chambre, descendis les escaliers à toute vitesse et donnais un coup de pied dans la porte avant de partir à la recherche de Théo. Enfin, c’est ce que je voulus faire mais le père de Melley me rattrapa, se mettant en travers de mon chemin et me stoppant.

« -Laissez-moi passer. Je sais qui à fais ça et je vais le régler son compte. dis-je, les poings serraient
-Non, ça serait une véritable connerie. Tu te ferais bannir à tous les coups, pense à Melley, elle t’aime et elle ne veut pas te perdre.
-Et moi je ne peux pas laisser passer ça.
-Ecoutes moi Lewis. Je ne sais pas qui tu soupçonnes mais on va trouver des preuves contre lui et il se fera tuer pour trahison. Je veux qu’il paye autant que toi mais se venger comme ça ne servira à rien. Tu es celui qui est protège le mieux ma fille et qu’elle a choisie et je ne veux pas que tu disparaisses. Alors maintenant tu vas rentrer et te calmer auprès de Melley. Compris ? »

J’hochais la tête, serrant les mâchoires et je m’éloignais en direction de la maison. Quand je rentrais, le médecin s’apprêtait à partir et il m’annonça que Melley n’allait pas tarder à se réveiller. Je soupirais et aller m’asseoir dans un fauteuil, prenant ma tête dans mes mains.

« Putain, j’ai merdé. » murmurai-je

Kem voulait livrer Théo à la justice et lui pouvait très bien me dénoncer. Je ne savais pas ce qui me retenait encore d’aller le tuer. Sûrement le fait que je pourrais être séparé de ma princesse et je ne supportais plus cette idée maintenant que je m’étais un peu calmer. Relevant la tête je vis qu’elle était réveillée et je m’approchai d’elle. Je m’agenouiller à du lit et posais ma tête contre elle.

« Désolé. Je suis vraiment désolé, j’aurais dû faire plus attention. Si j’avais été plus attentif Théo n’aura jamais pu t’empoissonner. » dis-je

Je sentais que je pouvais craquer à nouveau d’un moment à l’autre et que ma colère pouvait refaire surface. Saccageant tout sur son passage. Je n’avais jamais su me retenir quand j’étais dans cet état. Mais je ne voulais pas non plus effrayer Melley parce que je pouvais très bien fracasser un truc maintenant. Il fallait absolument que je me calme.


[sorry, mais pas le temps de changer de compte et encore moins de mettre les codes.]
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MessageSujet: Re: Une taupe dans les rangs [pv Lewis]   Ven 10 Aoû - 22:58

[voilà ! tu me dis si je dois changer quelque chose ^^ nous verrons ensemble pour la suite si tu veux ^^ 4 pages word tout de même XD]

Elle avançait sur un long chemin d'un blanc cotonneux. Il n'y avait rien d'autre que ce chemin. Était-ce le paradis ? Melley marchait et savait qu'elle n'arriverait nulle part. Elle effleurait les sortes de nuages, souriait au contact chaud et moelleux. Mais pourquoi n'y avait-il personne ?

Elle était bien là, mais se sentait seule. Et elle ne s'était jamais imaginé la mort ainsi…


-Tu n'es pas morte, ma chérie.

La voix était douce, féminine. Une voix qu'elle reconnue, sans pour autant l'avoir souvent entendue. Une voix qui la fît se retourner.
Une femme se tenait là, d'une allure presque fantomatique. Son corps était transparent par moment et la voix se répercutait en échos mélodieux. Melley s'approcha, l'observa. Elle avait de longs cheveux châtains clairs, un visage fin et souriant, des yeux d'un brun foncé, tirant sur le noir. Comme elle.


-Maman…

Melley avait murmuré, incertaine. Mais lorsque la femme hocha la tête en fermant les yeux, Melley sentit les larmes arriver.

-Désolée…je ne voulais pas…je…

-Tu ne voulais pas quoi ? Que je parte ? Je préfère être ici plutôt que toi.

Elle s'approcha encore, et Melley voulut la serrer dans ses bras, n'y parvint pas, ne put que traverser le corps.

-Pourquoi ne suis-je pas morte si je te vois ? Tu n'es pas morte non plus ?

Un mince filet d'espoir se mit à croître en elle. Grandir, jusqu'à ce que sa mère réponde :

-Je ne suis plus de ce monde, Melley. Mon corps n'a pu supporter plus longtemps ce qu'il endurait. Mais toi…tu te bats encore.

Elle se battait ? Contre quoi ? Elle ne comprenait plus rien.

-Ton corps est en train de lutter. Mais ton esprit dérive. Tu dois y retourner.

-Mais pourquoi ? Je suis si bien ici…avec toi…rattraper le temps perdu ensemble…

-Non ce n'est pas ta place. Ton père à besoin de toi. Si tu disparaissais, il ne lui resterait plus rien. Et il y a Lewis maintenant…

Les noms firent venir les images. Son cerveau tilta, elle revit son père, Kem, revit Lewis, l'élu de son cœur, se souvint de leurs visages, de leurs voix, de leurs apparences. Elle se souvint de l'histoire. De la semaine qui venait de s'écouler. Sa mère était toujours là, attendant.

Elle revit la scène de leur rencontre, revit le passage ou elle était droguée, revit la clairière…


-Ne t'arrête pas. Continue de te souvenir.

Elle hocha la tête et écouta sa mère. Les coups qui pleuvaient sur son corps, Lewis la sauvant, la soignant, lui montrant ce qu'elle avait, qu'elle l'aimait…sa véritable identité, la taupe…elle revit la commode, ses remords d'avoir regardé, son regard perdu au souvenir de Céleste…

-Il l'aime toujours n'est-ce pas ?

-Oui, Melley. Mais sache que tu es tout pour lui. Il ne t'abandonnera pas. Fais-moi confiance.

Pleurante, elle acquiesça. Elle faisait confiance à sa mère. Lewis ne l'abandonnerait pas. Jamais. Il était la bouée qui la maintenait à la surface.

Elle continua, revoyant l'auberge, l'attaque et puis…plus rien.


-Ton père aussi a besoin de toi, n'oublie pas.

Oui…Kem. Son Maître, son père. Cet homme qu'elle pensait invincible, que rien ne pouvait arrêter, qui serait là pour elle, qui l'aiderait. Ils étaient sa famille aujourd'hui. Mais pourquoi voulait-elle tant mourir et rester avec sa mère ? Regardant ses mains, elle vit qu'elles devenaient transparentes.

Sa mère lui dit, nerveuse d'un coup :


-Ton corps cesse de lutter parce que ton esprit accepte de partir. Ne reste pas! Retourne-y, ne leur brise pas le cœur.

-Mais pourquoi suis-je ici ?

-Tu as été empoisonnée. Il y a une autre taupe au Camp.

-Qui ?

-Je l'ignore.

Tout venait se bousculer dans sa tête, toutes les questions, les interrogations.

-Maman…j'ai si peur…

-Il ne faut pas. Je serais là pour t'aider. Je ne t'ai jamais quittée.

-Comment je fais ? Comment j'y retourne ?

-Laisse-toi guider…

La voix s'éloignait. Melley voulut lui dire quelque chose, mais déjà elle avait disparu.

-MAMAN !!!!

Seule. Elle était à nouveau seule, sauf que l'endroit n'était plus aussi beau. Le blanc cotonneux avait laissé place à des cendres et des os humains, du sang coulant le long de parois escarpées.
Tournant sur elle-même, elle aperçu un trône. Dessus se trouvait…Elis. Avec des esclaves autour de lui, agenouillés. Du doigt, il montra quelque chose. Elle regarda…et se vit, couchée sur un autel, attachée, nue, les poignets ouverts, les chevilles lacérées, la gorge tranchée…

Son sang coulait et nourrissait une pierre d'où l'on entendait des rugissements affreux. Imorkane. Elle paniqua, courut dans le sens inverse, trébucha, tomba. Tomba. Tomba toujours.

Elle ouvrit les yeux.

Elle regarda partout, silencieuse. Ou était-elle ? Était-elle revenue ? Ou était-ce une autre vision ? Elle calma son cœur et sentit ses yeux se refermer d'eux-mêmes, prise d'une fatigue soudaine. Elle ne sentait plus vraiment son corps. Puis, elle sentit et entendit du mouvement.

Tournant les yeux, ne pouvant bouger la tête de peur de la briser, comme si ses os étaient du cristal, elle vit Lewis se jeter au pied du lit et murmurer, la tête contre elle :


-Désolé. Je suis vraiment désolé, j’aurais dû faire plus attention. Si j’avais été plus attentif Théo n’aura jamais pu t’empoissonner.

Théo ? Elle chercha à mettre un visage. Ne trouva qu'un Assassin encapuchonné. Mais se rappela de ses paroles. Serait-ce lui, la seconde taupe ?

Elle déglutit et, lentement, tourna la tête vers lui, leva la main et serra la sienne, posée sur le matelas. Le contact doux d'un être vivant. En plus, elle remarqua qu'elle était frigorifiée. La main de Lewis lui semblait brûlante.


-Ne sois pas désolé.

Sa voix n'était pas hésitante, c'était déjà pas mal. Mais qu'est-ce qu'elle était fatiguée…ses yeux se fermaient lentement.

-Ne fais pas de bêtise, je t'en prie…cela aurait pu être plus grave.

Elle ne voulait pas qu'il cherche à la venger en allant tuer Théo. Sans preuves concrètes, Kem serait obligé de le bannir, et même de le tuer s'il découvrait qu'il était une taupe. Et elle suivrait, vu qu'elle l'avait protégé. Lewis semblait hésitant. Elle sentait qu'une partie voulait aller lui régler son compte, alors que l'autre ne voulait pas.

-Reste avec moi, s'il te plaît…

Une autre question la frappa soudain. Quel était le but de la seconde taupe en agissant de la sorte ? L'enlever ? Mais c'était risqué, il pouvait être plus vite démasqué. Sur ce point, Lewis avait été plus intelligent. L'entraîner à sa suite, l'éloignant du Camp et laisser les Ombres faire était plus judicieux. Tuer Lewis ? Ou le démasquer lui justement ? Elle n'arrivait plus à réfléchir. Sa tête lui faisait trop mal. Elle serra de toutes ses maigres forces la main de Lewis. Elle ne voulait pas qu'il parte. S'il partait, là maintenant, il risquait de ne plus jamais revenir.

Puis, la porte s'ouvrit lentement sur Kem qui se précipita vers elle, caressa ses cheveux en murmurant :


-J'ai eu si peur…nous trouverons le responsable sois-en sûre.

Elle hocha la tête. Sa famille était là. Elle eut une pensée pour sa mère et dit à Kem, bien assez haut pour que Lewis l'entende aussi :

-Maman t'aime papa. Elle pense à toi et est avec toi.

Kem haussa les sourcils mais sourit. C'était bien l'une des premières fois qu'elle l'appelait "papa" en présence d'un autre Assassin. Mais Lewis n'était pas un quelconque Assassin.

-Nous sommes en train d'inspecter l'auberge, pour voir s'il n'y aurait pas une fiole, ou une aiguille ou autre qui indiquerait que c'est là-bas que tu as été empoisonnée. Te souviens-tu de quelque chose ?

-Je me souviens…de l'attaque. De la victoire. De Théo et de ses insultes. Ensuite…le retour…jusqu'au moment où je pars au galop. Après…plus rien.

Elle serra la main de Lewis, regarda tour à tour son père et son amour, puis laissa ses yeux se fermer. Cela devenait trop dur. Même parler demandait un effort considérable à présent. Comme elle avait horreur de se sentir si faible ! Mais elle sentait le poison couler dans ses veines. Il lui faudrait des jours pour l'évacuer, des jours pour se rétablir, encore des jours pour reprendre toutes ses forces. Et pendant ce temps là, le responsable pouvait frapper…
Et elle ne voulait pas qu'il arrive quelque chose à Lewis. Ni à Kem. Pas à sa famille.

Elle murmura, les yeux fermés :


-Je t'aime…

Destinés aux deux. Sa prise se desserra sur la main de Lewis, et elle se sentit à nouveau emporter par la fatigue…

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MessageSujet: Re: Une taupe dans les rangs [pv Lewis]   Dim 12 Aoû - 21:20



Théo le coupable


Je regardai Melley se rendormir alors que Kem souriait toujours touché par ce mignon petit « je t’aime » adressé à nous deux. Elle n’allait sûrement pas le dire à l’un alors que l’autre été là. Enfin j’espérais… Je l’embrassais sur le front avant de me relever.

« -Maintenant on y va ! Je réglais son compte à cet enculé le plus vite possible. dis-je
-Doucement sur les insultes. Et en plus on ne peut pas laisser Melley toute seule en sachant que celui qui l’a empoisonné est toujours en liberté dans le camp.
-Il n’agira pas maintenant, à moins qu’il soit très con. Mais c’est vrai que c’est plus prudent, appelez Tom, on peut avoir une confiance absolue en lui et il saura très bien s’occuper de ce salopard s’il pointe le bout de son nez.
-Comme tu veux, de toute façon il ne peut plus rien servir dans sa taverne tant qu’elle n’est pas réparée. »

Je sortis, il fallait que je trouve cette taupe. J’allais trouver cette taupe avant qu’elle ne puisse retenter quelque chose. J’étais là avant elle, j’en étais sûr et c’était donc moi qui avais le plus expérience. Je savais comment il allait fonctionner essayer d’avoir Melley. En pensant que ce n’était qu’un petit idiot d’Ombre, il allait faire comme toutes les taupes qui doivent éliminer quelqu’un ou l’enlever. Et c’est moi qui m’y connaissait le mieux, maintenant j’avais évolué et avais développé mes propres techniques mais l’autre sûrement pas. La preuve, il l’avait empoisonné. Et c’était typique. J’allais le chasser jusqu’à le trouver et lui réglais son compte, proprement et sans avoir d’ennuis. Donc le livrer à la justice, à ma grande déception parce que j’aurais préféré m’en occuper moi-même.
Pendant plusieurs jours pendant lesquelles Melley ne faisait que dormir et se réveiller pendant quelques minutes, inlassablement, je cherchais des preuves pour accuser Théo. Une seringue, ou quelque chose d’autre dans le genre. Mais je ne trouvais rien du tout. Kem restait près de moi pour me surveiller et évitait que je fasse des conneries mais je savais bien qu’il commençait à douter de mon accusation. Je ne voulais pas croire que ce ne puisse pas être lui qui avait fait ça. Qui d’autre sinon ? De toute façon je savais que ce ne serait pas facile. Ils n’étaient pas cons les Ombres, ou peut-être que si, mais peu importe, ils apprenaient à la taupe à cacher les preuves, toutes les preuves, un travail de pro. Mais je savais trouver l’erreur, une toute petite, une tâche quelque part, un truc qui avait servie à faire le poison.
Je m’assis sur le lit alors que Théo répétait à Kem qu’il n’était pas coupable et que c’était n’importe quoi dans la pièce à côté. Je soupirais d’agacement rien qu’au son de sa voix et je me couchai tranquillement regardant le plafond. Jusqu’au moment où je sentis un truc dur sous ma tête, je soulevai l’oreiller mais rien. Et pas la peine de soulever le matelas je l’avais déjà fait. Alors je pris un poignard et déchiré l’oreiller ainsi que sa housse. Je découvris un flacon remplit d’un liquide à la couleur claire dans les plumes. Je rigolais, un rire froid et appelai Kem. Je lui montrai et nous nous tournâmes en même temps vers Théo qui ouvrit la bouche pour dire quelque chose mais d’où aucun son ne sortit. Je savais que c’était trop facile, beaucoup trop facile mais la colère effaça cette impression. Je me levai et saisit le traître par le col.

« Alors c’est vraiment toi le salopard qui a empoisonné Melley ! » sifflai-je

Kem me fit le lâcher et ma mâchoire se contracta quand il me dit de rentrer chez moi. Je protestai en serrant les poings mais il me sortit que c’était un ordre. Je sortis de la maison de Théo d’un pas rageur, claquant la porte au passage. Sur mon passage tout le monde me regardait, ce demandant ce qui pouvait bien me rendre aussi furieux. Melley réagit comme les autres en me voyant arrivé et Tom prit congé.

« C’est ce putain de Théo qui a fait le coup et ton père me tient à l’écart. J’y crois pas en plus c’est moi qui ai trouvé la preuve. MOI ! Et il me renvoie comme ça ! MERDE ! » dis-je

J’abattis mon poing sur la commode. Je me mis à tourner dans la chambre comme un loin en cage disant que j’allais faire la peau au coupable. Je finis par déclarer que j’allais retrouvé Kem quand même mais Melley me retint.








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MessageSujet: Re: Une taupe dans les rangs [pv Lewis]   Dim 12 Aoû - 22:24

Melley se réveilla lentement. Cette fois, elle n'avait rien vu, et elle en fût presque déçue. Elle avait inconsciemment espéré revoir sa mère…Elle ouvrit lentement les yeux, les acclimatant correctement. Elle se sentait toujours aussi fatiguée en fait. Elle regarda partout, s'attendant à voir Lewis, espérant le voir en fait, mais ne le trouva pas. Elle commença à paniquer, imaginant déjà que le jeune homme était parti tuer Théo, alors qu'il n'était même pas sûr que ce soit lui. Alors qu'il risquait de se faire bannir.
Ce fût Tom, l'aubergiste, qui apparut au-dessus d'elle avec un verre d'eau. Il l'aida à se redresser et elle bût goulûment.


-Le médecin a dit qu'il fallait boire pour évacuer plus vite.

Elle acquiesça et répondit :

-Ou est Lewis ?

-Avec votre père. Ils enquêtent, apparemment.

Elle soupira de soulagement. S'il était avec Kem, il ne ferait pas de bêtise. Elle remercia l'aubergiste et se recoucha, sombrant une nouvelle fois dans le sommeil…

Se fût ainsi pendant quelques jours. Elle se réveillait, buvait, parlait avec Lewis ou Kem ou même Tom, puis se rendormait. Elle mangeait aussi, peu, mais mangeait. Et elle en avait marre de ce cercle vicieux. Elle voulait aider son père et son chéri. Elle voulait se rendre utile et non pas rester là, bras croisés au fond du lit. Mais elle avait froid. Et n'avait pas les forces nécessaires pour tenir debout. Mais, heureusement, elle sentait le poison sortir de son corps. Elle buvait, le rejetant, et la fatigue s'éloignait petit à petit. Elle tenait plus longtemps et dormait moins. Kem et Lewis lui faisaient les rapports réguliers, mais elle était sûre qu'ils lui cachaient des choses. Ils ne trouvaient pas de preuves pouvant inculper Théo.

Alors, lorsqu'elle était seule avec Tom, qui ne parlait pas beaucoup, elle réfléchissait. Elle obligeait son cerveau à revivre la bataille, la scène d'après, mais c'était flou. Trop flou. Peut-être n'était-ce pas Théo. Peut-être était-ce fait exprès pour l'accuser. Mais qui ? Personne d'autre que lui l'avait ouvertement insultée. Personne n'avait cherché à s'attaquer à Lewis à part lui.

Quelques jours plus tard donc, elle venait de se réveiller une nouvelle fois lorsqu'elle entendit la porte claquer violemment en bas. Les pas dans l'escalier étaient rageurs et Tom se leva, prêt à tout. Lewis débarqua, en fureur. Elle ne l'avait jamais vu ainsi. Certes, les jours précédents il était énervé de ne rien trouver, mais là, il était réellement en proie à de la rage, une envie de meurtre même. Melley eut même légèrement peur, un instant. Tom prit congé, s'éclipsa discrètement et Lewis explosa :

- C’est ce putain de Théo qui a fait le coup et ton père me tient à l’écart. J’y crois pas en plus c’est moi qui ai trouvé la preuve. MOI ! Et il me renvoie comme ça ! MERDE !

Il frappa la commode qui vibra sous le choc puis fît les cent pas, hurlant qu'il allait le massacrer, en faire de la bouillie, et finalement il déclara vouloir rejoindre Kem. Melley se redressa en position assise, du mieux qu'elle le put avec ses forces faiblardes et cria presque alors qu'il commençait à marcher :

-Non, Lewis.

Il se stoppa net et la regarda, une main tendue vers la poignée de la porte. Melley savait qu'elle devait le retenir. Qu'elle devait le garder près d'elle. Éviter qu'il ne fasse une bêtise aux conséquences désastreuses. Et il fallait qu'elle le fasse avec les mots. Parce qu'elle ne pourrait pas le retenir à la force de ses muscles, ceux-ci étant trop mous pour, avec l'effet du poison, et en plus, dans l'état ou il se trouvait, il risquait d'être bien plus fort qu'elle. La colère décuple les forces, c'est connu.

-Si mon père te dit de rester tu restes. Il va l'interroger, il va tout prendre en considération. La justice sera rendue, il y veillera. Mais là, tu lui compliquerais la tâche. Reste ici. J'ai besoin de toi…

Elle lui fît signe de venir et il s'exécuta, à contre cœur certes, mais il le fît. Il s'installa à ses côtés et la prit dans ses bras. Sentant qu'elle pouvait encore rester éveillée quelques minutes, elle se blottit contre lui, la tête contre son torse alors qu'il lui caressait les cheveux. Elle sentait son cœur battre encore bien trop vite, la colère étant toujours présente.

-Calme-toi, je t'en prie. Cela ne sert à rien. Il n'en vaut pas la peine et c'est peut-être même ce qu'il cherche. T'énerver pour que tu commettes une erreur. Ne rentre pas dans son jeu, s'il te plaît.

Elle caressa machinalement son torse, espérant que cela le détendrait un peu avant qu'elle ne se rendorme. Son corps était à nouveau en proie à la fatigue.

- Si tu veux, défoule-toi sur quelque chose. Même sur moi si tu le souhaite. Crie-moi dessus, frappe-moi…je ne sais pas…mais reste dans cette pièce. Tom ne me dérange pas, mais je me sens mieux lorsque c'est toi qui es ici…

Elle releva la tête pour voir son visage. Visage qui se détendait légèrement. Elle demanda un baiser, qu'il lui donna immédiatement. Ensuite…elle n'eut à nouveau plus assez de forces et se rendormit, priant pour qu'il ne bouge pas…

Trois jours passèrent, ou elle retint Lewis du mieux qu'elle put lorsqu'elle était éveillée. Elle avait même demandé à Tom de rester lorsqu'elle dormait, pour être sûre qu'il ne bougeait pas. Elle savait que Lewis n'aimait pas, mais il fallait l'embrigader pour que sa colère reste intérieure. Parce que l'interrogatoire ne donnait rien. Kem venait de temps en temps, prendre de ses nouvelles et donner les dernières informations. Théo niait tout en bloc. Il ne comprenait pas comment le flacon s'était retrouvé chez lui et insistait sur le fait que c'était un coup monté. Melley était satisfaite. Pas de l'interrogatoire voyons…elle dormait moins. Beaucoup moins. Son corps était certes encore faible, elle n'arriverait pas à se défendre seule, mais elle s'asseyait dans le lit, mangeait, buvait comme il se devait. Elle aidait Lewis à rester calme, aidait son père à envisager d'autres solutions, tentait de se remémorer, pour voir s'il y avait pas un détail qui lui échapperait…

Puis, au beau milieu de l'après-midi, Lewis ne tint plus. Il se leva d'un bond et força Kem à le laisser venir avec lui pour l'interrogatoire. Melley lui fît promettre qu'il ne le toucherait pas. Et le regard qu'elle lança à son père était clair : il était le responsable. Il se devait de maîtriser Lewis le cas échéant. Parce que, Seigneur ou pas, Lewis s'en fichait pas mal ses derniers temps.

Elle avait dit à Tom qu'il pouvait retourner à l'auberge pour la reconstruction et elle se retrouva seule dans la chambre. Se recouchant, elle ferma les yeux, prête à se rendormir. Mais par volonté cette fois. Lorsqu'elle ne savait pas quoi faire, elle se forçait à dormir, espérant revoir en songe la scène et puis parce qu'ainsi son corps reprendrait plus vite des forces.

Les yeux fermés donc, elle se laissa sombrer, écoutant la maison silencieuse…non. Elle n'était pas silencieuse. Un bruit, léger, de pas. Qui ? Lewis ? Kem ? Pour être aussi discret il fallait être un Assassin. Elle garda les yeux fermés pour augmenter son ouïe, et capta les pas qui montaient les escaliers. La porte s'ouvrit d'un coup, lentement, grinçant légèrement et elle rouvrit les yeux.

Dans l'encadrement de la porte se tenait un Assassin. Mais ce n'était ni Kem, ni Lewis. Trop petit pour les deux. Elle se redressa lentement, voulut hurler, mais il bougea si vite, lui plaqua une main sur la bouche si rapidement que son cri s'étouffa. Elle gigota faiblement, voulant retirer cet homme d'elle, mais n'y arriva pas. Sous la capuche, elle vit un sourire satisfait. Et elle comprit. Ce n'était pas Théo la taupe…c'était lui. Mais comment l'avait-il empoisonnée ? Et le flash débarqua. L'Assassin qui voulait l'aider à se relever ! Il n'y avait que lui qui pouvait l'avoir fait. Il mit un bâillon autour de sa bouche, pour qu'elle ne crie pas et commença à attacher ses poignets. Avec ses jambes, elle voulut lui donner des coups de pieds, mais il monta à califourchon sur elle, mettant ses propres jambes sur les siennes, appuyant pour qu'elle reste immobile. Il serra le nœud et descendit sur elle, agrippant ses chevilles. La seconde taupe, qui allait la kidnapper, l'emmener chez Elis…et Lewis qui n'était pas là…et Kem non plus…et elle qui avait renvoyé Tom…quoique, c'était peut-être mieux. Elle n'aurait pas aimé que l'aubergiste se fasse tuer.

Il regarda vers la porte, écouta un instant, puis, souriant toujours, la prit sous les bras, la posa de force sur ses épaules. Malgré les liens, elle tenta encore de se dégager, de se débattre, mais il frappa au milieu du dos, le point sensible chez tout le monde et elle s'immobilisa, paralysée de moitié.

Il voulut ouvrir le volet pour sauter par-dessus le balcon, lorsque la porte derrière eux s'ouvrit. L'homme se retourna et elle fît soulagée de reconnaître Lewis, Kem sur les talons. L'homme sembla hésiter entre l'emmener tout de même ou sauver sa peau et retenter sa chance, et, au final, il la lâcha brutalement et s'échappa par la fenêtre. Kem courut aussitôt pour essayer de l'attraper, laissant Lewis la ramasser et la détacher. Une fois la bouche libre, elle lui dit, alors qu'il coupait les liens de ses jambes :


-C'est celui qui voulait m'aider à me relever. J'en suis sûre !

Elle se releva avec son aide et se rassit sur le lit.

-Théo est innocent, Lewis. Il disait la vérité. Tu lui dois un minimum d'excuses…

Elle disait ça, alors qu'elle avait failli se faire enlever. Mais elle ne voulait pas retomber dans le pathétique. Alors la peur qu'elle avait ressentie, elle la refoulait. Lewis était là. D'ailleurs, pour se donner plus de forces encore, elle se coucha contre lui. Emplissant ses poumons par son odeur, elle lui demanda :

-Comment avez-vous su ?

Kem revint juste à ce moment là, disant qu'il s'était enfui, vérifia qu'elle n'avait rien, et repartit libérer Théo. Non elle n'avait rien a part les marques de liens sur les poignets et chevilles. Mais cela se confondait avec les marques de coup encore visibles par endroit…en plus faible, mais visible…Elle écouta alors Lewis donner ses explications.

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MessageSujet: Re: Une taupe dans les rangs [pv Lewis]   Mer 15 Aoû - 19:20



Vango


Ces trois jours à rester cloitrer chez moi, attendant sans cesse des nouvelles de l’interrogatoire qui ne donnait rien avaient été horribles. J’étais certes près de Melley et comme ça je n’avais pas à m’inquiéter comme lorsque je fouillais l’appartement de Théo mais ça ne m’aidait pas. Je voulais coincer cette ordure de deuxième taupe le plus vite possible. Mais Kem ne s’y prenait pas correctement, il se contentait de poser des questions et lui niait tous. Forcément… Il fallait réussir à le coincer, à le pousser dans ces dernières ressources jusqu’à réussir à lui arracher ses aveux. Sinon ça n’en finirait jamais.
Je finis par réussir à convaincre le grand chef de m’emmener avec lui et je mis ma technique en pratique. Mais je n’y arrivais pas, je m’épuisais pour parce qu’il n’y avait de quoi le coincer. J’avais tout essayé, tous les sujets sur lesquels il pourrait être sensible mais sans aucun résultat. Au bout d’un moment je finis par aller m’adosses à un mur, passant ma main sur mon visage. J’étais fatigué.

« Quand est-ce que tu vas enfin comprendre que c’est pas moi Lewis ? Je suis pas assez con pour planquer ce flacon dans mon oreiller. Personnellement c’est là-dedans que j’aurais fouillé en premier. Un oreiller c’est vite recousue. C’est vraiment trop facile, ta taupe, elle est avec Melley en ce moment et elle la torture. »

Kem lui demanda s’il avait une preuve de son innocence. Il avait raison, c’était beaucoup trop simple. Les Ombres n’auraient jamais envoyé un imbécile pour faire ce travail. Mais je ne voyais pas qui ça pouvait être d’autre. Et puis je me souvins d’un détail, ça faisait un moment que je sentais que j’avais oublié un truc mais je ne savais pas quoi. Maintenant si. Je revoyais clairement cet assassin proposait son aide à Melley. Il n’avait fait que l’effleurer mais pour quelqu’un d’habile, ça suffisait.

« -C’est pas lui. murmurai-je
-Ah bah enfin ! Ca un siècle que je vous le répète ! s’exclama Théo
-Mais enfin Lewis… commença Kem
-Bien sûr que c’est pas moi. T’as enfin pigé. Bravo Lewis, tu as récupérer ton cerveau.
-Ferme la Théo. Sinon coupable ou pas je pourrais très bien te foutre un poing.
-Bah va s’y, essaie pour voir. Mais moi, à ta place, j’irais voir ma petite amie qui est la cible de la taupe qui est toujours en liberté.
-Tom est avec elle.
-Alors il doit le don de dédoublement. »

Théo avait dit ça en désignant la fenêtre à laquelle je tournai le dos du menton. Je me retournai et regardai dehors. En effet Tom marchait tranquillement. J’échangeai un regard avec Kem et nous partîmes tous les deux en courant exactement en même temps. Une fois devant l’aubergiste, nous nous arrêtâmes et je le saisis par les épaules, le secouant comme un prunier.

« -Elle est où Melley ? Elle est toute seules ? Mais putain, je t’avais dit de rester avec elle !criai-je
-C’est elle qui m’a dit que je pouvais y aller. Et puis c’est bon elle va mieux et en plus Théo est en train de se faire interroger, non ? »

Le GRAND chef et moi, nous reprîmes notre course de plus belle, bousculant plein d’assassins au passage. Quand j’ouvris la porte de la chambre je découvris Melley, ligotée et jetai comme un sac de farine sur l’épaule de la véritable taupe. Celle-ci prit la fuite en balançant ma princesse par terre. Pendant que je la libéré Kem partit à la poursuite du fuyard. Elle me dit que c’était celui qui avait voulu l’aider l’infiltré et qu’il faudrait que je présente mes excuses à Théo pendant que je l’aidais à retourner dans le lit et que je la prenais dans mes bras. Ensuite elle me demanda comment on avait su et je lui racontais tout dans les moindres détails alors que Kem repassait pour voir si elle allait bien. Mon récit fini, j’inspectai ses poignets et vis la trace des cordes.

« Hors de question que je lui présente des excuses. Il nous a insulté alors maintenant disons simplement qu’on est quitte. » dis-je

Je l’embrassais légèrement et enfouit mon visage dans ses cheveux. J’avais eu peur. Et je m’étais imaginé toute sorte de choses. Maintenant toute ma rage se redirigeait vers la véritable taupe. Tom débarqua et se planta devant nous.

« -Désolé.
-C’était pas ta faute.
-…
-…
-On pense que ce fils de pute de Vango est sorti du camp.
-Il s’appelle Vango ? Non, il ne ferait pas ça parce que après il ne pourrait plus rentrer. Je suppose que Kem va faire surveiller l’entrée. Et les Ombres n’acceptent aucun échec, vous pouvez me croire. »

Mon ami repartit à la rechercher pendant que je restai près de Melley. Cette fois je n’allais pas faire la connerie de laisser ma colère me submerger pour que je fasse encore une connerie. Une fois, pas deux. J’allais chercher à manger, la laissant deux minutes seules en haut mais écoutant pour repérer le moindre petit bruit suspect. Je passais la suite de l’après-midi le reste de l’après-midi à la chouchouter.
Alors que je dormais calmement, Melley dans mes bras, le chuintement d’une épée qu’on sort d’un fourreau me fit ouvrir les yeux. Le bruit que faisait la jeune femme en sortant de la chambre n’aurait jamais pu me réveiller. Par contre celui d’une arme….C’était l’instinct de survie qui me réveillait. J’attrapais mon poignard que je gardais en dessous du lit, par précaution et je le lançais dans la direction du bruit. La taupe, car ça devait être elle, évita. Je savais très bien que je n’aurais pas réussis à la toucher mais c’était pour me donner le temps d’aller chercher mon épée appuyé contre le mur. Melley c’était réveillé et je la poussais doucement sous le lit. Elle n’était pas en état de se défendre et encore moins de combattre. La pièce n’était éclairée que par la fenêtre qui n’était pas ouverte. Bizarre… Il devait être entré par la porte de derrière, pourtant je l’avais fermé. A moins qu’il l’est prit au cas où, à sa première visite. Rah ! J’aurais dû vérifier.
Je passais à l’attaque mais il se défendait bien. Et je n’avais pas envie d’y passer la nuit alors je choisis de faire un truc pas très correct. J’envoyais un poignard du côté de Melley, détournant assez son attention pour avoir une ouverture. Je réussis à l’exploiter et le blesser à la jambe. Il s’enfuit automatiquement, brisant la fenêtre au passage. Je n’arrivais pas à croire qu’il puisse aller si vite même avec une pareille blessure, surtout à la jambe… Mais je ne pouvais pas laisser Melley toute seule ici pour aller prévenir les autres. Donc où j’attendais ici que quelqu’un vienne ou j’emmenais ma princesse avec moi. La deuxième solution était sûrement la meilleure. Je l’aidais à se remettre debout et lui dis qu’on allait voir son père. De toute façon on ne pouvait plus rester là. L’Ombre avait les clés de la porte de derrière, la fenêtre était brisée.

« Tu vas voir, je vais lui faire la peau. » lui murmurai-je

Puis je me mis à la porter jusque chez Kem. Je lui expliquai ce qui c’était passé et il partit prévenir tout le monde qu’on devait retrouver Vango. J’avais bien vu qu’il se demandait pourquoi il avait essayé de me tuer moi mais il ne dit rien. En attendant, j’installai Melley dans une nouvelle chambre où elle serait plus en sécurité. Je voulus aller aider les autres mais elle me retint. En même temps elle avait raison, il valait mieux que je reste ici avec elle.

« Eh ben, il est tenace ce Vango. » dis-je avec un petit sourire

Je m’installai près d’elle et je l’embrassai longuement. Maintenant il fallait attendre qu’on retrouve cette putain de taupe.






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MessageSujet: Re: Une taupe dans les rangs [pv Lewis]   Mer 15 Aoû - 20:08

Il lui raconta tout l'interrogatoire dans les moindres détails. Théo s'était défendu, prétextant qu'il n'était pas si bête et qu'il n'aurait jamais mis la fiole dans son oreiller. Et Lewis avait lui aussi eu le même flash, ce même détail qui leur échappait depuis toutes ses journées. L'Assassin qui voulait l'aider.
A la fin, il inspecta ses poignets, mais elle ne dit rien. Elle n'allait pas en mourir. En revanche, il fût catégorique : il ne s'excuserait pas auprès de Théo.

Et elle pouvait comprendre ses motivations. Elle n'oubliait pas non plus les insultes qu'il leur avait adressées. Il l'embrassa ensuite et plongea dans ses cheveux. Elle se sentait mieux avec lui près d'elle. Elle avait eu si peur, avec la taupe, si impuissante…parce qu'elle se serait défendue. Elle aurait pu le battre. Mais pas dans son état. Elle avait encore l'impression d'être au ralenti. Même si le poison ne coulait plus dans ses veines. Elle en était à l'étape regagner des forces. Puis Tom arriva pour s'excuser à son tour. Pourtant il n'avait aucune raison. C'était elle qui lui avait dit de s'en aller. Il n'avait fait qu'écouter. Par contre il apporta une information supplémentaire. La taupe se nommait Vango. Et il ne pouvait pas être sorti du Camp car, comme l'avait fait remarquer Lewis, il ne pourrait plus y entrer. Or son but n'était-il pas de l'enlever et voire de tuer Lewis ?

Lorsque l'aubergiste fût parti aider Kem et les autres à fouiller le Camp, Lewis se releva pour aller chercher à manger. Assise dos au mur, elle repensa à ce qui s'était passé. A ce qu'il se serait passé si Lewis et Kem n'étaient pas arrivés à temps. Quand est-ce qu'ils l'auraient remarqué ? Lorsqu'elle aurait été trop loin pour le rattraper ? Comment aurait-elle fait pour s'en sortir ? Elle aurait tout tenté, comme à chaque fois, mais avec la moitié de ses forces, cela aurait été difficile.
Elle mangea avec lui, tranquillement. Elle ne lui avoua pas la peur qui s'était emparée d'elle lorsque l'homme était monté sur ses jambes pour la ligoter. Un instant, elle avait revu Jyffrey, lorsqu'il lui avait gravé sa marque sur le ventre…

L'après-midi s'écoula ainsi calmement, Lewis la gardant serrée dans ses bras, elle s'endormant et se réveillant, mais de plus en plus rarement. Ils s'endormirent même ensemble pour une fois, elle toujours blottie au creux de ses bras, puisant une force inimaginable dans son odeur.

Elle ne rêvait de rien, lorsqu'elle sentit du mouvement à côté. De l'agitation plutôt. Elle avait l'habitude que Lewis bouge en dormant, mais là…
Elle ouvrit les yeux de moitié, embrumée et vit qu'il tenait un poignard. Elle ne comprenait pas. Se redressant, elle suivit le trait de l'arme lorsqu'il la lança, et écarquilla les yeux en voyant Vango, droit comme un I, devant eux. Il évita le poignard, souplement, ce qui laissa à Lewis le temps de prendre son épée et de pousser la jeune femme au sol, lui faisant comprendre d'aller sous le lit. Quoi ? Mais non ! Elle ne voulait pas ! Elle voulut rouspéter, mais il la poussa plus fort et elle se résigna. Cachée sous le lit, elle pestait contre son inutilité. Elle entendait les bruits de combats et priait pour qu'il n'arrive rien à Lewis. Comment l'autre avait-il pu entrer ? Elle serrait les poings à s'en faire mal, fermant les yeux pour mieux entendre. L'acier contre l'acier, les mouvements des pas au sol…et un cri feutré de douleur. Se redressant, oubliant ou elle était, elle se cogna contre le sommier du lit. Jurant elle sortit, se frottant le front et vit juste Vango disparaître, une jambe en sang, brisant la fenêtre de la chambre.

S'aidant du lit pour se dégager complètement, elle se releva de moitié et vit Lewis arriver en murmurant :


-Tu vas voir, je vais lui faire la peau.

Il l'aida à se mettre sur pieds et annonça qu'ils allaient voir Kem. Oui. Mais pourquoi l'emmenait-il ? Elle pouvait rester…enfin…non. Si l'autre revenait, malgré la blessure, elle serait toujours encore incapable de se défendre. Ils sortirent de la maison, elle s'appuyant sur l'épaule du jeune homme, qui la prit sous les bras et la porta jusqu'à chez Kem. Elle aurait pu marcher…mais cela l'aurait ralenti. Se laissant donc une nouvelle fois faire, se maudissant pour son impuissance cuisante, elle écouta Lewis tout déballer à Kem qui envoya des hommes ratisser une nouvelle fois le Camp. Et Melley vit nettement l'interrogation dans ses yeux bicolores. Elle garda un visage neutre. Son père lisait sur son visage comme dans un livre. Et elle ne voulait pas qu'un regard ou un clignement dénonce Lewis contre son gré. Mais si son père comprenait tout seul…elle était fichue, tout autant que le jeune homme.
Ils sortirent et, puisque la maison de Lewis n'était plus très sécurisante, Melley lui dit d'aller chez elle. Avec un peu de chance, Vango ne savait pas ou elle résidait et ils auraient un peu plus de temps. Une fois installée dans sa chambre elle retint Lewis qui voulait partir à la chasse à la taupe.


-Eh ben, il est tenace ce Vango.

Il disait sa en souriant et elle le lui rendit. C'est vrai que deux attaques coup sur coup était risqué de sa part. Mais maintenant…il allait avoir tout le temps de sa guérison pour échafauder un autre plan. Un plan plus élaboré, qui marcherait assurément. Un plan ou ils sombreraient tous les deux. Melley eut l'impression que l'épée de Damoclès se rapprochait dangereusement de sa tête.

Mais elle s'arrêta de penser lorsque Lewis s'installa près d'elle et l'embrassa pleinement. L'onde de paix la traversa à nouveau de part en part, celle qui balayait tous les soucis d'un revers de lame. Lewis gardait ses mains sur ses hanches mais elle ne se privait pas de caresser son torse même à travers les vêtements.

Lorsqu'il la relâcha, elle prit une grande inspiration, souriante et dit :


-Il va revenir.

Très bête de dire ça, puisque Lewis le savait aussi. Baissant les yeux elle continua :

-Mais j'ai peur que cette fois il ne réussisse. Alors je vais reprendre toutes mes forces le plus vite possible. Je vais m'y forcer. Pour ne plus être si impuissante et pouvoir me défendre.

Puisqu'ils étaient confinés, elle pourrait faire des exercices chez elle. Dès à présent elle pouvait le faire. Oui, maintenant était bien aussi. Alors elle se leva, retint Lewis qui voulait l'aider, et équilibra ses jambes. Prenant son souffle, elle détacha ses mains du mur et resta immobile, attendant de voir si ses jambes ploieraient sous elle ou non. Mais non. Elles tremblèrent, mais ne cédèrent pas. Souriante, elle oublia Lewis et commença à étirer chacun de ses muscles, avec toute la souplesse et l'agilité de son rang, hérités de son apprentissage. Bien sûr à chaque mouvement elle avait mal, elle n'était pas aussi rapide qu'avant, mais ses souffrances étaient nécessaires. Elle n'avait pas le temps de rester au lit. Pas le temps ni l'envie.

Elle souriait entre deux grimaces de douleur. Ses muscles criaient grâce, voulait qu'elle arrête la torture, mais c'était nécessaire à son rétablissement.
Elle voyait aussi que Lewis se retenait de venir l'aider, mais il ne devait pas. Elle était essoufflée, avait mal, s'en fichait. Vango devait payer. Kem devait le tuer pour trahison. Et avant ça…elle lui poserait les questions et lui ferait subir un interrogatoire sanglant.

Mais au bout d'un moment, et elle s'y attendait, ses jambes se refusèrent à elle et elle s'écroula de moitié, se retenant au bord de son lit. Se rasseyant dessus, elle sentit les bras de Lewis l'enlacer. Elle frissonna de plaisir, malgré son essoufflement et lui dit :


-Et ainsi de suite. Je serais sur pieds en moins de deux.

Elle l'embrassa à son tour à pleine bouche, mêlant ses mains dans ses cheveux, le plaquant contre elle. Elle espérait que Vango ne réapparaisse pas avant longtemps.

Ainsi ils pourraient prévoir et contrer plus facilement. Toujours avoir un coup d'avance sur son adversaire. Toujours.

******

(Il n'y a plus Melley ou Lewis, c'est Vango)

Il jurait, installé confortablement dans sa planque. L'autre idiot l'avait blessé. Cela allait mettre des jours à guérir. Mais cela lui laissait le temps d'échafauder quelque chose. Et de se faire légèrement oublier, de faire redescendre la méfiance. Un plan ou il réussirait à enlever la fille pour ses Maîtres. Et à tuer la première taupe s'il y arrivait. Il eut un sourire en coin. Les rumeurs circulaient vite…s'il parvenait à inculper l'autre….il en serait débarrassé. Et, une fois l'autre éloigné, il devrait vite s'occuper de la fille…avant qu'elle aussi ne soit accusée de complicité. Parce que ses Maîtres étaient clairs : ils la voulaient en vie. Amochée oui, mais en vie. Et lui, Vango, se promit d'y parvenir.

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MessageSujet: Re: Une taupe dans les rangs [pv Lewis]   Mar 21 Aoû - 18:28



Iris



J’avais tout de suite détesté l’idée que Melley se pousse ainsi à bout avec ses exercices. Ça ne me plaisait pas de devoir la regarder se faire souffrir comme ça. Parce que je voyais très clairement ses grimaces de douleur. Et je n’arrivais pas à supporter, je me tendais un peu plus à chaque fois. Heureusement qu’elle arrêta parce que sinon je l’aurais obligé à se recoucher. Quoiqu’en la voyant s’écrouler à moitié par terre, ça m’avait encore plus donner envie de me lever pour aller la chercher. Mais elle était revenue toute seule, comme une grande, comme pour me prouver qu’elle n’était pas faîte en porcelaine. Je la pris dans mes bras comme d’habitude et je me mis à lui raconter des histoires tellement débiles qu’elles la faisaient rire. Je voulais lui faire oublier Vango. Et tous les Ombres d’ailleurs. Je ne voulais plus en entendre parler avant longtemps. Je les avais eu sur le dos pendant des années et puisque maintenant j’avais enfin trouvé une raison de m’en détacher je n’allais pas à laisser passer. Que je risque ma vie ou non.
Nous restâmes donc tranquille jusqu’à la fin de la journée et j’allais préparer le diner lorsqu’on toqua à la porte. J’allais ouvrir et je tombais sur Kem.

« -Bonjour, vous venez voir Melley ? dis-je en souriant
-Oui mais il faut aussi que je te parle à toi. »

Il m’avait répondu si froidement que je ne répondis rien. Je le suivis jusque dans la chambre, droit comme un piquet. Je m’attendais au pire. Il pouvait très bien avoir attrapé Vango et celui-ci m’aurait dénoncé. Et maintenant il venait me chercher pour me juger moi aussi. En tout cas si c’était le cas je ferais en sorte de tenir Melley à l’écart de tout ça. Je pourrais toujours inventer un mensonge pour expliquer qu’elle n’était au courant de rien. Même si je doute qu’elle se laisse faire. Vu son caractère c’est elle qui voudrait me protéger.

« -Il y a une rumeur qui s’est répandu dans le camp, Lewis. Elle dit que tu es une taupe pour les Ombres. » dit Kem après avoir salué sa fille

Je la vis se raidir un peu mais moi je restai naturel, je ris légèrement puis je plantai mon regard dans celui de l’assassin.

«-Kem, vous n’allez quand même pas croire cette connerie. Vango est encore dans le camp, il est très bien possible qu’il l’ait répandu pour semer la zizanie.
-C’est très bien possible mais nous ne pouvons être sûr de rien alors un conseil, reste tranquille et surtout ne te mêle pas des recherches. Restes enfermer ici. Je m’occuperais de vous ramener des vivres et tout ce dont vous avez besoin. »

Puis il sortit rapidement et je me laissais tomber sur un fauteuil. La situation empirait. Bientôt je serais vraiment soupçonner. J’allais chercher le repas puis je l’apportais à Melley qui semblait encore plus inquiète que moi. Je la rassurais en la regardant manger. Personnellement, je n’avais pas faim du tout. Je la regardai s’endormir, pour une fois qu’elle y arrivait avant moi. Puis je fis de même en la serrant doucement dans mes bras.
Le lendemain je fus réveiller par elle qui faisait ses exercices. J’étais encore endormie et je ne pus me retenir de me lever et de l’attraper. Je la soulevais et la déposais sur le lit.

« Pas dès le matin, tu m’en demandes trop. » gromelai-je

Puis je fermais les yeux, la tête sur le ventre de Melley, le serrant dans mes bras comme si c’était mon doudou. Je souris un petit peu.
Plus tard, alors qu’elle avait enfin pu le sortir du lit et que nous déjeunions tranquillement on toqua de nouveau à la porte. Mais cette je n’eus même pas le temps de me relever qu’une femme et une petite-fille entrèrent. Celle qui semblait être la mère de l’enfant et qui me disait vaguement quelque chose me poussa la petite dans les bras et me tendis un sac.

« Tiens. Je ne sais pas si tu te souviens de moi de on a couché ensemble et ça c’est ta fille. Elle s’appelle Iris et elle a 6 ans. J’ai quelques problèmes alors je ne te la confie jusqu’à ce que ça aille mieux. » dit-elle avant de tourner les talons

Je restais bouche bée quelques secondes alors que la tartine de Melley restait en suspend parce qu’elle tout aussi surprise n’arriver pas à bouger.

« Je… Mais attends ! C’est quoi ce délire. Comment tu peux débarquer comme ça et me la confier. m’exclamai-je
-Comme toi tu as réussis à me mettre en cloque et à m’abandonner en me donnant seulement le prénom que tu voulais pour ta fille. Et bah voilà. Elle s’appelle Iris et pour me remercier tu vas la garder un peu. Allez, bye bye.
-Mais tu viens la chercher quand ?
-Va savoir. »

Tout semblait immobile jusqu’à ce que je tourne la tête vers la gamine qui qui me fixait avec de très grands yeux verts. Exactement comme les miens aujourd’hui. Elle devait les avoir pers. Elle me ressemblait beaucoup mais elle avait les longs cheveux châtains et lisses de sa mère qui venait de disparaître d’un coup.

« -Je peux vous appeler papa ? demanda-t-elle d’un coup
-Euh… Bah…
-Bon d’accord papa et c’est qui elle ? dit-elle en fixant Melley
-C’est ma petite-ami, elle s’appelle Melley.
-Ah. Je peux prendre un croissant s’il te plaît papa.
-Oui, bien sûr. »

Je m’assis à côté de ma princesse alors qu’Iris s’installait calmement en face de nous deux. Elle était vraiment super mignonne et bien élevée contrairement à sa mère de ce que j’en avais vu. Ensuite elle nous demanda si elle pouvait aller se reposer un peu du salon parce que le voyage avait été long. J’acquiesçai puis quand elle fut sortie de la pièce je me tournai vers Melley.

« Je suis vraiment désolé de t’imposer ça mais je n’étais vraiment pas au courant. Je vais faire réparer la fenêtre de ma chambre très rapidement et changer toutes les serrures, c’est plus grand chez moi et puis je ne veux pas t’imposer ma… Fille… Et puis croit pas ce qu’a dit sa mère, j’ai dû lui donner de l’argent pour l’aider un peu. Je suis désolé de te faire subir ça, ça doit être gênant. »

Iris réapparut en se mordillant la lèvre avec un air adorable qui me fit sourire. Je lui fis signe de s’approcher et je la pris sur mes genoux. Si je devais jouer le rôle de père pendant quelques temps, autant que je le joue bien.

« -Tu as besoin de quelque chose ? demandai-je
-Maman, elle m’a dit que tu n’étais pas très gentil et qu’il fallait que je reste dans une chambre mais moi j’ai peur de m’ennuyer et puis t’as pas l’air méchant.
-Je ne le suis pas. Elle dit ça juste parce qu’elle m’en veut un peu mais c’est pas grave.
-D’accord. Melley, tu veux bien jouer avec moi à la princesse. J’aime bien me déguiser et comme ça je pourrais te coiffer. Et Lewis il sera le gentil chevalier qui nous protégera. »

Je vis la jeune femme essayait de trouver une excuse et bredouiller qu’elle n’avait pas de robe. Ce qui était faux. J’allais chercher celle que j’avais remarquée dans son dressing et que Kem avait ramenée ici et je la tendis à Iris qui s’émerveilla. Melley fut donc obligé d’aller se changer pendant que ma fille et moi allions attendre dans le salon et que j’aidai la petite à enfiler une robe rose pâle et volumineuse. Je lui mis son diadème. Quand ma princesse à moi entre je relevai la tête et je restai bouche bée, encore une fois. La gamine sauta sur ses pieds et poussa un petit cri joyeux et admiratif. Puis elle se mit à la coiffer en racontant plein de choses sur sa vie alors que je souriais en les regardants faires. Finalement, avoir Iris avec nous ne serait peut-être pas aussi terrible que je l’avais prédit. Je finis par attirer la jeune femme à moi et je l’embrassais alors que la gamine lâcha un grand « ouh ». Et là, Kem entra.
Il n’avait pas frappé et il se figea sur le seuil. Il fixa Iris qui fit de même.

« -Qui est-ce ? demanda-t-il
-C’est ma fille. »

Il me regarde puis passa à Melley avec un regard interrogateur. Ça allait être animé…









Dernière édition par Lewis Elensar le Mar 21 Aoû - 21:12, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Une taupe dans les rangs [pv Lewis]   Mar 21 Aoû - 19:37

Melley reprenait lentement son souffle, collée à Lewis qui racontait toutes sortes d'histoires plus extravagantes les unes que les autres. Et cela l'amusait. Elle riait, oubliant tous leurs ennuis. Elle était si bien là, enfouie dans les bras de Lewis, écoutant sa voix, écoutant ses histoires…Même les douleurs dues aux exercices s'étaient atténuées. Le reste de la journée défila ainsi, tranquillement, sans qu'ils ne se séparent de plus de deux centimètres l'un de l'autre. Au moment où Lewis quittait le lit pour préparer leur repas, quelqu'un toqua à la porte. Melley redevint d'un coup sérieuse. Avaient-ils retrouvés Vango ? Avait-il agit et semé le trouble ? Elle voulait savoir et en même temps, appréhendait la nouvelle.

Kem arriva donc bien vite dans la chambre, la salua comme à son habitude, lâchant un petit sourire en la voyant assez rétablie déjà, mais son air ne la trompa pas. Elle le connaissait, son père. Comme si elle l'avait fait. Son regard était froid et ses muscles tendus à blocs. Il n'était pas simplement là en qualité de père, mais surtout en tant que Seigneur.


-Il y a une rumeur qui s’est répandu dans le camp, Lewis. Elle dit que tu es une taupe pour les Ombres.

Melley se tendit imperceptiblement, se retenant à la dernière seconde de déglutir, ce qui aurait signé leur arrêt de mort. Une rumeur ? Ohh non … pas ça. Pas maintenant. Mais heureusement, Lewis resta imperturbable, ne montrant rien qui puisse le condamner. Il répliqua, nonchalamment, disant que c'était Vango qui semait la zizanie pour se faire oublier. Après, Melley comprit juste que Kem les enfermaient là, dans sa demeure, et qu'il viendrait personnellement leur amener des vivres et tout ce dont ils auraient besoin.
Lewis attendit que la porte soit refermée sur Kem pour se laisser tomber dans le fauteuil près de la fenêtre. Melley restait immobile, serrant les draps sans qu'il ne le voie. Ils étaient coincés. La rumeur allait se fonder, Kem trouverait des preuves, assemblerait les morceaux du puzzle, comprendrait…et il devrait tuer Lewis, tout comme il devrait la tuer, elle. Et elle ne voulait pas. Elle ne voulait pas que Lewis disparaisse. Elle ne voulait pas que son père soit obligé de tuer sa fille. "Tu es tout ce qu'il lui reste". Les mots de sa mère résonnèrent en elle. Il serait brisé, s'il apprenait qu'elle couvrait une taupe. Mais elle continuerait. Elle avait promis à Lewis qu'il ne se ferait pas tuer. Que les Ombres ne le retrouveraient pas. Et elle avait pour principe de tenir ses promesses.

Alors qu'elle était songeuse, son Assassin d'amour était allé chercher de quoi manger et s'était installé près d'elle. Il tenta vainement de la rassurer alors qu'elle mangeait un peu. Elle n'avait pas faim, mais se forçait pour reprendre plus vite des forces. Son père avait interdit à Lewis de continuer les recherches. Pas à elle. Alors elle trouverait Vango et réclamerait justice et explications. En plus, cela ne la faisait pas sortir du Camp. Elle ne trahirait donc personne.
Et, toujours blottie contre Lewis, sentant son cœur battre dans sa poitrine, elle s'endormit, avant lui cette fois. Les cauchemars vinrent un peu plus tard…

Melley ouvrit les yeux. Quelques rayons passaient à travers le volet de sa chambre, annonçant une nouvelle journée. Heureusement, elle ne se souvenait pas des rêves qu'elle avait fait, et aucun d'eux n'avait été assez violent pour la réveiller. Toujours contre Lewis, elle sourit en le voyant si tranquille, là, endormi, et se détacha lentement de lui. Assise au bord du lit, son corps s'éveilla. Les muscles hurlèrent de douleur à chaque mouvement. Les mettant en sourdine, elle se leva, ajusta son équilibre, se maudit une bonne centaine de fois d'être si faible, et recommença ses exercices et échauffement, comme la veille. Cette fois, ce n'était plus juste une question de pouvoir se défendre face à Vango qui la motivait. C'était la menace qui s'était encore alourdie sur les épaules de Lewis. C'était ce danger, si proche et si lointain, ce risque qui planait au-dessus d'eux. Elle parvint à faire bien plus de choses que la veille, son corps acceptait mieux l'entraînement forcé, mais elle respirait de nouveau comme une forge et ses jambes flageolaient, menaçant de céder sous son poids.

Alors qu'elle étirait un bras, Lewis se leva du lit et l'attrapa, la soulevant de terre et la recouchant à ses côtés en grommelant, endormi :


-Pas dès le matin, tu m’en demandes trop.

Elle sourit alors qu'il posait sa tête sur son ventre, refermant les yeux, la serrant entre ses bras, pour l'empêcher de se relever avant qu'il ne donne son feu vert. Mais elle ne voulait plus se rendormir alors, tendrement, elle caressa ses cheveux, le laissant repartir vers son monde, son monde de rêve ou, elle en était sûre, il se revoyait avec Céleste.

Melley était contente. Elle mangeait son petit-déjeuner, assise en face de Lewis. Elle avait réussi, tant bien que mal, à descendre les escaliers et s'asseoir à la cuisine. Mais elle était fière, parce qu'elle l'avait fait sans qu'il ne la tienne ou ne l'aide. Sa main s'arrêta en pleine course lorsque des coups retentirent à la porte. Porte qui s'ouvrit avant même que le jeune homme puisse se lever. Porte qui s'ouvrit sur une femme et une fillette, d'environ…cinq ou six ans. La femme qui semblait être la mère, vu la ressemblance, jeta un sac à Lewis en disant :


-Tiens. Je ne sais pas si tu te souviens de moi de on a couché ensemble et ça c’est ta fille. Elle s’appelle Iris et elle a 6 ans. J’ai quelques problèmes alors je ne te la confie jusqu’à ce que ça aille mieux.

Melley écarquilla les yeux, sa tartine toujours suspendue entre la table et sa bouche. C'était quoi cette histoire encore ??!! Lewis demanda des explications, voulu se défiler, mais la femme lui cloua le bec et s'en alla, ne donnant aucune période, aucune date. Melley ne savait pas quoi dire. Ils venaient de recevoir une …fillette de six ans…avec tous leurs ennuis ! Et Melley ne s'était jamais vue dans la peau d'une mère. Elle ne savait pas quoi faire. Elle regarda Iris, puisqu'elle se nommait ainsi, regarda ses yeux verts, comme ceux de son père, ses longs cheveux châtains, hérités de sa mère. Elle avait un visage d'ange, curieux et attentif.

Elle commença à parler, appelant Lewis "papa", demandant à connaître l'identité de Melley. Lewis s'en chargea. Melley était ultra-gênée. Elle ne savait pas quoi faire, quoi dire. Elle sentait qu'elle avait l'air idiot, là, alors elle reposa sa tartine. Iris s'installa en face d'eux et demanda un croissant que Lewis lui tendit. Elle avait de bonnes manières, était polie et gentille. Heureusement. Si le contact pouvait passer correctement entre elles, se serait mieux. Melley ne saurait pas comment réagir si Iris venait à montrer un autre visage avec elle, puisqu'elle n'était pas sa mère. Son amie Lunia lui avait parlé, il fût un temps, de ses familles recomposées, ou l'enfant d'un des parents n'acceptait pas le partenaire, pensant que ce dernier lui volait son parent. Iris pouvait réagir ainsi, mais pour l'heure, elle était souriante, gentille et polie. Elle alla se reposer au salon et, restés seuls, Lewis prit la parole :


-Je suis vraiment désolé de t’imposer ça mais je n’étais vraiment pas au courant. Je vais faire réparer la fenêtre de ma chambre très rapidement et changer toutes les serrures, c’est plus grand chez moi et puis je ne veux pas t’imposer ma… Fille… Et puis croit pas ce qu’a dit sa mère, j’ai dû lui donner de l’argent pour l’aider un peu. Je suis désolé de te faire subir ça, ça doit être gênant.

Melley lui sourit et lui dit, calme :

-Tu ne m'imposes rien du tout. Nous resterons ici. Vango sait ou tu habites et même si tu fais tout changer, il trouvera le moyen d'entrer. Et je ne voudrais pas qu'il arrive quelque chose à…Iris.

Il n'eut pas le temps de répliquer que la petite réapparaissait, se mordant la lèvre, n'osant apparemment pas demander quelque chose. Elle s'installa sur les genoux de Lewis lorsqu'il le lui indiqua, et Melley ne put que les trouver mignons. Elle n'avait jamais imaginé Lewis en père et là…il était craquant et elle fondait littéralement. Mais attention ! Elle n'était pas encore prête à avoir un enfant. Pas encore. Pas avec tous les dangers qui pesaient. Pas avec le risque d'être exécutée pour complicité.

Plongée dans sa contemplation, elle n'entendit pas les premières paroles du jeune père et de sa fille, mais elle entendit nettement la dernière requête :


-D’accord. Melley, tu veux bien jouer avec moi à la princesse. J’aime bien me déguiser et comme ça je pourrais te coiffer. Et Lewis il sera le gentil chevalier qui nous protégera.

Melley haussa les sourcils. Jouer à quoi ? Elle cligna des yeux, chercha rapidement une excuse, bredouilla qu'elle n'avait pas de robes…mais Lewis se leva, tous sourires, et alla récupérer la fameuse robe bordeaux que son père avait rapportée. Elle le remercia entre les dents. Elle n'avait jamais joué à la princesse. Et sentait qu'elle allait être ridicule, aussi bien dans la robe qu'en train d'y jouer. Elle se força donc à sourire et se leva, masquant le tremblement de ses jambes et se dirigea vers la salle de bain. Lentement, elle enfila la robe, se sentant de plus en plus ridicule et idiote dedans. Elle avait juste regardé son corps et avait constaté que les marques de coups n'étaient plus que de vagues souvenirs qui se résumaient à quelques auréoles. Elle ferma la robe et se contempla dans le miroir.

Elle avait un fameux décolleté, qui laissait découvrir la naissance de ses seins tout en les rehaussant, descendait finement sus ses hanches, les dessinant, puis s'élargissant un tout petit peu au niveau des cuisses. Elle était jolie, mais Melley n'était pas à l'aise dedans. Prenant son courage à deux mains, ce n'était pas ça qui allait lui faire peur avec ce qu'elle avait déjà affronté, elle sortit de la pièce et rejoignit Lewis et Iris, qui était elle aussi vêtue en princesse, un diadème ornant ses jolis cheveux. Melley s'autorisa à sourire en voyant la mine ahurie de Lewis. Si elle lui plaisait….cela l'aiderait encore plus à rester dedans…Iris cria presque d'admiration et la força à s'installer, passant derrière elle, accessoires en main. Elle commença à la coiffer tout en racontant des passages de sa vie. Ou elle vivait, ses amis, ennemis, tout. Melley se demanda ce qu'elle trouvait à coiffer, puisqu'elle n'avait pas les cheveux super longs encore mais se laissa faire.

Et elle eut droit à sa récompense. Lorsque Iris s'éloigna pour ranger, Lewis s'approcha d'elle, l'attira à lui et l'embrassa amoureusement. Elle ferma les yeux, n'entendant pas le "ouh" de la jeune enfant, savourant, profitant, tout simplement. Elle oublia même qu'elle était en robe, qu'elle venait de se faire coiffer par la fille de son amour jusqu'à ce que la porte se referme sur Kem qui se figea, demandant à Lewis qui était Iris.

"C'est ma fille". Réponse claire et nette, qui laissa Kem abasourdi. Il regarda Lewis puis la regarda elle, interrogateur. Interrogateur tant au niveau de sa tenue que d'Iris, sans doute. Melley se sentit rougir, baissa la tête et répondit :


-Je...oui…c'est sa fille…elle est venue tout à l'heure…sa mère a juste besoin que Lewis la garde quelques temps…et pour la robe c'est…pour faire plaisir à Iris.

Elle sourit en coin et regarda l'expression de son père. Pas changée, sauf une étincelle de fierté au fond des yeux. De fierté ??
Il se pencha vers elle et murmura pour qu'elle seule l'entende :


-La robe te va à ravir, ma puce. Tu ressembles à ta mère…

Elle perdit son sourire, lorsque la voix de son père fût nostalgique. Elle joua avec ses doigts alors qu'il se redressait et reprenait à voix haute, masquant habilement toute émotion :

-Toujours pas de traces de lui. Les recherches continuent et vous ne sortirez pas de cette maison. Cette enfant et sous votre responsabilité. Je ne veux pas savoir le fond de l'histoire, je pense déjà savoir, te connaissant, Lewis. Occupez-vous en bien jusqu'au retour de sa mère. Lewis, viens juste avec moi je te prie.

Et il repartir aussi sec, Lewis le suivant, l'air inquiet. Melley s'inquiéta tout de suite. Voilà. Il ne s'était pas fâché, mais lui cachait la vérité. Il allait enfermer Lewis, l'accusant de trahison et il serait exécuté dans les jours à venir.

Elle sourit à Iris et, faisant un effort pour paraître totalement confiante et à l'aise avec elle, lui demanda :


-Tu veux faire quelque chose d'autre maintenant ? Tu es fatiguée, tu pourrais aller reprendre quelques forces.

La fillette la regarda et d'un coup, elle perdit son air innocent et charmeur. Son visage se fît plus dur et elle répliqua méchamment :

-Pourquoi t'as volé papa à maman ?

Melley ouvrit la bouche, n'arriva pas à parler et la referma, éberluée. Le comportement d'Iris venait de changer du tout au tout. Était-ce ainsi que débutait les conflits, comme le racontait Lunia ?

-Je…je ne l'ais pas volé je…je ne savais pas qu'il avait connu ta maman.

La porte se rouvrit à cet instant sur Lewis et Iris redevint l'adorable enfant de six ans qu'elle était. Melley ne dit rien, laissa Lewis emmener sa fille dans la chambre pour qu'elle se repose, ce qu'elle fît docilement, et redescendit quelques minutes plus tard.

-Qu'est-ce que mon père te voulait ?

Son silence était pesant et elle s'inquiétait. Alors, elle attendit qu'il parle, se jurant de ne rien dire à propos de l'attitude de sa fille. Il pouvait très bien dire que Melley cherchait juste à se débarrasser d'Iris par jalousie ou autre, alors que c'était entièrement faux…

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MessageSujet: Re: Une taupe dans les rangs [pv Lewis]   Mer 22 Aoû - 20:07



Je l'aime pas, papa



Je suivis Kem, cachant mon inquiétude à la perfection. J’avais peur qu’il me dise que la rumeur était vraie, qu’il devait m’arrêter. Il faudrait que j’arrive à parler à Melley pour lui dire de ne pas avouer qu’elle me couvrait. Et puis la pauvre Iris, elle aurait à peine retrouvé son père qu’elle le verrait se faire exécuter. Et puis sa mère dont je n’arrivais pas à retrouver le prénom serait sûrement introuvable. En tout cas, elle avait l’air de bien s’en occuper malgré ses problèmes. La petite était bien élevée, calme et avait l’air d’un petit ange. Tant mieux, je n’aurais pas à m’inquiéter quand elle repartira avec sa maman.

« Tu crois vraiment que c’est le moment de retrouver ta fille Lewis ? » demanda Kem

Ah ! Alors c’était d’Iris qu’il voulait parler ! Ben alors tout aller bien. Enfin non. C’est vrai que sa mère avait vraiment choisi le mauvais moment pour me l’emmener parce que mes problèmes devaient être bien pire que les siens. Si ça se trouve, elle n’en avait même pas. Elle l’avait peut être juste abandonnée chez moi pour aller vivre sa vie tranquillement sans gosse dans les pattes. Il faudrait que je trouve un moyen pour la retrouver. Cette petite fille avait vraiment l’air gentille mais je n’avais pas besoin d’elle pour me gêner.

« -J’étais pas au courant. Je sais très bien qu’elle ne devrait pas rester mais sa mère s’est tirée tout de suite sans me dire où elle allait et quand elle viendrait la chercher. J’allais quand même ne pas mettre Iris à la porte. dis-je
-Et Melley ? Ça ne la dérange pas de jouer les mamans ? Surtout que ça pourrait mal se passer.
-Bah ça je connais, avec mon beau-père, ça été la guerre. Je le haïssais mais ne vous inquiétez pas je ferais en sorte que ça aille bien. Et je m’en occuperai comme il faut.
-En tout cas ne la laisse pas sortir non plus. Et surtout ne va pas faire de bêtises parce que tu trouves les recherches trop longues. L’atmosphère est tendue dans le camp et un rien pourrait faire accuser n’importe qui à la place de Vango. Ou avec. J’ai pas envie que ma fille te perde.
-Oui, je ne bougerais pas. Promis.
-D’accord. Au revoir. »

Je le saluais d’un signe de tête puis j’allais chercher Iris et je l’emmenais dans la chambre histoire qu’elle puisse s’installer et faire une petite sieste.

« -Alors, ça te plait ici ? demandai-je
-Oui, c’est bien. Mais c’était qui le grand monsieur ?
-C’était le papa de Melley. D’ailleurs tu l’aimes bien ?
-…
-…
-Pourquoi tu as laissé maman toute seule pour venir avec elle. Elle pas aussi qu’elle.
-Disons qu’avec ta maman on ne s’aimait pas vraiment, d’accord ?
-Et tu aimes Melley ?
-Oui. Alors j’aimerais bien que tu sois gentille avec elle.
-Mais je ne l’aime pas Papa !
-Tu sais, moi aussi j’ai été dans ta situation quand j’étais petit. Et je peux t’affirmer que si tu fais des efforts elle finira par te plaire. Tu veux bien faire ça pour moi s’il te plaît ?
-Hum…
-Hum ?
-D’accord.
-Bon. Maintenant je vais te laisser te reposer. »

C’est bien ce que je craignais, elle n’acceptait pas Melley. Ça allait être compliqué. Surtout que j’étais sûr que ma princesse ne dirait rien quand Iris sera méchante avec elle. Je redescendis avec une mine soucieuse sur mon visage et ma petite-amie du croire que c’était à cause de son père car elle me demande ce qu’il m’avait dit.

« Il m’a simplement dit qu’Iris n’était pas arrivé au bon moment. Je ne sais pas si elle t’a dit quelque chose de pas sympa mais elle m’a promis d’être gentille avec toi. Enfin, tu sais les promesses d’enfant, la plupart du temps, elles s’envolent deux secondes après avoir été prononcées. » dis-je

Puis je la pris dans mes bras avec un petit sourire. Rah ! Elle était vraiment superbe dans cette robe. Mes mains glissèrent le long de ses hanches.

« Ah ! J’étais sûr qu’elle t’irait à merveille. Dès que je peux sortir, on ira t’en acheter d’autres. Que tu le veuilles ou non. C’est beaucoup mieux que tous tes pantalons. » murmurai-je

Je l’embrassai doucement, parcourant le tissu bordeaux du doigt. J’avais envie de lui enlever cette robe qui lui allait si bien maintenant. Et tout ce qu’elle avait sur elle. Mais il fallait aussi penser à Iris, juste au-dessus. Les gosses, ce n’était vraiment pas mon truc…







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MessageSujet: Re: Une taupe dans les rangs [pv Lewis]   Mer 22 Aoû - 21:51

- Il m’a simplement dit qu’Iris n’était pas arrivé au bon moment. Je ne sais pas si elle t’a dit quelque chose de pas sympa mais elle m’a promis d’être gentille avec toi. Enfin, tu sais les promesses d’enfant, la plupart du temps, elles s’envolent deux secondes après avoir été prononcées.

Melley détourna légèrement le regard. Son père s'inquiétait pour la petite ? Normal en fait. Maintenant qu'elle était dans le Camp, il en avait aussi la responsabilité, tout comme il était responsable de chaque Assassin vivant et respirant sur le Royaume.
Comment avait-il deviné qu'Iris changeait lorsqu'elles étaient seules ? Promis d'être gentille…oui Lewis comme tu dis, les promesses d'enfants ne valent pas grand-chose. Mais Melley se força à sourire. Elle ne se voyait pas en mère, ne savait pas comment s'y prendre avec les gosses, et Iris débarquait. Elle le ferait, tenterait de jouer le rôle comme il le fallait, mais si Iris ne l'aidait pas ou n'y mettait pas du sien, cela allait être super dur…d'autant plus qu'elles n'avaient aucun lien, toutes les deux. Et Melley ne voulait pas faire souffrir Lewis. Il venait de trouver sa fille. Même s'il ne s'y attendait pas, il devait tout de même ressentir quelque chose, au fond de son être. Il devait ressentir ce lien père/fille qu'elle-même ressentait avec le sien. Le père qu'elle avait rencontré à dix-huit ans, le père qui était devenu son Maître. Leur relation était énorme et elle souhaitait que Lewis partage cela avec Iris. Même si elle n'était pas la mère…D'ailleurs, en aurait-elle un jour ? Avec son nom, son destin, son histoire, se serait de la folie que d'en avoir…parce qu'ils souffriraient trop…


Elle fût tirée de ses pensées par Lewis qui la prit dans ses bras. Elle sourit, heureuse de se retrouver avec lui. Elle rougit lorsqu'il glissa ses mains sur ses hanches. Rougit de plus belle lorsqu'il murmura :

-Ah ! J’étais sûr qu’elle t’irait à merveille. Dès que je peux sortir, on ira t’en acheter d’autres. Que tu le veuilles ou non. C’est beaucoup mieux que tous tes pantalons.

Puis il l'embrassa lentement. Elle ferma les yeux, se laissant totalement fondre, mettant ses mains autour du cou de Lewis. Elle grimpa presque sur ses genoux, sentant parfaitement l'excitation grandir chez son Assassin d'amour. Seul détail qu'elle oubliait : Iris qui dormait non loin et risquait de débarquer au mauvais moment…
Elle continua le baiser, faisant grimper d'un cran supplémentaire le désir. Elle avait retrouvé des forces. Le poison était loin maintenant, ce n'était plus qu'une question de jours pour qu'elle retrouve toutes ses aptitudes physiques. Elle descendit sur le torse du jeune homme, passant sous son haut, caressant sa peau. Se détachant, elle se mordit la lèvre et commença à déboutonner la chemise. Et à ce moment-là, une voix jaillit :


-Papa…qu'est-ce qu'elle te fait ?

Melley sursauta, se jeta de côté et remit tant bien que mal le haut de sa robe droite, pour ne pas dévoiler plus de poitrine que nécessaire. Elle était complètement gênée. Le ton d'Iris avait été normal, mais lorsqu'elle la regarda, l'étincelle dans les yeux de la fillette ne la trompa pas. Elle lui en voulait et ne l'aimait pas, promesse ou non. Lewis à côté refermait les quelques boutons qu'elle avait ouvert. La petite s'approcha, regarda Melley, lui faisant comprendre qu'elle devait partir. Melley déglutit, réfléchit, se dit que ce n'était pas une fille de six ans qui lui dicterait sa conduite, fût prête à répliquer, mais se retint et finit par obéir, se levant doucement. Ne vous y trompez pas. Elle le faisait pour Lewis. Elle sourit, espérant que ses yeux ni rien d'autre ne crie ses véritables émotions à Lewis et alla dans la salle de bains, laissant le père et la fille discuter. Lewis ne devait pas la gronder. Melley s'en voudrait qu'il la fasse passer avant sa fille…

Devant la glace, elle défît la coiffure qu'Iris avait fait, relâchant ses cheveux qui allaient aux épaules, enleva le peu de maquillage, retira la robe, la pliant doucement. Renfilant pantalon et chemise, se sentant immédiatement plus à l'aise, elle inspira un grand coup. Iris et Lewis devaient faire connaissance. Et elle avait envie de sortir, de prendre une grande goulée d'air pur et frais, de pouvoir réfléchir tranquillement à ce qu'elle devait faire avec Iris. Oui mais Lewis s'inquièterait si elle sortait. Mais c'était dans le Camp…Vango n'attaquerait pas au milieu des autres Assassins…et elle était sûre que son père avait posté des espions qui l'informerait immédiatement de sa sortie.
Retournant au salon, elle toussota, interrompant la discussion et dit à Lewis :


-Je vais juste…aller voir mon père. Je reviens plus tard. Cela te permettra de faire connaissance avec Iris.

Elle avait sourit en regardant la fillette, pour lui montrer qu'elle n'était pas méchante ou quoique ce soit d'autre, mais sous son sourire polit, Iris lui cracha tout son venin. Alors Melley sortit, rabattant la capuche sur sa tête. Oui, elle s'était vêtue en Assassin de A à Z. Elle se sentait plus assurée en fait…

Lewis n'avait même pas pu réagir…il allait sans doute l'engueuler une fois seuls…Oui, mais ils n'étaient plus seuls. Il y avait Iris, et Melley n'oserait plus rien faire vis-à-vis de lui de peur de commettre une boulette. Elle soupira. Vraiment, ce n'était pas le moment avec Vango et les Ombres.

Marchant à grands pas parmi tous les Assassins en exercice, elle sourit légèrement. L'agitation, les bruits d'épée s'entrechoquant, les hommes qui s'appelaient entre eux…cela lui avait manqué. Mais elle fronça les sourcils. L'atmosphère était tendue. Les bruits familiers étaient là, oui, mais chacun regardait derrière son épaule, les conversations se faisaient à voix basse, dissimulés par des buissons ou maisons…
Vango avait répandu le doute et le trouble. Tactique des Ombres ? Créer une brèche à l'intérieur pour frapper plus fort ?

Elle trouva rapidement son arbre et s'y adossa, glissant le long du tronc jusqu'à ce qu'elle soit assise. Elle se serait volontiers entraînée, mais vu la tension…ce n'était pas motivant. Au loin, elle reconnut la démarche de son père. Il était entouré et parlait vivement en agitant les mains. Soupirant encore, elle se mit à réfléchir. Comment faire pour que la petite l'accepte suffisamment jusqu'à ce que sa mère revienne ? Si elle revenait. Écarquillant les yeux, Melley eut peur. La mère pouvait l'avoir abandonnée à son père, comme le père l'avait abandonnée elle six ans plus tôt. Et…sans être méchante…elle ne le voulait pas. Elle voulait bien garder Iris et faire des efforts, mais elle espérait que la mère revienne la récupérer…

Pourquoi tout en même temps ? Vango, les taupes, les Ombres, Iris…comment faire pour tout gérer sans compromettre l'un ou l'autre ? Comment faire pour tout garder secret ? Avec cette rumeur sur Lewis, elle avait encore plus peur maintenant. Kem avait accepté Lewis…avait accepté qu'elle soit avec lui…Elle baissa la tête. Trop compliqué, cette histoire…

Deux Assassins s'arrêtèrent non loin d'elle et elle surprit leur conversation :


-Paraît que c'est Lewis la taupe et non Vango.

-Ce peut être les deux. L'un dénonce l'autre pour se faire oublier.

-Hum…oui.

Ils remarquèrent Melley et repartirent aussi sec. Ils ne l'avaient pas reconnue, avec la capuche, mais avec la méfiance, tout le monde fuyait tout le monde. Elle calma son cœur. Personne n'avait de preuve. Il n'y avait pas de preuves pouvant inculper Lewis. Seulement des ragots. Juste des ragots…

Elle resta assise à l'arbre, n'osant pas spécialement rentrer. Pas encore. Ils devaient apprendre à se connaître et elle ne faisait pas partie de leur vie. Elle rentrerait donc…plus tard. Bien plus tard…tout en sachant que Lewis s'inquièterait. Mais il ne devait pas…il devait profiter de sa fille…

*******

Au loin, il était adossé à la maison, dissimulé par les branches d'un arbre. Là-bas elle était, sa proie. Sa cible. La rumeur s'était bien répandue et tout le monde suspectait tout le monde. En plus, il l'avait suivie dès qu'il l'avait vue sortir. Il savait maintenant ou elle habitait, et surtout…il pouvait faire chanter Lewis. La fillette qui était avec lui devait être la sienne. S'il arrivait à la kidnapper, il ferait chanter le père…ta fille ou ta femme ? Et ainsi il attraperait enfin cette femme qui devait mourir pour le Royaume... Il ricana et s'éloigna dans l'ombre, cherchant déjà un moyen d'exécuter son plan.

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MessageSujet: Re: Une taupe dans les rangs [pv Lewis]   Mar 28 Aoû - 19:10



RABBIT POWA!!!!




Je n’avais pas eu le temps de retenir Melley et maintenant je fixai Iris avec un regard inquiet. J’avais bien vu celui qu’elle avait jeté à ma princesse quand elle avait déclaré qu’elle sortait. Elle la haïssait et ferais tout pour essayer de la faire partir. Un enfant, une fois qu’il veut quelque chose, il fera tout pour l’avoir. Elle ne voulait sûrement pas faire mal. Les gosses, c’est l’innocence même, ça ne veut pas faire le mal mais ça le fait quand même. Elle se disait sûrement qu’on serait plus heureux si je retrouvais sa mère et que je partais avec elle. Sauf que c’était faux et il fallait le lui faire comprendre. Et pour ça il allait falloir être ferme, au risque de la blesser. Ce n’était pas en s’effaçant comme Melley le faisait que ça allait s’arranger. Au contraire, Iris se sentirait plus forte et continuerait.

« -Iris… commençai-je
-Je l’aime pas Papa. Je veux qu’elle disparaisse. geignit la fillette
-Non. Elle restera ici un point c’est tout et si tu continues à être méchante avec elle tu vas vraiment finir par passer ton séjour avec moi.
-Mais !
-Y a pas de mais qui tienne.
-Ça serait mieux si t’étais avec maman. On serait heureux, vous vous aimeriez et un point c’est tout. Pourquoi t’es partis d’ailleurs ?
-Tu sais Iris, avec ta maman on s’ait jamais vraiment aimé…
-Alors pourquoi je suis là ? Pourquoi vous avez décidé d’avoir un enfant.
-…
-Réponds papa !
-Je sais pas ma… Chérie.
-Pourquoi tu sais pas ?
-Parce que. »

Réponse typique qui ne la satisfera jamais et je ne pouvais pas lui expliquer qu’elle n’avait jamais été désiré et qu’elle n’était le fruit que d’une inattention. Ce que je lui avais dit devait déjà assez la faire souffrir et mieux valait la ménager. Peu importe que je ne veuille pas avoir d’enfant pour l’instant et surtout pas avec sa maman. J’en avais un et je devais quand même bien m’en occuper. Et puis sa mère risquait de me tuer sinon…

« Iris. J’aime Melley et tu le sais. Alors pourquoi tu n’essayerais pas d’être gentille avec elle. Elle est un peu timide mais je suis sûr que vous finirez par bien vous entendre. Et puis sinon, ton séjour ici sera gâché. Tu préfèrerais quand même repartir avec des bons souvenirs non ? »

Elle hocha la tête et je finis par ouvrir les bras pour qu’elle vienne s’y blottir. Je lui dis qu’elle irait s’excuser auprès de Melley dès qu’elle reviendrait puis elle monta se changer pour enlever son habit de princesse. Elle redescendit avec une jolie robe bleu marine avec un gros nœud derrière. Et un lapin !(vous voyez déjà le rabbit s’enfuir dehors, Iris qui lui court après et le gros méchant qui attrape les deux. La bouboule à la broche et la gamine qui doit le manger. MIUAHAHAH ! Faut que je me calme moi…)Mais c’était quoi ce bordel ? Pourquoi y avait un truc plein de poil ici ?

« -Tiens Papa. C’est un lapin. » commença la gamine

Sans blagueeeeuuuu ! On aurait trop dit un éléphant. (Bah Maedren, qu’est-ce que tu fous ici ! Je rigole, hein. *sent qu’on la regarde bizarrement*)

« C’est Maman qui m’a permis de l’emmener. Il dormait dans mon sac mais là il vient se réveiller. Elle s’appelle Blanche. »

Toujours aussi originale les gamins. Ton lapin est blanc alors tu l’appelle Blanche. Il est rose eh ben tu l’appelles Rose. On ne peut pas se tromper…
Je souris, mais c’était plutôt forcé. Moi, les boules de poils comme ça, je suis allergique. Mais Iris me le fourra dans les mains aussitôt et je le gardais quelques secondes histoire de lui faire plaisir. C’était déjà trop, je me mis à éternué. Puis je me mis à lui raconter des trucs sur moi histoire de la distraire alors que mes yeux devenaient tous rouges et me piquaient. Je commençais même à avoir du mal à respirer.
C’est à ce moment-là que Melley rentra avec son père sur les talons. Je commençais justement vraiment à m’inquiéter. Pour la jeune femme et pour le fait que je commençais à faire de l’asthme à cause de la bestiole qui n’arrêtait pas de venir s’assoir à côté de moi.

« -Lewis ? Ça va ? Tes yeux sont tout rouge. » me demanda Kem

Je désignais discrètement le lapin de la tête puis je me levai.

« -Iris, tu n’as quelque chose à dire à Melley ? dis-je avec de me mettre à tousser
-Si. Désolé d’avoir été méchante. A partir de maintenant je serais gentille avec toi.
-Hum… Melley, tu devrais emmener Lewis dans la chambre. Je vais m’occuper d’Iris.
-Il faut nourrir Blanche sinon elle avait avoir faim.
-D’accord. »

Je suivis ma princesse. Je ne peux pas nier que les lapins c’est mignons et tout doux mais malheureusement, je ne peux pas m’en approcher. Une fois dans la chambre j’ouvris la fenêtre et respirais à font en essayant de calmer mon asthme qui commençait vraiment à m’empirer.

« Tu… Faut pas que tu… Partes comme ça. Tu m’as fait… Peur. »

J’étais parvenue à sortir ça avec beaucoup de difficulté. Je sus dès que je la regardai que si je disais un mot de plus elle me bâillonnerait pour que je me taise pour pas empirer mon allergie. Alors je m’assis calmement sur le rebord de la fenêtre. J’attendais qu’elle m’ordonne de descendre par peur que je tombe. Elle s’inquiétait tellement que ça en devenait drôle. Ou alors c’était moi qui étais encore plus immature qu’un gamin. Faudrait comparer avec Iris…






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MessageSujet: Re: Une taupe dans les rangs [pv Lewis]   Mar 28 Aoû - 21:24

Toujours assise contre l'arbre, Melley se disait qu'il fallait qu'elle rentre. Parce qu'elle connaissait Lewis. Il allait finir par s'inquiéter, même s'il savait qu'elle était dans l'enceinte du Camp. Elle se releva donc, se préparant aux regards d'Iris et à ses sourires creux. Elle ne connaissait rien à l'éducation des enfants. Alors si l'enfant en question la haïssait, elle n'y arriverait pas du tout. Elle se doutait bien que fuir comme elle l'avait fait n'était pas la meilleure solution, mais pour l'heure, elle n'avait pas trouvé mieux. Elle commença à marcher vers sa demeure, lorsqu'une main se posa sur son épaule. Elle sursauta et se tourna vivement, prête à en découdre avec Vango.
Mais ce n'était pas lui.


-Tu m'as fait peur !

-J'ai vu. Que fais-tu là seule ?

Kem avait relâché son épaule et s'était mis à marcher à ses côtés.

-Je…me promenais. C'est dans le Camp, j'ai encore le droit je pense non ?

Son père la regarda et elle comprit qu'elle n'arriverait pas à le berner.

-Même dans le Camp c'est dangereux. Tout va bien avec la fille de Lewis ?

Melley regarda devant elle avant de répondre :

-Oui, tout se passe bien. Il faut juste qu'il s'habitue à être père.

-Je ne parlais pas de Lewis. Mais de toi. Le rôle de mère t'est imposé. Y arrives-tu ?

Elle déglutit. Pourquoi tout le monde lui compliquait-il toujours tout ?

-Je m'en sortirais, comme toujours. Ce ne doit pas être si dur…

Elle accéléra la cadence, obligeant son père à suivre et surtout…se taire. Ils entrèrent donc chez elle et découvrirent Lewis…en train d'éternuer, les yeux rouges et gonflés, un lapin assis près de lui. Un gros lapin blanc.

Kem demanda si tout allait bien, la seule réponse fût un signe de tête vers l'animal. Melley comprit. Il était allergique. Et cela empirait. Il fallait vite qu'il s'en éloigne !
Au moment ou elle s'avançait pour le forcer à la suivre, il se mit à tousser en disant quelque chose à Iris qui la regarda et dit :


-Si. Désolé d’avoir été méchante. A partir de maintenant je serais gentille avec toi.

Melley écarquilla les yeux, mais ne parvint pas à répondre sans balbutier. Elle sourit donc à la fillette, alors que son père lui disait d'emmener Lewis dans la chambre. Elle leva les yeux au ciel sans qu'il le voie. C'est ce qu'elle comptait faire, mais qui allait s'occuper d'Iris ? Son père ??!!! Mais…mais…non ! Il n'avait pas que ça à faire ! Et encore moins s'occuper de l'animal !
Elle se força à garder bouche close et emmena Lewis à l'étage, dans la chambre. Là, il ouvrit la fenêtre et inspira un grand bol d'air frais. Il avait énormément de mal à respirer et toussait sans arrêt. Ce fût un miracle qu'il parvienne à parler :


-Tu… Faut pas que tu… Partes comme ça. Tu m’as fait… Peur.

Elle le regarda, se retenant de soupirer. Déjà, il devait se taire, pour que son asthme n'empire pas, et ensuite, elle était sortie dix minutes ! Il n'avait pas à avoir peur pour ça…Il s'assit sur le rebord de la fenêtre et il semblait la narguer. Son regard disait : "viens me forcer à descendre…". Et après on s'étonne qu'Iris soit comme lui…
Elle rabaissa la capuche et s'avança vivement vers lui. Le prenant par le bras, elle le fît descendre de son perchoir et l'installa sur le fauteuil qu'elle approcha de la fenêtre.


-Là. Comme ça tu pourras respirer sans avoir mal aux fesses.

Elle lui sourit et caressa sa joue tendrement alors qu'il toussait encore. Elle s'éloigna, alla dans la salle de bains et chercha un verre d'eau qu'elle lui tendit.
Il but lentement, faisant attention à ne pas s'étouffer. Puis elle s'accroupit à ses côtés et prit sa main.


-Tu n'as pas à avoir peur voyons…je n'étais pas loin…et puis…il faut que tu profites des moments avec ta fille. J'ai été privée de père pendant dix-huit ans. De vrai père je veux dire. Alors…il faut qu'Iris forge des souvenirs avec toi.

Il toussait encore, mais respirait nettement mieux. Et Kem qui jouait la nounou en bas…
Elle se releva.


-Tu vas rester ici et moi je vais descendre préparer à manger et voir ce que l'on va faire pour ce lapin. Tu ne vas pas rester cloîtré ici non ? Déjà que tu ne peux pas sortir de la maison…

Elle n'eut pas le temps de faire deux pas qu'un cri leur parvint :

-IRIS ! REVIENS !!

Kem. Sursautant, Melley ouvrit la porte à la volée et dégringola les marches quatre à quatre, manquant tomber. La porte d'entrée était ouverte, et personne n'était dans la maison. Elle sortit à son tour, s'arrêtant sur le palier, scrutant le Camp du regard à la recherche de son père, du lapin ou même d'Iris. Lewis déboula derrière elle, déjà essoufflé.

-Toi tu restes là ! Tu n'arrives pas à respirer !

-Pas la peine de partir.

La voix venait de son dos. Elle se retourna et vit Kem. Il ne semblait pas essoufflé et pourtant il avait couru. Sa poitrine se soulevait bien plus vite que d'ordinaire.

-Que s'est-il passé ?

Elle sentait Lewis tendu à bloc, derrière. En fait, elle était sûre que si elle n'était pas entre les deux, son Assassin d'amour se serait jeté sur son Assassin de père…Kem releva la tête, croisant ses bras sur sa poitrine.

-Le lapin s'est sauvé et la fille l'a suivi. Elle ne m'a pas écouté. J'ai envoyé des Assassins fouiller le Camp pour la chercher. Mais j'ai peur que notre taupe ne l'ait eue.

A chaque mot, Melley serrait les dents. A chaque mot, elle sentait Lewis se tendre un peu plus encore. Il toussait encore, mais elle n'osait pas le regarder. Kem s'en alla ensuite, visiblement inquiet lui aussi, et elle l'entendit donner des ordres, pour fouiller le Camp et les alentours, à la recherche d'une fillette de six ans et d'un lapin. Refermant la porte, Melley agrippa Lewis aux épaules et le força à s'asseoir sur une chaise. Et, vu son regard, il pouvait la frapper n'importe quand…

-Lewis, on va la retrouver, je te le promets. On la retrouvera, saine et sauve, ainsi que son lapin. Calme-toi mon cœur je t'en prie, calme-toi…sinon tu n'arriveras pas à réfléchir et tu pourrais faire une bêtise…

Elle lui sourit en coin, pour qu'il voie qu'il n'était pas seul. Qu'elle ferait tout pour retrouver Iris. En revanche elle ne s'était pas attendue à la suite.

Il se releva brusquement et la gifla d'un revers de main. Titubant, elle se raccrocha à la chaise, une main sur la joue. Lewis la regardait de son haut, une flamme de colère pure dans les yeux. Flamme qui diminua quelques peu lorsqu'il murmura "pardon", avant de s'en aller en claquant la porte. Elle l'entendit monter à l'étage puis, plus rien. Elle, elle restait immobile, une main se frottant la joue en feu.

Il l'avait frappée…oui mais il était énervé et inquiet pour Iris. C'était normal non ? Elle ne savait pas. Elle s'installa dans le canapé, regardant la cheminée vide. Ou était-elle ? Souffrait-elle ? Melley voyait déjà la suite des évènements. Elle le sentait comme le nez au milieu de la figure. Elle serra les poings, se maudissant. Se relevant, elle alla au milieu de la pièce devenue sombre par l'arrivée de la nuit. Elle hésita.

Aller voir Lewis, au risque de se faire une nouvelle fois gifler ? Non. Il valait mieux le laisser se calmer seul. Alors elle alla vers la porte d'entrée, l'ouvrit et sortit.
Les Assassins fouillaient partout, aux aguets. Une fillette ne pouvait pas disparaître ainsi au milieu de tous ses hommes ! Mais fallait croire que si…

Son père déboula soudain devant elle.


-Des nouvelles ?

Il secoua négativement la tête avant de dire :

-Va dormir. Et surveille Lewis. Il peut faire quelque chose d'insensé dans son état.

-Ne t'en fais pas.

Il lui fit une bise sur la joue brûlante et s'éloigna. Elle rentra une nouvelle fois. Elle n'avait pas sommeil. Comment dormir ? Elle se rassit dans le canapé, bien décidé à réfléchir toute la nuit s'il le fallait. Elle n'osait pas trop déranger Lewis…Il avait sans doute envie de bras pour le réconforter, mais elle avait peur que ce soit une erreur de plus et qu'il la gifle une nouvelle fois, ou pire, ou même qu'il la quitte, pensant qu'elle profitait de la situation. Elle resta donc assise toute la nuit, les yeux se fermant tous seuls, écoutant les bruits à l'étage.

Elle l'entendit marcher de temps en temps mais sans plus. Au moins il était toujours là-haut.

******

Elle ouvrit les yeux, éblouie par le soleil et un torticolis pas croyable dans la nuque. Se redressant, étirant ses muscles, elle constata que le jour s'était levé. Et elle s'était endormie ! Mais pourquoi était-elle dans le canapé et non avec Lewis, en haut ?
Ah oui…la gifle, l'enlèvement d'Iris…tout lui revint.

Elle alla vers la cuisine, bien décidée à préparer le petit-déjeuner, pour qu'ils reprennent tous deux des forces pour aller récupérer Iris et en finir avec cette taupe. Enfin…si Lewis voulait bien descendre…alors pour être sûre elle prépara un plateau, ainsi elle pourrait monter le lui apporter…en espérant qu'il ne lui jette pas tout à la figure.

Et alors qu'elle posait un bol sur la table, de petits coups retentirent à la porte. Elle se précipita pour ouvrir. Personne. Les Assassins fouillaient toujours partout.
Melley allait refermer lorsque ses yeux captèrent la lettre au sol. Se penchant en fronçant les sourcils, elle la prit et regarda partout autour d'elle. Vango. Ce ne pouvait être que lui. Mais rien. Refermant la porte derrière elle, elle ouvrit la lettre, tremblante.

"Iris est une fille mignonne. Elle est avec moi. Et si tu veux la revoir, viens ce soir au coucher du soleil à la clairière ou tu as tué les Ombres…emmène ton amie aussi. Ce sera à toi de choisir. Ta fille ou ta femme ?"

Melley déglutit et posa la lettre sur le plateau, les yeux dans le vague. Lewis devait choisir entre récupérer Iris et la livrer, elle ; ou voir Iris mourir sous ses yeux en refusant de la livrer. Le choix ne se posait pas. Ne s'était jamais posé en fait. La réponse était automatiquement venue à l'esprit de Melley. Elle se rendrait. Elle n'allait pas sacrifier la vie d'Iris, fillette innocente dans toute cette histoire.

Un bruit de pas se fît entendre et elle sursauta. La porte s'ouvrit sur Lewis. Il semblait plus calme. Mais le resterait-il, après avoir lu la lettre ? Il la regarda et elle lui tendit la feuille, sans un mot.
Il la parcouru rapidement, la relu, relu, relu, puis reporta son regard sur elle.


-Ne me regarde pas comme ça. Le choix est déjà fait. Tu n'as pas à choisir. Je me livrerais et tu retrouveras Iris.

Elle soutint son regard. Elle était persuadée qu'il allait exploser. La gifler encore, l'engueuler, elle ne savait pas, mais il allait exploser. Il devait la connaître suffisamment maintenant. Elle ne mettrait pas la vie d'Iris encore plus en danger à cause d'elle. Mais cela allait lui faire mal, qu'elle se livre.

-Je le suivrais, mais tenterais de m'échapper. Iris est plus importante que moi.

Elle se rapprocha de lui, si près qu'elle sentait son souffle sur sa peau.

-Ne me regarde pas comme ça…

Elle lui prit la main et la serra. Il ne la retira pas. Le soir même…à la clairière…en fait, si elle ne parvenait pas à s'enfuir, il ne lui restait plus qu'une journée à vivre….

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MessageSujet: Re: Une taupe dans les rangs [pv Lewis]   Jeu 30 Aoû - 18:34



La partie est finie



Je ne savais vraiment pas ce qui m’avait pris. J’étais assis là, me disant que Kem n’avait pas l’air de beaucoup sans vouloir d’avoir laissé ma fille se faire capturer. Car c’était sûr que Vango l’avait fait. Il ne devait attendre que ça depuis que sa mère l’avait emmené ici. J’avais de nouveau du mal à respirer à cause des poils de ce putain de lapin qui en avait semé partout comme pour me rappeler constamment qu’il était là pas loin. Non en fait, il était partit maintenant. Partit vers l’autre Ombre et avec ma fille en plus. Parce qu’il s’était sûrement sentit obligé d’emmener sa chère maîtresse avec lui pour lui montrer les plaisirs de côtoyer le collègue de son papa adoré. Papa qui n’avait même pas su la protéger plus d’une journée.
Bref, j’étais assis là et je n’avais même pas écouté ce que Melley disait. J’avais l’impression que c’était très con et surtout que ça ne servait à rien à part m’énerver encore plus. Ce n’était pas forcément elle. Si quelqu’un d’autre était en train de me parler à sa place il s’en serait reprit une aussi. Peu importe qui c’était. Je voulais juste ne plus rien entendre, qu’on me laisse tranquille. Que le monde entier ferme sa gueule juste pendant quelques minutes le temps de me laisser réfléchir et me calmer. Mais c’était trop demandé. Alors j’avais frappé la première personne devant moi. Melley…
Je m’en voulais mais j’étais trop énervé pour m’en rendre compte et je ne fis que murmurer un piètre pardon avant d’aller m’enfermer dans la chambre du haut. Très gentleman Lewis ! Alors là bravo ! Moi qui détestais les hommes qui osaient lever la main sur leur femme. Chapeau ! Quel exemple !
Je me mis à marcher près de la fenêtre. Je cherchais l’endroit où j’aurais emmené Iris si ça avait été moi Vango. Mais je n’avais pas le même mode de fonctionnement. Il connaissait peut être d’autre endroit. Il m’avait fait croire au début que ce n’était qu’un débutant mais en fait non…En fait je savais ce qu’il allait faire. Je le savais dès maintenant. Il allait me convoquer dans l’endroit où tout avait commencé ou presque. Dans la clairière…
En fait. J’avais réussis à cerné Vango. Ce n’était pas difficile mais je ne savais pas si le rendait plus dangereux encore ou non ? Il aimait être le plus fort et le montrer. Depuis le début. Et c’était là-dedans que résidait toutes les fautes qu’il pourrait commettre. J’en avais la preuve. La nuit où il avait essayé de me tuer. Il avait voulu me même après avoir été découvert il pouvait m’avoir et Melley aussi. Il ferait bien une autre erreur non ?
Il aimait bien aussi les mises en scène. C’était pour ça que j’étais presque sûr qu’il allait choisir la clairière pour m’attirer. Il voulait jouer au plus malin. Eh bien… Autant jouer à son petit jeu pour lui montrer qu’il a tort. Et le faire perdre.

Une fois cela tiré au clair je repensais à la gifle que j’avais donnée à Melley. Je m’étais un peu calmer, mon allergie aussi. Je respirais normalement à part quelques toux et mes yeux qui étaient encore rouges. Je m’en voulais. Elle ne m’avait absolument rien fait et je n’aurais jamais dû faire ça. Mais je n’osais pas aller m’excuser. Je n’entendais plus de bruit en bas et j’étais certain qu’elle s’était endormie. Je descendis en bas pour voir sans faire aucun bruit et je la trouvais effectivement, les yeux fermés sur le canapé. J’aurais bien voulu la porter dans le lit mais j’avais peur de la réveiller. Alors je glissais un oreiller sous son cou tant bien que mal pour lui éviter un torticolis. Je la regardais pendant au moins une demi-heure puis je remontais.

♣♣♣

Quand je me réveillais, j’entendis immédiatement du bruit en bas. Ça devait être Melley. Je me souvenais parfaitement de la veille et je savais qu’il était temps d’aller lui présenter mes excuses. Et plus vite que ça ! Je m’habillais en quatrième vitesse et je descendis, préparant un peu ce que j’allais lui dire. Mais elle m’accueillit avec un air désespéré et une lettre. Je la lus, la relus, encore et encore jusqu’à ce que la jeune femme déclare qu’elle allait se livrer. Je respirais profondément puis je me retournai je visais une chaise. Je lui envoyais mon pied en plein de dedans et elle valsa contre le mur.

« Putain de fils de pute de batard à la con de merde. Je vais te décalquer la tronche contre un sac de merde, t’emplafonner comme un misérable rat. Je vais te frapper si fort que ça t’enverras dans le trou du cul du monde en deux putains de secondes ! » hurlai-je en me déchainant sur le pauvre meuble innocent

Innocent le meuble, je précise…
Puis je repris une nouvelle grande bouffée d’air et je me retournai vers Melley. Je la pris dans mes bras et je la serrais contre moi en espérant de pas l’étouffer contre mon épaule.

« Désolé, désolé, désolé, désolé, désolé, désolé, désolé… » murmurai-je

Ouah ! J’avais complètement oublié mon beau discours moi. C’était sûrement la chaise qui me l’avait effacé de mon cerveau. Donc un pauvre meuble pas si innocent que ça. Je devrais l’insulter encore peu tien, pour me venger.

« Je voulais pas te frapper, enfin si. Enfin non. Je voulais frapper Vango plus précisément. » dis-je

Mais bravo très cher. Tu essais de lui faire comprendre que tu l’as confondus avec la taupe ? C’est du beau, ça !

« Tu lui ressembles pas hein mais c’est juste que…. Bah. Je sais pas. »

Pauvre ignorant…

« Tu m’en veux beaucoup ? Tu veux que je te t’achète une robe pour me faire pardonner ? »

Comment s’offrir un cadeau à soi-même. Oui, parce que Melley ne veut pas vraiment de robes. C’est moi qui veux qu’elle en porte.

« Euh non… Oublie. En tout cas tu ne te livreras jamais. Hors de question ! Je préfère plutôt m’infliger à moi-même le sort de cette pauvre chaise innocente mais en fait qu’il ne l’est pas tellement. On va trouver un moyen de sauver Iris en te gardant toi aussi. »

Bon alors je ne sais pas ce qui était arrivé au Lewis dragueur mais il ne devait pas être très disponible. (c’est la chaise qui a pris rancard…//VLAN//) Mais au moins une idée commençait à pointer le bout de son nez dans mon cerveau qui marchait à plein régime. (pour une fois…)

« Il faut aller chercher Théo. » dis-je

J’envoyais quelqu’un le chercher pendant que je m’excusais encore auprès de Melley et cette fois de façon moins… Vocale. Enfin, je l’embrassais et je n’arrivais plus à la lâchait par peur qu’elle s’en aille dans la clairière pour se livrer. Quand elle se sentait coupable, elle était capable des pires conneries. Et pas de doute sur le fait qu’elle y pense. Et quand enfin mon ami aubergiste arriva toujours autant de mauvaise humeur que habitude j’avais finis de préparer mon super plan qui allait marcher. Il devait marcher ! (marche ! marche ! Mais putain tu vas marcher oui ! ) Je leur expliquais tout.
Nous n’allions pas prévenir Kem, enfin, personne n’en avait eu l’idée. Melley et moi nous irions au rendez-vous de Vango pendant que lui ferez en sorte qu’on ne sache pas que nous étions partis. Ensuite Melley chercherait la première ouverture possible pour injecter un somnifère très puissant qui le ferait tomber comme une mouche aussitôt après. Puis la jeune femme emmènerait Iris avec elle et la confierait à Tom pendant qu’elle couvrirait à son tour mon absence pendant que j’en finirais avec l’autre taupe. Puis quelques heures après l’aubergiste ferait comme si il avait retrouvé ma fille dans les bois.
Conclusion : Vango était sortie du camp aussitôt après avoir été repérer et il devait sûrement s’être fait tuer par les Ombres pour échec de la mission.
Tout à fait logique et correct. Aucune chance de nous faire découvrir avec ça. J’aurais aussi bien pu livrer mon collègue je connaissais sa réaction. Il serait en colère parce qu’il avait perdu et me dénoncerait en apportant des preuves concrètes. Résultat. Ma mort ! A éviter donc…

« -Je suis admiratif Lewis. C’est un très bon plan. Ça m’étonne que t’es trouvé ça tout seul. Mais tu vas vraiment finir par étouffer ta copine. dit Tom
-Tu me prends pour un con ou quoi ?
-Un peu…
-Spece’ de sale grincheux ! Et il est hors de question que je la lâche.
-Comme tu veux, moi je m’en fous.
-Vous savez quoi ?
-…
-Si il a tué le lapin, je pourrais peut être le remercier non ? »

♣♣♣
Je tenais toujours Melley prisonnière dans mes bras. Et pourtant, nous étions dans la clairière en face de Vango.

« Tu vas bien devoir la lâcher ta copine si tu veux un jour refaire un câlin à ta fille chérie. »dis-je

J’arborais le même visage que le jour de l’enterrement de ma mère et de mon beau-père. Triste, si triste et torturé. Mais c’était juste un masque. Je lâchai lentement la jeune femme alors que des larmes se mettaient à couler à flot sur mon visage. Je la regardai s’avancer vers lui en serrant les poings. Et quand il lâcha Iris, celle-ci se réfugia dans mes bras en pleurant elle aussi.

« Papa ! Il a dit que tu allais le laisser me tuer ! Et puis il a mangé Blanche ! Il est si méchant ! »

Je faillis sauter de joie mais je me retins. Le lapin avait été bouffé ! Quelle bonne nouvelle ! Puis je me retournai, faisant mine de partir jusqu’au moment où j’entendis le bruit d’un corps qui tombait au sol. Je me mis alors à fixer Vango, qui commençait à ronfler. Melley s’approcha et je lui confiais l’enfant. J’embrassais la jeune femme et caressait les cheveux de la petite puis je me poussais pour leur laisser le passage. La suite, elles ne devaient pas le voir ! Parce que l’Ombre arrivait au galop… Celui qui avait accepté d’aider à tuer son beau-père et qui avait regardé sa mère se suicider en souriant. Celui qui allait emmener lentement emmener son collègue jusqu’à une mort douloureuse.

«La partie est terminée. »

♣♣♣

« Lewis, Tom a retrouvé ta fille. »

Kem venait juste de débarquer alors que nous mangions calmement avec Melley.

« C’est vrai ? » demandai-je, candide






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MessageSujet: Re: Une taupe dans les rangs [pv Lewis]   Jeu 30 Aoû - 19:27

Il allait exploser. Elle avait eu raison. Sauf que ce ne fût pas elle sa victime, mais une chaise. Il l'insulta de tous les noms possibles et inimaginables, lui donnant des coups de pieds rageurs. Melley n'osait pas le calmer. Et, il fallait avouer, elle préférait tout de même qu'il se défoule sur le meuble plutôt que sur elle. La gifle était encore assez présente dans son esprit tout comme sur sa joue.
Lorsqu'il eut, enfin, finit, il respira un grand coup et se tourna vers elle. Ses yeux étaient toujours rouges de son allergie, mais il respirait nettement mieux.
Il s'avança et la prit dans ses bras, la serrant fortement contre lui, manquant l'étouffer, murmurant :


-Désolé, désolé, désolé, désolé, désolé, désolé, désolé…

Il murmurait avec force, comme pour le lui graver en tête. Elle, elle gardait sa tête contre son épaule, souriant de moitié. Elle le connaissait son Lewis. Elle s'en était douté qu'il s'en voudrait à mort une fois qu'il se serait rendu compte de ce qu'il avait fait.

-Je voulais pas te frapper, enfin si. Enfin non. Je voulais frapper Vango plus précisément.

Elle fronça les sourcils. Qu'est-ce qu'il lui chantait ? Il s'emmêlait les pédales et avant qu'elle ait pu le faire taire il continuait :

- Tu lui ressembles pas hein mais c’est juste que…. Bah. Je sais pas. Tu m’en veux beaucoup ? Tu veux que je te t’achète une robe pour me faire pardonner ?

Là, elle haussa les sourcils. Mais sourit néanmoins. C'était lui qui voulait la voir en robe. Mais si cela pouvait lui faire plaisir, elle le ferait, mais qu'en privé…
Il la tenait toujours contre lui, ne semblant plus vouloir la lâcher.


-Euh non… Oublie. En tout cas tu ne te livreras jamais. Hors de question ! Je préfère plutôt m’infliger à moi-même le sort de cette pauvre chaise innocente mais en fait qu’il ne l’est pas tellement. On va trouver un moyen de sauver Iris en te gardant toi aussi.

Mais comment ? Elle avait réfléchis toute la nuit ou presque, et n'avait rien trouvé qui leur permettre d'en réchapper. S'ils capturaient Vango, il dénoncerait Lewis et ce ne serait pas un coupable mais trois que Kem devrait décapiter, dont elle-même. Si elle se rendait comme elle l'avait dit, parvenait à s'échapper, il la suivrait, à moins qu'elle ne parvienne à le tuer, et ce n'était pas sûr, surtout s'il l'empoisonnait une nouvelle fois.

Un cercle vicieux qui la ramenait à la case départ…
Et, pendant qu'elle était perdue dans ses pensées, Lewis avait envoyé quelqu'un chercher Théo et l'avait ensuite empoignée, l'embrassant à pleine bouche, la serrant encore plus contre lui. Qu'est-ce qu'elle l'aimait lorsqu'il était ainsi ! Le Lewis macho et séducteur était loin... Elle savoura, se laissant fondre, même si elle s'en voulait toujours. Elle s'inquiétait pour Iris aussi…
Mais Lewis continuait, ne voulait plus la libérer, comme s'il avait peur qu'elle y aille. Et il n'avait pas tort. Une partie d'elle voulait déjà y aller et en finir. Mais l'étreinte du jeune homme était telle qu'elle ne parvenait pas à bouger, et ses baisers étaient si passionnés qu'elle ne voulait pas bouger.

Il y fût néanmoins contraint, d'arrêter ses embrassades, lorsque Tom apparut sur le seuil de la porte. A partir de là, Lewis débita son plan.
Compliqué, mais faisable et surtout…plausible et sans "dangers" pour eux.

Tom les couvrirait pendant qu'ils iraient au rendez-vous, le soir venu. Elle se rendrait, Vango libérerait la petite et, dès que possible, elle injecterait un somnifère puissant à la taupe qui s'écroulerait. A ce moment, elle emmènerait Iris chez l'aubergiste et couvrirait Lewis qui tuera Vango. Vous suivez ? Bon. Tout ceci accompli, Tom viendrait plus tard et ferait comme s'il avait trouvé Iris errante dans la forêt, perdue.
Et Kem ne saurait rien, ne pourrait pas bannir Lewis, puisque Vango pouvait très bien avoir été tué par les Ombres parce qu'il avait échoué.

Melley était satisfaite du plan de Lewis à un détail près. Elle aurait préféré tuer elle-même Vango. Pas par plaisir ni rien, mais pour que Lewis n'ait pas trop de charge sur ses épaules. Elle voulu protester, mais il se montra ferme et sans réplique, aussi capitula-t-elle.

En tout cas, Lewis la tenait toujours dans ses bras, l'étouffant par instant, mais elle ne disait rien, n'écoutait pas la conversation entre Tom et lui. Tout ce qu'elle faisait, c'était s'enivrer du parfum du jeune homme, de sentir son cœur battre contre elle, et de prier pour que le plan fonctionne.

******

La clairière était telle qu'ils l'avaient laissée, les cadavres en moins. Mangés par des loups, enlevés par des Assassins, elle l'ignorait et à vrai dire, s'en fichait pas mal. Elle était toujours dans les bras de Lewis, face à Vango. Celui-ci tenait fermement Iris au bras.


-Tu vas bien devoir la lâcher ta copine si tu veux un jour refaire un câlin à ta fille chérie.

Le cœur de Melley battait….normalement. Elle était l'Assassin qu'elle avait toujours été. Bien sûr, elle s'inquiétait, mais ce n'était pas en paniquant qu'ils y arriveraient, au contraire. Lewis la lâcha lentement, à regret, des larmes se créant aux bords de ses yeux. Elle fût étonnée de voir à quel point il jouait bien la comédie. Elle ne parvenait pas à pleurer sur commande…

Melley inspira et marcha dignement vers Vango, qui souriait bêtement. Dans sa manche, la seringue était prête à l'emploi. Il l'empoigna vivement au bras et lâcha du même coup Iris qui courut chez son père, sans un regard pour elle. Melley attendit, attendit que Lewis se retourne et fasse semblant de repartir. Doucement, elle sortit la seringue et d'un geste vif, pour qu'il ne puisse pas répliquer, elle l'enfonça dans son bras, là ou il n'y avait pas d'armure, et injecta le somnifère. Aussitôt, Vango voulu la frapper, mais le produit agissait si vite qu'il ne parvint même pas à lever le bras qu'il s'effondra, endormi.
Elle s'éloigna de lui et s'approcha de Lewis, qui lui confia Iris, l'embrassa, ébouriffa les cheveux de sa fille puis s'écarta pour les laisser passer. Elle agrippa la main d'Iris, qui ne se déroba pas, étonnamment, et s'en alla rapidement. Elle se retourna une fois, juste pour voir Lewis sortir une lame.

Soulevant Iris, elle la prit sur ses épaules et se mit à courir. Cela irait plus vite. Arrivée à l'auberge, elle la déposa, alors que Tom débarquait aussi. S'agenouillant pour être à la hauteur de la fillette elle lui dit :


-Tu vas rester avec ce monsieur. Tu verras il est très gentil et tu pourras boire un peu. C'est lui qui te ramènera chez ton père d'accord ? Et surtout Iris, ne dit rien à propos de l'autre homme qui a mangé ton lapin. C'est très important. Ne dis absolument rien. Juste que tu t'es perdue dans les bois d'accord ?

La petite se jeta dans ses bras, et lui murmura :

-Oui. Désolée de m'être montrée si méchante. En fait, tu es super forte. Je ne dirais rien, promis.

Melley l'embrassa sur le front puis se releva. Elle n'avait que trop tarder. Confiant l'enfant à Tom, elle rebroussa chemin et courut jusqu'au Camp, passant par les chemins cachés, rentrant chez elle en grimpant sur le balcon, comme Lewis.

Elle s'installa dans le canapé avec une tasse de thé et un livre, calmant son cœur qui battait la chamade. Et elle était arrivée à temps, son père entra deux minutes après.


-Toujours aucune trace d'elle. Lewis est là ?

Elle le regarda, but une gorgée, surtout pour s'éclaircir la gorge, et répondit, calmement :

-Il est en haut, mais il ne vaut mieux pas le déranger. Même moi je ne le dérange pas. Il est encore trop énervé et inquiet. Alors s'il te voit…

Son père acquiesça et déclara gravement :

-Je comprends. Mais dis-lui que je m'en veux tout de même.

Elle hocha la tête et il ressortit. Là, elle soupira. Elle avait réussi ! Souriante, la mission "tuer la taupe" s'étant passée sans anicroches, elle retira une partie de son armure qu'elle posa sur le canapé, se leva et commença à préparer le dîner pour trois personnes, jusqu'à ce que Lewis arrive. Elle lui sourit en réponse au sien et le laissa se débarbouiller.

Puis ils s'installèrent à table dans un silence apaisant. Ils mangèrent, tranquillement, jusqu'à ce que Kem toque et entre en disant, un fin sourire sur les lèvres :


-Lewis, Tom a retrouvé ta fille.

Lewis avala la bouchée qu'il avait dans la bouche puis demanda, jouant parfaitement le jeu :

-C’est vrai ?

Kem acquiesça simplement et laissa entrer l'aubergiste. Iris se dégagea de ses bras et courut dans ceux grands ouverts de son père. Melley souriait, heureuse. Tout ce terminait bien. Pour l'heure. Les Ombres reviendraient à l'attaque, mais elle ne voulait pas y penser. Pas pour l'heure.

Ils remercièrent Tom comme il se devait, laissa Kem le raccompagner à la sortie puis Melley sortit un couvert pour Iris qui mourrait de faim. Elle lui remplit son assiette et la petite mangea goulûment.
Puis, Lewis alla la laver pendant que Melley terminait de tout nettoyer, et lorsqu'il revint, il lui annonça que la petite dormait profondément dans la chambre d'amis, au rez-de-chaussée.

Assez loin de leur propre chambre…sans risque d'être entendus…Melley lui sourit et lui mordilla la lèvre, pour le stimuler. Ensuite elle l'emmena dans leur chambre, le poussa dans le lit et commença à le dévêtir, alors qu'il faisait de même.
Elle embrassait son torse, remontait dans son cou, reprenait possession de ses lèvres, alors que lui caressait son corps avec une envie non dissimulée. Elle lui murmura :


-Tu es un génie, Lewis…et…ne t'en fais pas pour la gifle…c'est déjà oublié…

Puis elle continua. C'était oublié oui, mais s'il commençait à prendre cette habitude dès qu'il s'énervait, elle ne le tolérerait pas longtemps…

Mais elle chassa ses pensées et profita du simple plaisir d'être dans les bras de celui qu'elle aimait, de pouvoir se lier à lui, de ne faire qu'un avec lui.


-Tu es mon Assassin d'amour….

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MessageSujet: Re: Une taupe dans les rangs [pv Lewis]   Lun 3 Sep - 14:52



Ptit dej!



Mon assassin d’amour ! Bah dit donc, elle me l’avait encore jamais sortit celle-là. Je souris et la basculer pour me retrouver au-dessus d’elle. Il fallait que je fasse attention avec Iris. Si elle faisait un cauchemar à cause de ce qu’elle venait de vivre et qu’elle débarquait ici ça allait pas être simple de trouver une explication.

« Bah en fait… Iris… Euh. On jouait à la bagarre avec Melley. »

Merdique. Et au début je faisais vraiment attention à vérifier qu’il n’y avait pas de bruit en bas mais… Au bout de deux minutes, enfin plutôt une mais bon, toute mon attention se tourna vers ma princesse adorait et s’offrait à moi tout entière. Je ne pouvais quand même pas refuser ! (la bonne excuse !)

♠♠♠

« Papa ! Papa réveille-toi ! J’ai faim. »

J’entendais cette voix comme si elle était lointaine mais je sentais bien cette petite main posait sur mon épaule. J’ouvris un œil et je vis ma fille. Et là la fois ce fit beaucoup plus proche. Mais ! Je me redressais vivement et regardais le lit. Ouf ! La couverture cachait notre nudité à Melley et à moi. Je passais une main dans mes cheveux en batailles et je me retournais vers Iris dont le ventre venait de gargouiller assez fort. Il devait être aux alentours de seize heures. Tom avait ramenait la petite le matin et après l’avoir fait déjeuner, lavé et couché on était monté. Nous n’avions donc pas mangé à midi. Bon bah on allait faire un gouter-repas. Ma princesse, à côté de moi dormait toujours paisiblement et je caressais doucement sa joue.

« Retourne en bas et installe-toi à table. J’arrive dans deux minutes et tu me diras ce que tu veux manger, ok ? » murmurai-je à ma fille

Elle hocha la tête et partit en faisant le moins de bruit possible. Pour moi, elle en faisait autant qu’un éléphant… Mais bon, j’avais été entraîné pour entendre alors ce n’était pas de sa faute. Je me rendis dans la salle de bain et prit une douche rapidement puis je m’habillais en quatrième vitesse prenant ce qui me tombait sous la main. Un tee-shirt, un sweet par-dessus et un vieux jean. Je ne comptais pas sortir maintenant. Puis je descendis en essayant de remettre un minimum d’ordre dans mes cheveux mais sans succès. Une fois en bas, Iris me demanda tout de suite des pancakes. Bon bah en avant alors.

« -Ca fai longtemps que tu es réveillé ? demandai-je
-Oui mais comme je t’ai entendu ronfler et ben je ne suis pas entré dans la chambre. J’ai joué avec ma poupée.
-Mais je ne ronfle pas.
-Si !
-Ah bon ?
-Oui, oui. Mais pas très fort. Pourquoi t’as une cicatrice. Et toi aussi tes yeux ils changent de couleurs.
-Absolument comme les tiens. »

Je ne répondis pas à sa première question et j’effleurais la cicatrice en question. Il s’en était fallu de peu pour que je ne perde pas un œil justement. J’avais eu de la chance. Melley entra, traînant des pieds. Je l’attrapais par les épaules alors qu’elle passait près de moi et je l’embrassais.

« Alors ? On dit plus bonjour à son assassin d’amour ? » demandai-je souriant

Puis je la relâchais et revint à mes petites pancakes qui cuisaient calmement dans la poele. Oh les gentils petits ! Ils étaient très sages ! Iris ce mit à raconter plein de truc qui lui passait par la tête notamment son rêve qui était assez étrange. Je hochais la tête de temps en temps puis quand le petit déjeuner qui n’en était pas vraiment un fut près et je le fis savoir en interrompant ma fille. Elle commençait à être en panne d’histoire et elle se mettait à inventer. Je déposais les gentils presque crêpes dans les assiettes que la petite avait mises. J’apportais du sucre, du chocolat fondu et du sirop d’érable.

« Vous savez quoi, à un moment je me suis réveiller et j’entendais de drôle de bruit en haut. » dit-elle

J’avalais ma bouchée de travers et je toussais légèrement. Melley avait de nouveau stopper sa main en l’air, comme la fois où la mère d’Iris avait débarqué pour me la confier.

« Je… Tu devais être encore à moitié en train de rêver. Tu t’es rendormi après ? » déclarai-je gêné

Je croisais le regard de ma princesse et je souris. On allait retourner s’installer chez moi et j’allais faire insonoriser la chambre de ma fille parce qu’on allait vraiment finir par avoir des problèmes. Mais avant il fallait que j’invite Kem. J’avais une petite surprise pour Melley.

♥♥♥

« -On part en vacances à Lemioss. »déclarai-je

J’avais donc invité Kem et il poussa un « quoi » ressemblant plutôt à un « koa » digne d’un crapaud.

« Pas vous ! Juste Melley et moi. Tom a déjà accepter de garder Iris et il faut encore que je lui enlève cette idée de rémunération comme nounou de la tête. »

Sur ceux, le père de ma bien-aimée commença à me faire la morale et à trouver tout plein d’excuses pour empêcher le voyage d’avoir lui.

« Bon, allez sur ceux, on va faire nos bagages ! » lui dis-je en le poussant à moitié dehors

Puis je pris Melley qui était restée bouche bée dans mes bras et je la montais jusqu’à la chambre. Pris deux grands sacs et fourrait plein de vêtements dedans. Tout ce qui me tombait sous la main partait à l’intérieur. Et je savais très bien qu’après elle allait enlever la moitié pour faire de la place pour la nourriture et tout le reste de l’équipement pour le voyage. Melley quoi…






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